| Aucun élément ne correspond à votre recherche |
| co1 1 mystical experience induced in esketamine treatment a real world observational study auteurs fuet l 1 etablissement 1 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur fuet louise |
CO1-1 - Mystical Experience Induced in Esketamine Treatment: A Real-World Observational Study
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Auteurs : FUET L. (1)
Présentateur : FUET Louise
Etablissement : (1) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE
Esketamine is a fast-acting antidepressant drug which induces acute altered states of consciousness. The most frequent one is a dissociative state which seems unrelated to esketamine therapeutic efficacy. Other esketamine-induced subjective effects such as psychedelic-like mystical experiences, have been poorly studied in terms of phenomenology and frequency, and may carry more specific therapeutic relevance. In this study, we intend to better characterize esketamine-induced mystical experiences in relation with clinical outcomes. We conducted a retrospective longitudinal observational study and systematically measured acute subjective effects in patients receiving esketamine for treatment-resistant depression after each esketamine administration across the induction phase. A total of 45 patients were included. We found that mystical experiences (Mystical Experience Questionnaire, MEQ-30, score ≥ 60) occurred in 58% of patients, with high inter- and intra-individual variability in frequency, intensity, and phenomenology across sessions. Higher mean and peak MEQ scores were associated with greater improvement in Montgomery–Åsberg Depression Rating Scale scores from pre- to post-treatment, whereas the intensity of dissociative or other non-mystical effects was not. Baseline spirituality also significantly predicted treatment outcomes. These findings add to growing evidence that psychedelic-like mystical experiences may contribute to therapeutic efficacy, not only in classic psychedelic-assisted therapy, but also in esketamine treatment.
|
| co1 2 rupture d olanzapine a liberation prolongee suivi clinico pharmacologique et adaptations therapeutiques auteurs gorostis a 1 messerer l 1 bedjidian s 1 sujol g 1 etablissement 1 centre hospitalier leon jean gregory thuir france presentateur gorostis alice |
CO1-2 - Rupture d'Olanzapine à libération prolongée : suivi clinico-pharmacologique et adaptations thérapeutiques
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Auteurs : GOROSTIS A. (1), MESSERER L. (1), BEDJIDIAN S. (1), SUJOL G. (1)
Présentateur : GOROSTIS Alice
Etablissement : (1) Centre hospitalier Léon-Jean Grégory, Thuir, FRANCE
Introduction : L’Olanzapine injectable à libération prolongée (OLP) est un antipsychotique prescrit dans la schizophrénie stabilisée par Olanzapine per os, afin de favoriser l’alliance thérapeutique et réduire le risque de rechute. En avril 2025, une rupture d’approvisionnement de l’OLP 300mg est survenue, suivie en mai de celle du 405mg, entrainant un contingentement drastique et des mesures de priorisation basées sur l’évaluation clinique du patient et les recommandations de l’ANSM. Si les bénéfices des injections retard sont bien connus, les conséquences d’une rupture restent peu étudiées en termes de continuité des soins et d’impact clinique. Nous avons analysé les adaptations thérapeutiques face à cette rupture et leurs conséquences cliniques chez les patients initialement stabilisés sous OLP.
Méthode : Une étude de cohorte monocentrique et rétrospective a été réalisée entre mai et août 2025. Ont été inclus des patients de tout âge de la file active d’un établissement de psychiatrie publique, hospitalisé ou en ambulatoire, et initialement stabilisés sous OLP 300mg ou 405mg - avec au moins 3 antériorités d’injection - au moment de la rupture. Les données cliniques et thérapeutiques ont été recueillies dans les dossiers patients et complétées par les transmissions infirmières. Les critères principaux étaient le type d’adaptation thérapeutique (relais oral, changement d’antipsychotique, ajustement du dosage) et l’évolution clinique (décompensation clinique et/ou réhospitalisation).
Résultats : Parmi les 34 patients inclus, seuls 2 (6%) ont conservé leur injection à dosage habituel. La majorité a nécessité une adaptation : 22 (65%) un relais par olanzapine per os et 10 (29%) un changement de dosage d’OLP. L’aggravation de la rupture a contraint 9 de ces 10 patients à un relais oral, et à un changement d’antipsychotique pour l’un d’entre eux. Au total, 31 patients sont passés sous olanzapine orale ; 7 (21%) ont décompensé, dont un a été réhospitalisé. Enfin, malgré une stabilisation antérieure sous OLP, seuls 16 (47%) l’ont repris après la rupture.
Conclusion : Cette rupture a imposé une adaptation thérapeutique pour la quasi-totalité des patients, avec 21% de décompensations dont une réhospitalisation. Bien que le taux absolu de réhospitalisation soit faible (3%), extrapolé à l’échelle nationale il pourrait représenter un coût majeur en santé publique. Ces résultats soulignent la vulnérabilité des parcours de soins psychiatriques face aux ruptures d’approvisionnement. Les limites relèvent du caractère rétrospectif et monocentrique de l’étude qui restreint la généralisation des résultats. Des études multicentriques intégrant une analyse médico-économique permettraient de confirmer ces résultats et estimer l’impact global. Cette étude illustre comment une rupture d’approvisionnement, peut fragiliser en quelques semaines des années de stabilité clinique, rappelant que la continuité thérapeutique en psychiatrie constitue un impératif en santé publique.
|
| co1 3 ellipse utilisation en france de lesketamine chez les 65 ans auteurs llorca p 2 mekaoui l 3 rotharmel m 4 wicart c 1 dupin j 1 de maricourt p 5 etablissement 1 affaires medicales johnsonjohnson innovative medicine issy les moulineaux france 2 service de psychiatrie chu clermont ferrand universite clermont auvergne cnrs inp clermont auvergne institut pascal umr 6602 clermont ferrand france 3 pole clinique des maladies mentales et de l encephale hopital sainte anne ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france 4 departement universitaire de psychiatrie centre therapeutique d excellence institut de psychiatrie centre hospitalier du rouvray sotteville les rouen france 5 hopital sainte anne ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur mekaoui lila |
CO1-3 - ELLIPSE : utilisation en France de l’eskétamine chez les ?65 ans
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Auteurs : Llorca P. (2), Mékaoui L. (3), Rotharmel M. (4), Wicart C. (1), Dupin J. (1), De Maricourt P. (5)
Présentateur : Mékaoui Lila
Etablissement : (1) Affaires Médicales Johnson&Johnson Innovative Medicine, Issy-Les-Moulineaux, FRANCE; (2) Service de Psychiatrie, CHU Clermont-Ferrand, Université Clermont Auvergne, CNRS, INP Clermont Auvergne, Institut Pascal (UMR 6602), Clermont-Ferrand, FRANCE; (3) Pôle Clinique des Maladies Mentales et de l'Encéphale, Hôpital Sainte Anne GHU Paris – Psychiatrie et neurosciences, Paris, FRANCE; (4) Département universitaire de psychiatrie, Centre thérapeutique d'excellence, Institut de psychiatrie – Centre hospitalier du Rouvray, Sotteville-Lès-Rouen, FRANCE; (5) Hôpital Sainte Anne GHU Paris – Psychiatrie et neurosciences, Paris, FRANCE
Introduction
Un tiers des patients atteints de trouble dépressif majeur (TDM) sont résistants aux traitements (TRD). L’eskétamine en spray nasal (ESK) est indiqué depuis 2019 en Europe en association avec un ISRS ou un IRSN, chez les adultes souffrant de TRD, après échec ≥2 antidépresseurs. Peu de données existent chez les patients âgés de ≥65 ans (65+).
Méthodes
ELLIPSE est une étude prospective, multicentrique, non interventionnelle menée en France entre 12/2021 et 07/2023 chez des adultes atteints de TDM unipolaire ayant initié ESK. Les variables ont été recueillies à l’initiation d’ESK (M0) et pendant 12 mois. L’efficacité incluait l'échelle MADRS : réponse = réduction ≥50% ou rémission = score ≤10. Les évènements indésirables (EI) sur le suivi ont été décrits. Nous présentons les résultats pour les patients 65+.
Résultats
23 patients ont été suivis pendant 12.0 (Q1-Q3 : 11.1-12.2) mois en médiane. L'age moyen était en moyenne (ET) de 71,5 (5,7) ans, 11 (47,8%) étaient des femmes. Le nombre moyen d’épisodes dépressifs antérieurs majeurs était de 3,5 (2,5) (8/21 [38,1%] patients avaient fait au moins une tentative de suicide) et 2,5 (2,3) épisodes TRD. L’épisode dépressif en cours à l’initiation d’ESK avait débuté en médiane depuis 1,5 (0,4-3,2) ans, était considéré comme résistant au traitement pour 100% des patients (antécédent d’hospitalisation complète pour 69.6% [n=16]). 15 (65.2%) patients avaient une comorbidité psychiatrique (anxiété : n=11). A l’initiation d’ESK, 3 (1;5) lignes d‘antidépresseurs bien conduites avaient été administrés en médiane. 7 (30.4%) des patients ont bénéficié d’une technique de neurostimulation entre le début de leur épisode et l’initiation d’ESK. Le score MADRS médian était de 32 (25-37).
La durée médiane sous ESK était de 2,3 (1,0-6,5) mois. La posologie la plus utilisée (52,2%) était de 84mg 2 fois /semaine (100,0%) en induction (S1-4), 84mg (82,4%) hebdomadaire (70,6%) en 1ère maintenance (S5-8), hebdomadaire-toutes les 2 semaines (83,4%) en 2ème maintenance (S9-52). Le MADRS moyen des patients sous traitement a diminué au cours du suivi (Figure 1). Les patients sous traitement en réponse/rémission étaient de 25,0%/18,8% à M1, 63,6%/36,4% à M2, 50,0%/16,7% à M6 et 75,0%/75,0% à M12.
9/23 (39,1%) patients reportaient au moins un EI lié au traitement (1 sévère), incluant principalement la dissociation (6/23 ; 26,1% vs. 29.5% au sein de la population totale [N=207], sans EI sévère) et la hausse de tension artérielle (hausse de tension artérielle chez 4 patients [17.4%] vs. 25 [12.1%] sur la population totale, hypertension chez 4 (17.4%) vs 23 (11.1%) sur la population totale, sans EI sévère).
Conclusion
ELLIPSE est la première étude prospective européenne apportant des résultats sur le sous-groupe 65+. Les résultats obtenus sont cohérents avec les données issues des essais cliniques et des cohortes en conditions réelles d’utilisation obtenues sur l’ensemble des patients bénéficiants de l’indication de l’ESK.
 Figure 1. Evolution absolue du score MADRS moyen par visite chez les patients âgés de 65 ans et plus encore sous traitement avec un MADRS disponible.
|
| co1 4 leo2 0 un programme psychoeducatif numerique pour les aidants en psychiatrie auteurs de martene b 1 billotet e 1 giudicelli m 1 lespine l 1 rey r 1 etablissement 1 le vinatier psychiatrie universitaire lyon metropole bron france presentateur de martene benedicte billotet elodie giudicelli maxime |
CO1-4 - Léo2.0 : un programme psychoéducatif numérique pour les aidants en psychiatrie
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Auteurs : DE MARTENE B. (1), BILLOTET E. (1), GIUDICELLI M. (1), LESPINE L. (1), REY R. (1)
Présentateur : DE MARTENE Bénédicte, BILLOTET Elodie, GIUDICELLI Maxime
Etablissement : (1) Le Vinatier - Psychiatrie Universitaire Lyon Métropole, Bron, FRANCE
Introduction
La psychoéducation des aidants est associée à un bénéfice sur les aidants eux-mêmes et sur le proche accompagné. En cohérence, les recommandations internationales préconisent que l'aide aux aidants soit proposée précocement et systématiquement. Malgré une augmentation du nombre d'établissements proposant des programmes psychoéducatifs aux aidants sur le territoire français, certains aidants n'ont pas accès aux solutions d'aide : les jeunes aidants, les actifs, ceux vivant en zone rurale ou à démographie médicale faible. Afin d'atteindre ces populations d'aidants, le centre lyonnais des aidants en psychiatrie (CLAP), la Fondation FondaMental, le Collectif Schizophrénies, l'Unafam, et l’agence de pédagogie numérique Sydo, ont co-conçu Léo2.0 (adaptation numérique du programme psychoéducatif présentiel Léo). Léo2.0 est disponible gratuitement depuis mars 2025.
Méthode
Analyse rétrospective des données pré-programme, recueillies auprès des aidants inscrits à Léo2.0 entre mars 2025 et septembre 2025. Les données comprennent : les caractéristiques socio-démographiques des aidants, les contraintes évoquées pour l’accès à la psychoéducation en présentiel, une auto-évaluation du fardeau (ZBI), de la symptomatologie dépressive (CES-D).
Résultats
Parmi les 698 aidants inscrits sur la plateforme, 525 aidants (75.2%) ont renseigné complètement les questionnaires avant de commencer les modules psychoéducatifs. L’âge moyen des aidants était de 51.2 ans et la majorité était des femmes (83,4%). Parmi eux, 10,9% avaient moins de 35 ans, 10,7% étaient des frères ou sœurs. Les participants sont majoritairement en activité professionnelle (76,4%). La moitié des aidants (50.4%) résidaient dans une zone urbaine dense, 31.3% en zone urbaine intermédiaire et 16,2% en zone rurale. Parmi les aidants inscrits, 51% ne pouvaient pas assister à un programme psychoéducatif présentiel en raison des contraintes horaires liées à leur activité professionnelle et 33,7% en raison de leur éloignement des lieux de soin, 60,2% n’avaient jamais participé à un programme de psychoéducation. Sur le plan psychométrique, 69,1% avaient un score CES-D ≥16 (symptomatologie dépressive préoccupante), 59,4% un score CESD ≥20 (état dépressif) et 17% un score ZBI >60 (fardeau sévère). 16,2% des proches accompagnés étaient en contact avec les soins depuis moins de 6 mois et 6,9% depuis 1 à 5 ans. Les diagnostics les plus fréquemment rapportés étaient : troubles schizophréniques (28,2%), bipolaires (23,4%), anxieux (18,1%).
Conclusion
Ces données préliminaires suggèrent que Léo2.0 bénéficie à des aidants fortement impactés par leur situation d'aidance et en difficulté pour accéder aux programmes psychoéducatifs présentiels, réduisant ainsi leur perte de chance. En complémentarité de l'offre psychoéducative présentielle disponible, Léo2.0 concourt à un accompagnement précoce et systématique (programme multi-diagnostic) des aidants de personnes vivant avec un trouble psychique.
|
| co1 5 risque d hypotension orthostatique sous antipsychotiques meta analyse en reseau et analyses pharmacologiques auteurs moiny m 1 2 azzouz b 2 djerada z 2 etablissement 1 etablissement public de sante mentale de la marne reims france 2 centre hospitalier universitaire de reims reims france presentateur moiny maxime |
CO1-5 - Risque d'hypotension orthostatique sous antipsychotiques : méta-analyse en réseau et analyses pharmacologiques
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : MOINY M. (1,2), AZZOUZ B. (2), DJERADA Z. (2)
Présentateur : MOINY Maxime
Etablissement : (1) Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne, Reims, FRANCE; (2) Centre Hospitalier Universitaire de Reims, Reims, FRANCE
Introduction :
L’hypotension orthostatique est un effet indésirable bien connu des antipsychotiques. Cependant, l’évaluation objective de ce risque basée sur des données cliniques manque actuellement, et implique une estimation subjective et empirique en fonction des traitements. Le but de ce travail était de proposer une évaluation compréhensive de ce risque en fonction des traitements, en utilisant des données cliniques et pharmacologiques.
Méthodes :
Nous avons réalisé une méta-analyse en réseau bayesienne à partir d’essais contrôlés randomisés et une analyse de disproportionnalité à partir des données de pharmacovigilance de l’OMS. Ces deux méthodes nous ont permis d’estimer le risque pour un échantillon de traitements antipsychotiques au moyen d’Odds Ratio (OR) pour la méta-analyse en réseau, et de Reporting Odds Ratio (ROR) pour l’analyse de disproportionnalité. Avec ces résultats, nous avons ensuite réalisé une analyse pharmacodynamique en utilisant une méthode de méta-régression avec les affinités pour les principaux récepteurs de neurotransmission.
Résultats :
60 études (15,970 sujets) ont été inclus dans la méta-analyse en réseau, et 3,844 déclarations d’effets indésirables ont été extraites de la base de l’OMS. Nous avons trouvé que l’ilopéridone (OR 10.31 [2.64-55.79], ROR 48.16 [34.99-66.29]), la clozapine (OR 2.92 [1.41-6.62], ROR 8.93 [8.45-9.43]), la quetiapine (OR 1.83 [1.06-3.33], ROR 7.43 [6.83-8.03]) et les antipsychotiques de première génération avec une faible sélectivité pour les récepteurs D2 comme la chlorpromazine (OR 10.89 [5.02-24.41], ROR 22.62 [19.88-25.74]), étaient associés à un risque plus important d’hypotension orthostatique. La variabilité des OR et des ROR est fortement associée à l’affinité des traitements pour les récepteurs alpha-1 adrénergiques.
Conclusion :
Cette étude a permis d’objectiver le risque d’hypotension orthostatique associé à la prise d’antipsychotiques. Nous avons identifié que ce risque varie en fonction des traitements, et dépend majoritairement de leur affinité pour les récepteurs alpha-1 adrénergiques. Le dépistage systématique de cet effet indésirable et le choix éclairé du traitement en fonction de leur risque intrinsèque sont essentiels pour améliorer la sécurité des patients et leur observance du traitement antipsychotique.
|
| co1 6 therapie de l insomnie en psychiatrie evaluation des pratiques cliniques auteurs anselin m 1 schneider c 2 hertenstein e 2 marini v 1 cordera p 1 nissen c 1 etablissement 1 departement de psychiatrie hopitaux universitaires de geneve geneve suisse 2 departement de psychiatrie faculte de medecine universite de geneve geneve suisse presentateur anselin marguerite |
CO1-6 - Thérapie de l'insomnie en psychiatrie: évaluation des pratiques cliniques
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : ANSELIN M. (1), SCHNEIDER C. (2), HERTENSTEIN E. (2), MARINI V. (1), CORDERA P. (1), NISSEN C. (1)
Présentateur : ANSELIN Marguerite
Etablissement : (1) Département de psychiatrie, Hôpitaux Universitaires de Genève, Genève, SUISSE; (2) Département de psychiatrie, Faculté de médecine, Université de Genève, , Genève, SUISSE
Les troubles mentaux sont la principale cause de dégradation de la qualité de vie liée à la maladie mondialement. La majorité des patients souffrant de troubles mentaux rapportent des difficultés d'endormissement ou de maintien du sommeil (insomnie). Selon les directives thérapeutiques, la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie (TCC-I) constitue le traitement de première ligne. Malgré cette recommandation, seule une minorité de patients en bénéficie, tandis que les hypnotiques demeurent le traitement le plus courant. Les données en milieux psychiatriques restent toutefois limitées.
Ce projet visait à évaluer les pratiques thérapeutiques actuelles concernant l'insomnie en psychiatrie hospitalière. Il comprenait une enquête auprès de 196 professionnels de santé mentale (80 médecins, 85 infirmiers, 25 psychologues, 6 autres ; 62% femmes, 34% hommes, 1% divers, 3% sans réponse ; 18-65 ans) et une extraction de données sur l'utilisation d'hypnotiques lors d'une journée index auprès de 246 patients hospitalisés en milieu psychiatrique (46% femmes, 54% hommes ; âge moyen 53,0±21,9 ans).
Les résultats révèlent que la quasi-totalité des professionnels prennent en charge des patients avec insomnie comorbide. Bien que la majorité (n=125, 63%) identifie la TCC-I comme traitement de première intention, sa mise en œuvre demeure rare. En pratique, la prescription d'hypnotiques, notamment benzodiazépines et agonistes des récepteurs aux benzodiazépines (BZRA), antidépresseurs et antipsychotiques sédatifs, s'avère fréquente. Les principaux obstacles à la mise en œuvre de la TCC-I rapportés sont une connaissance insuffisante du programme thérapeutique et l'attente des patients de recevoir une médication. De nombreux patients quittent l'hôpital avec benzodiazépines ou BZRA, comportant un risque de tolérance et dépendance. L'extraction de données indique que 187 patients sur 246 (76,0%) ont reçu au moins un hypnotique. Les antipsychotiques étaient les plus prescrits (n=122, 49,6%), suivis des benzodiazépines (n=98, 39,8%), antidépresseurs sédatifs (n=34, 13,8%), mélatonine (n=23, 9,3%) et BZRA (n=18, 7,3%). D'autres substances étaient prescrites moins fréquemment : prégabaline (n=15, 6,1%), clométhiazole (n=13, 5,3%), antihistaminiques (n=9, 3,7%), phytothérapie (n=5, 2,0%) et cannabis (n=3, 1,2%). Par ailleurs, 103 patients ont reçu une polypharmacie avec plus d'un sédatif, représentant 55,1% de ceux traités par hypnotiques.
Ces résultats démontrent que l'implémentation de la TCC-I pour l'insomnie, hautement prévalente en psychiatrie, reste insuffisante et que le traitement par hypnotiques demeure fréquent. Conformément aux recommandations internationales, des travaux supplémentaires sont nécessaires pour adapter et inclure davantage la TCC-I en psychiatrie hospitalière.
|
| co1 7 variabilite interindividuelle pharmacocinetique de la ketamine et esketamine dans la depression auteurs goujon m 1 mrad s 2 jaffre c 2 perin dureau f 3 berkovitch l 2 petit a 2 etablissement 1 chu st pierre bruxelles belgique 2 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france 3 rest therapeutics paris france presentateur goujon marie |
CO1-7 - Variabilité interindividuelle pharmacocinétique de la kétamine et eskétamine dans la dépression
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : GOUJON M. (1), MRAD S. (2), JAFFRE C. (2), PERIN-DUREAU F. (3), BERKOVITCH L. (2), PETIT A. (2)
Présentateur : GOUJON Marie
Etablissement : (1) CHU St Pierre, Bruxelles, BELGIQUE; (2) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE; (3) ReST Therapeutics, Paris, FRANCE
Introduction :
La kétamine et son énantiomère S, l’eskétamine, ont profondément transformé le traitement de la dépression grâce à leurs effets thérapeutiques significatifs, rapides et durables. Actuellement, ces molécules sont administrées à doses fixes dans les protocoles psychiatriques. Toutefois, les réponses individuelles présentent une grande variabilité, tant en termes d’efficacité clinique que de tolérance. Cette revue examine le degré de la variabilité interindividuelle pharmacocinétique (PK) et clinique de la kétamine et de l’eskétamine chez l’adulte.
Méthode :
Une revue systématique, répertoriée dans PROSPERO (CRD42024594273), a été menée à partir des bases de données MEDLINE, Cochrane Library, EBSCO et PsycINFO, depuis leur création jusqu’en septembre 2024. Les études incluant des volontaires sains ou des patients souffrant d’un épisode dépressif majeur (EDM), d’une dépression bipolaire ou d’une dépression résistante au traitement (Treatment-Resistant Depression, TRD) ont été retenues. Les études en contexte périopératoire, en lien avec la prise en charge de la douleur chronique, ou utilisant la kétamine orale ont été exclues. Les données concernant la variabilité interindividuelle en PK et ses facteurs déterminants ont été extraites.
Résultats :
Parmi les 227 études identifiées, 23 ont été retenues. Vingt portaient sur la kétamine, 3 sur l’eskétamine, sans essais comparatifs. La taille médiane des échantillons était de 48 [4-820]. La kétamine était principalement administrée par voie intraveineuse (0,5 mg/kg sur 40 minutes), tandis que l’eskétamine était administrée par voie intranasale (28–112 mg). Une variabilité interindividuelle significative a été observée dans la clairance de la kétamine (2,8 % - 65,1 %) et le volume de distribution (7,1 % - 55,1 %). Les réponses au traitement variaient avec une efficacité clinique allant de 7,1 % à 70 %. Des facteurs tels que les métabolites, l’ethnie, le génotype CYP2B6 et le poids corporel pourraient contribuer à cette variabilité, bien qu’aucun prédicteur de la réponse clinique n’ait été identifié.
Conclusion :
Cette revue met en évidence une variabilité interindividuelle importante dans la pharmacocinétique et les effets cliniques de la kétamine et de l’eskétamine, malgré des protocoles standardisés en psychiatrie. Des différences métaboliques, génétiques, ethniques et pondérales pourraient jouer un rôle et des recherches supplémentaires sont donc nécessaires afin d'adapter les stratégies et protocoles thérapeutiques, optimiser les réponses cliniques et améliorer la tolérance aux traitements.
|
| co1 8 addictions et intelligence artificielle laube des chatbots therapeutiques auteurs terrisse r 1 lemey c 1 guillou m 1 etablissement 1 chu brest brest france presentateur terrisse raphael |
CO1-8 - Addictions et intelligence artificielle : l’aube des chatbots thérapeutiques
Thème: 07 - Addictions
Auteurs : TERRISSE R. (1), LEMEY C. (1), GUILLOU M. (1)
Présentateur : TERRISSE Raphaël
Etablissement : (1) Chu Brest , Brest, FRANCE
Introduction
Les troubles liés à l’usage de substances (TUS) et les addictions comportementales demeurent une priorité majeure de santé publique, marquée par une forte prévalence et des obstacles persistants à l’accès aux soins. L’émergence des grands modèles de langage (Large Language Models, LLM) permet désormais de concevoir des agents conversationnels capables d’interactions fluides, empathiques et personnalisées. Ces chatbots, intégrant des approches comme l’entretien motivationnel, pourraient offrir un accompagnement numérique continu et accessible aux personnes concernées par les addictions.
Méthode
Une revue systématique a été conduite selon les recommandations PRISMA (PROSPERO ID : 1058513). Les bases PubMed, PsycINFO, Scopus, IEEE, ACM Digital Library et Cochrane ont été interrogées entre janvier 2017 et mars 2025. Ont été incluses les études originales évaluant un chatbot reposant sur un LLM appliqué à la prévention, au traitement ou au suivi des addictions. La qualité méthodologique a été évaluée à l’aide du Mixed Methods Appraisal Tool (MMAT, 2018).
Résultats
Onze études ont été retenues, couvrant différents champs : tabac (n = 3), alcool (n = 4), opioïdes (n = 1), vapotage (n = 1) et addictions comportementales (n = 2).
Addiction tabagique : les chatbots génératifs basés sur l’entretien motivationnel ont accru la confiance dans les capacités d’arrêt (+1,2 à +1,7 / 10, p < 0,001) et la readiness au changement (+0,4 à +0,7 / 10). L’empathie perçue (échelle CARE) était significativement supérieure aux versions non génératives (p < 0,01).
Usage d’alcool : les agents virtuels LLM ont montré une fidélité renforcée aux techniques de MI (CEMI : +15 points, p = 0,03), une proportion élevée de change talk (65–76 %) et une alliance thérapeutique jugée équivalente à celle d’un clinicien.
Troubles liés aux opioïdes pendant la grossesse : 96,7 % des réponses produites par GPT-4 ont été évaluées comme sûres, précises et conformes aux recommandations par deux expertes cliniciennes.
Vapotage : les réponses de ChatGPT ont été jugées satisfaisantes à excellentes par un panel d’experts (exactitude = 2,5 / 3 ; empathie = 2,3 / 3).
Addictions comportementales : les interventions génératives ont réduit la durée quotidienne d’usage problématique du smartphone (−9,8 %) et amélioré la perception d’auto-efficacité (+10 %).
Conclusion
Les chatbots basés sur les grands modèles de langage constituent une innovation émergente en addictologie. Ils démontrent une capacité unique à instaurer des échanges empathiques, à renforcer la motivation au changement et à reproduire fidèlement les techniques de l’entretien motivationnel. Bien que les données disponibles demeurent préliminaires et hétérogènes, ces outils apparaissent comme des leviers prometteurs pour un accompagnement personnalisé, continu et sécurisé des patients. Des études contrôlées à plus large échelle sont désormais nécessaires pour confirmer leur efficacité clinique et leur intégration dans les parcours de soins en santé mentale et addictologie.
|
| co1 9 les medecins et les analogues du glp1 en sante mentale auteurs abergel a 1 arouba a 1 leroy s 1 dhote j 1 advenier iakovlev e 1 etablissement 1 ghu saint anne paris france presentateur abergel alexandre |
CO1-9 - Les médecins et les analogues du GLP1 en santé mentale
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Auteurs : ABERGEL A. (1), AROUBA A. (1), LEROY S. (1), DHOTE J. (1), ADVENIER IAKOVLEV E. (1)
Présentateur : ABERGEL Alexandre
Etablissement : (1) GHU Saint Anne, Paris, FRANCE
Introduction
L’obésité représente un enjeu majeur de santé publique, particulièrement chez les patients souffrant de troubles psychiatriques, chez lesquels sa prévalence est significativement plus élevée que dans la population générale. Ceci s’explique par des facteurs comportementaux, environnementaux et pharmacologiques, notamment l’exposition prolongée à certains psychotropes inducteurs de prise de poids.
Les analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide-1) constituent une avancée thérapeutique dans la prise en charge de l’obésité, agissant sur la satiété et le métabolisme glucidique. Depuis l’été 2025, ces spécialités peuvent désormais être prescrites par tout médecin, offrant une nouvelle possibilité dans les prises en charge de l’obésité chez les patients engagés dans un parcours de santé mentale.
Objectif
Ce travail vise à évaluer les connaissances, les perceptions et le degré de confiance des professionnels de santé de notre établissement de santé mentale (psychiatres, internes et somaticiens) concernant la prescription des analogues du GLP-1 chez les patients atteints de troubles psychiatriques.
Matériel et méthode
Un questionnaire en ligne comportant 14 questions a été diffusé via Google Forms fin septembre 2025 auprès des 10 pôles psychiatriques et du pôle somatique. Ce questionnaire est composé de réponse libres, QCM et QCS et explore les connaissances des praticiens, les freins à la prescription et la demande des patients.
Résultats
Des praticiens de tous les pôles cliniques ont répondu. 35 réponses ont été recueillies : 27 psychiatres, 4 somaticiens et 4 internes. Les répondants évaluaient leurs connaissances comme très bonnes 5,7 %, (n=2), bonnes 28,6 %, (n=10), moyennes 45,7 %, (n=16) ou mauvaises 20 %, (n=7). Concernant la prescription potentielle, 20,6 % (n=7) ne se sentaient pas à l’aise, 47,1 % (n=16) souhaitaient une formation préalable avec un endocrinologue, 26,5 % (n=9) se déclaraient à l’aise et 5,9 % (n=2) prêt à prescrire mais uniquement en hospitalisation. Le principal frein cité était le non-remboursement 94,1 % (n=32). Pour ce qui est de l’évaluation de la prise en charge de la prise de poids des patients, elle est jugée satisfaisante pour 2,9 % (n=1), perfectible pour 32,4 % (n=11), moyenne pour 38,2 % (n=13) et mauvaise pour 32,4 % (n=11) des interrogés. Par ailleurs, 38,2 % (n=13) exprimaient une crainte de mésusage par excès. Enfin 70,6 % (n=24) rapportaient une demande de leur patientèle sur ces molécules.
Conclusion
Ces résultats montrent l’intérêt pour les analogues du GLP-1 des psychiatres et somaticiens, mais aussi l’attente des patients. Toutefois, on relève également un besoin marqué de formation et d’encadrement pour soutenir leur intégration en pratique clinique. Ces résultats aideront le comité du médicament et la commission médicale d’établissement à se positionner pour accompagner, encadrer et sécuriser la prescription de ces thérapeutiques dans notre établissement.
|
| co2 1 consequences des mesures de contrainte simulation d essai clinique randomise auteurs wullschleger a 1 baggio s 2 3 etablissement 1 hopitaux universitaires de geneve thonex suisse 2 institut de psychologie universite de lausanne lausanne suisse 3 institut de medecine de premier recours biham universite de berne berne suisse presentateur wullschleger alexandre |
CO2-1 - Conséquences des mesures de contrainte: simulation d'essai clinique randomisé
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : WULLSCHLEGER A. (1), BAGGIO S. (2,3)
Présentateur : WULLSCHLEGER Alexandre
Etablissement : (1) Hôpitaux universitaires de Genève, Thônex, SUISSE; (2) Institut de psychologie, Université de Lausanne, Lausanne, SUISSE; (3) Institut de Médecine de Premier Recours (BIHAM), Université de Berne, Berne, SUISSE
Introduction
Les mesures de contrainte restent employées quotidiennement en milieu psychiatrique hospitalier, et constituent encore et toujours un défi majeur, tant clinique qu’éthique, pour l’ensemble des professionnels de la psychiatrie. Toutefois, leurs effets sur la santé mentale des patients sont peu explorés. Cette étude nationale suisse examine les effets des mesures de contrainte sur la santé mentale des patients à leur sortie d’hospitalisation psychiatrique, au moyen d’une méthode de simulation d’essai clinique randomisé.
Méthode
Nous avons analysé des données longitudinales rétrospectives provenant de tous les hôpitaux psychiatriques suisses pour adultes offrant des soins aigus entre 2019 et 2021. L’exposition principale était l’exposition à au moins une mesure de contrainte durant l’hospitalisation (isolement en chambre fermée, contention mécanique, traitement médicamenteux forcé). Le critère de jugement principal était le score de la Health of the Nation Outcome Scale (HoNOS) à la sortie. Il s’agit d’une échelle de sévérité de la symptomatologie psychiatrique globale employée de routine dans tous les hôpitaux suisses. Nous avons utilisé une pondération par probabilité inverse de traitement (inverse probabiblity of treatment weighting) pour simuler une répartition aléatoire à l’exposition.
Résultats
Sur 178 369 hospitalisations, 9,2 % (soit 18 800) ont impliqué au moins une mesure de contrainte. Chez les patients exposés à des mesures de contrainte, les résultats montrent une aggravation légère mais statistiquement significative du niveau de la symptomatologie par rapport aux patients non exposés. Ceux qui ont subi au moins une mesure de contrainte pendant l’hospitalisation avaient un score HoNOS significativement plus élevé (1,91 point, p < .001, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,73 ; 2,09) que ceux qui n’en ont pas subi. Les résultats étaient similaires pour l’isolement en chambre fermée (score supérieur de 1,60 point, p < .001, IC 95 % : 1,40 ; 1,79) et la médication forcée (score supérieur de 1,97 point, p < .001, IC 95 % : 1,65 ; 2,30). La contention mécanique avait l’effet le plus fort (score supérieur de 2,83 points, p < .001, IC 95 % : 2,38 ; 3,28).
Conclusion
Notre étude présente des preuves empiriques solides soulignant l’impact négatif des mesures de contrainte sur la santé mentale des patients psychiatriques. Elle met ainsi en évidence l’importance de considérer ces effets néfastes dans les processus décisionnels menant à leur emploi. Elle souligne donc la nécessité d’éviter ces mesures dans les hôpitaux psychiatriques et l’urgence de mettre en œuvre des alternatives dans la pratique clinique.
|
| co2 2 effets iatrogenes des interventions preventives en sante mentale revue narrative auteurs delichere m 1 alves gomes a 1 besche richard c 2 baeyens c 3 carre a 1 etablissement 1 universite savoie mont blanc chambery france 2 universite de reims champagne ardenne reims france 3 universite grenoble alpes grenoble france presentateur delichere manon |
CO2-2 - Effets iatrogènes des interventions préventives en santé mentale : revue narrative
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : DELICHÈRE M. (1), ALVES GOMES A. (1), BESCHE-RICHARD C. (2), BAEYENS C. (3), CARRÉ A. (1)
Présentateur : DELICHÈRE Manon
Etablissement : (1) Université Savoie Mont Blanc , Chambéry, FRANCE; (2) Université de Reims Champagne-Ardenne, Reims, FRANCE; (3) Université Grenoble Alpes, Grenoble, FRANCE
Introduction : Les programmes de prévention primaire à tertiaire en santé mentale se sont largement développés. Paradoxalement, l'augmentation des campagnes de sensibilisation coïncide avec une hausse des taux rapportés de troubles mentaux. Dans un contexte d’amélioration de la prévention, cette revue narrative explore les potentiels effets iatrogènes de ces interventions. Les effets iatrogènes sont définis comme tout effet négatif plausiblement lié à l'intervention elle-même (Foulkes et al., 2023).
Méthode : Revue narrative de la littérature dans PubMed, PsycINFO et recherche manuelle (2000-2025). Inclusion d'études quantitatives, qualitatives et mixtes rapportant des effets négatifs d'interventions préventives en santé mentale, tout âges confondus.
Résultats : Les données montrent que certaines interventions préventives peuvent induire des effets délétères. Le débriefing psychologique en prévention secondaire (intervention précoce) peut aggraver des états associés à une augmentation des symptômes de stress post-traumatique, notamment lorsqu’il est réalisé immédiatement après l’événement et sans distinction du niveau d’exposition ou de vulnérabilité. Certaines interventions en milieu scolaire basées sur les outils cliniques relevant des TCC (eg. dérivé de thérapie dialectique pour adolescents «?WISE Teens?», school-based mindfulness training «?MYRIAD?») peuvent accroître les symptômes dépressifs et de détresse chez les jeunes à risque (Harvey et al. 2023 ; Kuyken et al., 2022, Montero-Marin et al.,2022). Certaines interventions universelles mixtes associent à la fois dépistage et intervention. Le dépistage portant sur les symptômes dépressifs, anxieux, mais aussi sur les idées et comportements suicidaires ne semble pas montrer pas d’effet iatrogène. Enfin, certaines interventions auprès d’adolescents à risque ont pu présenter un effet contre-productif en favorisant l’émergence de ce qu’elles cherchaient à prévenir (eg. consommation de substance) (Hennessy & Tanner-Smith, 2014, Hogue et al., 2019).
Conclusion : Les interventions non-médicamenteuses destinées à prévenir la santé mentale peuvent avoir des effets iatrogènes, au même titre que les interventions pharmacologiques. Cela constitue un enjeu éthique majeur. Il convient de souligner que certains effets indésirables potentiels demeurent méconnus, soit parce qu’ils ne font pas l’objet de mesures systématiques, soit parce que les résultats négatifs existants ne sont pas publiés. Cela constitue un biais dans l’évaluation globale de ces interventions. Des protocoles de surveillance et des recommandations evidence-based sont nécessaires pour prévenir ces risques tout en préservant les bénéfices des actions, ainsi que le recommande la HAS dans son projet stratégique 2025-2030. À terme, une synthèse exhaustive des résultats et des recommandations méthodologiques devraient être proposées.
|
| co2 3 la voix des patients ce que disent les verbatim de satis psy classification automatique supervisee auteurs prunet c 1 hilaire schneider c 1 coquelin a 1 gloanec m 1 morin s 1 etablissement 1 has st denis france presentateur hilaire schneider christelle |
CO2-3 - La voix des patients : Ce que disent les verbatim d’e-Satis PSY : Classification automatique supervisée
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : PRUNET C. (1), HILAIRE SCHNEIDER C. (1), COQUELIN A. (1), GLOANEC M. (1), MORIN S. (1)
Présentateur : HILAIRE SCHNEIDER Christelle
Etablissement : (1) HAS, St Denis, FRANCE
Introduction
Les commentaires libres des patients enrichissent les questionnaires e-Satis et les résultats quantitatifs afin d’orienter les professionnels de santé sur des actions concrètes à mener. Les objectifs sont de décrire les thématiques exprimées par les patients hospitalisés en psychiatrie adulte (e-Satis PSY) et d’évaluer la performance d’une classification automatique, pour intégrer les commentaires dans la plateforme de restitution des résultats de la HAS. L’objectif secondaire est d’examiner l’émergence de nouvelles thématiques pour la qualité des soins en psychiatrie.
Méthode
Analyse de 6 045 verbatim recueillis durant l’expérimentation 09/2023–09/2024, impliquant 201 établissements de santé participants (en majorité des établissements privés à but lucratif). Un modèle de classification supervisée (SetFit), entraîné sur un référentiel de 5 thématiques et 29 sous-thématiques, a été appliqué aux commentaires de psychiatrie. La « précision ressentie » (estimée par une relecture humaine indépendante des verbatim classés) a été mesurée globalement et par sous-thématique, puis comparée à d’autres champs e-Satis (médecine-chirurgie-obstétrique, chirurgie ambulatoire, soins médicaux et de réadaptation).
Résultats
La validation a porté sur 1 737 phrases (≈ 3,2 phrases/commentaire). La thématique « prise en charge » est la plus mentionnée : relations humaines, information, implication du patient et des proches, disponibilité des professionnels. Arrive ensuite la thématique « prestation hôtelière » (notamment repas/collations et locaux-chambres-sanitaires).
La précision ressentie de la classification atteint 66,7 % au global, avec de meilleurs résultats pour les sous-thématiques « relations humaines », « locaux/chambres/sanitaires », « repas et collations » et « remerciements/recommandations ». Elle est plus modeste pour des sous-thématiques peu fréquentes ou hétérogènes (sécurité des soins, transferts intra-établissement, outils numériques, organisation/coordination).
Lors de la relecture humaine du classement produit par l’algorithme de la nouvelle plateforme e-Satis, la lecture de 1 737 phrases n’a pas fait émerger de thématiques absentes du questionnaire. Les sujets essentiels pour les patients hospitalisés en psychiatrie sont donc bien couverts, ce qui confirme la validité de contenu du questionnaire.
Conclusion
Les patients mettent en avant la qualité relationnelle des professionnels (information, écoute, disponibilité) et, en second plan, les composantes hôtelières. La classification automatique des verbatim des patients facilite leur analyse et constitue un outil opérationnel pour intégrer la voix des patients dans les plans d’action. Dans le cadre du déploiement national d’e-Satis PSY (depuis mars 2025), une analyse de la classification automatique supervisée des verbatim sera également réalisée afin de comparer les thématiques rapportées à celles identifiées lors de l’expérimentation.
 Représentation graphique de la classification supervisée automatisée des verbatims d’e-Satis en psychiatrie
|
| co2 4 influence du genre sur la symptomatologie depressive etude gendep compare auteurs hazan m 1 ouazana vedrines c 1 chevance a 1 etablissement 1 cress methods team inserm umr 1153 hotel dieu paris france presentateur hazan margaux |
CO2-4 - Influence du genre sur la symptomatologie dépressive : étude GENDEP-ComPaRe
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : HAZAN M. (1), OUAZANA-VEDRINES C. (1), CHEVANCE A. (1)
Présentateur : HAZAN Margaux
Etablissement : (1) CRESS Methods Team - Inserm UMR 1153 - Hôtel Dieu , Paris, FRANCE
Titre : Influence du genre sur la symptomatologie dépressive rapportée : étude GENDEP-ComPaRe
Introduction: La dépression constitue l’une des principales causes d’incapacité dans le monde. Un écart de genre persiste, avec une prévalence plus élevée chez les femmes (12,5 % contre 9,3 % en 2021 en France), tandis que les hommes présentent un taux de suicide trois fois supérieur. Ce paradoxe a conduit à l’hypothèse d’une « dépression masculine », marquée par des symptômes externalisés (irritabilité, usage de substances, évitement émotionnel), pouvant résulter de l’influence de normes socioculturelles et des rôles de genre endossés. L’étude GENDEP–ComPaRe vise à explorer la diversité des symptômes dépressifs rapportés selon le sexe et les styles de genre chez des adultes déprimés.
Méthode: Étude transversale comparative menée au sein de la cohorte ComPaRe Dépression. Les participants inclus rapportaient des symptômes dépressifs actuels (PHQ-9 ≥ 5, MDRS-22 > 15 ou auto-déclaration de dépression en cours). Les symptômes ont été évalués par des questionnaires standardisés (PHQ-9, SHAHIN, WHODAS-12, ASEX, MDRS-22) et les rôles de genre par l’inventaire validé BSRI. Une analyse factorielle des données mixtes (FAMD) et des analyses en réseau stratifiées selon le sexe et les profils BSRI explorent la structure et les co-occurrences symptomatiques.
Résultats: Après redressement de la population, l’échantillon comporte 772 femmes et 381 hommes. Les femmes rapportaient une sévérité moyenne légèrement supérieure (PHQ-9 : 13,3 vs 12,1) et davantage de limitations fonctionnelles (WHODAS-12 : 29,9 vs 27,6). Elles obtenaient aussi des scores comparables sur la Masculine Depressive Risk Scale (MDRS-22 : 22,3 vs 20,9). La FAMD a mis en évidence une organisation unidimensionnelle de la dépression, centrée sur les symptômes « classiques », sans différence significative selon le sexe. Les profils BSRI « féminins » et « non spécifiés » présentaient les scores PHQ-9 les plus élevés (M = 13,6), tandis que les profils « androgynes » et « masculins » affichaient des scores plus faibles (M = 11,9 et 12,3). Aucune différence significative de structure ou de force globale n’a été observée entre les réseaux selon le sexe ou le style de genre (Figure 1).
Conclusion : Aucune structure symptomatique spécifique n’a été identifiée selon le sexe, mais les rôles de genre semblent moduler certains aspects de l’expression des symptômes dépressifs. Le fait que les femmes obtiennent des scores similaires, voire supérieurs, sur l’échelle de symptômes dits « masculins» (MDRS-22) souligne les limites d’approches binaires telles que la « dépression masculine » ou « féminine ». Ces résultats invitent à dépasser les modèles centrés sur le sexe biologique ou l’identité de genre, pour intégrer la question des rôles et styles de genre, afin de mieux comprendre comment ils influencent la reconnaissance, l’expression et la prise en charge des expériences dépressives.
 Figure 1. Analyse en réseaux des symptômes dépressifs (femmes vs hommes)
|
| co2 5 compare depression e cohorte francophone participative prospective auteurs verschelde r 1 bulteau s 2 demesmaeker a 3 maruani j 4 rotharmel m 5 chevance a 1 etablissement 1 centre de recherche en epidemiologie et statistiques cress umr 1153 inserm ap hp upcite paris france 2 chu de nantes nantes france 3 chu de lille lille france 4 ap hp hopital bichat paris france 5 chu de rouen rouen france presentateur verschelde romane |
CO2-5 - ComPaRe Dépression : e-cohorte francophone participative prospective
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : VERSCHELDE R. (1), BULTEAU S. (2), DEMESMAEKER A. (3), MARUANI J. (4), ROTHÄRMEL M. (5), CHEVANCE A. (1)
Présentateur : VERSCHELDE Romane
Etablissement : (1) Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques (CRESS UMR 1153, INSERM, AP-HP, UPCité), Paris, FRANCE; (2) CHU de Nantes, Nantes, FRANCE; (3) CHU de Lille, Lille, FRANCE; (4) AP-HP, Hôpital Bichat, Paris, FRANCE; (5) CHU de Rouen, Rouen, FRANCE
Introduction. La dépression touche 5% de la population mondiale et représente la 3e cause d’années vécues avec handicap. ComPaRe Dépression est à la fois une e-cohorte, une communauté de personnes concernées engagées pour la recherche et une plateforme de recherche ouverte aux chercheurs des laboratoires publics français, visant à accélérer la echerche centrées sur l'expérience vécue.
Méthode. Cohorte prospective entièrement en ligne, ouverte aux adultes francophones rapportant avoir vécu ou vivant un épisode dépressif, y compris dans le cadre de troubles bipolaires. L’inclusion ne requiert pas de diagnostic médical et n’exclut pas les comorbidités. Les participants complètent un recueil à l’inclusion puis des suivis mensuels (≈15 min), combinant auto-questionnaires standardisés et questions ouvertes. Les mesures portent notamment sur les symptômes perçus rapportés par des questionnaires standardisés (PHQ-9) ou des questions ouvertes, les comorbidités psychiatriques, les antécédents de maltraitance, le retentissement fonctionnel et le recours aux soins. Des indicateurs sociologiques (intégration sociales, stigmatisation) sont également collectés annuellement. La gouvernance est participative et la plateforme permet la conduite rapide d’études observationnelles transversales ou longitudinales, qualitatives et/ou quantitatives et interventionnelles (essais contrôlés randomisés de solutions digitales). Le recrutement s’effectue via les professionnels de santé, le site internet de la cohorte et les réseaux sociaux.
Résultats. 7 315 participants ont été inclus (77% femmes ; 18–29 ans : 11,6%, 30–44 : 32,3%, 45–59 : 34,3%, 60–75 : 18,6%, >75 : 3,2%). La diversité de l'échantillon permet de redresser les données sur l'âge, le genre, le niveau d'éducation, la situation financière selon les données de Santé Publique France. 23% des participants déclarent être en dépression; 22,3% estiment en souffrir. Le diagnostic initial est posé principalement en soins primaires (30,3%) et en psychiatrie (47%). La sévérité PHQ-9 montre 23,6% de dépression modérée, 19,0% modérément sévère et 15,1% sévère (≈57,7% avec PHQ-9 ≥ 10). Les comorbidités psychiatriques sont fréquentes, notamment troubles anxieux (38%) et trouble bipolaire (9,8% « oui »; 6,4% « probable »). La dépression du post-partum concerne 9,6% des femmes (3,4% des hommes). Concernant les soins, 83,1% ont eu une psychothérapie au cours de la vie (sous-échantillon N=5 423) et l’exposition aux antidépresseurs se répartit en 20% aucun, 36% un, 25% deux-trois et 19% quatre et plus. Après deux ans de création plus de 7 études ont été conduites dans ComPaRe Dépression par différentes équipes de recherche.
Conclusion. ComPaRe Dépression propose une plateforme de recherche à disposition des chercheurs français permettant la conduite d'études variées avec accompagnement méthodologique (investigatrice principale : astrid.chevance@aphp.fr). L’objectif de 10 000 inclusions devrait être atteint à la fin de l'année 2026.
|
| co2 6 evolution sur 10 ans des tentatives de suicide en france auteurs ibrahim s 1 2 molinari n 1 2 3 4 olie e 2 3 courtet p 2 3 amico m 1 2 etablissement 1 institut desbrest depidemiologie et de sante publique montpellier france 2 universite de montpellier montpellier france 3 centre hospitalier universitaire montpellier france 4 premedical inria inserm montpellier france presentateur ibrahim sara |
CO2-6 - Evolution sur 10 ans des tentatives de suicide en France
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : IBRAHIM S. (1,2), MOLINARI N. (1,2,3,4), OLIÉ E. (2,3), COURTET P. (2,3), AMICO M. (1,2)
Présentateur : IBRAHIM Sara
Etablissement : (1) Institut Desbrest d’Épidémiologie et de Santé Publique, Montpellier, FRANCE; (2) Université de Montpellier, Montpellier, FRANCE; (3) Centre hospitalier universitaire, Montpellier, FRANCE; (4) PreMeDICaL Inria-Inserm, Montpellier, FRANCE
Introduction Le suicide est un problème majeur de santé publique dans le monde qui touche chaque année plus de 720 000 personnes. En France, on estime à 10 000 le nombre de décès et 200 000 celui des tentatives de suicide (TS) par an. Peu d’études récentes s’intéressent à l’évolution des TS en France. L’objectif de notre travail est d’évaluer l’évolution des TS sur les 10 dernières années.
Méthodes Une étude rétrospective a été menée à partir des données du PMSI portant sur des patients hospitalisés pour TS en France entre janvier 2015 et mars 2025. Les tendances des séries temporelles ont été analysées globalement puis par sexe et catégorie d’âge. Après détermination d’un point de rupture, un modèle de séries temporelles interrompues (STI) a été utilisé pour analyser la variation avant-après le point d'interruption du nombre de TS. L'évolution du type de méthodes de TS (X60-X84) entre la période précédant et celle suivant l'interruption a été analysée à l'aide d'un modèle de Poisson.
Résultats La série chronologique mensuelle des TS a montré une tendance relativement stable pendant la moitié de la période d'étude, puis a présenté une baisse en 2020 avant de changer de tendance pour afficher une augmentation continue par la suite. 73,89% des TS étaient dus à des intoxications médicamenteuses volontaires (IMV, X60-X64) et 17,71% ont été classées comme méthodes violentes (X66-X82). En analysant la série temporelle par sexe et tranche d'âge, les jeunes femmes (< 27 ans) présentaient les changements significatifs les plus importants et constituaient la population la plus touchée. Pour cette population, un point de rupture en octobre 2020 a été identifié, et intégré dans le modèle STI. Cette rupture a impliqué une augmentation immédiate significative d'environ 369 cas (p=0,001) au cours du mois de rupture, suivie d’une augmentation significative de près de 19 cas supplémentaires par mois (p<0,001) jusqu’à mars 2025. L’IMV est la méthode la plus utilisée chez les jeunes femmes et a augmenté de manière significative de 60,33% (Risque Relatif (RR)=1,60, IC 95% : [1,59-1,62], p<0,001) au cours de la deuxième période. Les méthodes de TS violentes représentaient 23,32% des cas chez les jeunes femmes, et leurs recours a augmenté significativement de 80.99% après octobre 2020 (RR=1,81, IC 95% : [1,78-1,84], p<0,001). Ces dernières sont passées d’une moyenne de 401,48 à 726,64 cas par mois au cours de la deuxième période. Finalement, une évolution départementale du nombre de TS chez les jeunes femmes a été constatée.
Conclusion L’augmentation des cas de TS chez les jeunes femmes depuis octobre 2020 montre la fragilité de cette population vis-à-vis du suicide. La pandémie du Covid-19 semble coïncider avec ce phénomène. Afin d’endiguer ce problème, il serait pertinent de mettre en place un système de prévention adapté.
|
| co2 7 comment est evaluee une psychotherapie numerique pour traiter la depression une cartographie de 506 essais controles randomises enregistres entre 2018 et 2024 auteurs durante e 1 veal c 1 macon dauxerre v 1 ravaud p 1 2 chevance a 1 2 etablissement 1 centre de recherche en epidemiologie et statistiques cress umr 1153 universite paris cite universite paris cite universite sorbonne paris nord inserm inrae paris france 2 centre depidemiologie clinique hopital hotel dieu assistance publique hopitaux de paris paris france presentateur durante etienne karl |
CO2-7 - Comment est évaluée une psychothérapie numérique pour traiter la dépression ? Une cartographie de 506 essais contrôlés randomisés enregistrés entre 2018 et 2024
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : DURANTE E. (1), VEAL C. (1), MAÇON-DAUXERRE V. (1), RAVAUD P. (1,2), CHEVANCE A. (1,2)
Présentateur : DURANTE Etienne Karl
Etablissement : (1) Centre de Recherche en Épidémiologie et Statistiques (CRESS UMR 1153), Université Paris Cité, Université Paris Cité, Université Sorbonne Paris Nord, INSERM, INRAE, Paris, FRANCE; (2) Centre d’Epidémiologie Clinique, Hôpital Hôtel Dieu, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Paris, FRANCE
La dépression, regroupant les troubles dépressifs unipolaires et bipolaires, touche environ 330 millions de personnes dans le monde et constitue la deuxième cause d’années vécues avec un handicap. Bien que les psychothérapies soient efficaces pour traiter la dépression, leur accès reste limité, notamment pour des raisons économiques et de disponibilité des thérapeutes. Les psychothérapies numériques, définies comme des interventions psychothérapeutiques délivrées via des plateformes numériques et partiellement ou entièrement automatisées, offrent une voie potentiellement scalable et coût-efficace pour élargir l’accès aux soins. Cependant, la qualité méthodologique des essais contrôlés randomisés (ECR) les évaluant demeure hétérogène, notamment concernant la dissimulation de l’allocation, la taille d’échantillon et le suivi des participants.
Afin de soutenir la conception d’ECR futurs plus rigoureux et pertinents pour les personnes concernées, nous avons entrepris de cartographier la recherche sur les psychothérapies numériques pour la dépression, en décrivant les caractéristiques générales et méthodologiques des ECR de psychothérapies numériques.
Nous avons mené une cartographie des ECR enregistrés dans le méta-registre d’essais cliniques de l’OMS (ICTRP) et trois registres d’essais cliniques (ClinicalTrials.gov, EU-CTR, EU-CTIS) entre le 1er janvier 2018 et le 28 mai 2024. Les ECR éligibles évaluaient des psychothérapies numériques chez des adultes présentant un trouble dépressif, une dépression bipolaire ou des symptômes dépressifs. Deux chercheurs ont indépendamment examiné et extrait les données des ECR, recodées selon des typologies établies.
Parmi les 11 004 enregistrements examinés, 506 ECR uniques ont été inclus. La majorité était enregistrée sur ClinicalTrials.gov (65,6 %) et utilisait une allocation parallèle du traitement (90,7 %), avec une taille d’échantillon médiane de 140 participants. Les principaux promoteurs étaient des universités (70,4 %) et des hôpitaux (16,0 %), tandis que 40,5 % des ECR ne rapportaient aucune information sur leur financement. Environ 31,4 % étaient enregistrés rétrospectivement, tandis que 53,8 % avaient publié ou affiché leurs résultats deux ans après leur complétion. Plus de 60 % des ECR excluaient les participants présentant des idées suicidaires. Les psychothérapies numériques évaluées étaient principalement délivrées via le web (59,1 %) ou des applications mobiles (38,3 %), et fondées sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC ; 67,4 %) ou les TCC de troisième vague (47,4 %). 16,8% des ECR employaient exclusivement un contrôle inactif de type liste d’attente.
|
| co3 1 harcelement scolaire etude retrospective en centre de diagnostic profil psychopathologique cognitif et mesures de prevention auteurs jabeur m 1 amado i 1 etablissement 1 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur jabeur mariem |
CO3-1 - Harcèlement scolaire : étude rétrospective en centre de diagnostic, profil psychopathologique, cognitif et mesures de prévention
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Auteurs : JABEUR M. (1), AMADO I. (1)
Présentateur : JABEUR Mariem
Etablissement : (1) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE
Introduction : Le harcèlement scolaire ou « school bullying » constitue un problème majeur qui, aujourd’hui, passe souvent inaperçu dans les écoles françaises, et les jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) sont particulièrement vulnérables à ce phénomène. Toutefois, un nombre relativement modéré d’études se sont spécifiquement intéressées à la victimisation et, en particulier, au harcèlement scolaire chez les individus avec TSA. L’objectif de notre étude était d'explorer les caractéristiques socio-démographiques, cliniques et cognitives des sujets avec un TSA ayant été victimes de harcèlement scolaire, en comparant ces données avec un groupe de personnes TSA non harcelées. Objectifs : - Déterminer la fréquence du harcèlement scolaire, chez des personnes ayant reçu un diagnostic de TSA au C3RP (centre ressource île de France de remédiation cognitive, rétablissement et réhabilitation psychosociale au GHU psychiatrie et neurosciences à Paris), ainsi que les facteurs qui y sont associés. - Explorer la cognition sociale à l’aide de la Batterie ClaCoS, batterie construite par notre réseau de neuropsychologues et de médecins et validée par les centres de réhabilitation entre Lyon, Paris et Tours. Matériels et méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective et comparative au C3RP, sur la période allant de janvier 2023 à juillet 2025, incluant 100 patients ayant reçu le diagnostic de TSA sans déficience intellectuelle. Les données sociodémographiques ont été recueillies et comparées entre les groupes de personnes ayant ou non été victimes de harcèlement. La cognition sociale a été évaluée à l'aide de la batterie ClaCoS, comprenant divers tests psychométriques (TREF, ACSO, AIHQ, PerSo, NoToM). Résultats : Les résultats montrent que plus de la moitié des participants (54%) ont vécu des expériences de harcèlement, principalement verbales et survenues pendant l’école primaire. Ces expériences étaient associées à un isolement social accru, à un nombre réduit d’amitiés, ainsi qu’à des antécédents traumatiques et à une prévalence élevée de troubles dépressifs (59 %) et anxieux (64 %). Aucune corrélation significative n'a été observée entre le harcèlement et les variables scolaires telles que le redoublement ou la déscolarisation. Concernant la cognition sociale, aucune différence notable n'a été trouvée entre les deux groupes sauf pour le sous-test NoToM, où une différence significative a été observée.
Conclusion : Cette étude met en lumière l'importance d'un repérage systématique et précoce des situations de victimisation par les pairs, tant en milieu scolaire que médical, chez les enfants et adolescents avec un TSA. Elle souligne également la nécessité d'améliorer leurs compétences sociales afin de limiter leur exposition au harcèlement scolaire et favoriser leur intégration sociale. Enfin, elle met en évidence le besoin de développer des outils spécifiques de prévention et de soutien adaptés aux profils cognitifs et émotionnels des jeunes autistes.
|
| co3 2 trajectoires des symptomes de stress post traumatique apres accouchement par voie basse auteurs froeliger a 1 2 deneux tharaux c 2 loussert l 2 3 sutter dallay a 4 madar h 1 sentilhes l 1 etablissement 1 departement de gynecologie obstetrique chu de bordeaux france bordeaux france 2 universite paris cite institut sante des femmes equipe oppale cress u1153 inserm inrae paris france paris france 3 departement de gynecologie obstetrique chu de toulouse france toulouse france 4 service de psychiatrie perinatale centre hospitalier charles perrens chu de bordeaux france bordeaux france presentateur froeliger alizee |
CO3-2 - Trajectoires des symptômes de stress post-traumatique après accouchement par voie basse
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : FROELIGER A. (1,2), DENEUX-THARAUX C. (2), LOUSSERT L. (2,3), SUTTER-DALLAY A. (4), MADAR H. (1), SENTILHES L. (1)
Présentateur : FROELIGER Alizée
Etablissement : (1) Département de Gynécologie-Obstétrique, CHU de Bordeaux, France, Bordeaux, FRANCE; (2) Université Paris Cité, Institut Santé des femmes, Équipe OPPaLE, CRESS U1153, INSERM, INRAE, Paris, France, Paris, FRANCE; (3) Département de Gynécologie-Obstétrique, CHU de Toulouse, France, Toulouse, FRANCE; (4) Service de Psychiatrie Périnatale, Centre Hospitalier Charles Perrens / CHU de Bordeaux, France., Bordeaux, FRANCE
Introduction : L’évolution des symptômes de stress post-traumatique (SSPT) liés à l’accouchement et leurs déterminants restent mal connus. Notre objectif était de décrire les trajectoires des SSPT jusqu’à 2 mois après un accouchement par voie basse proche du terme et les facteurs de risque associés à ces différentes trajectoires.
Méthodes : Cohorte ancillaire de l’essai TRAAP (Tranexamic Acid for Preventing Postpartum Hemorrhage Following a Vaginal Delivery) menée dans 15 maternités universitaires françaises (2015–2016), incluant des femmes ayant accouché par voie basse après 35 semaines d’aménorrhée. Les SSPT étaient évalués à J2 et à 2 mois par un auto-questionnaire validé, l’Impact of Event Scale—Revised (IESR). Quatre trajectoires étaient définies : asymptomatique (score IESR < 22 aux deux temps), rémission (score IESR ≥ 22 à J2 et < 22 à 2 mois), émergence (score IESR < 22 à J2 et ≥ 22 à 2 mois) et persistance (score IESR ≥ 22 aux deux temps) (Figure 1). Les prévalences étaient corrigées par pondération par probabilité inverse (IPW) pour corriger le biais de non-réponse, et les facteurs de risque évalués par régression logistique multivariée.
Résultats : Parmi les 3981 femmes incluses dans l’essai TRAAP, 2344 avaient répondu aux deux temps à l’IESR (60,2%). Les prévalences corrigées des différentes trajectoires de symptômes étaient : asymptomatique 83,4% (IC95% 81,8–85,0), rémission 11,0% (IC95% 9,7–12,4), émergence 2,1% (IC95% 1,6–2,8), persistance 3,5% (IC95% 2,7–4,4) (Tableau 1, Figure 2). Chez les femmes symptomatiques à J2, le surrisque de trajectoire persistante (réf. rémission) était associé à un âge jeune (ORa 0,8 par +5 ans; IC95% 0,6–0,9), une origine non européenne (ORa 1,8; IC95% 1,2–2,6), des antécédents psychiatriques (ORa 1,9; IC95% 1,2–2,4), de mauvais souvenirs de l’accouchement à J2 (ORa 2,4; IC95% 1,3–4,6) et une anémie post-partum < 9 g/dL à J2 (ORa 1,8; IC95% 1,1–2,7). Chez les femmes sans symptômes à J2, le surrisque de trajectoire émergente (réf. asymptomatique) était associé à : antécédent d’IVG (ORa 2,6; IC95% 1,6–3,9), hospitalisation pendant la grossesse (ORa 2,8; IC95% 1,4–4,7), déclenchement du travail (ORa 1,7; IC95 % 1,1–2,8), mauvais souvenirs de l’accouchement à J2 (ORa 3,7; IC95% 1,4–5,6), fatigue intense à J2 (ORa 2,2; IC95% 1,4–3,5), avec un effet protecteur de l’analgésie péridurale pendant le travail (ORa 0,2; IC95% 0,1–0,7). Dans les deux modèles, un score IESR plus élevé à J2 augmentait la probabilité de trajectoires émergentes ou persistantes (Tableau 2).
Conclusion — Après un accouchement par voie basse à terme, 5,6% des femmes présentaient des trajectoires de SSPT défavorables (émergentes ou persistantes) à 2 mois. Les trajectoires persistantes semblaient surtout liées à des facteurs préexistants, tandis que les trajectoires émergentes étaient davantage associées à des événements obstétricaux. Ces données permettent d’étayer des pistes de dépistage du trouble de stress post-traumatique en post-partum.
 Figure 1. Evaluation des symptômes de stress post-traumatique après l’accouchement
 Figure 2. Trajectoires individuelles des symptômes de stress post-traumatique
 Tableau 1. Prévalence des symptômes de stress post-traumatique à deux jours et à deux mois après un accouchement par voie basse, selon l’IES-R
 Tableau 2. Facteurs associés à la persistance (groupe persistant vs groupe rémission, Modèle 1, n=324) et à l’émergence des symptômes de stress post-traumatique à 2 mois de l’accouchement (groupe émergent vs groupe asymptomatique, Modèle 2, n=2 020).
|
| co3 3 traumatismes et psychose quand lattachement est mediateur auteurs hamzaoui s 1 mahfoudh k 1 walha c 1 lansari r 1 larnaout a 1 etablissement 1 faculte de medecine de tunis hopital psychiatrique razi ariana tunisie presentateur hamzaoui seyma |
CO3-3 - Traumatismes et psychose : Quand l’attachement est médiateur
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Auteurs : HAMZAOUI S. (1), MAHFOUDH K. (1), WALHA C. (1), LANSARI R. (1), LARNAOUT A. (1)
Présentateur : HAMZAOUI Seyma
Etablissement : (1) Faculté de médecine de Tunis, Hôpital psychiatrique Razi, Ariana, TUNISIE
Introduction :
Les traumatismes à l'enfance jouent un rôle important dans la genèse des troubles psychotiques. Les styles d'attachement insécures sont également identifiés comme des facteurs de risque probables. Cependant, le lien de médiation exercé par l'attachement entre les traumatismes à l'enfance et les symptômes psychotiques reste peu exploré. L’objectif de notre travail était d’évaluer le rôle potentiel des dimensions de l'attachement en tant que médiateurs entre les traumatismes à l'enfance et l'expression symptomatique dans la psychose débutante.
Méthode :
Nous avons mené une étude observationnelle, transversale et descriptive auprès de 60 patients suivis pour premier épisode psychotique (PEP) stabilisés. Notre évaluation a porté sur les caractéristiques sociodémographiques et cliniques (PANSS) ainsi que l’histoire des traumatismes à l’enfance (CTQ) et les styles d’attachement (ECR-R). Une analyse de médiation a été réalisée en utilisant la méthode de médiation de Hayes à partir de la librairie de Python. Un effet indirect était considéré comme significatif lorsque l’intervalle de confiance (IC) ne comprenait pas la valeur zéro.
Résultats :
L’âge moyen de notre population était de 23,2 ans. Le sex-ratio était de 3. Quarante patients (67%) avaient un attachement insécure. Le résultat principal de notre étude était la présence d’une médiation significative du style d’attachement dans la relation entre traumatismes à l’enfance et symptômes psychotiques. En effet, l’attachement insécure médiait la relation entre l’abus sexuel [IC =0,0251,0,7308] et la négligence physique [IC =0,0043,0,7308], d’un côté et le score total de la PANSS, de l’autre. Il médiait aussi la relation entre d’un côté le CTQ total [IC =0,0001,0,0146], l’abus émotionnel [IC=0,0016,0,0364], l’abus physique [IC=0,0029,0,0430], l’abus sexuel [IC=0,0043,0,0595], la négligence physique [IC=0,0011,0,0721] et de l’autre, la méfiance et persécution. De plus, d'une manière spécifique, l’évitement d’attachement médiait la relation entre d’un côté le score total du CTQ [IC =0,0138,0,2545 ; 0,0119,0,1603], l’abus émotionnel [IC =0,0558,0,7132 ; 0,0318,0,4492], l’abus physique [IC = 0,0767,0,8147 ; 0,0302, 0,4282], la négligence émotionnelle [IC =0,0468,0,7280 ; 0,0746,0,6819], la négligence physique [IC = 0,1278,1,1909 ; 0,0746,0,6819] et de l’autre côté, le score total de la PANSS et sa sous échelle négative, respectivement.
Conclusion :
Cette étude a conclu au rôle du style d’attachement en tant que médiateur potentiel entre les traumatismes à l’enfance et l’expression des symptômes psychotiques. Ceci met l’accent sur la nécessité d’une évaluation systématique et de thérapies axées sur l’attachement dans les phases précoces de la psychose afin d’améliorer la prise en charge et le pronostic.
|
| co3 4 l estime de soi et l alexithymie facteurs predicteurs de lusage problematique des reseaux sociaux chez les etudiants en medecine auteurs matrane a 1 elkaoui l 1 salihi i 1 hallab b 1 el yazaji m 1 etablissement 1 chu ibn rochd casa maroc presentateur salihi imane |
CO3-4 - L'estime de soi et l'alexithymie : Facteurs prédicteurs de l’usage problématique des réseaux sociaux chez les étudiants en médecine
Thème: 07 - Addictions
Auteurs : MATRANE A. (1), ELKAOUI L. (1), SALIHI I. (1), HALLAB B. (1), EL YAZAJI M. (1)
Présentateur : SALIHI Imane
Etablissement : (1) CHU ibn rochd , Casa, MAROC
Introduction
L'usage problématique des réseaux sociaux représente une préoccupation croissante chez les jeunes adultes, particulièrement dans les populations étudiantes soumises à un stress académique important. L'alexithymie, caractérisée par des difficultés à identifier et exprimer les émotions, ainsi qu'une faible estime de soi, ont été identifiées comme des facteurs de vulnérabilité potentiels dans le développement de comportements addictifs en ligne. Toutefois, ces relations demeurent peu explorées chez les étudiants en médecine, population à haut risque de détresse psychologique.
Méthode
Une étude transversale a été menée auprès de 354 étudiants en médecine entre le 1?? août et la fin de septembre, à l’aide d’un questionnaire en ligne. L’âge moyen des participants était de 22,52 ans, avec 58,47 % de femmes et 41,53 % d’hommes, répartis de la 2? à la 6? année. L’addiction aux réseaux sociaux a été évaluée à l’aide du Bergen Social Media Addiction Scale (BSMAS), l’alexithymie par la Toronto Alexithymia Scale-20 (TAS-20), et l’estime de soi par l’échelle de Rosenberg. Des analyses de corrélation de Pearson ont été réalisées pour examiner les associations entre ces variables.
Résultats
Les scores moyens révèlent un usage problématique notable (BSMAS = 21,54), une tendance à l'alexithymie (TAS-20 = 63,97) et une estime de soi modérée (Rosenberg = 24,07). Les analyses montrent une corrélation positive très forte entre l'alexithymie et l'addiction aux réseaux sociaux (r = 0,916, p < 0,001), une corrélation négative modérée à forte entre l'estime de soi et l'addiction (r = -0,688, p < 0,001), ainsi qu'une corrélation négative modérée entre l'alexithymie et l'estime de soi (r = -0,575, p < 0,001).
Conclusion
L'alexithymie émerge comme un prédicteur majeur de l'addiction aux réseaux sociaux chez les étudiants en médecine, tandis qu'une estime de soi diminuée accroît significativement ce risque. Ces résultats plaident pour le développement de programmes préventifs ciblant spécifiquement les compétences émotionnelles et la valorisation de soi au sein des cursus médicaux.
Mots-clés : Addiction aux réseaux sociaux ; Alexithymie ; Estime de soi ; Étudiants en médecine ; Régulation émotionnelle
|
| co3 5 solitude chez les etudiants en medecine une enquete nationale auteurs haddad s 1 doudeau n 2 vilain f 3 sadat k 4 morvan y 5 6 frajerman a 7 8 etablissement 1 faculte de medecine universite paris cite paris france 2 isni affep faculte de medecine universite de lille lille france 3 isnar img faculte de medecine universite de nantes nantes france 4 anemf faculte de medecine universite versailles saint quentin versailles france 5 universite paris nanterre ufr spse laboratoire clipsyd ur4430 nanterre france 6 inserm u1018 cesp equipe psychiatrie du developpement et trajectoires villejuif cedex france 7 universite paris cite institute of psychiatry and neuroscience of paris ipnp inserm u1266 paris france 8 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur haddad sandra |
CO3-5 - Solitude chez les étudiants en médecine : une enquête nationale
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : HADDAD S. (1), DOUDEAU N. (2), VILAIN F. (3), SADAT K. (4), MORVAN Y. (5,6), FRAJERMAN A. (7,8)
Présentateur : HADDAD Sandra
Etablissement : (1) Faculté de Médecine, Université Paris Cité, Paris, FRANCE; (2) ISNI, AFFEP, Faculté de Médecine, Université de Lille, Lille, FRANCE; (3) ISNAR-IMG, Faculté de Médecine, Université de Nantes, Nantes, FRANCE; (4) ANEMF, Faculté de Médecine, Université Versailles Saint Quentin, Versailles, FRANCE; (5) Université Paris Nanterre, UFR SPSE, Laboratoire CLIPSYD, UR4430, Nanterre, FRANCE; (6) Inserm U1018, CESP, Equipe Psychiatrie du Développement et Trajectoires, Villejuif Cedex, FRANCE; (7) Université Paris Cité, Institute of Psychiatry and Neuroscience of Paris (IPNP), INSERM U1266, Paris, FRANCE; (8) GHU-Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE
Introduction : Les étudiants en médecine font souvent face à des problèmes de santé mentale importants comme la dépression, l'anxiété et le burnout. Les enquêtes nationales de 2017 et 2021 sur la santé mentale des jeunes médecins présentaient déjà des résultats préoccupants. La solitude est un sujet de recherche d’intérêt croissant en médecine et en psychiatrie en particulier. Cette troisième enquête, menée en 2024, a pour objectif de dresser un état des lieux de l’évolution des indicateurs de santé mentale chez ces étudiants dans la période postpandémique, et d’évaluer également leur sentiment de solitude.
Méthodes : Un questionnaire en ligne a été proposé du 10 juin au 28 juillet 2024, auprès des étudiants en médecine, de la deuxième année à la fin d’internat. Ce questionnaire comporte des items relatifs à des données socio-démographiques et académiques, la présence de violences subies par les étudiants (humiliation, harcèlement, agression sexuelle) ainsi que plusieurs échelles de dépistage utilisées en pratique courante en psychiatrie. Sont ainsi mesurés : la prévalence de la solitude (échelle UCLA-Loneliness 3 items), la présence de symptômes anxieux et dépressifs sur les 7 derniers jours précédant le questionnaire (Hospitalisation Anxiety and Depression Scale), la présence d’épisode dépressif caractérisé (EDC mesuré par le Composite International Diagnostic Interview-Short Form) et celle des idées suicidaires sur les 12 derniers mois, les troubles du comportement alimentaire (TCA, échelle SCOFF), l’épuisement professionnel ou burn-out (échelle MBI : Maslach Burnout Inventory) et les troubles de l’usage de l’alcool (échelle AUDIT : Alcohol Use Disorders Identification Test). Les sujets avec un score > 6 à la UCLA-3 étaient considérés comme souffrant de solitude.
Résultats : 8312 étudiants ont été inclus. Parmi eux, 35 % (2926 personnes) rapportaient un vécu de solitude. Plusieurs facteurs associés ont été retrouvés : la présence de symptômes anxieux (OR 3.5 [3.2-3.9], p<0.001) ou dépressifs (OR 5.1 [4.5-5.9], p<0.001), la présence d’un EDC (OR 3.0 [2.7-3.3], p<0.001) ou d’idées suicidaires (OR 3.0 [2.7-3.4], p<0.001), la présence de symptômes de TCA (OR 2.0 [1.7-2.2], p<0.001), avoir fait un burn-out quel que soit le niveau (avant (OR 3.9 [3.1-4.8], p<0.001) ou au cours de l’externat ou de l’internat (OR 2.9 [2.6-3.4], p<0.001)) et avoir subi des humiliations (OR 2.0 [1.7-2.3], p<0.001), un harcèlement sexuel (OR 1.5 [1.3-1.7], p<0.001) ou une agression sexuelle (OR 1.4 [1.2-1.8], p<0.001) au travail.
Conclusion : Le sentiment de solitude est significativement associé à la présence de troubles psychiatriques et de violences chez les étudiants en médecine. Le caractère transversal de l’étude ne permet pas de déterminer de causalité. La lutte contre la solitude apparait comme une piste prometteuse pour améliorer la santé mentale des étudiants.
|
| co3 6 externat en psychiatrie entre prejuges et destigmatisation auteurs hayat r 1 boughdadi s 1 karroumi s 1 adali i 1 manoudi f 1 etablissement 1 hopital ibn nafis chu mohammed vi marrakech marrakech maroc presentateur hayat rim |
CO3-6 - Externat en psychiatrie: entre préjugés et déstigmatisation
Thème: 01 - Epidémiologie
Auteurs : HAYAT R. (1), BOUGHDADI S. (1), KARROUMI S. (1), ADALI I. (1), MANOUDI F. (1)
Présentateur : HAYAT Rim
Etablissement : (1) Hopital Ibn Nafis- CHU Mohammed VI- Marrakech, Marrakech, MAROC
Introduction :
Les attitudes et perceptions des étudiants en médecine envers la psychiatrie et les troubles mentaux jouent un rôle central leur pratique future et leur rapport aux patients. Ces représentations sont souvent influencées par des stéréotypes, une méconnaissance des pathologies psychiatriques et une distance émotionnelle vis-à-vis des patients. L’enseignement pratique, par l’immersion dans un service psychiatrique, constitue une opportunité privilégiée pour modifier ces perceptions, favoriser l’empathie et promouvoir une approche humaine et scientifique des troubles mentaux. Cette étude vise à évaluer l’impact d’un stage pratique sur les attitudes et perceptions des étudiants en médecine dans un contexte marocain, en s’appuyant sur l’expérience du service de psychiatrie du CHU Mohammed VI de Marrakech.
Méthode :
Il s’agit d’une étude prospective monocentrique, descriptive et analytique menée à l’hôpital psychiatrique Ibn Nafis du CHU Mohammed VI de Marrakech. La population cible comprenait 193 étudiants en 5ᵉ année (externes), répartis en 4 groupes entre le 04/02/2025 et le 06/06/2025. Lors de la réunion d’accueil, les étudiants ont rempli un questionnaire anonyme comprenant : données socio-démographiques, l’échelle MICA-2 adaptée aux étudiants, et deux questions sur l’expérience personnelle ou familiale de précense de troubles psychiatriques. Le questionnaire a été administré à la fin du stage pour évaluer l’évolution des attitudes, déposé anonymement dans un casier. L’analyse statistique a été réalisée avec le logiciel Jamovi.
Résultats :
La population avait un âge moyen de 23 ± 1,2 ans, dont 67 % de femmes et 30 % rapportaient qu´un proche ou eux-mêmes étaient suivis pour une pathologie mentale, avec un antécédent d’hospitalisation dans 6 % des cas. Le score MICA-2 moyen au départ était 49 ± 7 ; 64 % des étudiants présentaient des attitudes modérément à fortement stigmatisantes (MICA-2 ≥ 45).
À la fin du stage, 178 étudiants ont répondu à nouveau : score moyen 41 ± 7,5, diminution moyenne de 8 points (p < 0,001). La proportion avec MICA-2 ≥ 45 est passée de 64 % à 36 % (p < 0,001), montrant une réduction nette et statistiquement significative des attitudes stigmatisantes. L’analyse multivariée a indiqué que cette amélioration était indépendamment associée à la fin du stage (b = −8,0 ; p < 0,001) et à la présence d’un proche avec antécédent psychiatrique (b = −2,0 ; p = 0,02).
Conclusion:
Nos résultats montrent qu’un stage en psychiatrie peut transformer le regard des futurs médecins, réduire la stigmatisation et renforcer l’empathie envers les patients. Dans le contexte marocain, où ce stage est obligatoire pour les externes, cette étude souligne que l’expérience pratique, immersive et interactive est un levier essentiel pour façonner des attitudes professionnelles positives et plaide pour l’intégration précoce de la psychiatrie dans le cursus médical.
|
| co3 7 evaluation de la psychopathie validite convergente entre trois mesures auteurs delannoy d 1 2 saloppe x 1 4 5 pham hoang t 1 2 3 etablissement 1 centre de recherche en defense sociale tournai belgique 2 universite de mons mons belgique 3 institut philippe pinel montreal canada 4 univ lille cnrs umr 9193 scalab sciences cognitives et sciences affectives lille france 5 hopital de saint amand les eaux saint amand les eaux france presentateur delannoy denis |
CO3-7 - Évaluation de la psychopathie : Validité convergente entre trois mesures
Thème: 13 - Psychiatrie légale
Auteurs : DELANNOY D. (1,2), SALOPPÉ X. (1,4,5), PHAM HOANG T. (1,2,3)
Présentateur : DELANNOY Denis
Etablissement : (1) Centre de Recherche en Défense Sociale, Tournai, BELGIQUE; (2) Université de Mons, Mons, BELGIQUE; (3) Institut Philippe-Pinel, Montréal, CANADA; (4) Univ. Lille, CNRS, UMR 9193 - SCALab - Sciences Cognitives et Sciences Affectives, Lille, FRANCE; (5) Hôpital de Saint-Amand-les-Eaux, Saint-Amand-Les-Eaux, FRANCE
Introduction
Le Trouble de la Personnalité Psychopathique (TPP) suscite un intérêt constant et grandissant au niveau de la communauté scientifique. En France, la Haute Autorité de la Santé française (2006) a émis un rapport concernant la prise en charge des personnes avec un TPP. Leur revue de littérature et l’audition d’experts font ressortir un manque de données scientifiques validées. Un manque de validation des échelles mesurant le TPP mène à la remise en cause de l’existence du concept. De plus, le TPP comme concept est en évolution. La mise en place d'autres échelles offre une nouvelle perspective dans la compréhension de ce concept à la fois pour la recherche et la pratique clinique.
Méthode
Cette recherche explore les inter-corrélations entre la Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R ; Hare, 2003), la Comprehensive Assessment of Psychopathic Personality – Institutional Rating Scale (CAPP-IRS ; Cooke et al., 2004) et l’Interpersonal Measure of Psychopathy (IM-P ; Kosson, et al., 1997). L’objectif principal est d’implémenter ces trois échelles du construit de la psychopathie potentiellement complémentaire sur le plan clinique. Ces trois échelles ont été administrées auprès de 71 patients adultes internés au sein de l’Hôpital Psychiatrique Sécurisé « Les Marronniers » en Belgique. L'âge moyen est de 46,63 ans et le QI moyen (WAIS) est de 75,36. La durée du séjour est d'environ 10,29 ans.
Résultats
Les analyses ont rapporté des corrélations significatives entre plusieurs domaines de la CAPP-IRS (e.g. Attachement, Dominance et Soi) et la facette interpersonnelle de la PCL-R. En ce qui concerne l'IM-P, les facteurs Grandiosité et Violation des frontières sont fortement corrélés avec la facette interpersonnelle de la PCL-R (Tableau 1). Ces résultats sont similaires à ceux d'une étude antérieure (Sandvik et al., 2012 ; Vitacco et al., 2010). Les analyses de régression linéaire montrent que le facteur Grandiosité de l'IM-P associé au domaine de la Dominance de la CAPP-IRS prédit le score total du PCL-R.
Conclusion
Cette recherche ne visait pas à développer ou valider des échelles pour remplacer la PCL-R mais bien à souligner l’intérêt de leur diversité afin d’aider à la prise en charge du TPP. Les résultats mettent en évidence des concepts communs (e.g. Grandiosité de l’IM-P corrélée à la Facette Interpersonnelle de la PCL-R) mais aussi différents entre les échelles (e.g. domaine Comportemental de la CAPP-IRS et la Facette Antisociale de la PCL-R). La composante interpersonnelle constitue le principal concept commun au regard des résultats. Ces résultats vont dans le sens d’une complémentarité des échelles évaluant la psychopathie. En effet, la PCL-R permet d’évaluer la psychopathie tout au long de la vie. La CAPP-IRS et l’IM-P permettent de l’évaluer sur le moyen terme.
 Tableau 1. Corrélation globale (Pearson’s r) entre PCL-R, CAPP-IRS et IM-P
|
| co3 8 ppc et usage de psychotropes dans les troubles psychiatriques comorbides de sahos auteurs garrivet j 1 bailly s 2 geoffroy p 3 gohier b 1 gagnadoux f 1 trzepizur w 1 etablissement 1 chu angers angers france 2 chu grenoble alpes grenoble france 3 ap hp ghu paris nord paris france presentateur garrivet julie |
CO3-8 - PPC et usage de psychotropes dans les troubles psychiatriques comorbides de SAHOS
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : GARRIVET J. (1), BAILLY S. (2), GEOFFROY P. (3), GOHIER B. (1), GAGNADOUX F. (1), TRZEPIZUR W. (1)
Présentateur : GARRIVET Julie
Etablissement : (1) CHU Angers, Angers, FRANCE; (2) CHU Grenoble Alpes, Grenoble, FRANCE; (3) AP-HP, GHU Paris Nord, Paris, FRANCE
Introduction : Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est très fréquent chez les patients présentant des troubles psychiatriques et pourrait contribuer à une utilisation accrue de psychotropes. L’impact de l’observance à la pression positive continue (PPC) sur cette consommation médicamenteuse reste incertain.
Méthode : Nous avons mené une étude observationnelle longitudinale à partir du Système National des Données de Santé (SNDS) couplé à la cohorte régionale SAHOS des Pays de la Loire. Les adultes présentant des troubles psychiatriques et une indication de traitement par PPC ont été inclus. La date index correspondait au 90e jour après la polysomnographie diagnostique. Le suivi s’étendait de 2015 à 2021. L’observance à la PPC était définie par un usage moyen ≥ 4 heures par nuit. Le critère principal était la variation de l’utilisation des psychotropes (antipsychotiques, antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques et thymorégulateurs) avant et après l’instauration de la PPC. Des modèles de régression de Poisson à effets mixtes ont été utilisés pour estimer les taux d’incidence (Incidence Risque Ratio : IRR), ajustés sur l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, la somnolence, l’indice d’apnées-hypopnées initial et les données socio-professionnelles. Des termes d’interaction ont permis d’évaluer l’effet temporel de l’observance à la PPC.
Résultats : Au total, 1 745 patients (âge moyen 56 ans ; 61,7 % d’hommes) ont été inclus, dont 881 considérés comme observants au traitement par PPC. L’utilisation globale de psychotropes diminuait après l’instauration de la PPC pour tous les patients (IRR = 0,86 ; IC95 % : 0,83–0,89 ; p < 0,001), avec une baisse observée dans toutes les classes thérapeutiques, plus marquée pour les anxiolytiques benzodiazépines (IRR = 0.83) et non benozidazépines (IRR = 0.77). Les modèles d’interaction temps-observance montraient une diminution plus marquée chez les patients observants (IRR = 0,83 ; IC95 % : 0,76–0,91 ; p < 0,001) avec une tendance globale marquée pour les anxiolytiques non benzodiazépines (IRR = 0.62).
Conclusion : Le traitement par PPC était associée à une réduction significative d'environ 14% de la consommation de psychotropes chez les patients présentant un trouble psychiatrique comorbide au SAHOS. Cet effet était davantage marqué chez les patients observants à la PPC avec une réduction de 38% de consommation des anxiolytiques non benzodiazépines. Ces résultats soutiennent la promotion du traitement par PPC comme stratégie non pharmacologique visant à réduire la charge médicamenteuse dans cette population.
 IRR observants versus non observants (tout traitements)
 IRR observants versus non observants (benzodiazépines)
 IRR observants versus non observants (anxiolytiques non benzodiazépines))
|
| p002 comment interpreter la mesure de lexperience des patients en psychiatrie calcul du score global et premiers resultats e satis psy auteurs coquelin a 1 hilaire schneider c 1 prunet c 1 gloanec m 1 morin s 1 etablissement 1 has st denis france presentateur gloanec marie |
P002 - Comment interpréter la mesure de l’expérience des patients en psychiatrie : calcul du score global et premiers résultats e-Satis PSY
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : COQUELIN A. (1), HILAIRE SCHNEIDER C. (1), PRUNET C. (1), GLOANEC M. (1), MORIN S. (1)
Présentateur : GLOANEC Marie
Etablissement : (1) HAS, St Denis, FRANCE
Introduction
Comparer l’expérience rapportée par les patients en psychiatrie adulte nécessite un score à la fois robuste et lisible. L’objectif est de décrire la méthode de calcul du score global e-Satis PSY et les premiers résultats de l’expérimentation au niveau des patients et des établissements.
Méthode
Analyse des questionnaires complets exploitables collectés entre 09/2023 et 09/2024, recueillis auprès des patients des 201 établissements de santé volontaires à l’expérimentation. Chaque item est scoré sur 100 (0 = modalité la plus négative ; 50 = intermédiaire ; 100 = la plus positive). Le score global au niveau du patient (0–100) correspond à la moyenne des items et n’est calculé que si ≥ 50 % des items du questionnaire sont renseignés. Après discussions méthodologiques avec le groupe de travail, les dimensions « isolement » et « contention » ont été exclues du score global pour préserver la comparabilité du score. Les distributions ont été décrites au niveau individuel (en décile). Un score global est calculé pour les établissements disposant d’au moins 30 questionnaires complets exploitables.
Résultats
Sur 6 080 questionnaires complets exploitables, le score global d’expérience des patients en psychiatrie était de 77,1/100 avec une bonne variabilité des scores par patient. Plus de la moitié des scores étaient supérieurs à 81/100, tandis que moins de 1% se situaient à ≤20 (cf. Tableau). La cohérence externe est élevée : 37,5% des répondants jugent leur séjour « excellent », et 56,2% recommandent l’établissement.
Parmi les 67 établissements avec au moins 30 questionnaires complets exploitables, la moyenne du score par établissement était de 77/100 (min 65 ; max 89). La répartition par dimensions (cf. Figure) indique des leviers différenciés, confirmant l’intérêt d’analyses ciblées par service. L’analyse parallèle des verbatim patients permet de qualifier les priorités d’action.
Conclusion
Le calcul du score global e-Satis PSY est simple, interprétable et opérationnel pour le pilotage local : la combinaison scores + verbatim aide à repérer des actions concrètes (information, relation soignante, organisation de la sortie). La distribution du score est compatible avec une comparaison inter-établissements. Pour la garantir, à l’issue du déploiement national (de mars à septembre 2025), les prochains travaux intégreront la construction d’un modèle d’ajustement.
 Répartition des scores bruts totaux du questionnaire d’expérience en psychiatrie
 Répartition des scores bruts totaux et par dimension pour les établissements ayant eu plus de 30 réponses.
|
| p003 impact psychique des cicatrices analyse epidemiologique dune cohorte marocaine auteurs belhoucha a 1 el fahiri f 1 adali i 1 manoudi f 1 etablissement 1 hopital ibn nafis chu mohammed vi marrakech marrakech maroc presentateur belhoucha asmaa |
P003 - Impact psychique des cicatrices : analyse épidémiologique d’une cohorte marocaine
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : BELHOUCHA A. (1), EL FAHIRI F. (1), ADALI I. (1), MANOUDI F. (1)
Présentateur : BELHOUCHA Asmaa
Etablissement : (1) HÔPITAL IBN NAFIS-CHU Mohammed VI Marrakech, Marrakech , MAROC
Introduction :
Les cicatrices cutanées, séquelles visibles d’un traumatisme physique ou chirurgical, peuvent constituer un véritable fardeau psychosocial. Au-delà de leur dimension esthétique, elles altèrent l’image corporelle, l’estime de soi et la qualité de vie. Dans les pays à ressources limitées, cette dimension psychique reste peu explorée. Cette étude vise à estimer la prévalence et à identifier les facteurs associés à la détresse psychosociale liée aux cicatrices dans une population marocaine.
Méthode :
Une étude rétrospective a été menée à partir de 500 dossiers de patients examinés lors d’une campagne humanitaire à Marrakech. Les données sociodémographiques, cliniques et psychosociales ont été extraites des dossiers médicaux. La détresse psychosociale a été évaluée selon des critères cliniques documentés. Des analyses statistiques descriptives et une régression logistique multivariée ont permis d’identifier les corrélats significatifs.
Résultats :
La totalité des patients (n = 500) présentait une forme de détresse psychosociale, classée comme sévère dans 61 % des cas (n = 305). Cette détresse était significativement plus fréquente et plus marquée chez les femmes (97 % contre 40 % chez les hommes, p < 0,001). Le sexe féminin (OR = 4,2 ; IC 95 % : 2,8–6,3) et le chômage (OR = 3,1 ; IC 95 % : 2,0–4,8) ont été identifiés comme facteurs de risque indépendants. Les formes d’expression différaient selon le genre : centrées sur l’image corporelle et l’isolement social chez les femmes, marquées par la stigmatisation et les difficultés professionnelles chez les hommes.
Conclusion :
Les cicatrices cutanées apparaissent comme un déterminant épidémiologique majeur de détresse psychosociale, particulièrement chez les femmes et les sujets sans emploi. Ces résultats plaident pour une prise en charge intégrée, combinant soins dermatologiques, soutien psychologique et accompagnement social, afin de réduire la charge psychique associée aux cicatrices dans les contextes à ressources limitées.
Mots-clés : cicatrice, détresse psychosociale, genre, épidémiologie, stigmatisation, Maroc.
|
| p004 recueillir les preferences des patients une revue interdisciplinaire des methodes auteurs veal c 1 chevance a 1 etablissement 1 centre de recherche en epidemiologie et statistiques cress paris france presentateur veal christopher |
P004 - Recueillir les préférences des patients : une revue interdisciplinaire des méthodes.
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : VEAL C. (1), CHEVANCE A. (1)
Présentateur : VEAL Christopher
Etablissement : (1) Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques (CRESS), Paris, FRANCE
Introduction : Les décideurs en santé exigent des preuves robustes pour mieux informer les choix qui affectent leurs patients. Pour réaliser cela, les préférences des patients s'avérer extrêmement utiles. Des centaines des méthodes de « preference elicitation » existe pour aides décideurs pour capter et interpréter quantitativement des préférences, offrant une rigueur conceptuelle et une précision empirique supérieures à celles des méthodes qualitatives. Cependant, parmi les 21 méthodes fréquemment utilisées, une seule méthode (le Discrete Choice Experiment) est utilisée dans 75 % des études visant à déterminer les préférences des patients. Les préférences des patients constituent des constructions complexes et multidimensionnelles qui nécessitent des méthodes sophistiquées afin de mieux saisir et interpréter leur contribution en tant que source de preuve, il est nécessaire de considérer un éventail de plus options. Des méthodes issues d’autres disciplines scientifiques pourraient offrir des alternatives pertinentes à celles couramment utilisées en recherche en santé.
Méthodes : Nous avons cherché à développer une ressource interdisciplinaire des méthodes de preference elicitation afin d’aider les chercheurs à faire des choix de conception transparents, réflexifs et sensibles au contexte. Une revue de portée était lancée dans PubMed pour identifier les études ayant recueilli des préférences individuelles dans le domaine de la santé entre 2016 et 2022, ainsi que dans Web of Science pour les études en sciences sociales publiées en 2022. Des experts étaient également consulté.
Résultats : Au total, 96 études ont été incluses : 32 issues du domaine biomédical et 64 des sciences sociales. Parmi ces études, nous avons identifié 46 méthodes de preference elicitation regroupées en quatre familles. Les méthodes choice-based (N=10) utilisent une sélection directe d’options. Les méthodes ranking (N=6) nécessitent une priorisation forcée. Les méthodes rating (N=14) attribuent directement une valeur aux options. Les méthodes trade-off (N=16) analysent les compromis réalisés avant l’acceptation d’options. Globalement, le Discrete Choice Experiment, une méthode choice-based, était la méthode la plus fréquemment citée, utilisée dans 69 % des études incluses. La majorité des méthodes de preference elicitation ont été utilisées dans moins de 10 % des études.
Conclusion : Les préférences des patients sont utiles pour soutenir les décisions cliniques, façonner les cadres réglementaires et orienter les politiques publiques. Plus encore, elles servent à légitimer les processus décisionnels en recherche et en gouvernance. Les décideurs en santé souhaitant utiliser une méthode de preference elicitiation disposent désormais de 46 quantitative méthodes. L’application systématique et transparente de ces méthodes renforce le rôle fondamentale des patients dont leurs préférences comme source de preuve précieuse, susceptible d’améliorer les modes de prise de décision.
|
| p005 trouble du jeu video comparaison des classifications cim 11 et dsm 5 auteurs de ternay j 1 2 simon o 3 baggio s 4 5 billieux j 3 4 etablissement 1 hospices civils de lyon lyon france 2 research on healthcare performance reshape inserm u1290 hospices civils de lyon lyon france lyon france 3 center for excessive gambling addiction medicine lausanne university hospital lausanne switzerland lausanne suisse 4 institute of psychology university of lausanne lausanne switzerland lausanne suisse 5 institute of primary health care biham university of bern bern switzerland bern suisse presentateur de ternay julia |
P005 - Trouble du jeu vidéo : comparaison des classifications CIM-11 et DSM-5
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : DE TERNAY J. (1,2), SIMON O. (3), BAGGIO S. (4,5), BILLIEUX J. (3,4)
Présentateur : DE TERNAY Julia
Etablissement : (1) Hospices Civils de Lyon, Lyon, FRANCE; (2) Research on Healthcare Performance (RESHAPE), INSERM U1290, Hospices Civils de Lyon, Lyon, France, Lyon, FRANCE; (3) Center for Excessive Gambling, Addiction Medicine, Lausanne University Hospital, Lausanne, Switzerland, Lausanne, SUISSE; (4) Institute of Psychology, University of Lausanne, Lausanne, Switzerland, Lausanne, SUISSE; (5) Institute of Primary Health Care (BIHAM), University of Bern, Bern, Switzerland, Bern, SUISSE
Introduction : Le trouble du jeu vidéo est défini par des critères diagnostiques distincts dans la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) et dans la onzième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11). Le DSM-5 propose neuf critères, dont au moins cinq doivent être remplis, tandis que la CIM-11 repose sur trois critères centraux devant tous être présents. Cette différence conceptuelle soulève des questions quant aux estimations de prévalence et aux profils cliniques identifiés. L’objectif principal de cette étude était de comparer les prévalences estimées du trouble du jeu vidéo selon les deux classifications dans un échantillon représentatif de jeunes hommes en Suisse. Un objectif secondaire était d’examiner les associations entre trouble du jeu vidéo, symptômes dépressifs et anxieux, et temps de jeu.
Méthode : Il s’agit d’une étude transversale menée sur des données recueillies entre février 2019 et mars 2020 dans un centre de recrutement militaire suisse. Les participants ont complété un questionnaire évaluant les critères du DSM-5 et de la CIM-11 pour le trouble du jeu vidéo. La présence d’un épisode dépressif caractérisé et d’un trouble anxieux généralisé a été dépistée respectivement par le Patient Health Questionnaire à deux items et la Generalized Anxiety Disorder scale à 2 items. Le temps de jeu hebdomadaire a été auto-déclaré. Des régressions logistiques multivariables ont été réalisées pour explorer les associations entre trouble du jeu vidéo et variables psychologiques.
Résultats : Parmi les 2620 participants de l’étude, la prévalence estimée du trouble du jeu vidéo était de 3,83 % (IC95 % : 3,13–4,69) selon les critères DSM-5, et de 2,48 % (IC95 % : 1,92–3,18) selon la CIM-11 (p < 0,001). Dans le sous-échantillon des joueurs dans l’année écoulée (n = 2 164), le dépistage positif d’un épisode dépressif caractérisé était associé au trouble du jeu vidéo dans les deux classifications. Le dépistage positif d’un trouble anxieux généralisé était associé au trouble du jeu vidéo uniquement selon les critères du DSM-5.
Conclusion : Nos résultats confirment que la CIM-11 propose un seuil plus strict que le DSM-5, identifiant des cas plus sévères de trouble du jeu vidéo, souvent associés à un trouble dépressif. Le DSM-5, en revanche, permet de détecter un spectre plus large de comportements problématiques ou intensifs liés au jeu vidéo.
|
| p006 qui repond au questionnaire de mesure de lexperience en psychiatrie e satis psy profil des repondants par rapport aux donnees nationales auteurs hilaire schneider c 1 coquelin a 1 prunet c 1 gloanec m 1 morin s 1 etablissement 1 has st denis france presentateur coquelin anaelle |
P006 - Qui répond au questionnaire de mesure de l’expérience en psychiatrie « e-Satis PSY » ? : Profil des répondants par rapport aux données nationales
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : HILAIRE SCHNEIDER C. (1), COQUELIN A. (1), PRUNET C. (1), GLOANEC M. (1), MORIN S. (1)
Présentateur : COQUELIN Anaëlle
Etablissement : (1) HAS, St Denis, FRANCE
Introduction
L’interprétation des résultats d’expérience rapportée par les patients nécessite d’analyser le profil des répondants. L’un des objectifs de l’expérimentation est de décrire ce profil et de le comparer aux données nationales des séjours en psychiatrie adulte.
Méthode
Analyse descriptive des répondants aux questionnaires complets e-Satis PSY recueillis auprès de 201 établissements de santé volontaires autorisés en psychiatrie adulte entre 09/2023 et 09/2024.
Variables étudiées et recueillies via e-Satis PSY : sexe, âge, durée de séjour, mode légal d’hospitalisation, entrée par urgences, mesures d’isolement et/ou de contention, ainsi que la façon de répondre (seul ou accompagné).
Les distributions ont été comparées aux données nationales déclarées dans le PMSI (RIM-P et FICHCOMP 2023).
Résultats
Parmi les 6 130 répondants, 63,5 % étaient des femmes (51,6% au national). L’âge moyen était de 48 ans (44 au national) avec une surreprésentation des 50–59 ans (27% e-Satis vs 19,7% PMSI). Les répondants ont une durée moyenne d’hospitalisation plus courte (41,7 vs 65,3 j). Ils sont majoritairement en hospitalisation libre (92% des répondants vs 78% des séjours), et entrent dans l’établissement par les urgences (33,6% vs 17% des séjours). 3,5% des répondants ont eu un isolement et 1,1% une contention, ce qui est inférieur aux niveaux nationaux (7% des patients en isolement et 1,8% en contention). Le questionnaire était principalement complété par les patients eux-mêmes (93,6%), taux supérieur aux autres secteurs évalués dans e-Satis (MCO 48H, MCO CA, SMR).
Conclusion
Le profil des répondants à e-Satis PSY diffère modérément de la population nationale hospitalisée : les répondants sont plus souvent des femmes, d’âge intermédiaire, avec des séjours plus courts et un mode d’hospitalisation libre, suggérant des trajectoires moins complexes. Pour interpréter les comparaisons inter-établissements des analyses complémentaires seront réalisées lors du déploiement national afin de construire un modèle d’ajustement.
 Description des caractéristiques des patients répondants et des séjours concernés, en comparaison à la population nationale des patients et séjours cibles en psychiatrie
|
| p008 quand la resistance s invite analyse approfondie d une serie de cas cliniques et perspectives innovantes auteurs saidi s 1 2 boucif h 1 2 etablissement 1 chu tlemcen algerie 2 faculte de medecine tlemcen algerie presentateur boucif hassan |
P008 - Quand la résistance s'invite: Analyse approfondie d'une série de cas cliniques et perspectives innovantes
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : SAIDI S. (1,2), BOUCIF H. (1,2)
Présentateur : BOUCIF Hassan
Etablissement : (1) CHU, Tlemcen, ALGERIE; (2) faculté de médecine, Tlemcen, ALGERIE
Introduction:
La résistance thérapeutique constitue un défi majeur en psychiatrie.La diversité clinique nécessite une approche individualisée, multidisciplinaire et intégrée. A travers notre série de 7 cas et à la lunmière des études cliniques récentes , nous illustrons cette complexité et mettons en avant les leviers clés pour améliorer le diagnostic et la prise en charge. L'objectif principal est d'identifier et analyser les facteurs associés à la résistance et secondairement caractérisé cette série sur le plan socio-démographique et clinique.
Méthode:
Etude rétrospective à viser analytique de 7 cas cliniques suivis en psychiatrie CHU Tlemcen. Collecte des données cliniques, ATCD familliaux , traitement reçus depuis le dossier médical. Exploration neuroimagerie et EEG, utilisations des échelles validés (PANSS, Hamilton, MMSE) pour la sévérité et l'évaluation. Une révision diagnostic basée sur les critères DSM 5 et paracliniques.
Résultas et discussion:
-Profil sociodémographique: 7 patients (5 hommes, 2 femmes), âge moyen 39,6 ans.71% célibataires, 29% mariés.Antécédents familiaux présents dans 57% des cas.
-Diagnostic initiaux: Schizophrénie résistante (4 cas) et Dépression résistante et trouble bipolaire (3 cas).
-Facteurs de résistance : Comorbidités psychiatriques 57,14% (PTSD, TOC, trouble panique),Pathologies neurologiques associées 42,85% , ATCD familiaux 57,14% ,Échecs aux traitements classiques 100%,Révisions diagnostiques 42,85%
Les études récentes soulignent que la présence de comorbidités psychiatriques complexifient le pronostic et le traitement de la pathologie principale. Selon une revue de Lee et al. (2022), la comorbidité est associée à une résistance accrue aux thérapies pharmacologiques et psychothérapeutiques, obligeant à une approche multisystémique.Les études génétiques et cliniques montrent que les antécédents familiaux de troubles neuropsychiatriques prédisposent à une résistance plus précoce et plus sévère. La revue de Silva et al. (2024) insiste sur l'importance d’un recueil minutieux de l’histoire familiale pour ajuster précocement la stratégie thérapeutique.L’échec des traitements standards appelle à un recours plus systématique aux explorations neurologiques, neuropsychologiques et génétiques.L’échec à plusieurs lignes de traitement est une caractéristique centrale dans la résistance. Selon une étude récente de Kwon et al. (2025), l’utilisation de biomarqueurs, notamment par imagerie ou profils génétiques, permet d’anticiper l’échec thérapeutique et d’orienter vers des traitements plus ciblés, comme le neuromodulation.Enfin, la réévaluation diagnostique, comme illustré dans plusieurs cas, est essentielle.
Conclusion:
Ces cas illustrent la nécessité d’une approche multidisciplinaire et personnalisée, utilisant des investigations standardisées pour comprendre et dépasser la résistance. Afin d'optimiser la prise en charge et ouvre des pistes innovantes en soins psychiatriques modernes.
|
| p010 dysregulation emotionnelle et resilience chez les medecins residents auteurs sfa o 1 tanjaoui a 1 attouche n 1 agoub m 1 etablissement 1 chu ibn rochd casablanca casablanca maroc presentateur sfa oussama |
P010 - Dysrégulation émotionnelle et résilience chez les médecins résidents
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : SFA O. (1), TANJAOUI A. (1), ATTOUCHE N. (1), AGOUB M. (1)
Présentateur : SFA Oussama
Etablissement : (1) CHU Ibn Rochd Casablanca, Casablanca, MAROC
Introduction :
La formation médicale en résidence expose les jeunes médecins à une charge émotionnelle et professionnelle intense, favorisant l’apparition de difficultés de régulation émotionnelle (DRE). Celles-ci sont reconnues comme des facteurs de vulnérabilité associés à l’anxiété, la dépression, le burnout et les erreurs médicales. À l’inverse, la résilience constitue un facteur protecteur essentiel permettant d’amortir l’impact du stress professionnel. Toutefois, peu d’études ont exploré conjointement ces deux dimensions dans un contexte nord-africain.
Cette étude visait à évaluer les niveaux de DRE et de résilience chez les médecins résidents, à analyser leur corrélation et à identifier des sous-groupes particulièrement vulnérables ou protégés.
Méthodes :
Une étude transversale descriptive et analytique a été conduite auprès de 120 résidents du CHU de Casablanca. Les participants ont rempli un questionnaire en ligne incluant des données sociodémographiques, l’échelle DERS-16 (dysrégulation émotionnelle) et l’échelle de résilience de Connor-Davidson (CD-RISC-25). Les analyses statistiques ont été réalisées avec Jamovi.
Résultats :
L’échantillon était majoritairement féminin (70 %), avec une moyenne d’âge de 28,5 ans (24–35). Le score moyen de résilience était de 64,4/100, révélant une résilience modérée, centrée sur la foi et le sens, mais plus fragile face aux situations de pression et d’échec. Le score moyen de la DERS était de 35,4/80, traduisant une dysrégulation faible à modérée, les plus grandes difficultés concernant le maintien d’objectifs sous stress, tandis que le contrôle des impulsions était relativement préservé. Une corrélation négative significative a été retrouvée entre la résilience et la DRE, particulièrement avec la sous-échelle « stratégies » (p<0,001). Les participants ayant un antécédent psychiatrique présentaient des niveaux de résilience significativement plus bas (-16,1 points, p<0,001).
Conclusion :
Cette étude, première du genre au Maroc, souligne l’importance de la relation inverse entre dysrégulation émotionnelle et résilience chez les résidents en médecine. Nos résultats mettent en évidence le rôle protecteur et potentiellement modifiable de la résilience, indépendamment des variables sociodémographiques. Ils plaident en faveur de programmes de prévention et d’interventions brèves, culturellement adaptées, visant à renforcer la régulation émotionnelle et la résilience, afin de réduire la vulnérabilité psychologique et améliorer la performance clinique des médecins en formation.
|
| p012 soins intensifs a domicile pour les patients souffrant de troubles mentaux severes profils cliniques et premiers resultats auteurs natale a 1 nassisi n 1 clement e 1 sentissi o 1 etablissement 1 hopitaux universitaires geneve hug geneve suisse presentateur natale antimo |
P012 - Soins intensifs à domicile pour les patients souffrant de troubles mentaux sévères : profils cliniques et premiers résultats
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : NATALE A. (1), NASSISI N. (1), CLEMENT E. (1), SENTISSI O. (1)
Présentateur : NATALE Antimo
Etablissement : (1) Hôpitaux Universitaires Genève (HUG), Genève, SUISSE
Introduction
Les troubles mentaux sévères entraînent une altération importante du fonctionnement et de la qualité de vie, souvent associée à des hospitalisations coûteuses. Le traitement intensif à domicile est apparu comme une alternative efficace pour réduire les admissions et offrir des soins dans l’environnement du patient. Cependant, des incertitudes persistent quant aux profils de patients qui en tirent le plus de bénéfice et aux critères guidant le choix du niveau de soin en période de crise, soulignant la nécessité d’adapter les interventions et de renforcer la continuité des soins.
Méthode
Dans le cadre d’une étude prospective, nous avons examiné les caractéristiques sociodémographiques et cliniques des patients souffrant de troubles mentaux sévères bénéficiant d’un traitement intensif à domicile lors de crises aiguës, et nous les avons comparés à celles des patients hospitalisés ou suivis dans le cadre d’un suivi ambulatoire intensifie.
Les patients ont été recrutés au centre ambulatoire du Service de psychiatrie adulte des Hôpitaux Universitaires de Genève. Les critères d’inclusion comprenaient un âge entre 18 et 65 ans, un diagnostic de troubles mentaux sévères, et une exacerbation aiguë des symptômes altérant le fonctionnement quotidien. Les patients ont été répartis en trois groupes : traitement intensif à domicile, hospitalisation ou suivi ambulatoire intensifié (≥3 visites hebdomadaires). Les données sociodémographiques et cliniques, ainsi que les scores à l’échelle HoNOS (Health of the Nation Outcome Scale), ont été extraits des dossiers médicaux.
Résultats
Les résultats préliminaires suggèrent que les patients bénéficiant d’un traitement intensif à domicile présentent des profils cliniques, des antécédents et des scores HoNOS similaires à ceux des patients hospitalisés. En revanche, les patients suivis dans le cadre d’un suivi ambulatoire intensifié disposaient d’un meilleur soutien social et d’antécédents cliniques moins sévères.
Conclusion
Les données préliminaires suggèrent que les patients bénéficiant d’un traitement intensif à domicile présentent des profils similaires à ceux des patients hospitalisés, mais se distinguent de ceux suivis dans le cadre d’un suivi ambulatoire intensifié. Cela implique que les caractéristiques sociodémographiques et cliniques pourraient orienter le choix du type de prise en charge, permettant aux cliniciens de planifier, en période de stabilité, des stratégies adaptées et de préparer des réponses personnalisées en cas de crise. Ces résultats suggèrent que les programmes à domicile pourraient constituer une alternative viable en situation de crise avec l’identification de sous-groupes susceptibles de passer d’une forme d’intensification à une autre pourrait en outre favoriser des interventions plus personnalisées, améliorant ainsi l’adhésion et les résultats cliniques.
|
| p013 agressions facilitees par les substances analyse des appels a dis auteurs lamoine t 1 2 heredia j 1 charuel l 1 2 batisse a 1 2 laviale l 3 chaouachi l 1 2 etablissement 1 centre d evaluation et d information sur la pharmacodependance addictovigilance de paris ceip a paris france 2 le centre de reference sur les agressions facilitees par les substances lecrafs paris france 3 drogues info service paris france presentateur lamoine thea |
P013 - Agressions Facilitées par les Substances : analyse des appels à DIS
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : LAMOINE T. (1,2), HEREDIA J. (1), CHARUEL L. (1,2), BATISSE A. (1,2), LAVIALE L. (3), CHAOUACHI L. (1,2)
Présentateur : LAMOINE Théa
Etablissement : (1) Centre d'Evaluation et d'Information sur la Pharmacodépendance - Addictovigilance de Paris (CEIP-A), Paris, FRANCE; (2) Le Centre de Référence sur les Agressions Facilitées par les Substances (LeCRAFS), Paris, FRANCE; (3) Drogues Info Service, Paris, FRANCE
Introduction : Les Agressions Facilitées par les Substances (AFS) regroupent la Soumission Chimique (SC) et la Vulnérabilité Chimique (VC). La SC se définit comme l’administration, à l’insu ou sous la menace, d’une substance psychoactive (SPA) à des fins criminelles ou délictuelles. La VC correspond à un état de fragilité induit par la consommation volontaire de SPA rendant plus vulnérable à un acte délictuel ou criminel. Depuis 2003, le Centre d’Addictovigilance de Paris (CEIP-A) conduit l’enquête nationale SC, permettant d’identifier les SPA, les contextes, les types d’agressions et d’évaluer les conséquences cliniques. Dans une approche complémentaire, l’analyse des appels reçus par Drogues Info Service (DIS) explore la parole des victimes et de leur entourage. Cette étude, couvrant 2018-2023, s’inscrit dans un contexte marqué par la crise sanitaire de la COVID-19 et les mouvements de libération de la parole (#Balancetonbar, #MetooGHB, #MendorsPas, #Sénatoporc).
Méthode : Une étude rétrospective des données d’appel DIS a été réalisée sur 2018-2023 par le CEIP-A de Paris.
Résultats : Au total 1352 appels ont été retenus. Les appels ont augmenté de 33% entre 2018 et 2023, avec un pic en 2022 suite à la levée des restrictions sanitaires. L’appelant est principalement la victime elle-même (n = 998 ; 73,1 %), avec un appel dans les 7 jours suivant l’évènement (n = 765 ; 56,6 %), dont près de la moitié dans les 24 heures (n = 369). Les victimes sont majoritairement des femmes (n = 938 ; 69,4 %) et la moyenne d’âge est de 28,1 ± 9,7 ans (n=1193). Les appels concernent surtout des tentatives de SC (n = 636 ; 47 %) et des agressions sexuelles (n = 215 ; 16 %), survenant principalement la nuit, dans un contexte festif et souvent associé à une consommation d’alcool. Le GHB, mentionné à 270 reprises, voit sa fréquence de mention passer de 16 % en 2018 à 7 % en 2023, traduisant une évolution des représentations : il n’est plus perçu comme la seule substance impliquée. Les appels révèlent un fort sentiment de honte et de culpabilité, un besoin d’écoute, la crainte de ne pas être cru, freinant le dépôt de plainte ; seules 141 victimes expriment cette volonté.
Discussion : L’augmentation des sollicitations illustre une prise de conscience du phénomène des AFS et l’impact des mouvements sociétaux sur la libération de la parole. La diversité des SPA évoquées témoigne d’une compréhension plus fine du phénomène. Cependant, la persistance du doute, l’angoisse liée à l’amnésie et la difficulté d’accès au dépistage complexifient les démarches des victimes.
Conclusion : Cette étude souligne la complémentarité entre les données d’écoute de DIS et la veille sanitaire de l’addictovigilance. L’augmentation des signalements reflète un besoin croissant d’information. Renforcer la formation des professionnels, faciliter l’accès aux analyses toxicologiques et diffuser des messages de prévention clairs sont des leviers majeurs pour améliorer la prise en charge des victimes d’AFS.
|
| p014 sante mentale des demandeurs dasile et refugies en tunisie auteurs cheniti r 1 maamri a 1 zalila h 1 etablissement 1 consultations externe et urgences hopital razi manouba tunisie presentateur cheniti rania |
P014 - SANTE MENTALE DES DEMANDEURS D’ASILE ET REFUGIES EN TUNISIE
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : CHENITI R. (1), MAAMRI A. (1), ZALILA H. (1)
Présentateur : CHENITI Rania
Etablissement : (1) Consultations Externe et Urgences, Hôpital Razi, Manouba, TUNISIE
Introduction:Les données disponibles dans la littérature sur le psycho-traumatisme des exilés en Tunisie sont rares. Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer la fréquence de la détresse émotionnelle, de la dépression, du trouble anxiété généralisée et du trouble stress post-traumatique chez une population de demandeurs d'asile et de réfugiés représentative des flux migratoires récents.
Méthodes : Nous avons effectué une étude descriptive transversale multicentrique, s’étalant entre le 1er Février et le 31 Mai 2024. Nous avons inclus 92 demandeurs d’asile et réfugiés résidant en Tunisie ayant répondu à un questionnaire. Les réponses incomplètes ont été exclues. L’évaluation de la détresse émotionnelle, de la dépression, du trouble d’anxiété généralisée et du trouble de stress post-traumatique(TSPT) a été réalisée à l’aide des échelles Refugee Health Screener-15 (RHS-15), Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9), Generalized Anxiety Disorder-7(GAD-7) et le PTSD Checklist for DSM5 (PCL-5).
Résultats: L'âge moyen des participants était 24,77 ans, majoritairement des hommes (95%), célibataires (87%) et originaires du Soudan (76%). Ils étaient demandeurs d'asile (75%) et 25% étaient réfugiés. Plus de la moitié des sujets (57%) avaient été victimes de torture, et 35% avaient subi des violences sexuelles. La durée de transit moyenne était de 8,72 mois, et 74% avaient été détenus durant leur trajet. Quatre vingt deux pourcent des participants avaient un score RHS15 positif, indiquant une détresse émotionnelle. Le score RHS15 était significativement associé à des variables comme le célibat (p<0,001), l'absence d'enfants (p=0,012) et le statut de demandeur d'asile (p=0,020). Selon le PHQ-9, 60% des participants présentaient des symptômes de dépression, et la dépression était liée à la torture, la violence sexuelle, et au statut de demandeur d'asile. Le score GAD-7 indiquait que 59% des sujets présentaient des symptômes d'anxiété, associés à des expériences de torture, de violence sexuelle, et au célibat. 55% des participants répondaient aux critères du DSM-5 pour le TSPT. Les symptômes de TSPT étaient significativement associés au célibat, à l'absence d'enfants, à la torture, et à un nombre plus élevé de pays de transit.
Conclusion : Notre étude a mis en lumière la vulnérabilité psychologique des réfugiés et demandeurs d'asile en Tunisie, appelant à une prise en charge psychosociale adaptée à leurs besoins.
|
| p015 agressivite en psychiatrie etude de prevalence et lien post traumatique auteurs baouchouch s 1 2 azzari j 1 2 agoub m 1 2 attouche n 1 2 etablissement 1 centre psychiatrique universitaire de l hopital universitaire ibn rochd casablanca casablanca maroc 2 universite hassan ii casablanca maroc presentateur baouchouch sara |
P015 - Agressivité en psychiatrie : étude de prévalence et lien post-traumatique
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : BAOUCHOUCH S. (1,2), AZZARI J. (1,2), AGOUB M. (1,2), ATTOUCHE N. (1,2)
Présentateur : BAOUCHOUCH Sara
Etablissement : (1) Centre psychiatrique universitaire de l'hôpital universitaire Ibn Rochd Casablanca, Casablanca, MAROC; (2) Université Hassan II, Casablanca, MAROC
INTRODUCTION
Les professionnels de la santé mentale sont fortement exposés à la violence, mais ce phénomène demeure peu étudié, notamment en ce qui concerne le trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Cette recherche vise à évaluer la fréquence de l’agressivité et son impact sur le développement du TSPT dans le contexte marocain.
MÉTHODE
Étude transversale descriptive et analytique menée auprès de 62 médecins et infirmiers du Centre psychiatrique universitaire Ibn Rochd de Casablanca.
Les données ont été recueillies à l’aide d’un autoquestionnaire en ligne structuré (Google Forms) comprenant trois sections:les caractéristiques sociodémographiques,l’évaluation de la prévalence des incidents d’agressivité à l’aide de l’échelle POPAS (Perception of Prevalence of Aggression Scale),et l’évaluation des symptômes du trouble de stress post-traumatique à l’aide de la PTSD Check List for DSM-5 (PCL-5).
RESULTATS
Données sociodémographiques
L’échantillon était majoritairement composé de femmes (79%) et de médecins (66,1%), avec une majorité âgée de 20 à 30 ans et exerçant depuis 1 à 5 ans.
Les participants travaillaient principalement en unité hommes fermée (29%),unité hommes ouverte (24,2%) ou unité femmes (19,4 %).
Plus de la moitié n’avaient pas reçu de formation spécifique à la gestion de l’agressivité et (56,5 %) avaient accès à des mesures de protection.
Prévalence des incidents d’agressivité (image 1)
La quasi-totalité des participants rapportait une exposition à au moins une forme d’agressivité au cours des 12 derniers mois.
La violence verbale indirecte concernait 93,5 % des répondants,40,3 % rapportaient plus de 20 incidents annuels.
Le harcélement psychologique était fréquent,tandis que l’intimidation physique et les agressions destructrices restaient ponctuelles.
Les violences physiques sans blessure, automutilations mineures et tentatives de suicide étaient moins courantes, et les violences graves ou suicides aboutis rares.
Enfin, 59,7 % des participants rapportaient des situations d’intimidation ou de harcèlement sexuel, le plus souvent occasionnelles
Évaluation du PTSD selon PCL-5 (image 2)
La majorité présentait une absence probable de TSPT, quelques participants avaient des symptômes modérés, et une minorité nécessitait une évaluation clinique
Les symptômes les plus rapportés étaient l’hypervigilance, les souvenirs intrusifs et les troubles de concentration
Les infirmiers présentaient un score plus élevé que les médecins (p = 0,015)
Les menaces verbales,humiliations,provocations et violences physiques augmentaient le score
L’exposition était corrélée à l’absentéisme (p = 0,039), avec jusqu’à 60 jours d’absence chez certains participants
CONCLUSION
Cette étude confirme l’exposition importante du personnel de santé mentale à la violence et ses répercussions psychologiques, notamment le stress post-traumatique
Elle souligne la nécessité de stratégies préventives, de formations en gestion de l’agressivité et d’un meilleur soutien psychologique aux professionnels
 Prévalence des incidents d'agressivité par types
 Scores PCL-5
|
| p016 integration soins primairespsychiatrie en centre de sante resultats du centre de belleville auteurs brunn m 1 2 hindryckx w 2 malvezin e 2 etablissement 1 sciences po paris france 2 centre de sante de belleville groupe doeuvres sociales de belleville gosb paris france presentateur brunn matthias |
P016 - Intégration soins primaires–psychiatrie en centre de santé : résultats du Centre de Belleville
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : BRUNN M. (1,2), HINDRYCKX W. (2), MALVEZIN E. (2)
Présentateur : BRUNN Matthias
Etablissement : (1) Sciences Po, Paris, FRANCE; (2) Centre de santé de Belleville, Groupe d’œuvres sociales de Belleville (GOSB) , Paris, FRANCE
Introduction
En France, l’accès aux soins psychiques reste marqué par des délais d’attente importants, une faible coordination entre soins primaires et psychiatriques, et une prise en charge limitée de la psychothérapie par l’Assurance maladie. Dans ce contexte, les centres de santé (CDS), structures de proximité reposant sur l’exercice salarié et pluridisciplinaire, apparaissent comme un levier potentiel pour renforcer l’offre de soins psychiques accessibles et intégrés.
Méthode
Nous avons analysé le cas du Centre de Santé de Belleville (Paris 20ᵉ), géré par le Groupe d’Œuvres Sociales de Belleville, en mobilisant ses rapports d’activité (2024–2025), un audit interne, ainsi que les données nationales de l’IGAS et de la CNAM. L’analyse repose sur une comparaison entre les caractéristiques de la patientèle et de l’offre du centre, et les moyennes observées au niveau national pour les CDS.
Résultats
En 2025, le centre employait 11 médecins généralistes (≈6 ETP), 1 psychiatre (0,5 ETP) et 5 psychologues (≈3 ETP). Au premier trimestre 2025, les psychologues ont suivi 211 patients (199 adultes, âge moyen 38,5 ans ; 12 mineurs, âge moyen 12 ans). Les femmes représentaient 65 % des consultants, et 21,6 % des patients relevaient de dispositifs de solidarité (CSS ou AME), soit un taux nettement supérieur à la moyenne nationale des CDS (18 %) et aux arrondissements environnants (12–14 %). Ces chiffres confirment le rôle du centre comme filet de sécurité pour une patientèle en situation de grande vulnérabilité. Sur le plan organisationnel, le CDS se distingue par l’intégration effective d’un parcours en “soins gradués” : adressage direct par les médecins généralistes, prise en charge psychothérapeutique par les psychologues, et recours au psychiatre pour les situations complexes.
Conclusion
L’expérience du centre de Belleville montre qu’un CDS peut constituer une structure pivot pour l’intégration des soins primaires et psychiques, et répondre à des besoins sociaux élevés. Toutefois, ce modèle reste marginal en France du fait de sa fragilité financière, de l’hétérogénéité de sa gouvernance et de la domination persistante de la médecine libérale. Ce cas souligne l’intérêt d’explorer les CDS comme outils de réorganisation territoriale des soins psychiques (voir Figure 1), en particulier dans un contexte de tensions démographiques et de recherche de modèles de pratiques plus collaboratifs et attractifs pour les nouvelles générations de professionnels.
 Figure 1. Modèle de soins gradués en santé mentale. Les soins primaires assurent le premier recours, les centres de santé (CDS) les troubles modérés, la psychiatrie hospitalière et les CMP les cas complexes.
|
| p017 vers une mesure harmonisee et contextuellement adaptee en sante mentale auteurs chevance a 1 krause k 1 gosling c 3 monga s 4 armstrong n 5 rada g 6 etablissement 1 centre de recherche en epidemiologie et statistiques cress umr1153 universite paris cite paris france 2 assistance publique hopitaux de paris paris france 3 universite paris nanterre paris france 4 hospital for sick children toronto canada 5 soas university of london londres royaume uni 6 epistemonikos santiago de chile chili presentateur chevance astrid |
P017 - Vers une mesure harmonisée et contextuellement adaptée en santé mentale
Thème: 01 - Epidémiologie
Voir le poster
Auteurs : CHEVANCE A. (1), KRAUSE K. (1), GOSLING C. (3), MONGA S. (4), ARMSTRONG N. (5), RADA G. (6)
Présentateur : CHEVANCE Astrid
Etablissement : (1) Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques (CRESS-UMR1153), Université Paris Cité, Paris, FRANCE; (2) Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Paris, FRANCE; (3) Université Paris Nanterre, Paris, FRANCE; (4) Hospital for Sick Children, Toronto, CANADA; (5) SOAS University of London, Londres, ROYAUME-UNI; (6) Epistemonikos, Santiago De Chile, CHILI
Introduction : Les avancées en santé mentale sont freinées par un manque de cohérence des données. En 2020, seuls 31 % des États membres de l’OMS ont rapporté des données spécifiques à la santé mentale. Sur le plan scientifique, plus de 4 200 instruments de mesure sont utilisés, et moins de la moitié des études sur la dépression présentent des indicateurs agrégables. Cette fragmentation limite la comparabilité des enquêtes et contribue au gaspillage de la recherche. Pour y remédier, l’initiative Common Measures in Mental Health Science (CMMHS), soutenue par plusieurs financeurs et éditeurs, a recommandé l’adoption de certaines échelles standardisées pour l’évaluation des symptômes de la dépression, de l’anxiété et des limitations fonctionnelles (PHQ-9, GAD-7, RCADS-25, WHODAS 2.0).
Objectifs : À l’heure actuelle, aucune mesure – y compris celles recommandées par le CMMHS – ne constitue un marqueur parfait. Il est donc nécessaire de documenter leurs performances psychométriques dans des contextes et populations variés, et de mettre régulièrement à jour cette documentation. Pour répondre à ce besoin, le Wellcome Trust finance des revues systématiques vivantes sur les quatre instruments recommandés par le CMMHS, qui seront hébergées sur une plateforme interactive en libre accès. Cette présentation en exposera les grandes lignes.
Méthodes : Les revues suivront les standards méthodologiques internationaux (COSMIN, Cochrane). Une recherche mixte auprès des utilisateurs cibles sera menée pour éclairer les stratégies visant à faciliter l’adoption et l’utilisation de la plateforme. Des personnes ayant une expérience vécue seront impliquées dans les comités consultatifs, la co-construction des protocoles et les réflexions sur les impacts de la mesure. L’infrastructure de la plateforme intégrera des outils de revue systématique, nécessaires pour permettre des mises à jour régulières dans le cadre du mode vivant.
Résultats : Le projet produira des synthèses mises à jour en continu des propriétés psychométriques du PHQ-9, du GAD-7, du RCADS-25 et du WHODAS 2.0. La plateforme permettra des requêtes adaptées aux besoins des utilisateurs, selon le contexte, la population ou le domaine d’application. Elle partagera également des connaissances sur les effets plus larges de la mesure des résultats, notamment du point de vue des personnes concernées.
Conclusions : Le projet repose sur quatre principes : inclusivité, excellence scientifique, conception centrée sur l’utilisateur et technologie évolutive. Il vise à favoriser une appropriation partagée entre personnes ayant une expérience vécue et chercheurs, y compris dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Les instruments recommandés doivent être vus comme un socle pragmatique, non pour privilégier certaines échelles mais pour établir une base commune. L’objectif est d’en encourager l’adoption tout en promouvant un usage éclairé, transparent sur les forces et limites de chaque mesure selon le contexte.
|
| p018 etude d acceptabilite dun test sanguin a visee diagnostique en psychiatrie auteurs gindre c 4 bourla a 1 vedrine m 2 amrani h 3 ait abdelmalek h 4 ndiongue b 1 etablissement 1 clariane paris france 2 clinique inicea mare o dans les damps france 3 clinique inicea osny osny france 4 centre ambulatoire psychiatrie aubergenville aubergenville france 5 ita salud mental barcelone espagne 6 ita salud mental valencia espagne 7 ita salud mental madrid espagne 8 clinic barcelona barcelona espagne presentateur gindre claire |
P018 - Etude d'acceptabilité d’un test sanguin à visée diagnostique en psychiatrie
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : GINDRE C. (4), BOURLA A. (1), VEDRINE M. (2), AMRANI H. (3), AIT ABDELMALEK H. (4), NDIONGUE B. (1)
Présentateur : GINDRE Claire
Etablissement : (1) Clariane, Paris, FRANCE; (2) Clinique Inicea Mare O Dans, Les Damps, FRANCE; (3) Clinique Inicea Osny, Osny, FRANCE; (4) Centre Ambulatoire Psychiatrie Aubergenville, Aubergenville, FRANCE; (5) Ita Salud Mental, Barcelone, ESPAGNE; (6) Ita Salud Mental, Valencia, ESPAGNE; (7) Ita Salud Mental, Madrid, ESPAGNE; (8) Clinic Barcelona, Barcelona, ESPAGNE
Introduction
Distinguer avec précision la dépression unipolaire de la dépression bipolaire reste l’un des besoins non satisfaits les plus critiques en psychiatrie, avec un retard diagnostique moyen de huit ans. Combler cette lacune est essentiel pour améliorer la qualité des soins et les résultats cliniques. Cette étude évalue un test sanguin de biomarqueurs fondé sur l’édition de l’ARN, une première en son genre, destiné à aider les cliniciens dans le diagnostic différentiel entre les dépressions unipolaire et bipolaire, dans la pratique clinique courante.
Objectifs
L’étude vise à évaluer l’acceptabilité du test par les psychiatres et les patients, son intégration dans les parcours de soins, et son potentiel à favoriser un diagnostic plus précoce et plus précis. Une forte acceptabilité est essentielle pour l’adoption et l’impact de ce type d’outils innovants en psychiatrie.
Méthode
L'étude d’acceptabilité en vie réelle myEDIT-B suit une méthodologie mixte. L’étude implique l’utilisation de 70 tests myEDIT-B, développés par Alcediag, déployés dans les réseaux de cliniques Clariane en France et en Espagne. La collecte des données combine des approches quantitatives et qualitatives. Des questionnaires anonymes ont été utilisés pour évaluer la satisfaction des psychiatres et des patients, la perception de l’utilité et la facilité d’utilisation. Ces résultats ont été complétés par des focus groups afin d’enrichir l’analyse qualitative.
Résultats
Les premiers résultats indiquent un niveau de satisfaction élevé (8,5/10), une forte probabilité de recommandation entre pairs (8/10) et une bonne acceptabilité par les patients (8/10). Le délai de rendu des résultats inférieur à quatre semaines a également été évalué (8,25/10). Les cliniciens ont rapporté que le test permettait à la fois de confirmer ou de réviser certains diagnostics, et de guider leurs décisions thérapeutiques. La majorité des prescriptions de tests a été faite dans des cas d’épisodes dépressifs récurrents ou de résistance au traitement.
Discussion et conclusion
Cette étude met en évidence le fort potentiel du test sanguin basé sur l’édition de l’ARN comme outil d’aide au diagnostic différentiel entre dépression unipolaire et bipolaire en pratique clinique quotidienne. Son acceptabilité par les cliniciens et les patients, ainsi que sa capacité à réduire les retards diagnostiques et à guider les décisions thérapeutiques, plaident en faveur de son intégration plus large dans les parcours de soins psychiatriques. L’adoption de ce type d’innovation constitue une étape clé vers l’essor d’une psychiatrie de précision.
|
| p020 perception des causes de leur depression par les patients auteurs thibout b 1 etablissement 1 universite paris cite equipe methods du cress paris france presentateur thibout blandine |
P020 - Perception des causes de leur dépression par les patients
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : THIBOUT B. (1)
Présentateur : THIBOUT Blandine
Etablissement : (1) Université Paris Cité - équipe METHODS du CRESS, Paris, FRANCE
Introduction La dépression est aujourd'hui le trouble mental le plus répandu et invalidant dans le monde. En 2023, 5 % de la population adulte souffrait de dépression. Dans l'opinion publique, les croyances concernant les causes de la dépression sont perçues comme essentiellement psychosociales, ce qui peut influencer les comportements envers les traitements et les patients eux-mêmes. Il est important de comprendre comment les patients perçoivent les causes de leur propre dépression, afin de leur prodiguer des soins en accord avec leur compréhension de la maladie. L'objectif principal de l'étude est de décrire les causes perçues de leur dépression par les patients rapportant une dépression actuelle.
Méthode Il s'agit d'une étude transversale, menée au sein de la e-cohorte francophone ComPaRe Dépression composée de 5 513 volontaires ayant déclaré avoir vécu un épisode dépressif majeur. Les participants étaient des patients adultes ayant déclaré un épisode dépressif en cours et ayant répondu à la question 9 du questionnaire BIPQ (Brief Illness Perception Questionnaire) à l’inclusion. Les données sociodémographiques et cliniques, ainsi que les données sur la perception de la dépression par les patients, ont été obtenues à partir des informations recueillies par la e-cohorte lors de l'inclusion. Le critère de jugement principal était les causes citées en réponse à la question ouverte de la question 9 du BIPQ. L'échantillon a été ajusté pour être représentatif d'une population de référence de Santé Publique France. Les caractéristiques descriptives étaient présentées à l'aide de statistiques descriptives (proportions, moyennes). Pour répondre aux objectifs de l'étude, nous avons procédé à une analyse qualitative du contenu des réponses à la question 9 : « Classez par ordre d'importance les trois principaux facteurs qui, selon vous, sont à l'origine de votre dépression. »
Résultats Réalisée en avril 2025, l'étude a porté sur 3 472 patients. Au total, 9 546 causes ont été citées, dont 91 citations de verbatim ininterprétables et 279 causes uniques rapportées dans le livre de codes. Nous les avons regroupées en 53 thèmes de troisième niveau, puis en 27 thèmes de deuxième niveau, que nous avons finalement regroupés en 10 thèmes de premier niveau : santé, activité, famille actuelle, relations, vulnérabilité existentielle, enfance, vie quotidienne, violence, adversité sociale et absence de causes.
Conclusion Cette étude révèle une grande diversité de causes perçues de la dépression, les maladies chroniques non psychiatriques étant les plus fréquemment citées. Le travail et l'environnement familial étaient également des thèmes majeurs, autant chez les hommes que chez les femmes. Les patients rapportant un trouble bipolaire citaient plus souvent les problèmes sociaux, l'agentivité et les comorbidités psychiatriques, tandis que l'identité et les expériences de l'enfance émergeaient comme des causes perçues importantes pour ces patients.
|
| p021 surveillance biologique dans le traitement par lithium auteurs wuilbeaux nee cappe c 1 khendek l 2 3 saint dizier c 2 4 tenoglia e 2 lamer a 2 3 4 bubrovszky m 1 2 4 etablissement 1 epsm de l agglomeration lilloise saint lez lille france 2 f2rsm psy federation regionale de recherche en psychiatrie et sante mentale des hauts de france saint andre lez lille france 3 univ lille ufr3s ilis faculte d ingenierie et management de la sante lille france 4 univ lille chu lille ulr 2694 metrics evaluation des technologies de sante et des pratiques medicales lille france presentateur wuilbeaux nee cappe carine |
P021 - Surveillance biologique dans le traitement par lithium
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : WUILBEAUX NÉE CAPPE C. (1), KHENDEK L. (2,3), SAINT-DIZIER C. (2,4), TÉNOGLIA E. (2), LAMER A. (2,3,4), BUBROVSZKY M. (1,2,4)
Présentateur : WUILBEAUX NÉE CAPPE Carine
Etablissement : (1) EPSM de l'agglomération lilloise, Saint-Lez-Lille, FRANCE; (2) F2RSM Psy - Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie et Santé Mentale des Hauts-de-France,, Saint-André-Lez-Lille, FRANCE; (3) Univ. Lille, UFR3S - ILIS, Faculté d'Ingénierie et Management de la Santé, , Lille, FRANCE; (4) Univ. Lille, CHU Lille, ULR 2694-METRICS: Évaluation des Technologies de Santé et des Pratiques Médicales, Lille, FRANCE
Surveillance biologique dans le traitement par lithium
Introduction
Le lithium est un traitement de première intention pour le trouble bipolaire, mais nécessite une surveillance biologique régulière pour garantir l'innocuité et l'efficacité. Les directives internationales recommandent des évaluations périodiques des taux sériques de lithium, de la fonction rénale et thyroïdienne et du métabolisme du calcium. En France, les données nationales sur le respect de ces recommandations font défaut. L'objectif de cette étude était d'évaluer le respect des recommandations internationales en matière de surveillance biologique chez les adultes traités par lithium en France.
Méthodes
Nous avons réalisé en 2023 une étude transversale rétrospective à partir du SNDS (Système Nationale des Données de Santé). Les adultes (≥18 ans) ayant reçu ≥10 doses de carbonate de lithium ont été inclus. Nous avons évalué la fréquence des tests recommandés : lithium sérique, hormone stimulant la thyroïde (TSH), fonction rénale (créatinine), calcium sérique et équilibre électrolytique. Les résultats ont été décrits dans l'ensemble et par type de prescripteur.
Résultats
Parmi 34 051 patients (58,1 % de femmes ; âge médian de 53 ans), 83,6 % ont subi au moins un test sérique de lithium, 56,9 % en ont eu deux ou plus et 16,4 % n'en ont eu aucun en 2023. La TSH a été mesurée au moins une fois chez 79,7 % des patients et la créatinine chez 85,6 %. En revanche, le test de calcium a été effectué au moins une fois dans seulement 42,4 %. La fréquence de surveillance était inférieure aux recommandations internationales pour la plupart des paramètres, en particulier les niveaux répétés de lithium et de calcium. Les ordonnances ont été délivrées principalement par des psychiatres (51,1 %) et des médecins généralistes (41,9 %).
Conclusion
Le suivi biologique du traitement au lithium en France n'est que partiellement conforme aux lignes directrices. La mesure du calcium et les tests répétés du lithium sont nettement sous-réalisés. Le partage des responsabilités entre psychiatres et médecins généralistes peut contribuer à un suivi fragmenté. Le renforcement des protocoles de soins partagés, des rappels électroniques et la participation des infirmières en pratique avancée pourraient améliorer l'observance de la surveillance, améliorer la sécurité des patients et optimiser les résultats.
|
| p022 douleur psychologique revue systematique et metasynthese qualitative auteurs kozlowitz s 1 ribeiro a 2 sibeoni j 3 brossard b 4 chevance a 2 etablissement 1 universite libre de bruxelles bruxelles belgique 2 center for research in epidemiology and statistics cress inserm universite paris cite paris france 3 ecstrra team institut de recherche saint louis umr 1342 inserm universite paris cite paris france 4 department of sociology university of york york royaume uni presentateur kozlowitz samy |
P022 - Douleur psychologique: revue systématique et métasynthèse qualitative
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : KOZLOWITZ S. (1), RIBEIRO A. (2), SIBEONI J. (3), BROSSARD B. (4), CHEVANCE A. (2)
Présentateur : KOZLOWITZ Samy
Etablissement : (1) Université Libre de Bruxelles, Bruxelles, BELGIQUE; (2) Center for Research in Epidemiology and StatisticS (CRESS), Inserm, Université Paris Cité, Paris, FRANCE; (3) ECSTRRA Team, Institut de Recherche Saint Louis UMR 1342, Inserm, Université Paris Cité, Paris, FRANCE; (4) Department of Sociology, University of York, York, ROYAUME-UNI
Introduction :
La douleur psychologique, une douleur non localisée principalement dans le corps, est rapportée dans plusieurs troubles psychiatriques mais aussi dans la population générale (par exemple à la suite d’un deuil). Il s’agit d’un facteur de risque important de suicide. De plus, elle a été décrite comme l’un des aspects les plus pénibles de la dépression. Pourtant, elle ne dispose pas d’une définition consensuelle, ce qui complique aussi bien la recherche que la pratique clinique. Cette métasynthèse vise à analyser l’expérience en première personne de la douleur psychologique afin de mieux circonscrire le phénomène.
Méthodes :
Nous avons mené une recherche systématique dans 5 bases de données (MEDLINE, EMBASE, PsycINFO, CINAHL et Web of Science) pour trouver des études qualitatives investiguant l’expérience en première personne de la douleur mentale chez les adultes, en population clinique ou générale. Les données pertinentes ont été extraites à l’aide d’une grille d’extraction. Chaque étape a fait l’objet d’une double vérification par un autre chercheur. Nous avons ensuite effectué une analyse thématique pour dégager les grands thèmes descriptifs et analytiques, à partir de considérations sémantiques, cliniques et phénoménologiques. La qualité des études incluses a été évaluée avec le CASP ( Critical Appraisal Skills Programme), et confiance dans les thèmes généré avec le GRADE-CERQual ( Confidence in the Evidence from Reviews of Qualitative Research).
Résultats :
La métasynthèse a rassemblé 49 études qualitatives, publiées entre 1998 et 2025, qui incluaient 1467 participants. Elle a permis de caractériser l’expérience de la douleur psychologique (voir figure 1). Celle-ci possède cinq caractéristiques phénoménales principales : elle est désagréable, pré-réflexive, invisible, perturbe l’identité, et est souvent perçue comme plus difficile à supporter que la douleur physique. Elle s’accompagne aussi de manifestations psychologiques et physiques non spécifiques. De plus, elle peut être comprise comme un signal indiquant que le sens de soi est menacé face à une épreuve physique, psychologique, existentielle ou sociale (voir figure 2). La confiance dans ces résultats est jugée modérée à cause de certaines limites méthodologiques ou d’informations non rapportées dans les études sources.
Conclusion :
Il s'agit de la première métasynthèse sur le sujet. Elle a réuni des études issues des cinq continents, impliquant des populations cliniques et non cliniques. Les thèmes générés enrichissent les caractérisations antérieures de la douleur psychologique (par exemple, chez Meerwijk ou Shneidman) et constituent une première étape pour aboutir à une définition opérationnalisée du phénomène. Entre-temps, nos résultats permettent aux cliniciens de mieux cerner et repérer la douleur psychologique.
 Description de l’expérience vécue de douleur psychiquologique, incluant 5 aspect phénoménaux centraux, ainsi que 13 manifestations psychologiques ou physiques
 La douleur psychologique survient comme signal d’un sens de soi menacé (22 modalités visibles en périphérie de la partie verte) en réaction à 43 situations d’adversité (visibles en périphérie de la partie bleue)
|
| p023 dependance a facebook et depression chez les etudiants a douala auteurs eyoum c 1 2 tueam moguem e 2 gams massi d 2 magnerou a 1 2 basseguin atchou j 2 mapoure njankouo y 2 etablissement 1 hopital laquintinie de douala douala cameroun 2 faculte de medecine et des sciences pharmaceutiques universite de douala douala cameroun presentateur eyoum christian |
P023 - Dépendance à Facebook et dépression chez les étudiants à Douala
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : EYOUM C. (1,2), TUEAM MOGUEM E. (2), GAMS MASSI D. (2), MAGNEROU A. (1,2), BASSEGUIN ATCHOU J. (2), MAPOURE NJANKOUO Y. (2)
Présentateur : EYOUM Christian
Etablissement : (1) Hôpital Laquintinie de Douala, Douala, CAMEROUN; (2) Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques, Université de Douala, Douala, CAMEROUN
Introduction :
L'addiction à Facebook (AF) est associée à des troubles psychologiques majeurs tels que l'insomnie, les troubles du sommeil, l'anxiété et la dépression. Malgré un intérêt croissant pour la recherche sur l'AF au cours des dernières années, peu de données sont disponibles sur cette problématique au Cameroun. L'objectif de cette étude était de déterminer la prévalence et les déterminants de l'AF, et d'établir une association entre l'AF et la dépression chez les étudiants de l'Université de Douala (UDo).
Méthode :
a) Une étude transversale a été menée dans neuf établissements de l'Université de Douala. 1 133 étudiants ont rempli le formulaire de recherche contenant des données sociodémographiques, des informations sur leur utilisation de Facebook, l'échelle d'addiction à Facebook de Bergen (BFAS) et l'échelle d'inventaire de dépression de Beck II. L'AF était définie par un score supérieur à 18 sur l'échelle BFAS, et la dépression par un score supérieur ou égal à 10 sur l'échelle BDI II. Les données ont été analysées à l'aide du logiciel SPSS® 28.0. Un modèle de régression logistique a été utilisé pour déterminer les facteurs associés à l'AF, à la dépression et à l'association entre l'addiction à Facebook et la dépression.
Résultats :
La prévalence de l'AF était de 14,5 %. La prévalence de la dépression était de 52,1 % (dont 30,4 % de dépression légère et 4,1 % de dépression sévère) avec un âge moyen de 22,5 ± 3,7 ans. Les étudiantes représentaient 53,5 % des participants. 41,1 % des étudiants se connectaient à Facebook plusieurs fois par jour. 21,5 % des participants avaient au moins 1 500 amis Facebook. Les facteurs indépendamment associés à l'AF étaient les connexions quotidiennes multiples à Facebook, un nombre d'amis Facebook inférieur à 200 et une durée quotidienne sur Facebook supérieure à 4 heures. Les facteurs indépendamment associés à la dépression étaient le sexe féminin, le fait d’être inscrit à la Faculté de Médecine ou à l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique et le niveau 7 des études. Une association significative a été observée entre l'AF, la dépression modérée et la dépression sévère.
Conclusion :
L'addiction à Facebook est fréquente chez les étudiants de l'université de Douala. Elle est souvent associée à la dépression, y compris à une forme sévère. Des mesures psychosociales urgentes doivent être mises en œuvre afin de prévenir les drames.
Mots-clés : Facebook, addiction, dépression, étudiants, Université de Douala
|
| p025 impact des idees suicidaires initiales sur la prise en charge auteurs perrard v 1 tournier m 1 etablissement 1 centre hospitalier charles perrens merignac france presentateur perrard victoire |
P025 - Impact des idées suicidaires initiales sur la prise en charge
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : PERRARD V. (1), TOURNIER M. (1)
Présentateur : PERRARD Victoire
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Charles Perrens, Mérignac, FRANCE
La Structure de soins Universitaires aigus Ambulatoires pour les troubles Bipolaires de Bordeaux est un hôpital de jour de crise dédié à la prise en charge des troubles bipolaires. La prévention des idées et conduites suicidaires y est un enjeu majeur. Les soignants pourraient donc modifier la prise en charge selon les idées suicidaires. Malgré l’absence de recommandations, certaines études retrouvent des effets bénéfiques sur le risque suicidaire des sels de lithium, de la kétamine et de la clozapine et des effets potentiellement délétères des benzodiazépines et des antidépresseurs dans les troubles bipolaires. L’objectif principal de cette étude est de comparer les prescriptions médicamenteuses en fonction de la présence ou non d’idées suicidaires à l’admission. Les objectifs secondaires sont de décrire les autres soins prodigués et évolution des idées suicidaires pendant le séjour.
Une cohorte historique a inclus tous les patients pris en charge par la SUAB du 01/04/2022 au 31/12/2024. Les idées suicidaires à l’admission sont identifiées par la Colombia Suicide Severity Rating Scale remplie par les patients (ou en cas d’absence par l’entretien clinique). Les introductions et interruptions de médicaments potentiellement pro- ou anti-suicide sont comparées dans deux groupes, avec et sans idées suicidaires à l’admission, par des modèles de régression logistique.
La population d’étude comptait 575 personnes dont 400 ayant des idées suicidaires à l’admission. A l’issue du suivi, 11% de la population totale avaient des idées suicidaires, 26 personnes avaient fait une tentative de suicide et 2 étaient décédées par suicide. Parmi les 15 évènements thérapeutiques étudiés, aucun n’était significativement associé à la présence d’idées suicidaires à l’admission : introduction de lithium OR 0,73 [0,43 ; 1,24], de clozapine (N=3), de kétamine (N=5), arrêt d’antidépresseur (N=88), de benzodiazépines OR 1,19 [0,65 ; 2,17]). En outre, les idées suicidaires diminuaient régulièrement au cours de la prise en charge, sauf au cours du deuxième mois (39% de la population suivie avaient des idées suicidaires figure2).Finalement, 1 patient sur 10 était orienté vers une hospitalisation à temps complet, 23% étaient perdus de vue et plus de 60% sortaient après amélioration clinique.
La prise en charge médicamenteuse à la SUAB n’est donc pas significativement différente en fonction des idées suicidaires. On peut supposer que les prescripteurs considèrent tous les patients ayant un trouble bipolaire, sans distinction, à risque suicidaire. Néanmoins, cette étude met en évidence une forte déprescription de benzodiazépines (54%) et antidépresseurs (92%), ainsi que la présence fréquente de sels de lithium à l’issu de la prise en charge (60%) (figure1). La faible prescription de kétamine fait requestionner sa place dans la stratégie thérapeutique. La recrudescence des idées suicidaires au cours du deuxième mois de prise en charge nécessiterait également davantage d’investigations.
|
| p027 psychologie prospective nouvelle approche pour la prevention de la rechute depressive auteurs crespo f 1 etablissement 1 independant paris france presentateur crespo francois |
P027 - Psychologie prospective : Nouvelle approche pour la prévention de la rechute dépressive
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : CRESPO F. (1)
Présentateur : CRESPO Francois
Etablissement : (1) Indépendant, Paris, FRANCE
Introduction
La difficulté à se projeter positivement dans l’avenir est un facteur central de la dépression et des troubles anxieux. Les approches actuelles (TCC, thérapie de la remédiation cognitive, psychologie positive) traitent partiellement cet aspect. La psychologie prospective propose un cadre thérapeutique visant à développer la capacité d’anticipation constructive et flexible.
Méthode
Une revue de la littérature internationale a été réalisée (Seligman, Baumeister, Gilbert, McAdams, Hassabis) afin de définir les composantes de l’“intelligence prospective” : génération de scénarios multiples, projection temporelle élargie, orientation vers les valeurs. Un module d’intervention a été élaboré (questionnaire exploratoire de l’intelligence prospective, questionnaires des cinq piliers, baromètre de l’espoir) et testé en pratique clinique auprès de patients présentant dépression et troubles anxieux (n=52, suivi ambulatoire). L’objectif est d’évaluer la faisabilité, l’acceptabilité et les premiers effets cliniques (motivation, espoir, réduction des ruminations).
Résultats
Les premiers retours montrent une bonne acceptabilité du dispositif et une amélioration de la capacité de projection : patients décrivant une diminution des scénarios catastrophiques et une meilleure structuration de projets à court et moyen terme. Ces données préliminaires suggèrent que la psychologie prospective pourrait représenter un complément utile aux TCC et programmes de prévention de la rechute.
Conclusion
La psychologie prospective apparaît comme une innovation thérapeutique prometteuse, ciblant directement la capacité de projection dans l’avenir. Une validation par étude contrôlée est en cours. Cette approche pourrait ouvrir une nouvelle voie pour la preventionde la rechute de la dépression.
|
| p028 impact de la duree de bipolarite non traitee sur l evolution auteurs taktak s 1 damak r 1 cherif w 1 fekih romdhane f 1 cheour m 1 ellini s 1 etablissement 1 hopital razi tunis tunisie presentateur cheour mejda |
P028 - Impact de la durée de bipolarité non traitée sur l'évolution
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : TAKTAK S. (1), DAMAK R. (1), CHERIF W. (1), FEKIH ROMDHANE F. (1), CHEOUR M. (1), ELLINI S. (1)
Présentateur : CHEOUR Mejda
Etablissement : (1) Hôpital Razi , Tunis, TUNISIE
Introduction
Contrairement à la durée de psychose non traitée qui a été largement étudiée, la durée de bipolarité non traitée (DBNT), définie par la date de survenue du premier épisode thymique et la date d’initiation d’un traitement efficace, a été en revanche peu étudiée. De plus, les résultats concernant l’impact de la DBNT sur l’évolution clinique et le fonctionnement global demeurent contradictoires.
Méthodologie
Nous avons mené une étude d’aout 2024 à février 2025 qui a inclut 60 patients suivis à l’hôpital Razi. Les patients inclus étaient âgés de plus de 18 ans, ayant reçu le diagnostic de trouble bipolaire type 1 ou 2 selon les critères du DSM-5, en euthymie au moment de l’étude (score Hamilton <7 et score Young <12) et sous traitement thymorégulateur depuis au moins 3 mois.
Nous avons recueilli les données sociodémographiques, cliniques et thérapeutique. Nous avons évalué l’observance du traitement par La Medication Adherance Rating Scale (MARS), le fonctionnement par l’Échelle globale de fonctionnement (EGF) et la conscience du trouble par l’échelle d’insight Q8.
Nous avons divisé la population en deux groupes : Groupe1 ayant une DBNT courte (Durée <à 24 mois) et groupe 2 ayant une DBNT longue (Durée ≥ 24mois)
Résultats
L’âge moyen des patients était de 48± 13 ans avec un sexratio H/F de 1,4. La majorité des patients interrogés, soit 83% avaient un trouble bipolaire type 1 (n=50) et 17% avaient un trouble bipolaire type 2 (n=10). Les symptômes psychotiques étaient présents chez 88% de la population étudiée et 33% ont eu au moins une tentative de suicide.
La durée moyenne de bipolarité non traitée était de 109 ± 130 mois avec un maximum de 528 mois.
La DBNT était courte chez 45% alors que 55% avaient une DBNT longue.
En analyse univariée, nous avons trouvé un lien statistiquement significatif entre la DBNT et l’âge (p=0,05), le nombre d’épisodes maniaques (p=0,011) et la durée de traitement (p=0,034). Nous avons également observé un lien entre la DBNT et la couverture sociale (p=0,081) le nombre de tentatives de suicides (p=0,071), le nombre d’hospitalisations (p=0,086) sans que ce lien ne soit statistiquement significatif.
L’analyse multivariée, a permis de retenir une DBNT courte chez les patients ayant, une couverture sociale (p=0,049), un plus grand nombre d’épisodes maniaques(p=0,026) et une durée de traitement plus longue. (p=0,002). Par ailleurs, les patients plus âgés avaient une DBNT plus longue. (p=0,022)
Conclusion
Nos résultats suggèrent qu’une durée de bipolarité non traitée (DBNT) prolongée pourrait influencer l’évolution clinique de la maladie bipolaire. Ces résultats plaident pour un diagnostic plus précoce, afin de limiter la sévérité et la récurrence des épisodes. Le lien entre la DBNT et d’autres facteurs cliniques et sociodémographiques demeurent moins clairs, ce qui justifie la réalisation de travaux complémentaires.
|
| p029 trouble dysphorique premenstruel etude exploratoire sur le parcours diagnostique la symptomatologie et l impact fonctionnel aupres de 149 femmes auteurs letessier l 1 etablissement 1 centre enneade honfleur france presentateur letessier lisa |
P029 - Trouble Dysphorique Prémenstruel : étude exploratoire sur le parcours diagnostique, la symptomatologie et l'impact fonctionnel auprès de 149 femmes
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : LETESSIER L. (1)
Présentateur : LETESSIER Lisa
Etablissement : (1) Centre Ennéade, Honfleur, FRANCE
Introduction
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), reconnu dans le DSM-5 depuis 2013, demeure largement méconnu des professionnels de santé malgré une prévalence estimée entre 1,8% et 5,8%. Cette affection se caractérise par des symptômes psychiques et somatiques sévères survenant cycliquement durant la phase lutéale. L'objectif de cette étude est d'explorer les profils sociodémographiques, le parcours diagnostique et l'impact fonctionnel du TDPM auprès d'un échantillon francophone.
Méthode
Étude observationnelle transversale menée entre juillet 2023 et juillet 2024 auprès de 149 femmes âgées de 18 à 49 ans, via un questionnaire en ligne diffusé sur les réseaux sociaux et groupes d'entraide TDPM.
Résultats
L'errance diagnostique est massive : 56% des participantes sont auto-diagnostiquées, 40,3% connaissent leur TDPM depuis 1-3 ans seulement. Les diagnostics médicaux proviennent principalement des gynécologues (15,7%) et psychiatres (9,7%).
Concernant les facteurs déclencheurs potentiels, 72,9% des participantes identifient des éléments précipitants : facteurs physiques (31%), psychologiques (50,5%) ou mixtes (18,5%), incluant grossesses, changements hormonaux et événements traumatiques.
L'impact fonctionnel est considérable : les symptômes affectent en médiane 12,5 jours par mois.
Le retentissement sur la vie professionnelle concerne ~80% des participantes, avec 40-45% présentant un handicap sévère (arrêts prolongés, invalidité).
Sur le plan conjugal, 60% rapportent un impact majeur avec conflits fréquents et séparations. (L1)
L'impact familial est négatif pour 60% (tensions parentales, isolement), ( L2) et 80% déclarent un retentissement social significatif (isolement, perte d'amitiés). Les troubles sexuels touchent 70% des participantes, dominés par la baisse du désir.(L3)
Concernant les prises en charge, 68,2% ont bénéficié d'une psychothérapie : seuls 32,5% rapportent une aide réelle, 33,1% aucun bénéfice. Parmi les TCC, seulement 25% les jugent bénéfiques. (L4)
Sur le plan pharmacologique, 62,4% ont reçu un traitement : ISRS (70%), contraception hormonale (60%), mais l'efficacité est jugée partielle et inconstante, avec une errance thérapeutique manifeste. (L5)
Conclusion
Cette étude confirme l'errance diagnostique et thérapeutique des femmes souffrant de TDPM, ainsi que son impact fonctionnel majeur dans toutes les sphères de vie. La formation des professionnels de santé et le développement de stratégies thérapeutiques individualisées apparaissent indispensables pour améliorer la prise en charge de ces patientes.
 L1
 L2
 L3
 L4
 L5 |
| p030 validation et adaptation transculturelle de lechelle de depression pour les enfants ces dc en arabe dialectal marocain auteurs baghdadi a 1 el gartati g 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 etablissement 1 chu hassan ii fes maroc presentateur baghdadi asmae |
P030 - Validation et adaptation transculturelle de l’échelle de dépression pour les enfants « CES-DC) en arabe dialectal Marocain
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : BAGHDADI A. (1), EL GARTATI G. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1)
Présentateur : BAGHDADI Asmae
Etablissement : (1) CHU Hassan II, Fes, MAROC
Introduction
La dépression chez l’enfant et l’adolescent constitue un trouble fréquent, souvent sous-diagnostiqué,
alors qu’elle est associée à un risque accru de rechute, de troubles scolaires, relationnels et de
tentatives suicidaires. Le diagnostic clinique reste la référence, mais il peut être subjectif et influencé
par le contexte. D’où l’intérêt d’avoir des outils standardisés de dépistage adaptés à la culture et à la
langue de la population ciblée. L’échelle CES-DC (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale
for Children) est l’un des instruments les plus utilisés dans le dépistage de la dépression infanto-
juvénile, mais aucune version validée n’existait jusqu’alors en arabe dialectal marocain. Cette étude
vise à traduire, adapter culturellement et valider la version dialectale marocaine de cette échelle.
Méthodologie
L’étude, transversale et monocentrique, a été menée durant mars 2025 au CHU Hassan II de Fès. Elle
a inclus 100 enfants et adolescents âgés de 7 à 17 ans, avec ou sans symptômes dépressifs, après
obtention du consentement éclairé des participants et de leurs parents. La traduction et l’adaptation
de l’échelle ont été réalisées en collaboration avec l’auteur original, en respectant une procédure
rigoureuse de validation. La fiabilité a été évaluée par cohérence interne (alpha de Cronbach),
stabilité temporelle (test-retest avec ICC) et accord inter-examinateurs (ICC). La validité a été analysée
à travers la validité de critère (sensibilité, spécificité, VPP, VPN) en comparaison avec le diagnostic
selon le DSM-5.
Résultats
Les résultats ont montré une excellente cohérence interne (α=0,902), une fiabilité test-retest
satisfaisante (ICC=0,881) et une forte fiabilité inter-examinateurs (ICC=0,945). La validité de critère a
confirmé la pertinence de l’échelle, avec une sensibilité de 84,6 % et une spécificité de 91,9 %, à un
seuil de coupure de 25. La version marocaine a également démontré une acceptabilité élevée, avec
un temps de passation moyen de 5 minutes et une absence de réponses manquantes.
Conclusion
La version arabe dialectale marocaine du CES-DC possède de bonnes qualités psychométriques, ce
qui en fait un outil fiable et adapté pour le dépistage de la dépression chez les enfants et adolescents
marocains. Malgré certaines limites comme la taille de l’échantillon, cette étude constitue une étape
importante vers l’intégration d’outils culturellement adaptés dans la pratique clinique. Des études
ultérieures sur des échantillons plus larges seront nécessaires pour renforcer ces résultats et explorer
davantage la validité convergente et divergente de l’échelle.
|
| p033 psychoeducation lithium en pharmacie etude de faisabilite en psychiatrie auteurs berrakmouch a 1 gallo blandin a 1 salhi m 1 jamot n 1 aubert e 1 gwenael m 1 etablissement 1 centre hospitalier universitaire de saint etienne hopital nord saint etienne france presentateur berrakmouch abdeslam |
P033 - Psychoéducation lithium en pharmacie : étude de faisabilité en psychiatrie
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : BERRAKMOUCH A. (1), GALLO-BLANDIN A. (1), SALHI M. (1), JAMOT N. (1), AUBERT E. (1), GWENAEL M. (1)
Présentateur : BERRAKMOUCH Abdeslam
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Universitaire de Saint-Étienne - Hôpital Nord, Saint-Etienne, FRANCE
Introduction
En psychiatrie, la mauvaise observance et la méconnaissance des traitements sont fréquents. Elles incitent les patients à arrêter le traitement. Le suivi thérapeutique pharmacologique est pertinent pour de nombreux psychotropes
Parmi ces derniers, Le lithium, médicament à haut risque, à marge thérapeutique étroite, nécessite une prise à horaire fixe, un suivi clinique/biologique rigoureux et une bonne appropriation du traitement par le patient
Des entretiens pharmaceutiques courts peuvent améliorer la sécurité du traitement et l’observance par la compréhension du traitement
Objectifs
Évaluer la faisabilité d’entretiens pharmaceutiques auprès de patients en hospitalisation complète (HC) de Psychiatrie en termes de ressources humaines et d’outils informatiques adaptés
Méthode
Lieu : Unités d’HC de Psychiatrie
Population cible : Patients sous lithium (initiation ou traitement ancien)
Intervenants : interne/externe en pharmacie, pharmacien formés aux entretiens pharmaceutiques et aux particularités du lithium
Données déterminées : durée de formation par simulation des intervenants, durée d’entretien, nombre de patients éligibles, modalités/temps d’extraction de la liste des patients dans le Dossier Patient Informatisé (DPI) d’Easily® (tests réalisés du 03/09/25 au 15/09/25), modalités de traçabilité de l’entretien dans le DPI
Supports à créer : formation des intervenants, trame d’entretien et formulaire de traçabilité, questionnaire de satisfaction patient
Résultats
Nombre de patients éligibles sur les services d’HC = 2 nouveaux patients par semaine
Temps de formation par groupe (6 max) : 1h45 à 2h00
Temps d’entretien : 15 à 30 min
Repérage des patients : extraction d’une liste de patients par une requête adaptée (secteur regroupant tous les services psy d’HC, associé au code ATC N05AN01 = lithium) et export Excel avec comparaison d’un jour sur l’autre : <5 min/jour
Traçabilité dans DPI : <10 min
Temps hebdomadaire pour réaliser les entretiens lithiums = 25 min (extraction) + 30 à 60 min (entretiens) + 20 min (traçabilité) = 1h15 à 1h45
Intervenant formé à l’entretien pharmaceutique : 1 externe/quadrimestre, 1 interne/semestre et 1 pharmacien soit 8h45 à 10h
Temps de formation des externes/internes : 8h45 à 10h/an, par un pharmacien
Discussion - Conclusion
Plusieurs articles montrent l’intérêt d’entretiens patients spécifiquement pour le traitement par lithium : amélioration de l’observance, diminution du risque iatrogène, autonomisation du patient, etc
Ces entretiens, même s’ils concernent un nombre limité de patients, nécessitent un temps non négligeable pour l’équipe pharmaceutique de l’établissement. Ils ne pourraient être réalisés en routine que par les internes/externes en pharmacie, au détriment d’autres activités de pharmacie clinique
Une phase pilote permettrait d’évaluer l’impact sur la satisfaction des patients et des psychiatres
|
| p034 validation et adaptation transculturelle en arabe dialectale marocain de l echelle phq9 auteurs bendihaj k 1 ouraghen a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 chu hassan ii fes maroc presentateur bendihaj kenza |
P034 - VALIDATION ET ADAPTATION TRANSCULTURELLE EN ARABE DIALECTALE MAROCAIN DE L'ECHELLE PHQ9
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Auteurs : BENDIHAJ K. (1), OURAGHEN A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : BENDIHAJ Kenza
Etablissement : (1) CHU HASSAN II , Fes, MAROC
Introduction:
La dépression est l’un des troubles psychologiques les plus courants, touchant des millions de personnes à travers le monde.Le Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9) est un outil de dépistage largement utilisé pour évaluer la sévérité des symptômes dépressifs. Développé à l'origine en anglais, il a été traduit et validé dans plusieurs langues. Cependant, aucune version en arabe dialectal marocain n’était disponible.
Cette étude vise à adapter et valider une version marocaine en arabe dialectal de l’échelle PHQ-9, afin de faciliter l’évaluation et le dépistage de la dépression auprès des patients marocains.
Méthode:
L’étude a été réalisée auprès de 124 participants recrutés dans différents milieux médicaux et psychiatriques au Maroc. L’échantillon comprenait des individus âgés de 16 à 76 ans, avec une majorité de femmes (67,7 %).
La validation de l’échelle s’est faite en deux phases :
Validation qualitative : Traduction et adaptation culturelle selon les recommandations méthodologiques internationales.
Validation quantitative : Évaluation des propriétés psychométriques à travers plusieurs mesures de fidélité et validité.
Résultats:
L’analyse psychométrique a révélé que la version marocaine du PHQ-9 présente :
- Une excellente consistance interne (α de Cronbach = 0,87).
- Une forte fiabilité inter-juges (Kappa = 0,918).
- Une très bonne stabilité test-retest (ICC = 0,883).
- Une sensibilité et une spécificité acceptables (67,9 % et 72,1 % respectivement).
Conclusion:
L’adaptation et la validation transculturelle de l’échelle PHQ-9 en arabe dialectal marocain constituent une avancée majeure dans le dépistage et le suivi de la dépression au Maroc.
En offrant une évaluation fiable, standardisée et scientifiquement validée, cet outil facilite les comparaisons internationales tout en améliorant la prise en charge clinique dans les milieux psychiatriques et médicaux marocains.
Il représente une ressource précieuse pour les professionnels de santé et les chercheurs en santé mentale, leur permettant de mieux identifier et accompagner les patients souffrant de troubles dépressifs.
Cette approche assure non seulement une meilleure adaptation culturelle, mais posera les bases d’un dépistage plus efficace et inclusif au future, tout en ouvrant la voie à de recherches en santé mentale dans notre contexte.
|
| p035 prevalence et facteurs associes aux conduites suicidaires chez les etudiants en medecine dabidjan 2024 2025 auteurs ahounou e 1 2 aka r 1 2 gonce d 1 2 mensah k 1 traore b 1 2 yeo tenena j 1 2 etablissement 1 service d addictologie et d hygiene mentale de l institut national de sante publique abidjan cote d ivoire 2 unite de formation et de recherche des sciences medicales d abidjan abidjan cote d ivoire presentateur ahounou etobo innocent |
P035 - PREVALENCE ET FACTEURS ASSOCIES AUX CONDUITES SUICIDAIRES CHEZ LES ETUDIANTS EN MEDECINE D’ABIDJAN 2024-2025
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : AHOUNOU E. (1,2), AKA R. (1,2), GONCE D. (1,2), MENSAH K. (1), TRAORE B. (1,2), YEO-TENENA J. (1,2)
Présentateur : AHOUNOU Etobo Innocent
Etablissement : (1) Service d'Addictologie et d'Hygiène Mentale de l'Institut National de Santé Publique, Abidjan, COTE D'IVOIRE; (2) Unité de Formation et de Recherche des Sciences Médicales d'Abidjan, Abidjan, COTE D'IVOIRE
Introduction : La transition vers l’âge adulte expose les étudiants en médecine à un risque élevé de conduites suicidaires, renforcé par les exigences particulières de leur formation. L’objectif de cette étude était de déterminer la prévalence des idées suicidaires et des tentatives de suicide chez les étudiants en médecine d’Abidjan en y identifier les facteurs associés.
Méthodes : Il s’est agi d’une étude transversale analytique menée à l’Unité de Formation et de Recherche en Sciences Médicales d’Abidjan de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Octobre 2024 à Mars 2025 portant 368 étudiants en médecine, recrutés par échantillonnage aléatoire stratifié en fonction des modalités de formation et du niveau d’étude. Les données ont été collectées via un questionnaire couplé aux échelles de Payke et PHQ-9. Le test de chi2 de Karl Pearson ou le test exact de Fisher avec un seuil de significativité statistique pour « p » inférieur à 5%, a été effectuée.
Résultats : Notre étude a révélé une légère prédominance masculine. L’âge moyen est de 21,6 ± 2,7 ans. 70,1% des étudiants présentait des symptômes de dépression. Les prévalences des tentatives de suicide au cours de l’année écoulée étaient de 7,6 %. Les difficultés rencontrées dans le cadre des études médicales, la crainte de l’avenir professionnel étaient liées aux tentatives de suicide. La dépression et la consommation d’alcool et de cannabis était également associée aux tentatives de suicide dans notre étude. On notait aussi un lien entre les tentatives de suicides et plusieurs expériences adverses dans l’enfance (ont également montré une association significative : le sentiment d’avoir été un enfant non désiré et la maltraitance psychologique).
Conclusion : La forte prévalence des tentatives de suicide chez les étudiants en médecine à Abidjan appelle à des actions ciblées de prévention et de soutien psychologique aux étudiants en médecine d’Abidjan.
Mots clés : Etudiant en médecine - tentative de suicide - dépression- Abidjan.
|
| p036 burn out chez les soignants en service d oncologie au maroc auteurs el btioui f 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 chu hassan ii de fes fes maroc presentateur el btioui fatine |
P036 - Burn-out chez les soignants en service d'oncologie au Maroc
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : EL BTIOUI F. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : EL BTIOUI Fatine
Etablissement : (1) CHU Hassan II de Fès, Fès, MAROC
INTRODUCTION : Le cancer constitue la deuxième cause de décès dans le monde selon l’OMS, avec 8,8 millions de morts en 2018. Par conséquent de plus en plus de professionnels de santé prennent en charge des patients atteints de cette maladie. Ces professionnels risquent d’être confrontés aux tensions habituellement présente dans les relations soignants-soignés, mais aussi de faire face à des tensions plus spécifiques au cancer, par exemple la confrontation à la souffrance et à la mort. Notre travail consiste à étudier l’impact psychologique chez les professionnels de santé travaillant dans les unités de cancérologie dans les différents hôpitaux du Maroc, à travers l’étude du syndrome d’épuisement professionnel chez ces derniers.
MATERIEL ET METHODES : nous menons une enquête transversale à visée analytiques auprès des différentes équipes au sein des services d’oncologie et de radiothérapie dans les différents hôpitaux du Maroc, à travers un auto-questionnaire en ligne, comportant des données sociodémographiques, données professionnelles, conditions de travail, une évaluation des facteurs interférents, et 3 échelles pour évaluer l’épuisement professionnel et ses impacts : Échelle MBI pour évaluer le Burn-Out, échelle GAD-7 pour évaluer l’anxiété et échelle PHQ-9 pour évaluer la dépression.
RESULTATS : Les résultats recueillis au cours de notre étude ont permis d’établir un lien significatif entre plusieurs facteurs socio-démographiques et professionnels, et les conséquences psychologiques négatives. Ainsi, les médecins sont plus à risque que par rapport aux professionnels paramédicaux, de développer le burnout. Les professionnels en service d’oncologie développent des degrés plus élevés de burnout et par rapport aux professionnels en service de radiothérapie.
CONCLUSION : les soignants des services hospitaliers confrontés à la mort de leurs patients, comme en cancérologie, sont particulièrement exposés au syndrome d’épuisement professionnel. Différentes manifestations somatiques, psychologiques et comportementales peuvent être analysées d’un point de vue psychodynamique, psychosocial et institutionnel. A côté des problèmes liés à la charge et à l’organisation du travail à l’hôpital, la formation à la communication avec les malades et les proches ainsi que l’élaboration collective des situations difficiles, en réunion d’équipe ou en groupe d’analyse de la pratique professionnelle, constitue des moyens de prévenir ou d’endiguer le burnout.
|
| p037 trouble bipolaire en tunisie quand leducation therapeutique ouvre lespoir auteurs mannoubi i 1 chaari i 1 messedi n 1 abid w 1 aribi l 1 aloulou j 1 etablissement 1 hopital hedi chaker sfax tunisie presentateur mannoubi islem |
P037 - Trouble bipolaire en Tunisie : quand l’éducation thérapeutique ouvre l’espoir
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : MANNOUBI I. (1), CHAARI I. (1), MESSEDI N. (1), ABID W. (1), ARIBI L. (1), ALOULOU J. (1)
Présentateur : MANNOUBI Islem
Etablissement : (1) Hôpital Hedi chaker , Sfax, TUNISIE
Introduction :
Le trouble bipolaire est une maladie chronique caractérisée par la récurrence d’épisodes thymiques. Malgré les traitements pharmacologiques, les rechutes restent fréquentes, souvent liées à une observance insuffisante et un insight limité. L’éducation thérapeutique apparaît comme une approche complémentaire prometteuse. Notre travail visait à concevoir, appliquer et évaluer un programme adapté au contexte local en Tunisie, en mesurant son impact sur l’insight, l’adhésion thérapeutique et le fonctionnement psychosocial.
Méthodes :
Il s'agit d'une étude longitudinale et prospective réalisée sur une période de six mois de décembre 2023 à mai 2024, au service de psychiatrie « B » au CHU Hédi Chaker de Sfax, Tunisie. Des patients bipolaires (types I et II) en phase d'euthymie ont été inclus. Des échelles psychométriques ont été utilisées pour mesurer l’impact du programme avant, à la fin, et trois mois après celui-ci : l’Hamilton Depression Rating Scale (HDRS) pour la sévérité des symptômes dépressifs, le Young Mania Rating Scale (YMRS) pour la manie, l’Insight Questionnaire-8 (Insight Q8) pour le niveau de conscience de la maladie, la Medication Adherence Report Scale (MARS) pour l’observance thérapeutique, et le Functioning Assessment Short Test (FAST) pour le fonctionnement psychosocial.
Résultats :
Durant notre programme, chaque patient a bénéficié d'une séance individuelle suivie de 6 séances hebdomadaires en groupe, conçues en langue arabe, couvrant divers aspects du trouble bipolaire, de la gestion des symptômes aux stratégies d'adaptation. Notre étude a montré que parmi les 31 patients inclus dans le programme, la majorité (87,1 %) avait une bonne conscience de leur trouble à la fin du programme, contre 58,1 % au départ (p<0,001). L'observance thérapeutique s'est également améliorée significativement (score MARS moyen : 8,03±0,85 vs 5,26±1,75, p<0,001). De plus, 73,3 % des patients ont présenté une amélioration du fonctionnement psychosocial, mesurée par le score FAST qui est passé de 19,94±13,8 à 12,3±10,7 (p<0,001), indiquant une réduction significative des difficultés psychosociales. Les participants ont également rapporté une meilleure compréhension de la maladie, une gestion accrue du stress et des habitudes de vie améliorées.
Conclusion :
Notre programme d’éducation thérapeutique, une première en Tunisie, a significativement amélioré l’insight, l’adhésion au traitement et le fonctionnement psychosocial des patients bipolaires, soulignant son rôle prometteur comme complément à la prise en charge pharmacologique.
|
| p038 validation de l echelle d edinburg auteurs khatib n 1 chiboub i 1 etablissement 1 hopital ibn el hassan fes maroc presentateur khatib noumidia |
P038 - Validation de l'échelle d'Edinburg
Thème: 02 - Troubles bipolaires et dépression
Voir le poster
Auteurs : KHATIB N. (1), CHIBOUB I. (1)
Présentateur : KHATIB Noumidia
Etablissement : (1) Hopital ibn el hassan, Fès , MAROC
La grossesse et le post-partum sont des périodes particulièrement marquées par des changements
émotionnels, biologiques, psychologiques, cognitifs et socio-familiaux. Ces transformations rendent la période post-partum un sujet d’intérêt central pour de nombreux auteurs, qui s’accordent à dire qu’elle constitue une période de vulnérabilité accrue, propice aux décompensations et à l’émergence
de pathologies psychiatriques.
La dépression du post-partum est le trouble de l'humeur le plus fréquent après un accouchement. Sa prévalence varie de 10 à 20 %, avec une moyenne d’environ 13 %. Cependant, sa détection reste
complexe en raison de la diversité des symptômes et de la présentation clinique. Le tableau clinique comprend généralement des symptômes tels que la fatigue, l’asthénie, l’épuisement, l’insomnie, la perte de libido, et un sentiment de culpabilité face à l’incapacité de répondre aux besoins de
l’enfant. Il peut également inclure des symptômes d’irritabilité et d’agressivité dirigés vers le
conjoint et les enfants. Dans les cas les plus graves, des idées d’infanticide ou de suicide peuvent
apparaître, mettant en danger la vie de la mère et de l’enfant.
La survenue d’une dépression post-partum a des conséquences graves non seulement sur la mère,
mais aussi sur la relation mère-enfant, ce qui peut affecter le développement psycho-affectif de
l’enfant. Par conséquent, un dépistage précoce est crucial pour éviter des complications graves.
Pour ce faire, plusieurs échelles d’évaluation sont mises à la disposition des professionnels de santé pour poser un diagnostic de dépression du post-partum.
L’échelle d’Edinburgh (EPDS), développée en 1987 par J.L. Cox, J.M. Holden et R. Sagovsky dans
les centres de santé de Livingston et Édimbourg, est l’outil de dépistage le plus couramment utilisé.
Elle se compose de 10 items, chaque item étant coté de 0 à 3 selon la sévérité des symptômes.
L’EPDS permet d’obtenir un score allant de 0 à 30. Les mères obtenant un score de 12 ou plus sont
considérées comme étant à risque.
L’objectif de cette étude est de réaliser une validation qualitative et une adaptation transculturelle de
l’EPDS en arabe dialectal marocain. Cette validation a été réalisée en collaboration avec le laboratoire d’épidémiologie de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Fès, après obtention de l’accord de l’auteur de l’échelle.
Nous espérons que cette version adaptée de l’EPDS en arabe dialectal marocain sera spécifiquement et sensiblement utilisée par les professionnels de santé (médecins généralistes, gynécologues, sagesfemmes, et psychiatres) pour un dépistage plus efficace de la dépression post-partum.
|
| p039 revue systematique des formats et modalites de psychoeducation du ptsd auteurs nizon d 1 decouvelaere a 1 lusven m 2 el hage w 3 gohier b 1 madieta l 1 etablissement 1 chu d angers angers france 2 ch de laval laval france 3 chu de tours tours france presentateur nizon dorian |
P039 - Revue systématique des formats et modalités de psychoéducation du PTSD
Thème: 03 - Troubles anxieux
Voir le poster
Auteurs : NIZON D. (1), DECOUVELAERE A. (1), LUSVEN M. (2), EL-HAGE W. (3), GOHIER B. (1), MADIETA L. (1)
Présentateur : NIZON Dorian
Etablissement : (1) CHU d'Angers, Angers, FRANCE; (2) CH de Laval, Laval, FRANCE; (3) CHU de Tours, Tours, FRANCE
Introduction : Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est une pathologie psychiatrique fréquente qui peut se développer après une exposition directe ou indirecte à des événements traumatiques. L’identification des facteurs de risque est essentielle pour orienter des interventions précoces ciblées. La psychoéducation, en particulier, constitue une porte d’entrée aux soins peu coûteuse et facilement accessible, notamment en soins primaires.
Méthodes : Nous avons réalisé une revue systématique d'essais contrôlés randomisés (ECR) évaluant les interventions psychoéducatives pour le TSPT chez l’adulte. Les recherches systématiques ont été effectuées dans les bases de données PubMed, ScienceDirect, Web of Science, PTSDpubs et Cochrane, du 1er janvier 2000 au 30 avril 2024. Les études éligibles étaient des ECR incluant des participants adultes et évaluaient une psychoéducation proposée soit comme intervention autonome, soit comme composante principale.
Résultats : Dix-sept ECR, regroupant 2 204 participants, ont satisfait aux critères d’inclusion. Les interventions psychoéducatives présentaient une grande variabilité en termes de format, de durée et de mode de diffusion.
Discussion : Six essais ont mis en évidence une réduction significative des symptômes de TSPT attribuable à la psychoéducation (une intervention préventive et cinq après diagnostic). Toutes les interventions efficaces étaient délivrées par voie numérique (sites web ou applications mobiles), soulignant l’évolutivité, l’adaptabilité et le rapport coût-efficacité des plateformes digitales. Cependant, les effets thérapeutiques globaux étaient inconstants selon les études. Plusieurs essais ont également montré des améliorations concernant, par exemple, le stress perçu, l’anxiété, la stigmatisation et les intentions de recours aux soins.
Nous proposons un algorithme de travail (cf. Diagramme 1) prenant en compte la temporalité de l’intervention (avant ou après la constitution d’un TSPT) ainsi que la population visée (population générale, patients déjà engagés dans une prise en charge psychologique ou psychiatrique, et groupes présentant un accès limité aux outils numériques).
Conclusion : Cette revue confirme que la psychoéducation seule est insuffisante en tant que traitement autonome du TSPT, mais elle demeure un élément précieux dans les approches de soins gradués. Les recherches futures devraient évaluer systématiquement des critères tels que la réduction de la stigmatisation et les comportements de recours aux soins, qui sont essentiels à l’engagement dans des thérapies plus intensives. Les interventions préventives pourraient également gagner en efficacité en ciblant des populations à haut risque identifiées à partir de facteurs de risque établis, améliorant ainsi la conception des essais et limitant l’inclusion de personnes susceptibles de se rétablir spontanément sans intervention.
 Proposition d'un algorithme de décision après un événement traumatique
|
| p040 traitement du tspt faire sentir que le temps a passe auteurs smith j 1 etablissement 1 exercice liberal paris france presentateur smith joanna |
P040 - Traitement du TSPT : Faire sentir que le temps a passé
Thème: 03 - Troubles anxieux
Voir le poster
Auteurs : SMITH J. (1)
Présentateur : SMITH Joanna
Etablissement : (1) Exercice libéral, Paris, FRANCE
Traitement du TSPT : Faire sentir que le temps a passé
Introduction
Le TSPT est particulièrement résistant aux traitements classiques, qu’il s’agisse de traitement médicamenteux et de psychothérapie verbale. Les recherches en neurosciences de ces vingt dernières années nous ont aidés à mieux comprendre le fonctionnement cérébral sous-jacent à la symptomatologie post-traumatique, débouchant ainsi sur le développement de nouvelles approches thérapeutiques. Développé et expérimenté depuis plus de vingt ans, le Lifespan Integration (LI-ICV) semble constituer une perspective prometteuse pour le traitement des symptomatologies anxieuses, et notamment post-traumatiques.
Méthode
A l’aide d’une revue de la littérature et des études portant sur l’utilisation du LI-ICV dans le traitement du TSPT, nous exposerons l’état de la recherche sur ce traitement. Le traitement par LI-ICV du TSPT nous semble présenter plusieurs avantages : il demande très peu de travail préalable et aucun travail consécutif à la séance ; il se déroule le plus souvent en une seule séance (d’une durée d’1h30 à 2h), ce qui réduit considérablement le taux d’abandon en cours de traitement. La procédure est délicate, progressive et collaborative ; notamment, la séance ne débute pas par le récit de l’événement traumatique, ce qui favorise le confort du patient et limite les abréactions. Le LI-ICV repose notamment sur l’utilisation d’une « Ligne du Temps », constituée d’une liste chronologique de souvenirs commençant juste après l’événement traumatique et allant jusqu’au présent. La séance se déroule en plusieurs étapes dont la première est basée sur la répétition de cette Ligne du Temps, qui semble aider à faire sentir que le temps a passé et donc permettre l’intégration de l’événement traumatique comme terminé, permettant l’extinction des réponses de stress lors de la remémoration de l’événement.
Résultats
Dans cette communication, nous décrirons les différentes étapes de la séance. Nous les illustrerons à l’aide de plusieurs cas cliniques de TSPT issus de situations différentes (TSPT de l’accouchement, TSPT à la suite de l’annonce d’un décès brutal, TSPT à la suite de violences…), avec une évaluation avant-après quantitative (Échelle IES-R) et qualitative.
Conclusion
Le LI-ICV semble constituer une approche prometteuse de traitement du TSPT. Plus de 6000 psychiatres et psychologues, psychothérapeutes sont actuellement formés à cette approche en France et des recherches sont en cours afin de tester son efficacité dans différentes indications, dont le TSPT.
|
| p045 stimulation cerebrale profonde dans le trouble obsessionnel compulsif resistant evolution sur 18 mois du premier cas au maroc auteurs bettahi m 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 centre hospitalier universitaire chu hassan ii de fes maroc fes maroc presentateur bettahi meryem |
P045 - Stimulation cérébrale profonde dans le trouble obsessionnel compulsif résistant : Evolution sur 18 mois du premier cas au Maroc
Thème: 03 - Troubles anxieux
Voir le poster
Auteurs : BETTAHI M. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : BETTAHI Meryem
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Hassan II de Fès (Maroc), Fes, MAROC
Introduction :
Le trouble obsessionnel compulsif a été reconnu par l’Organisation mondiale de la santé comme l’une des dix plus grandes causes de problèmes de santé mondiale. Sa prévalence mondiale est de 2% et le taux de résistance au traitement pharmacologique varie entre 40% et 60%. La stimulation cérébrale profonde constitue une alternative thérapeutique dans le cas du trouble obsessionnel compulsif résistant au traitement.
Methode :
Notre étude rapporte le cas d’un patient de 19 ans, suivi depuis l’âge de 12 ans pour trouble obsessionnel compulsif, compliqué d’un épisode dépressif caractérisé, et qui est résistant à différents traitements pharmacologiques et psychothérapiques. Le patient a bénéficié d’une stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique.
Nous avons réalisé un suivi régulier qui nous a permis de faire une évaluation clinique et psychométrique.
Résultats :
Ce travail retrace le suivi de notre patient à 18 mois. Sur le plan clinique, le patient a présenté une amélioration de la dépression et du trouble obsessionnel compulsif. Sur le plan psychométrique, le score Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale a diminué de 40 à 20 (soit de 50%), et le score Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale a diminué de 38 à 6 (soit de 84%). Concernant les effets secondaires, le patient a présenté des symptômes hypomaniaques au cours des 2 premières semaines de la stimulation, ainsi que des dyskinésies du membre inférieur qui ont disparu après ajustement de l’amplitude.
Conclusion :
La neurostimulation profonde constitue une technique prometteuse pour les patients résistants au traitement. Le suivi à 18 mois après l’intervention chez notre patient démontre une amélioration significative des symptômes obsessionnels compulsifs, des symptômes dépressifs, et de la qualité de vie du patient.
|
| p047 impact psychologique de l agressivite des patients envers le personnel soignant en psychiatrie auteurs harfach d 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 centre hopsitalier universitaire chu hassan ii fes maroc presentateur harfach dounia |
P047 - IMPACT PSYCHOLOGIQUE DE L'AGRESSIVITE DES PATIENTS ENVERS LE PERSONNEL SOIGNANT EN PSYCHIATRIE
Thème: 03 - Troubles anxieux
Voir le poster
Auteurs : HARFACH D. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : HARFACH Dounia
Etablissement : (1) centre hopsitalier universitaire CHU Hassan II , Fes, MAROC
INTRODUCTION La violence en psychiatrie présente un problème important qui affecte toutes les catégories professionnelles avec un impact significatif sur l’efficacité de système de soins, d’où l’intérêt de cette étude qui a comme objectif d’identifier les caractéristiques épidémiologiques et les circonstances de survenue ainsi qu’évaluer les conséquences et les mesures préventives proposés pour le personnel.
MATERIEL ET METHODES : Il s’agit d’une étude transversale descriptive et analytique, menée auprès du personnel médical et infirmier des services psychiatriques du CHU Hassan II de Fès, CHP de Taza et CHP de Meknès, à l’aide d’un questionnaire auto administré anonyme comportant des variables socioprofessionnelles et d’autres liées aux actes de violence, ainsi que l’échelle d’impact d’événement traumatisant révisée IES-R (Impact of Event Scale Revised) et l’échelle d’auto-évaluation de dépression de Montgomery et Asberg MADRS-S (Montgomery-Asberg Depression Rating Scale Self-Assessment) dans leurs versions françaises. Les résultats ont été présentés sous forme descriptive et analytique selon les objectifs de l’étude.
RESULTATS : Notre échantillon comportait 48 participants, majoritairement de sexe masculin (61%), dont 60% infirmiers, avec une moyenne d’âge de 29,9 ± 6,11 ans et une médiane d’ancienneté de 4 ans.
La fréquence de la violence était de 91%, notamment une violence verbale dans 70,5 % (insultes, cri et ton agressif), et physique dans 29,5% (des poussées). Cette violence est exercée par le patient lui-même dans 68,4% des cas, et la quasi-totalité des actes de violence (95,2%) a eu lieu au sein de service, avec un risque plus élevé chez le personnel infirmier (83%). Notre étude souligne l’impact, particulièrement psychologique, sur le personnel soignant. Ainsi, 90,9% des répondants avaient interrompu momentanément le travail après la violence, 20,8% présentaient un stress léger et 20,8% un stress sévère, aussi, 11,6% avaient une dépression légère. Enfin, et Grâce à l’analyse bivariée, nous avons objectivé une association significative entre le type de poste occupé par le personnel soignant et la présence de stress objectivé par l’échelle IES-R (p=0.04).
CONCLUSION Les professionnels de santé en psychiatrie sont exposés à un risque élevé d’incidents violents dans les hôpitaux marocains, ce qui pourrait retentir sur leurs comportements et leurs rendements. Pour gérer ce phénomène, il faut encourager le signalement de ces actes et mettre en place des mesures d’accompagnement et de prévention adaptées.
|
| p049 antidepresseurs et etat de stress posttraumatique evaluation de leur efficacite auteurs jaoua a 1 naffeti a 1 jemail l 1 ben ftima a 1 manoubi s 1 allouche m 1 etablissement 1 hopital charles nicolle tunis tunisie presentateur jaoua amira |
P049 - Antidépresseurs et état de stress posttraumatique : Evaluation de leur efficacité
Thème: 03 - Troubles anxieux
Voir le poster
Auteurs : JAOUA A. (1), NAFFETI A. (1), JEMAIL L. (1), BEN FTIMA A. (1), MANOUBI S. (1), ALLOUCHE M. (1)
Présentateur : JAOUA Amira
Etablissement : (1) Hôpital Charles Nicolle , Tunis , TUNISIE
Introduction
L'état de stress posttraumatique (ESPT) est un trouble mental qui peut survenir après une exposition à un événement traumatique. Ce trouble est souvent traité avec des antidépresseurs, en particulier les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS). Cependant, bien que ces médicaments soient largement prescrits pour atténuer les symptômes associés, la thérapie centrée sur le trauma (TCT) est reconnue comme le traitement de première intention, ayant démontré son efficacité dans de nombreuses études.
Méthode
Nous avons analysé 15 cas cliniques répartis en trois groupes homogènes de patients souffrant d'état de stress posttraumatique, bénéficiant de différentes approches : G1 (thérapie centrée sur le trauma uniquement), G2 (antidépresseurs uniquement) et G3 (combinaison des deux). L'évaluation initiale des symptômes anxio-dépressifs et posttraumatiques a été effectuée avant toute intervention en utilisant les échelles PCL-5 et HSCL-25. Une seconde évaluation a ensuite été réalisée après trois mois, puis après six mois.Une revue systématique de la littérature a été réalisée via PubMed pour évaluer l'efficacité des antidépresseurs par rapport à la thérapie centrée sur le trauma (TCT) dans le traitement de l'ESPT.
Résultats
Les résultats de notre étude indiquent que la thérapie centrée sur le trauma (TCT), incluant l'EMDR est plus efficace que les antidépresseurs pour réduire les symptômes de l'état de stress posttraumatique (ESPT), avec une différence cliniquement et statistiquement significative (p < 0,05) entre le groupe 1, ayant bénéficié de la TCT,et le groupe 2, qui a uniquement reçu des antidépresseurs. Dans le groupe 1, nous avons observé une réduction de 70 % du score PCL-5 après la thérapie EMDR, ainsi qu'une amélioration des flash-backs et de l'évitement, et une diminution des cauchemars, bien que quelques symptômes anxiodépressifs persistent. Pour le groupe 2, une amélioration de l’humeur et du sommeil a été notée, mais l'hypervigilance et l'évitement demeurent avec apparition d’effets indésirables. En revanche, aucune différence significative n’a été observée entre le groupe 1 et le groupe 3, qui a reçu une combinaison de traitements pharmacologiques et psychothérapeutiques.
Conclusion
Bien que les antidépresseurs puissent offrir un soulagement rapide des symptômes de l'état de stress posttraumatique (ESPT), la thérapie centrée sur le trauma demeure le traitement de première intention en raison de son efficacité supérieure. L'utilisation des antidépresseurs présente des avantages notables, mais également des inconvénients qui nécessitent une évaluation approfondie des bénéfices et des risques. Une approche thérapeutique intégrée, combinant psychothérapie et pharmacologie, pourrait offrir des résultats plus durables et bénéfiques pour les patients. Il est essentiel de mener des recherches futures sur des stratégies de traitement personnalisées et intégratives améliorant la prise en charge des patients atteints de PTSD.
|
| p050 quand le cerveau parle par la psyche un neurocytome intraventriculaire a revelation psychiatrique auteurs hajji s 1 eljabiry s 1 bendoudouh a 1 oneib b 1 etablissement 1 hopital de psychiatrie chu mohammed vi doujda universite mohamed premiere oujda oujda maroc presentateur hajji salima |
P050 - Quand le cerveau parle par la psyché : un neurocytome intraventriculaire à révélation psychiatrique
Thème: 04 - Troubles comportementaux d'origine organique
Voir le poster
Auteurs : HAJJI S. (1), ELJABIRY S. (1), BENDOUDOUH A. (1), ONEIB B. (1)
Présentateur : HAJJI Salima
Etablissement : (1) Hôpital de psychiatrie CHU Mohammed VI d’Oujda université mohamed première oujda, Oujda, MAROC
Introduction
Le neurocytome central est une tumeur neuroépithéliale rare, représentant moins de 1 % des tumeurs intracrâniennes. Il siège le plus souvent dans les ventricules latéraux, en particulier autour du foramen de Monro. Généralement bénin et d’évolution lente, il se manifeste habituellement par des signes d’hypertension intracrânienne ou des troubles visuels. La révélation psychiatrique est exceptionnelle et peut retarder le diagnostic, posant ainsi un véritable défi clinique entre neurologie et psychiatrie.
Observation
Il s’agit d’un patient de 34 ans, sans antécédents médicaux notables, adressé en psychiatrie pour des troubles du comportement récents : agitation psychomotrice, désinhibition, logorrhée et idées de toute-puissance, évoquant un épisode maniaque inaugural. L’évolution défavorable sous traitement thymorégulateur a motivé des explorations complémentaires.
L’IRM cérébrale a mis en évidence une masse intraventriculaire gauche, bien circonscrite, mesurant 3,5 cm, en isosignal T1 et hypersignal T2, avec rehaussement hétérogène après injection de gadolinium. La chirurgie d’exérèse a permis une exérèse complète. L’étude histopathologique a conclu à un neurocytome central. L’évolution post-opératoire a été marquée par la disparition des symptômes psychiatriques et une récupération cognitive progressive.
Discussion
Le neurocytome intraventriculaire, bien que bénin, peut entraîner des symptômes psychiatriques lorsqu’il interfère avec les circuits fronto-sous-corticaux impliqués dans la régulation du comportement et de l’humeur. Ces présentations atypiques posent un défi diagnostique, pouvant conduire à une prise en charge initialement purement psychiatrique.
Ce cas illustre l’importance de considérer une étiologie organique devant tout tableau psychiatrique atypique d’installation récente, surtout chez un adulte jeune sans antécédents psychiatriques. L’imagerie cérébrale doit être systématiquement envisagée. Le pronostic est généralement favorable après exérèse chirurgicale complète.
Conclusion
Cette observation souligne la frontière étroite entre les manifestations psychiatriques et neurologiques. Le neurocytome intraventriculaire, bien que rare, doit être intégré dans le diagnostic différentiel des troubles du comportement inexpliqués. Une approche multidisciplinaire neuropsychiatrique demeure essentielle pour un diagnostic et une prise en charge précoces.
|
| p054 propension a la fantaisie et facteurs associes chez les etudiants en medecine auteurs ben ayed i 1 ayadi e 1 feki r 1 smaoui n 1 omri s 1 zouari l 1 etablissement 1 service de psychiatrie c centre hospitalo universitaire hedi chaker sfax tunisie sfax tunisie presentateur ben ayed ilies |
P054 - Propension à la fantaisie et facteurs associés chez les étudiants en médecine
Thème: 05 - Troubles de la personnalité
Voir le poster
Auteurs : BEN AYED I. (1), AYADI E. (1), FEKI R. (1), SMAOUI N. (1), OMRI S. (1), ZOUARI L. (1)
Présentateur : BEN AYED Iliès
Etablissement : (1) Service de Psychiatrie C, Centre Hospitalo-Universitaire Hédi Chaker Sfax, Tunisie, Sfax, TUNISIE
Introduction :
La propension à la fantaisie désigne une tendance naturelle ou une disposition psychologique à imaginer, rêver ou se livrer à des pensées créatives, imaginatives ou irréalistes. Elle peut influencer la créativité, l’empathie et la régulation émotionnelle des futurs médecins. Elle est peu étudiée en tant que trait de personnalité dans ce contexte. Dans ce cadre, notre étude vise à explorer la propension à la fantaisie chez les étudiants en médecine et à identifier ses facteurs sociodémographiques, académiques et médicaux associés.
Méthode :
Étude transversale et analytique menée auprès de 354 étudiants de la Faculté de médecine de Sfax (janvier à juin 2024, tous niveaux). La propension à la fantaisie a été mesurée par le Creative Experiences Questionnaire (CEQ) et l’anxiété liée à la santé par le Short Health Anxiety Inventory-18 (SHAI-18). Les analyses statistiques incluaient ANOVA, Chi² et corrélations de Pearson (p < 0,05).
Résultats :
Le CEQ était significativement associé au cycle d’étude (p = 0,043), à l’origine géographique (p = 0,007), à la situation résidentielle (p = 0,005), aux antécédents psychiatriques personnels (p < 0,001), au suivi psychiatrique (p < 0,001) et aux antécédents familiaux psychiatriques (p = 0,003). Les habitudes de vie telles que la consommation de tabac (p = 0,046), d'alcool (p = 0,005) et l'insomnie (p = 0,005) étaient également corrélées. Le CEQ était associé à l’anxiété liée à la maladie (p < 0,001) et à l’impact anxiogène des cours (p = 0,007) et stages (p = 0,016). Aucune corrélation n’a été retrouvée avec l'âge, le sexe, le niveau socio-économique, l'intégration académique ou ou les antécédents médicaux des étudiants.
Conclusion :
La propension à la fantaisie chez les étudiants en médecine est davantage liée à des vulnérabilités psychologiques qu’à des caractéristiques sociodémographiques ou académiques. Son identification pourrait aider à repérer les étudiants à risque et à proposer un soutien psychologique ciblé, favorisant leur bien-être émotionnel en contexte académique et clinique.
|
| p055 groupe de psychoeducation a destination de jeunes concernes par un trouble de la personnalite borderline au sein dun centre dintervention precoce dedie auteurs gaunet c 1 berland k 1 etablissement 1 centre hospitalier la chartreuse dijon france presentateur berland karine |
P055 - Groupe de psychoéducation à destination de jeunes concernés par un trouble de la personnalité borderline au sein d’un centre d’intervention précoce dédié
Thème: 05 - Troubles de la personnalité
Voir le poster
Auteurs : GAUNET C. (1), BERLAND K. (1)
Présentateur : BERLAND Karine
Etablissement : (1) Centre Hospitalier La Chartreuse, Dijon, FRANCE
Introduction
Reconnue comme une pathologie psychique invalidante touchant près de 20% des personnes hospitalisées en service de psychiatrie, le trouble de la personnalité borderline (TPB) se caractérise principalement par une dysrégulation émotionnelle et une instabilité dans les relations interpersonnelles. A l’émergence précoce, il est aussi associé à un risque suicidaire et à des impacts sociaux, professionnels et fonctionnels majeurs. Les recommandations internationales et les études récentes soulignent l’importance d’une prise en charge précoce et multidimensionnelle, mais peu d’outils spécifiques sont à ce jour développés sur le territoire national. Au sein d’une unité spécialisée, nous avons ainsi construit un programme d’ETP "Le trouble borderline & moi" destiné aux jeunes adultes présentant un TPB aux objectifs pluriels : 1) favoriser la compréhension du trouble 2) renforcer les compétences d’autorégulation 3) diminuer le recours aux hospitalisations multiples.
Méthode
Ce programme d’ETP se structure en 7 séances de 2 heures : 1) symptômes et comorbidités 2) causes et évolution du trouble 3) thérapeutiques 4) conduites auto-dommageables 5) idées suicidaires 6) émotions 7) stratégies de régulation émotionnelle. Animé par 2 IDE Case-Manager, il se déroule en groupes fermés de dix usagers, âgés de 16 à 30 ans.
Le diagnostic éducatif individuel se compose : 1) passation d'échelles psychométriques (SERS, BSL-23, WEMWBS) 2) définition des objectifs et engagement de la part de l'usager. A l’issue du groupe, un questionnaire de satisfaction est distribué aux participants et les mêmes échelles sont reproposées afin de fournir une évaluation qualitative et quantitative.
Résultats
L’observation clinique des groupes a mis en évidence une forte implication des participants. Les usagers ont rapporté une meilleure compréhension de leur trouble, une diminution du sentiment d’isolement, une capacité accrue à identifier et nommer leurs émotions, ainsi qu’une meilleure élaboration de stratégies alternatives. De plus, l’analyse des résultats des échelles a montré une amélioration du bien-être mental (pour 68% des usagers), une réduction des comportements auto-dommageables (pour 59% des usagers) et une amélioration de l'estime de soi (pour 77% des usagers).
Conclusion
L’intégration d’un programme d’ETP ciblé et spécifique dans le parcours de soins des jeunes concernés par un TPB apparaît pertinente et efficace. Au-delà des gains en connaissances, ces groupes favorisent l’empowerment, la prévention des crises et améliorent le fonctionnement global. Ces résultats encourageants incitent à développer davantage ce type de dispositif, à en évaluer l’impact de manière systématique et à l’inscrire durablement dans les stratégies de prise en charge du TPB.
|
| p056 quand la personnalite freine linsertion defis sociaux et professionnels auteurs baabouchi n 1 bencharfa z 1 etablissement 1 hopital ar razi rabat maroc presentateur baabouchi nada |
P056 - Quand la personnalité freine l’insertion : défis sociaux et professionnels
Thème: 05 - Troubles de la personnalité
Voir le poster
Auteurs : BAABOUCHI N. (1), BENCHARFA Z. (1)
Présentateur : BAABOUCHI Nada
Etablissement : (1) Hopital ar-razi, Rabat, MAROC
Introduction :
L’insertion socioprofessionnelle constitue un déterminant majeur du rétablissement des patients psychiatriques.
Cependant, certaines structures de personnalité peuvent constituer un frein majeur à l’insertion, par leurs répercussions sur le fonctionnement social, la gestion émotionnelle et les relations interpersonnelles.
Dans le contexte marocain, les dispositifs d’accompagnement à la réinsertion restent limités, et la dimension de la personnalité est encore peu prise en compte dans les projets de soins.
Methode :
Une étude descriptive transversale a été menée au service de psychiatrie de l’Hôpital Arrazi (CHU de Salé) entre mars et juin 2025. L’échantillon comprenait 40 professionnels de santé mentale (psychiatres, psychologues et infirmiers). Un questionnaire anonyme en ligne a exploré leurs perceptions du rôle des traits de personnalité dans les difficultés d’insertion sociale et professionnelle des patients. Les données ont été analysées de manière descriptive et thématique, afin de dégager les principaux facteurs perçus comme obstacles et les stratégies d’intervention jugées les plus efficaces.
Resultats :
Dans notre échantillon, 70 % des professionnels estiment que les troubles de la personnalité constituent un frein fréquent à l’insertion sociale et professionnelle, les profils les plus concernés étant la personnalité évitante (68 %), la borderline (61 %), l’obsessionnelle (47 %) et l’antisociale (32 %). Plus de la moitié (58 %) rapportent des ruptures répétées dans les parcours d’insertion, notamment des abandons de stages, des conflits ou un isolement. La majorité des participants (72 %) souligne le manque de structures adaptées à la réinsertion, tandis que seuls 28 % déclarent avoir bénéficié d’une formation spécifique sur la prise en charge de ces patients. Enfin, les stratégies jugées les plus efficaces pour favoriser l’insertion sont les thérapies cognitivo-comportementales (66 %), le travail pluridisciplinaire et la médiation sociale (63 %), ainsi que la psychoéducation et la remédiation cognitive sociale (52 %).
Conclusion :
Les troubles de la personnalité constituent un frein significatif à l’insertion sociale et professionnelle, en raison de difficultés relationnelles, émotionnelles et comportementales. L’absence de structures adaptées et le manque de formation des soignants aggravent cette situation. Une approche intégrée, combinant psychothérapie ciblée, accompagnement pluridisciplinaire et dispositifs de réinsertion, apparaît essentielle pour améliorer la stabilité sociale et professionnelle des patients.
|
| p057 inhalation de solvants hallucinations et symptomes psychotiques auteurs abdelmoumen s 1 ben hriz e 1 chniti r 1 mrad m 1 ouertani a 1 jomli r 1 etablissement 1 service avicennes hopital psychiatrique razi universite tunis el manar manouba tunisie presentateur abdelmoumen sana |
P057 - Inhalation de solvants : hallucinations et symptômes psychotiques
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : ABDELMOUMEN S. (1), BEN HRIZ E. (1), CHNITI R. (1), MRAD M. (1), OUERTANI A. (1), JOMLI R. (1)
Présentateur : ABDELMOUMEN Sana
Etablissement : (1) Service Avicennes , Hopital Psychiatrique Razi , Université Tunis El Manar, Manouba, TUNISIE
Introduction :
L’usage détourné de solvants organiques volatils tels que ceux contenus dans certaines colles industrielles, constitue un problème de santé publique sous-estimé. Recherchée pour ses effets euphorisants et désinhibiteurs, cette consommation expose à des risques neurologiques et psychiatriques potentiellement sévères.
Méthode :
Nous avons réalisé un cas clinique et une revue de la littérature sur PubMed en utilisant les mots-clés : « toluène », « psychose », « solvants hallucinations », « psychose induite par substances ».
Résultats :
Vignette clinique : Il s'agit d'un patient agé de 28 ans, suivi pour trouble bipolaire type 1, bon observant , consommateur chronique de colle par inhalation depuis l’adolescence. Il a été admis pour l’apparition depuis deux mois d’hallucinations auditives et visuelles associées à une irritabilité marquée et des accès d’agressivité, concomitantes à une majoration de sa consommation. Le scanner cérébral ainsi que le bilan biologique réalisés à l’admission n’ont révélés aucune anomalie. Le score BPRS initial (Brief Psychiatric Rating Scale) était de 38. Hospitalisé pendant 20 jours, il a été sevré de toutes substances et traité par Diazépam 10 mg pour son agitation, en plus du valproate de sodium 1000mg en tant que traitement de fond. Deux semaines après, nous avons observé une disparition des symptômes hallucinatoires sans avoir recours aux antipsychotiques, et une réduction du score BPRS à 14 au 15ᵉ jour.
Les travaux récents de la littérature corroborent ces résultats et détaillent les aspects pharmacologiques impliqués. Les solvants volatils contenus dans la colle, principalement le toluène, le butanol et divers hydrocarbures légers, sont lipophiles et traversent rapidement la barrière hémato-encéphalique. Le toluène module les systèmes dopaminergique et glutamatergique, augmentant l’activité dopaminergique cortico-striatale et modulant les récepteurs NMDA, ce qui pourrait expliquer l’apparition d’hallucinations et de symptômes psychotiques. Rao et al. (2009) ont décrit un cas similaire de psychose réversible induite par inhalation chronique de toluène, Novotny et al. (2019) ont rapporté une psychose aiguë induite par inhalation de 1,1-difluoroéthane, et Hawkins et al. (2025) ont observé que l’usage de solvants volatils chez les adolescents est associé à un risque accru de symptômes psychiatriques, incluant anxiété, dépression et comportements psychotiques. Ces données soulignent le rôle pathogénique direct des solvants volatils sur le système nerveux central, tant dans les formes aiguës que chroniques.
Conclusion :
Ce cas clinique illustre le lien direct entre inhalation chronique de solvants et apparition d’hallucinations et de symptômes psychotiques. La rémission rapide après sevrage et la compréhension des mécanismes pharmacologiques, confirmés par plusieurs études récentes, soulignent l’importance d’une détection précoce et d’une prise en charge adaptée des patients exposés à ces substances.
|
| p058 etude pilote de lactivite tennis dans une population avec symptomes psychotiques prodromiques auteurs hamdan dumont m 1 habert m 1 couturas j 1 virevialle a 1 calvet b 1 etablissement 1 centre hospitalier esquirol limoges france presentateur hamdan dumont mirvat |
P058 - Étude pilote de l’activité tennis dans une population avec symptômes psychotiques prodromiques
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : HAMDAN-DUMONT M. (1), HABERT M. (1), COUTURAS J. (1), VIREVIALLE A. (1), CALVET B. (1)
Présentateur : HAMDAN-DUMONT Mirvat
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Esquirol, Limoges, FRANCE
Introduction. Les états mentaux à risque caractérisent la présence d’une symptomatologie psychotique atténuée chez l’adolescent ou l’adulte jeune. Ces états sont associés à des prodromes de symptomatologie négative et cognitive pouvant être à l’origine de handicap fonctionnel, précédant souvent la déclaration des symptômes positifs. Les traitements antipsychotiques ne sont indiqués qu’à partir de l’installation d’un épisode psychotique caractérisé. En amont, les traitements non-médicamenteux sont privilégiés et peuvent prendre la forme de thérapie comportementale et cognitive, d’éduction thérapeutique, etc. Nous avons fait l’hypothèse qu’un programme d’activité physique pourrait également avoir des effets bénéfiques dans cette population. L’objectif de cet essai clinique était de comparer le ressenti subjectif, la symptomatologie générale et les performances cognitives entre un groupe bénéficiant d’un programme d’activité physique tennis associé à un programme d’estime de soi versus un groupe bénéficiant uniquement du même programme d’estime de soi. Méthodes. Un essai clinique pilote randomisé ouvert comparant les 2 groupes a été réalisé. Les participants ont bénéficié d’évaluations cliniques standardisées ainsi que d’un bilan neuropsychologique avant et après interventions groupales. Résultats. Seize participants ont été divisés en 2 groupes de 8. Le groupe tennis a présenté une amélioration du ressenti subjectif clinique (p=0,017), de l’estime de soi (p=0,018), de la symptomatologie négative (p=0,021), de l’autostigmatisation (p=0,017) ainsi que de la qualité de vie (p=0,034). Le bilan neuropsychologique a mis en évidence une amélioration de l’attention (p=0,017), de la vitesse de traitement (p=0,012), de la flexibilité cognitive (p=0,042) ainsi que du rappel libre (p=0,025). Comparativement, le groupe estime de soi a bénéficié d’une amélioration uniquement du ressenti subjectif (p=0,027) sur le plan clinique, mais également d’une amélioration de l’attention (p=0,012) et de la vitesse de traitement (p=0,012) au bilan neuropsychologique. Conclusion. Ces résultats, très encourageants malgré la taille réduite de l’échantillon, mettent en évidence les bienfaits de l’activité physique à plusieurs niveaux dans cette population. Des programmes d’activité physique seraient intéressants à intégrer à l’arsenal thérapeutique de la prise en charge spécialisée en intervention précoce.
|
| p059 les conduites suicidaires chez les enfants et adolescents atteints de schizophrenie auteurs benkirane s 1 baali o 1 bannit w 1 rachidi l 1 etablissement 1 chu ibn rochd de casablanca casablanca maroc presentateur benkirane salma |
P059 - Les conduites suicidaires chez les enfants et adolescents atteints de schizophrénie
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : BENKIRANE S. (1), BAALI O. (1), BANNIT W. (1), RACHIDI L. (1)
Présentateur : BENKIRANE Salma
Etablissement : (1) CHU IBN ROCHD DE CASABLANCA, Casablanca, MAROC
Introduction:Chez les enfants et adolescents, les symptômes psychotiques s’accompagnent souvent d’un risque élevé d’idées et comportements suicidaires, pouvant apparaître avant l’installation d’un trouble avéré. Comprendre ce lien permet d’adapter la prévention et la prise en charge. Les recherches récentes soulignent une relation complexe, influencée par des facteurs émotionnels, sociaux et symptomatiques. L’objectif de ce travail est de déterminer la nature de cette relation.
Méthodologie:Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive sur trois ans (sept.2022-sept.2025), portant sur des patients âgés de 9-18 ans suivis en consultation pédopsychiatrique pour troubles psychotiques. Les patients consultant pour d’autres motifs psychiatriques ou âgés de <9 ans ont été exclus. Les données ont été recueillies via une fiche préétablie.
Résultats:152 patients ont été inclus (52,6% filles, 47,4 % garçons), avec une moyenne d'âge de15,25 ans. Pour la scolarité : 36,8% déscolarisés, 13,1% jamais scolarisés, 48,7% scolarisés (27,7% lycée, 15,8% collège, 5,2% primaire). Le rendement scolaire était moyen à faible chez 42,1%. La dynamique familiale était conflictuelle dans 61,8% des cas, le niveau socio-économique faible à moyen pour 94,7%.
Les antécédents médicaux concernaient 10,5%, 26,3% avaient consommé des substances (tabac, cannabis...).es antécédents psychiatriques incluaient 28,2% de patients (TSA ou handicap intellectuel). 56,7% avaient subis des violences infantiles, et 10,5% avaient des antécédents de TS. Les antécédents psychiatriques familiaux étaient présents chez 36,9%, et 10,5% avaient un antécédent de suicide familial.
Pour les symptômes psychotiques: hallucinations 89,5%, délire 93,4% (persécution 88,2%, mystique 34,2%, mégalomaniaque 17,1%), troubles du cours de la pensée 72%, symptômes négatifs 23,7%. Les troubles du comportement concernaient 97,4%, et tous présentaient un dysfonctionnement familial, scolaire et social. La symptomatologie thymique était présente chez 13,2%.
La prise en charge incluait 21,1% d’hospitalisations, 88,2% de traitements médicamenteux (76,3% antipsychotiques atypiques, 59,2% classiques, 15,8% anxiolytiques) et psychothérapie pour tous. Les idées suicidaires concernaient 48,7%, et 51,3% avaient réalisé des TS, souvent par défénestration (36,8%). Les symptômes psychotiques positifs étaient concomitants aux TS dans 48,7% des cas.
Conclusion:Cette étude montre que les troubles psychotiques chez les enfants et adolescents sont étroitement liés aux conduites suicidaires, influencées par les facteurs familiaux, sociaux et émotionnels, ainsi que par la symptomatologie psychotique et thymique. La prévention du suicide nécessite une détection précoce, une évaluation globale des vulnérabilités et une prise en charge intégrée combinant traitement médicamenteux, psychothérapie et soutien socio-familial, ainsi qu’un accompagnement scolaire et familial renforcé pour limiter les conséquences à long terme sur la santé mentale.
 Répartition des symptômes psychiatriques
 Moyens utilisés lors des Tentatives de suicide
|
| p062 evaluation preliminaire de l impact patient de la rupture dolanzapine injectable auteurs fanhan a 1 pajot a 1 de la forest divo t 1 amagat m 1 haroche a 1 mekaoui l 1 etablissement 1 hopital sainte anne ghu paris psychiatrie neurosciences paris france presentateur fanhan alexandre |
P062 - EVALUATION PRELIMINAIRE DE L'IMPACT PATIENT DE LA RUPTURE D’OLANZAPINE INJECTABLE
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : FANHAN A. (1), PAJOT A. (1), DE LA FOREST DIVO T. (1), AMAGAT M. (1), HAROCHE A. (1), MEKAOUI L. (1)
Présentateur : FANHAN Alexandre
Etablissement : (1) Hôpital Sainte-Anne (GHU Paris Psychiatrie Neurosciences), Paris , FRANCE
Introduction
La santé mentale, déclarée Grande Cause Nationale 2025, reste fragilisée par des tensions d'approvisionnement pharmaceutique. Ces tensions affectent notamment l'olanzapine injectable à action prolongée (OIAP), un traitement fréquent dans la prise en charge des schizophrénies. Face à des ruptures persistantes, nous avons évalué l'impact de ces pénuries sur la prise en charge de nos patients.
Méthode
Notre étude combine un auto-questionnaire déclaratif auprès des prescripteurs et une analyse des consommations. Le questionnaire a recensé les patients sous OIAP de janvier à mai 2025 et les événements indésirables liés aux décompensations (ré-hospitalisation, suivi ambulatoire rapproché et prolongation d’hospitalisation). Ensuite, nous avons analysé les données de consommations en OIAP de janvier à septembre 2025. La consommation a été définie par le nombre de seringues dispensées par mois, tous dosages confondus. La valeur de janvier 2025 a constitué notre valeur basale de référence et a été comparée aux consommations mensuelles des huit mois suivants (février à septembre 2025). Nous avons calculé la moyenne des consommations mensuelles par rapport à cette valeur de référence ainsi que les écarts maximaux observés.
Résultats
Selon les résultats du questionnaire, parmi les 204 patients qui composent notre file active seulement 35 % (n=71) d’entre eux ont pu maintenir leur traitement au cours de l’année 2025. Les prescripteurs rapportent que plus de 60 patients n'ont pu initier le traitement durant cette période.
Parmi les 133 (65 %) patients ayant nécessité une alternative thérapeutique, 30 % (n=61) ont présenté une décompensation, avec pour conséquence 10 % (n=20) de ré-hospitalisations, 12 % (n=25) un suivi ambulatoire rapproché, et 8 % (n=16) une prolongation d’hospitalisation.
L'analyse des consommations a identifié quatre pôles de prescription principaux. Les valeurs basales étaient respectivement de 101, 66, 53 et 17 seringues mensuelles pour les pôles 1 à 4. Les résultats révèlent l'ampleur de l'impact des tensions d'approvisionnement : les pôles 1 à 4 ont subi des baisses moyennes respectives de -30 %, -51 %, -39 % et -55 % de leur consommation en OIAP sur la période étudiée. Les baisses mensuelles maximales ont atteint -54 %, -70 %, -39 % et -55 %, reflétant des variations importantes qui ont considérablement perturbé la continuité des soins par son caractère imprévisible rendant l’anticipation quasi impossible. Notre établissement a néanmoins réussi à maintenir le traitement pour une partie des patients, contrairement à d'autres structures confrontées à des dotations insuffisantes.
Conclusion
La perte d'accès au traitement pour 65% des patients et le taux élevé de décompensations qui en résulte soulignent le caractère délétère des tensions d’approvisionnement dans le secteur de la santé mentale. Une analyse rétrospective approfondie des dossiers patients s'avère indispensable pour préciser l'ampleur réelle des conséquences cliniques.
|
| p064 difficultes socio emotionnelles des jeunes fratries confrontees au trouble psychique auteurs bouvier m 1 dorard g 1 hericher m 1 2 scoriels l 1 krebs m 2 plessis l 1 etablissement 1 institut de psychologie universite paris cite boulogne billancourt france 2 pole pepit pole hospitalo universitaire devaluation prevention et innovation therapeutique paris france presentateur bouvier milena |
P064 - Difficultés socio-émotionnelles des jeunes fratries confrontées au trouble psychique
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : BOUVIER M. (1), DORARD G. (1), HERICHER M. (1,2), SCORIELS L. (1), KREBS M. (2), PLESSIS L. (1)
Présentateur : BOUVIER Miléna
Etablissement : (1) Institut de Psychologie, Université Paris Cité, Boulogne-Billancourt, FRANCE; (2) Pôle PEPIT (Pôle hospitalo-universitaire d’Evaluation Prévention et Innovation Thérapeutique), Paris, FRANCE
Introduction
L’émergence de difficultés psychiques chez un enfant bouleverse l’ensemble de la famille, et les frères et sœurs peuvent subir un fardeau émotionnel comparable à celui des parents. Cependant, leurs difficultés adaptatives restent mal connues, rendant complexe la mise en œuvre de dispositifs de soutien adaptés à cette population. Ainsi, cette étude visait à explorer l’effet de la présence de difficultés psychiques dans la fratrie sur le bien-être, le soutien social perçu et la qualité de la relation fraternelle de ces jeunes, en tenant compte de facteurs relationnels et contextuels.
Méthode
À ce jour, nous avons recruté 355 participants (âge = 22,79 ans ; dont 78% de femmes), répartis en deux groupes : le groupe « confrontés » (jeunes confrontés aux difficultés psychiques d’un frère ou d’une sœur ; n = 110) et le groupe contrôle (jeunes issus de la population générale non confrontés au trouble psychique ; n = 245); les inclusions sont en cours. Les participants ont complété un questionnaire en ligne relevant des données socio-démographiques et évaluant le bien-être (MHC-SF), le soutien social perçu (MSPSS) et la qualité de la relation fraternelle (ASRQ).
Résultats
Les premières analyses montrent que les participants du groupe « confrontés » rapportent un bien-être émotionnel (p = .023), un soutien social global (p = .011) et familial (p = .018) perçu plus faibles, ainsi qu’une relation fraternelle caractérisée par un niveau de rivalité (p = .015) plus élevé que ceux du groupe contrôle. Au sein du groupe « confrontés » des contacts distanciels (e.g., messages, réseaux sociaux) plus fréquents avec le frère ou la sœur sont associés à un bien-être émotionnel plus élevé (p = .046), tandis que des contacts en personne plus fréquents sont liés à un bien-être émotionnel plus faible (p = .044).
Conclusion
Les particularités de profil socio-émotionnel des jeunes frères et sœurs confrontés aux troubles psychiques d’un membre de la fratrie, ainsi que leur qualité de relation fraternelle teintée de rivalité, doivent être considérées pour les accompagner et leur proposer des ressources pertinentes. Ces résultats témoignent de l’importance de considérer les fratries dans le système de santé et d’évaluer précisément leurs difficultés et leurs besoins. Des analyses différenciées selon le trouble psychique des frères et sœurs (e.g., premier épisode psychotique, trouble du spectre de la schizophrénie, troubles anxieux, troubles de l’humeur) permettront d’apporter un éclairage additionnel sur les difficultés d’ajustement des fratries.
|
| p065 symptomes negatifs et fonctionnement social point de vue croise auteurs thibon p 3 dollfus s 1 2 3 4 etablissement 1 chu de caen caen france 2 universite de caen caen france 3 laboratoire phind equipe neuropresage caen france 4 fhu a2m2p caen france presentateur thibon paul |
P065 - Symptômes négatifs et fonctionnement social : point de vue croisé
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Auteurs : THIBON P. (3), DOLLFUS S. (1,2,3,4)
Présentateur : THIBON Paul
Etablissement : (1) CHU de Caen, Caen, FRANCE; (2) Université de Caen, Caen, FRANCE; (3) Laboratoire PhIND, équipe Neuroprésage, Caen, FRANCE; (4) FHU A2M2P, Caen, FRANCE
Les symptômes négatifs de la schizophrénie constituent un enjeu majeur de la prise en charge clinique, car ils représentent l’un des principaux déterminants du handicap fonctionnel et de la perte d’autonomie ; notamment du fonctionnement social. Malgré leur impact clinique majeur et leur résistance aux traitements pharmacologiques actuels, leur évaluation demeure complexe. L’essor récent d’outils de seconde génération, reposant sur une définition plus précise de ces dimensions, a permis d’améliorer leur mesure, mais la pertinence des autoévaluations par rapport aux hétéroévaluations réalisées par un clinicien reste encore peu étudiée.
Cette étude transversale a inclus 45 patients atteints de schizophrénie. Les symptômes négatifs ont été évalués à la fois par hétéroévaluation, via la Brief Negative Symptom Scale (BNSS), et par autoévaluation, à l’aide de la Self-evaluation of Negative Symptoms (SNS). Le fonctionnement social a été mesuré grâce à la Social Adjustment Scale – Self Report (SAS-SR). Afin d’explorer les liens entre cognition, symptômes et fonctionnement social, plusieurs tests neuropsychologiques ciblant les fonctions cognitives froides ont été administrés : le Trail Making Test (TMT) pour la vitesse de traitement et la flexibilité, le Stroop pour l’inhibition, et la fluence verbale catégorielle pour la production lexicale. Les analyses statistiques reposaient sur des corrélations de Spearman, des comparaisons de coefficients de corrélation (test de Steiger) et des analyses de médiation.
Le score total de la SNS et la dimension motivationnelle sont significativement corrélés au fonctionnement social (rho = 0,65 et rho = 0,62 ; p < 0,05), tandis que la dimension expressivité ne l’est pas (rho = 0,44 ; p > 0,05). Pour la BNSS, seule la dimension motivationnelle présente une corrélation significative avec le fonctionnement social (rho = 0,52 ; p < 0,05), tandis que son score total et la dimension expressivité ne sont pas associés. La comparaison statistique des coefficients de corrélation total-fonctionnement social ne montre pas de différence significative entre la SNS et la BNSS (Z = 1,78 ; p = 0,076). Concernant les fonctions cognitives, aucune corrélation significative n’a été retrouvée avec le fonctionnement social, que ce soit pour la vitesse de traitement (TMT-A), la flexibilité (TMT-B), l’inhibition (Stroop) ou la fluence verbale catégorielle. De plus, aucune de ces fonctions n’exerce d’effet de médiation significatif entre les symptômes négatifs et le fonctionnement social.
Ces résultats indiquent que l’avolition autoévaluée est aussi prédictive du fonctionnement social que celle évaluée par un clinicien. L’autoévaluation, rapide et centrée sur l’expérience subjective, apparaît comme un outil pertinent et complémentaire à l’hétéroévaluation dans l’évaluation clinique des symptômes négatifs, et pourrait être intégrée plus largement dans la pratique.
|
| p066 le dispositif de detection et dintervention precoce pour les psychoses emergentes dippe des pays de la loire auteurs eyike j 1 chirio espitalier m 1 etablissement 1 chu de nantes nantes france presentateur eyike julien |
P066 - Le Dispositif de Détection et d’Intervention précoce pour les Psychoses Émergentes (DIPPE) des Pays de la Loire
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : EYIKÉ J. (1), CHIRIO-ESPITALIER M. (1)
Présentateur : EYIKÉ Julien
Etablissement : (1) CHU de Nantes, Nantes, FRANCE
Contexte
Le déploiement de dispositifs d’intervention précoce pour les troubles psychotiques débutants est un enjeu majeur de santé publique. Les premières années de ces troubles constituent une période d’opportunité thérapeutique, tandis qu'une longue durée de psychose non traitée est associée à un pronostic défavorable.
Le Dispositif de Détection et d’Intervention précoce pour les Psychoses Émergentes (DIPPE) des Pays de la Loire est actuellement en milieu d’expérimentation dans le cadre d’un article 51. Trois centres sont porteurs : chacun comporte conjointement un établissement de santé et un dispositif médico-social.
Description
Le DIPPE propose un accompagnement structuré sur trois ans. Après un parcours d’évaluation – psychiatrique, évaluation anamnestique du neuro-développement, échelles cliniques et fonctionnelles - sont inclus des patients ayant soit présenté au moins un premier épisode psychotique (PEP), soit étant à ultra haut risque d’évoluer vers un trouble psychotique (UHR).
Cette évaluation est complétée par une évaluation neuropsychologique et sociale. Les soins comprennent un suivi psychiatrique, un soutien aux familles, et un accompagnement intensif par un case manager. Selon leurs besoins, certains patients bénéficient de psychothérapie, de remédiation cognitive, de pair-aidance, d’un suivi addictologique ou d’un soutien social.
Les case managers, issus du milieu sanitaire ou médico-social, jouent un rôle clé dans cet accompagnement structuré, en adaptant le suivi en fonction des évaluations. Cette fonction, bien qu’inexistante dans le droit commun, permet de créer un lien entre le sanitaire et le médico-social, renforçant ainsi la prise en charge coordonnée des patients en évitant les ruptures de parcours.
Le modèle de financement du dispositif a été construit selon un panier de soin mis à disposition pour chaque patient.
Evaluation :
L’évaluation du dispositif étant en cours, les données partageables sont partielles.
Nous proposons une présentation descriptive des premières données recueillies : population, modalités d’adressage, et des éléments reflétant l’implémentation du dispositif. Des données concernant les effets du dispositif en termes de consommation de soins non programmée, de bénéfice fonctionnel (SOFAS) et de qualité de vie (SQOL), seront mis en totalité à disposition en fin d’expérimentation.
Résultats :
Au 30 juin 2025, les 3 centres ont inclus de manière régulière et continue 177 patients (74 UHR et 103 PEP), avec une répartition équilibrée selon le sexe. La courbe des âges montre une prédominance de 16-19 ans. Les adresseurs sont en majorité les acteurs de la psychiatrie publique, variant en fonction des territoires et réseaux de partenaires. Les délais d’attente varient entre 16 et 29 jours (médiane). Les évolutions des scores de qualité de vie et de fonctionnement sont positives entre T0, T12 et T24.
|
| p068 en route pour lautonomie code et rehabilitation psychosociale auteurs bernard a 1 launay m 1 rosetti r 1 januel d 1 etablissement 1 etablissement public de sante de ville evrard neuilly sur marne france presentateur bernard amandine |
P068 - En route pour l’autonomie : code et réhabilitation psychosociale
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : BERNARD A. (1), LAUNAY M. (1), ROSETTI R. (1), JANUEL D. (1)
Présentateur : BERNARD Amandine
Etablissement : (1) Établissement Public de Santé de Ville Evrard , Neuilly-Sur-Marne , FRANCE
Introduction
Dans notre société actuelle, l’obtention du permis de conduire est une ressource qui favorise l’indépendance et l’autonomie de la personne dans ses déplacements ainsi que l’intégration sociale : relation aux autres, accès à l’emploi… (Azzopardi et al., 2023).
Sur les 63 usagers actuellement suivis sur UNIRRE 93, seulement 19% d’entre eux possèdent le permis de conduire. Certains usagers nous ont sollicité pour être accompagnés dans l’apprentissage du code de la route. La création de l’atelier a été réalisé avec un usager : affiche d’inscription, support pour les séances, recensement des demandes et choix du créneau horaire.
Méthode
Des évaluations ont été réalisées en amont de l’atelier : une évaluation rapide des fonctions cognitives (Montreal Cognitive Assessment) comme critère d’inclusion (min = 25/30) ainsi qu’une échelle pour évaluer le niveau de confiance en soi (Echelle d’Estime de Soi de Rosenberg). Un auto-questionnaire a été créé pour qu’ils puissent évaluer leurs connaissances sur le sujet.
L’atelier se compose de 10 séances pour soutenir l’apprentissage au code de la route, animé par une ergothérapeute et une psychologue. La première séance est destinée à la sensibilisation de l’impact des troubles psychiques sur l’activité de la conduite automobile mais aussi sur les diverses démarches médicales et administratives à réaliser. Les séances suivantes sont consacrées à la découverte des notions du code de la route (panneaux, intersections, marquages…) en lien avec les fonctions cognitives. Un temps de réflexion et d’analyse est consacré à chaque question, en concertation entre pairs, afin de faciliter la compréhension des notions évoquées. L’atelier se conclue par une session avec un « code blanc » proposé par une plateforme d’auto-école en ligne afin de vérifier l’acquisition des connaissances.
Cet atelier leur permet d’obtenir des connaissances pour leur projet d’accès au permis et d’augmenter l’estime de soi afin qu’ils se sentent plus confiant en leurs capacités pour mener à bien ce projet.
Résultats
L’atelier étant toujours en cours de réalisation, nous n’avons pas évalué l’impact des séances sur l’estime de soi. Nous attendons les résultats à long terme sur l’obtention du code de la route de nos usagers.
Cependant, nous notons une motivation importante des participants lors de cet atelier. En effet, le fait qu’ils se soient inscrits eux-mêmes à l’activité, et non à la suite d’une proposition de l’équipe soignante, la motivation intrinsèque est très présente et se ressent dans la dynamique de groupe. Certains usagers ont pris l’initiative de rechercher des ressources pour continuer les apprentissages en dehors des séances sur l’unité.
Conclusion
Actuellement dans l’attente des résultats de ce premier groupe de participants, nous envisageons par la suite la mise en place d’un projet d’accompagnement à l’inscription au code de la route avec un projet de financement pour le permis avec notre assistante sociale.
|
| p069 stress post traumatique chez les patients psychotiques precedemment hospitalises auteurs zaizoune i 1 lahmam bennani m 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 etablissement 1 chu hassan ii fes fes maroc presentateur zaizoune imane |
P069 - stress post traumatique chez les patients psychotiques précédemment hospitalisés
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : ZAIZOUNE I. (1), LAHMAM BENNANI M. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1)
Présentateur : ZAIZOUNE Imane
Etablissement : (1) CHU Hassan II fès, Fès, MAROC
Introduction : Le stress post-traumatique est un trouble psychiatrique chronique survenant après un traumatisme, dont les symptômes sévères peuvent gêner le patient dans tous les aspects de sa vie quotidienne. Quand il s’associe à la schizophrénie, son pronostic est davantage assombri devant l’exacerbation des symptômes et la multitude des hospitalisations.
Notre étude vise à évaluer la prévalence de la comorbidité stress post traumatique-schizophrénie, à établir le rôle de plusieurs caractéristiques démographiques et cliniques, et celui de l’hospitalisation dans le développement de cette comorbidité, dans le contexte marocain.
Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude transversale observationnelle, descriptive et analytique portant sur 60 patients diagnostiqués de schizophrénie ou trouble schizo-affectif, stables, hospitalisés à l’instant de l’étude ou durant l’année, recrutés dans une période de 4 mois de Juin 2023 à Septembre 2023. La collecte des données a été faite dans une fiche d’exploitation. L’évaluation des symptômes négatifs de la schizophrénie a été faite à travers le SNS, l’évaluation des antécédents d’événement traumatique a été faite à travers le THQ, celle de la dépression à travers le CDSS, et enfin le dépistage de l’ESPT a été réalisé avec le PCL-5. L’analyse a été menée par le logiciel SPSS V 26.
Résultats : L’étude a porté sur 60 patients diagnostiqués de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif. La schizophrénie faisait 86.7% des diagnostics et le trouble schizo-affectif faisait 13.3%. 70% de l’échantillon ne présentait pas de symptômes négatifs
pathologiques de la schizophrénie. Parmi les 30% restants, 55.5% avaient des symptômes légers, 33.3% avaient des symptômes modérés et 11.1% avaient des symptômes négatifs sévères.
Notre travail a démontré une prévalence des événements traumatiques de 93.3%. 15% des patients considéraient l’hospitalisation comme un événement traumatique.
La prévalence de l’ESPT-SCZ dans notre échantillon était de 15.00%. Les caractéristiques corrélées positivement à cette prévalence étaient la dépression avec 39.1% d’ESPT chez les patients à MDE et 100% de MDE chez
les patients présentant un ESPT dans l’échantillon; La prise d’anxiolytiques avec 33.3% d’ESPT; et le type d’antipsychotique reçu, avec 55.6% d’ESPT chez les patients recevant un neuroleptique classique seul et 7.8% chez les patients recevant un antipsychotique de seconde génération seul ou associé à un classique.
Conclusion : Notre étude nous a permis de confirmer la haute prévalence de cette comorbidité dans notre contexte marocain et d’élucider le rôle de plusieurs facteurs dans son développement. Ainsi nous pouvons conclure à la nécessité d’un dépistage plus strict de l’ESPT chez les patients psychotiques et de la recherche des facteurs de risque soit la prescription d’anxiolytiques sans diagnostic préalable et la dépression, et l’adaptation du traitement antipsychotique pour les individus à risque.
|
| p071 facteurs associes au deficit cognitif dans la schizophrenie auteurs njah d 1 lagha m 1 arfaoui z 1 homri w 1 etablissement 1 hopital psychiatrique razi tunis tunisie presentateur njah dorra |
P071 - Facteurs associés au déficit cognitif dans la schizophrénie
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : NJAH D. (1), LAGHA M. (1), ARFAOUI Z. (1), HOMRI W. (1)
Présentateur : NJAH Dorra
Etablissement : (1) Hopital psychiatrique RAZI, Tunis, TUNISIE
Introduction :
La schizophrénie est un trouble mental complexe qui affecte non seulement la pensée, les émotions et le comportement, mais peut également entraîner un déficit cognitif touchant la mémoire, l’attention et les fonctions exécutives. Ce déficit a des répercussions majeures, notamment une réduction de l’autonomie, des difficultés d’insertion socioprofessionnelle et une altération significative de la qualité de vie des patients. Plusieurs facteurs semblent y contribuer, et leur dépistage précoce permet une meilleure prise en charge ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie. Dans ce contexte, l’objectif de notre étude était d’identifier les facteurs associés au déficit cognitif chez les patients atteints de schizophrénie et de trouble schizo-affectif (TSA).
Méthodes :
Il s’agit d’une étude transversale incluant des patients atteints de schizophrénie et de TSA âgés entre 18 à 65 ans, suivis aux consultations du service C à l’hôpital RAZI. Les fonctions cognitives ont été évaluées à l'aide du Montreal Cognitive Assessment (MoCA) dans sa version française. Les médicaments prescrits ont été évalués et additionnés selon l'échelle Anticholinergic Cognitive Burden (ACB).
Résultats :
Nous avons inclus 70 patients, dont 14 atteints de TSA, avec 67% d’hommes et un âge moyen de 42 ± 11 ans. Un déficit cognitif a été observé chez 52 patients (74,3 %). Une association significative a été retrouvée entre le déficit cognitif et plusieurs facteurs, notamment le faible niveau d’éducation (p = 0,029) et la prise de benzodiazépines (p = 0,002), en particulier le lorazépam (p = 0,013), dont la consommation explique 20,2 % de la variance du score MoCa (R² = 0,202). De même, un score d’ACB plus élevé était significativement associé à un déficit cognitif (p = 0,007). En effet, les patients ayant un score ACB élevé avaient une cognition plus faible (SB = -0,689, p = 0,02) avec 7,8 % de la variance du score MoCa expliquée par l’ACB (R² = 0,078). Par ailleurs, la durée d’évolution de la maladie influençait négativement la cognition, chaque année supplémentaire étant associée à une diminution moyenne de 0,230 points du score MoCa (SB = -0,230, p = 0,002), expliquant ainsi 13,8 % de la variance du score MoCa. La durée de psychose non traitée et l’âge des patients étaient significativement corrélés à la présence ou non d’un déficit cognitif, avec des p respectifs de 0,016 et 0,002. En revanche, Les patients professionnellement actifs présentaient des scores MoCa significativement plus élevés (p = 0,002), tout comme ceux sous antipsychotiques atypiques (p = 0,005).
Conclusion :
Le déficit cognitif représente une problématique courante et essentielle à dépister dans la schizophrénie. Et il est crucial d’identifier les différents facteurs de risque qui y contribuent afin de mettre en place des interventions et des recommandations visant à améliorer la prise en charge et assurer une qualité de vie meilleure.
|
| p073 trauma et vecu traumatique du premier episode psychotique saisir la complexite et intervenir precocement auteurs andre a 1 etablissement 1 centre hospitalier la chartreuse dijon france presentateur andre auriane |
P073 - Trauma et vécu traumatique du premier épisode psychotique : saisir la compléxité et intervenir précocément
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : ANDRÉ A. (1)
Présentateur : ANDRÉ Auriane
Etablissement : (1) Centre Hospitalier La Chartreuse, Dijon, FRANCE
Introduction
Le premier épisode psychotique (PEP) est largement reconnu comme une expérience bouleversante à la potentialité traumatique démontrée pour les personnes concernées. Ce trauma a principalement été étudié via le prisme du Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT), où les recherches ont démontré des impacts négatifs sur l’évolution du pronostic à long terme, soulignant la nécessité d’identifier les dimensions traumatiques inhérentes au PEP le plus précisément et précocement possible. Cependant, la compréhension de ces réactions à partir du TSPT convoque un défi tant conceptuel que sémiologique. Ainsi, ont émergé des modélisations fondées sur les manifestations subjectives du trauma. Encore peu nombreuses, ces études mettent en exergue l’importance de poursuivre les investigations pour caractériser la diversité des manifestations de ce trauma singulier. Nous souhaitons ainsi proposer une vision actualisée des réactions traumatiques induites par un PEP afin d’aider à la compréhension, l’identification et la prise en charge pour favoriser le processus de rétablissement.
Méthode
D'une part, une revue systématique de la littérature ciblant la prévalence des réactions traumatiques, leur nature, les symptômes et les dimensions subjectives est réalisée. D’autre part, nous avons conduit une recherche basée sur une méthodologie qualitative et prospective pour appréhender l’expérience subjective de personnes ayant fait un PEP. 15 jeunes, âgés de 18 à 35 ans, ayant fait l’expérience de 1 à 3 épisodes psychotiques, ont participé à 2 entretiens de recherche semi-directif. Le premier s'intéressait au vécu des prodromes, du PEP et les impacts subjectifs perçus. Le second interrogeait les hypothèses étiologiques, les représentations associées au PEP ainsi que les ressources aidantes dans le parcours de rétablissement. Intégralement retranscris, nous avons mené une double analyse qualitative ; l’analyse de contenu de Bardin et l’analyse phénoménologique interprétative.
Résultats
La revue de littérature met en évidence une prévalence allant de 31% à 67% pour les symptômes de TSPT et de 14% à 47% de diagnostic de TSPT après un PEP. Les signes thymiques et anxieux, les mécanismes d’évitement, d’hypervigilance et de sidération apparaissent comme les plus marqués. Nous retrouvons de fortes limites méthodologiques dans l’évaluation du TSPT et ses symptômes chez les personnes concernées. La double analyse souligne certaines spécificités de l’expérience traumatique du PEP : effondrement identitaire, vécu de transformation du self, de la réalité et des rapports aux autres et au monde.
Conclusion
Le trauma induit par un PEP apparait complexe et spécifique et semble se constituer à la fois autour de symptômes cliniques et d’un vécu traumatique singulier associé à la perception de profonds remaniements identitaires. Un accompagnement global investiguant ces dimensions et proposant des outils ciblés pourrait aider la prise en charge du trauma et faciliter le rétablissement.
|
| p074 sexualite chez les femmes souffrant dun trouble psychotique chronique auteurs caboche m 1 trimbur m 2 charbit j 3 azougui e 4 etablissement 1 chu de lille lille france 2 epsm val de lys artois saint venant france 3 f2rsmpsy saint andre lez lille france 4 hopital saint vincent de paul lille france presentateur caboche marion |
P074 - Sexualité chez les femmes souffrant d’un trouble psychotique chronique
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : CABOCHE M. (1), TRIMBUR M. (2), CHARBIT J. (3), AZOUGUI E. (4)
Présentateur : CABOCHE Marion
Etablissement : (1) CHU de Lille, Lille, FRANCE; (2) EPSM Val de Lys Artois, Saint Venant, FRANCE; (3) F2RSMPsy, Saint André Lez Lille, FRANCE; (4) Hôpital Saint Vincent de Paul, Lille, FRANCE
Résumé :
Introduction: La sexualité est un sujet tabou empreint de stéréotypes et de représentations contradictoires notamment pour les patients souffrant de pathologie mentale. Les dysfonctions sexuelles sont présentes chez 55,4% des hommes et 60% des femmes souffrant de schizophrénie et représentent l’une des causes majeures d’inobservance thérapeutique. Pourtant, la sexualité est une fonction instinctuelle peu explorée au cours de l’entretien psychiatrique. L’objectif principal de cette étude est d’explorer le vécu subjectif et les représentations autour de la sexualité directement auprès de patientes vivant avec un trouble psychotique chronique. L’objectif secondaire est de déterminer les attentes des patientes à l’égard des soignants concernant cette question.
Matériel et Méthodes : Nous avons réalisé une étude qualitative basée sur l’Analyse Phénoménologique Interprétative d’entretiens semi-dirigés. Cinq patientes ont été incluses à partir de la file active de psychiatres au sein de l’EPSM-AL. Le recueil des données a eu lieu en mars 2024 par l’intermédiaire d’entretiens semi-dirigés individuels.
Résultats : Pour l’ensemble des patientes interrogées, la sexualité est primordiale pour leur équilibre bio-psycho-social. Cette sexualité s’est construite par expériences et influences de la société. La maladie psychotique de part l’expression de ses symptômes et de la prise en charge psychiatrique qui en découle fragilise cette sexualité considérée comme nécessaire à leur équilibre psychique. Les troubles de la sexualité apparaissent lorsqu’une insatisfaction sexuelle pérenne est exprimée par la patiente ou lorsqu’elle a un impact négatif sur le partenaire ou sur le couple. Les patientes attendent du psychiatre qu’il aborde spontanément la question de façon bienveillante et sans jugement.
Conclusion : Pour les patientes vivant avec un trouble psychotique chronique, la sexualité ne se réduit pas à l’acte sexuel en lui-même. Les variations dans le temps du désir et du plaisir sexuel sont considérées comme normales. L’hétérogénéité des facteurs d’influences sur la sexualité ne permet pas d’offrir une réponse unique sur les perturbations de la vie sexuelle des patientes. L’ensemble de ces facteurs doit être pris en compte par le psychiatre qui a un rôle fondamental dans le dépistage des dysfonctions sexuelles.
|
| p077 les facteurs cliniques et environnementaux lies aux automutilations chez les patients schizophrenes auteurs alaoui belghiti s 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 etablissement 1 centre psychiatrique universitaire ibn hassan fes maroc presentateur alaoui belghiti salma |
P077 - Les facteurs cliniques et environnementaux liés aux automutilations chez les patients schizophrènes
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : ALAOUI BELGHITI S. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1)
Présentateur : ALAOUI BELGHITI Salma
Etablissement : (1) Centre psychiatrique universitaire Ibn Hassan, Fès , MAROC
Introduction :
L’automutilation se définit comme une blessure intentionnelle infligée par le sujet sans intention suicidaire. Elle est fréquemment associée à divers troubles psychiatriques, notamment les troubles de la personnalité et la schizophrénie. Peu d’études ont été menées à l’échelle nationale, justifiant la réalisation de ce travail pour identifier le profil des patients à risque.
Objectif :
Évaluer les facteurs de risque liés aux conduites automutilatrices, décrire le profil épidémiologique des patients concernés et analyser les corrélations avec les comorbidités psychiatriques.
Matériel et méthodes :
Étude cas-témoins sur 12 mois, incluant 100 patients âgés de 18 à 45 ans avec antécédents ou lésions récentes d’automutilation. Les patients présentant une pathologie cérébrale organique, une déficience intellectuelle ou un état psychiatrique trop instable ont été exclus. Les données ont été collectées via un questionnaire clinique et des échelles validées : Childhood Trauma Questionnaire (CTQ), Barratt Impulsiveness Scale (BIS-11) et Self Harm Inventory (SHI).
Résultats :
La prévalence de l’automutilation était de 6,9 %. L’âge moyen était de 27,6 ans, avec une nette prédominance masculine (sex-ratio 5,7). La majorité des patients étaient célibataires et sans emploi. Près de tous avaient des antécédents d’automutilation et un quart avait déjà tenté de se suicider. Plus de la moitié consommaient des substances psychoactives. Sur le plan diagnostique, deux tiers présentaient un trouble de la personnalité, principalement borderline, et 30 % étaient schizophrènes.
L’automutilation concernait principalement l’avant-bras, avec des coupures comme modalité la plus fréquente, suivies de brûlures et blessures. Les émotions post-acte étaient dominées par la culpabilité, le regret et parfois le soulagement. Les passages à l’acte survenaient majoritairement dans un contexte d’intolérance à la frustration.
Les facteurs associés incluaient impulsivité, maltraitance infantile, conduites addictives et antécédents psychiatriques familiaux. La personnalité borderline était la plus impliquée. Les comportements automutilateurs pourraient avoir un caractère addictif, procurant soulagement ou plaisir, associé à un déficit de contrôle impulsif possiblement lié à une baisse du tonus sérotoninergique.
Conclusion :
L’automutilation est un comportement complexe, résultant d’une combinaison de vulnérabilités individuelles, de traumatismes et de comorbidités psychiatriques. Ces résultats soulignent la nécessité de recherches approfondies pour mieux comprendre les mécanismes biologiques et psychiques, afin d’améliorer la prévention et la prise en charge.
|
| p078 validation et adaptation transculturelle de lechelle devaluation des hallucinations auditives ahrs en arabe dialectal marocain auteurs el alaoui el mdaghri z 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 chu hassan ii fes fes maroc presentateur el alaoui el mdaghri zineb |
P078 - Validation et adaptation transculturelle de l’échelle d’évaluation des hallucinations auditives (AHRS) en arabe dialectal marocain
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : EL ALAOUI EL MDAGHRI Z. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : EL ALAOUI EL MDAGHRI Zineb
Etablissement : (1) CHU HASSAN II FES , Fes, MAROC
Résumé
Introduction :
Les hallucinations auditives (HAs) sont parmi les symptômes positifs les
plus fréquents, affectant entre 50 et 80% des patients atteints de
schizophrénie. Leur présence pendant une période d’un mois ou plus constitue
un argument diagnostique important de la schizophrénie dans les
classifications internationales.
L'échelle d'évaluation des hallucinations auditives (AHRS) en 7 éléments
est un outil structuré en anglais développé par Hoffman et ses collègues pour
mesurer l'effet de la stimulation magnétique transcrânienne répétitive chez les
patients atteints de schizophrénie ayant des hallucinations. Son format et ses
mesures fines des dimensions hallucinatoires peuvent résoudre plusieurs
problèmes concernant les échelles des hallucinations auditives.
Objectif :
Cette étude vise à valider l’échelle d’évaluation des hallucinations
auditives (AHRS) en 7 items en arabe dialectal marocain, de manière à faciliter
l’évaluation détaillée des hallucinations auditives (HA) chez les patients de
langue maternelle arabe dialectal marocain souffrant de schizophrénie (SZ)
dans des milieux cliniques.
Méthodologie :
Notre travail a été réalisé au sein du service psychiatrique du CHU Hassan
II de Fès sur 55 patients schizophrènes ou ayant un trouble schizo-affectif et
présentant des hallucinations auditives dans les dernières 24 heures.
L’échantillon de cette étude est constitué des patients âgés entre 18 et 64 ans
suivis en ambulatoire ou hospitalisés dans les différents services de l’hôpital
psychiatrique de Fès (consultation, services d’hospitalisation adulte homme et
femme).
Le recueil des données a été fait au cours d'un entretien individuel
selon une fiche d’exploitation pré établie, dans une ambiance calme et
respectant l'intimité du patient. Nous avons commencé par la réalisation d’une
validation qualitative de l’échelle selon les étapes de Beaton. Une validation
quantitative a été effectuée par 2 enquêteurs différents en 3 passations.
Résulats :
Notre étude a donné des résultats descriptifs riches et divers.
Sur le plan analytique, nos résultats ont montré une fiabilité acceptable
avec un alpha de Cronbach (0,602) et une excellente fiabilité inter juges ainsi
qu’une bonne fiabilité test-retest.
Conclusion :
La validation et l’adaptation transculturelle de l’échelle d’évaluation des
hallucinations auditives en arabe marocain dialectal sera un outil important
dans le dépistage et le suivi des patients schizophrènes dans la population
marocaine.
|
| p079 remission fonctionnelle comparee ches des schizophrenes issus de foyer monogame versus polygame auteurs aka r 1 ahounou e 1 ipou y 2 ngouoghe b 1 yeo tenena y 1 etablissement 1 institut national de sante publique d abidjan cote d ivoire abidjan cote d ivoire 2 hopital psychiatrique de bingerville bingerville cote d ivoire presentateur aka rita ahou |
P079 - Rémission fonctionnelle comparée ches des schizophrènes issus de foyer monogame versus polygame
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : AKA R. (1), AHOUNOU E. (1), IPOU Y. (2), NGOUOGHE B. (1), YEO-TENENA Y. (1)
Présentateur : AKA Rita Ahou
Etablissement : (1) Institut National de Santé publique d'Abidjan - Côte d'Ivoire, Abidjan, COTE D'IVOIRE; (2) Hôpital psychiatrique de Bingerville, Bingerville, COTE D'IVOIRE
Introduction : L’un des principaux objectifs de la prise en charge de la schizophrénie est la rémission des signes fonctionnels. Celle-ci est influencée par plusieurs déterminants dont les facteurs socio-familiaux. Notre étude avait pour objectif de comparer la rémission fonctionnelle chez des schizophrènes suivis en ambulatoire et issus de foyers polygames versus foyers monogames dans notre contexte culturel ouest-africain.
Méthode : Il s’agissait d’une étude transversale à visée descriptive et analytique portant sur 80 schizophrènes dont 40 vivants dans des familles de types monogamiques et 40 dans des familles de type polygamiques. La rémission fonctionnelle a été évaluée par l’échelle de FROGS.
Résultats : L'âge moyen des patients enquêtés était de 34,4 ± 9,5 ans et le sex-ratio de 1,66 en faveur des hommes. Dans 47,5%, il s'agissait de schizophrénies paranoïdes, suivie par la schizophrénie dysthymique (29,3%). Aucune différence statistiquement significative n'a été observée dans les scores globaux de rémission fonctionnelle entre les groupes. Cependant, des profils distincts sont apparus : les patients vivants dans les familles de type monogamique, avaient de meilleurs taux dans les domaines de la vie quotidienne (95% vs 90%) et de la qualité d'adaptation (77,5% vs 70%); tandis que ceux de provenant de familles de type polygamiques présentaient de meilleurs scores dans les activités sociales (70% vs 67,5%) et les relations sociales (85% vs 80%). Les domaines afférents à la Santé et au Traitement était comparable entre les deux groupes de population.
Conclusion : Bien qu'aucun avantage global n'ait été observé, les différents types de structures familiales semblent être associés à des forces complémentaires dans le processus de la rémission fonctionnelle. Ces résultats soulignent l'importance de l’évaluation et de la valorisation des ressources spécifiques de chaque environnement familial dans la prise en charge de la schizophrénie.
Mots-clés : Polygamie – Monogamie - Schizophrénie – Rémission fonctionnelle – Abidjan.
|
| p080 utilisation du lithium dans la schizophrenie a debut tres precoce pharmacoresistante auteurs seqqat n 1 eloualidi h 1 elodie d 1 etablissement 1 centre hospitalier de montfavet avignon france presentateur seqqat nisrine |
P080 - Utilisation du lithium dans la schizophrénie à début très précoce pharmacorésistante
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : SEQQAT N. (1), ELOUALIDI H. (1), ELODIE D. (1)
Présentateur : SEQQAT Nisrine
Etablissement : (1) Centre Hospitalier de Montfavet, Avignon, FRANCE
Introduction
La schizophrénie à début très précoce (STP) est une forme rare et sévère du trouble du spectre de la schizophrénie survenant avant l’âge de 13 ans. Elle se caractérise par une atteinte marquée du fonctionnement global : affectif, cognitif et social. Les manifestations psychotiques apparaissent sur un terrain de vulnérabilité développementale, souvent associées à des altérations précoces du langage, des apprentissages et des capacités attentionnelles. La résistance thérapeutique, définie par l’absence de réponse à au moins deux antipsychotiques de classes différentes, complique fréquemment l’évolution et pose la question de stratégies adjuvantes telles que les thymorégulateurs.
Méthode
Nous rapportons le cas d’une adolescente âgée de 14 ans, hospitalisée à l’hôpital de Montfavet pour évaluation et prise en charge d’une schizophrénie à début très précoce résistante aux antipsychotiques. Le recueil clinique s’est appuyé sur l’observation hospitalière qui a duré 4 mois (de Juin à Septembre 2025), les entretiens familiaux, et l’analyse des réponses thérapeutiques successives.
Résultats
La patiente présentait dès l’âge de 11 ans des hallucinations visuelles et auditives, un délire de persécution et de référence, des bizarreries et une désorganisation comportementale et du discours avec un retrait social. Le tableau était accompagné d’un déclin des capacités attentionnelles et de la mémoire, rendant sa scolarisation impossible. Les essais successifs de rispéridone puis d’olanzapine furent inefficaces avec prise de poids comme effet secondaire. L’introduction d’un traitement par lithium (instauration progressive jusqu'à 200 mg/j ), associée à l’olanzapine (15mg/j), a permis une amélioration notable du contact, du sommeil et de la symptomatologie thymique, avec une réduction progressive des idées délirantes et une meilleure participation aux activités thérapeutiques . Ces observations rejoignent les données récentes de la littérature,suggérant un effet neuroprotecteur et cognitif du lithium à faible dose, associé à une modulation de l’inflammation (diminution de l’IL-6) et une limitation de la perte de matière grise.
Conclusion
Ce cas illustre la complexité des formes très précoces de schizophrénie, marquées par la sévérité des symptômes positifs et la présence de déficits cognitifs précoces. L’association d’un thymorégulateur comme le lithium à un antipsychotique pourrait constituer une piste thérapeutique prometteuse dans les formes pharmacorésistantes.
|
| p081 les symptomes dissociatifs chez les patients atteints de schizophrenie auteurs benchekroun m 1 aalouane r 1 aarab c 1 bout a 1 qassimi f 1 ouraghene a 1 etablissement 1 universite sidi mohammed ben abdelah de fes service de psychiatrie fes maroc presentateur benchekroun marwane |
P081 - Les symptômes dissociatifs chez les patients atteints de schizophrénie
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Voir le poster
Auteurs : BENCHEKROUN M. (1), AALOUANE R. (1), AARAB C. (1), BOUT A. (1), QASSIMI F. (1), OURAGHENE A. (1)
Présentateur : BENCHEKROUN Marwane
Etablissement : (1) Université sidi mohammed ben abdelah de fes - service de psychiatrie, Fes, MAROC
-Introduction :
La dissociation est un concept fascinant de la psychiatrie moderne. Sa définition a toujours été sujette à plusieurs débats tout au long de son développement historique. Cela est dû à la variété importante des manifestations de la dissociation pathologique.
Les phénomènes dissociatifs chez les patients diagnostiqués des troubles du spectre de schizophrénie sont un phénomène peu étudié. Plusieurs des symptômes qui constituent les deux types de troubles sont similaires, et une histoire de traumatisme psychique a fréquemment une implication étiologique dans leur genèse. L'association entre les deux pathologies nous paraît significative selon plusieurs données de littérature. Cela justifie l'étude de cette association, ce qui peut aboutir à un dépistage plus fréquent de la dissociation chez les patients psychotiques et éventuellement à une amélioration de leur prise en charge.
-Objectifs :
Le principal but de cette étude est de mesurer les phénomènes dissociatifs et de déterminer s’ils sont significativement présents chez les patients diagnostiqués des troubles du spectre de schizophrénie. Les objectifs secondaires consistent en la description du lien entre les signes dissociatifs et psychotiques, ainsi que la détermination du rôle d'une histoire du traumatisme psychique dans cette association.
-Méthode :
Il s’agit d’une étude prospective descriptive.
Les symptômes psychotiques ont été évalués par le PANSS (positive and negative syndrome scale), et les symptômes dissociatifs par le DES (dissociative experiences scale). L'histoire du traumatisme psychique a été évaluée par le CTQ-SF (childhood trauma questionnaire short form).
-Résultats :
On a trouvé une proportion élevée de phénomènes dissociatifs et de trauma de l’enfance dans notre échantillon. Notre score DES a été de 18,78 et notre score CTQ-SF a été de 51,03. Les patients plus jeunes et nouvellement diagnostiqués avaient plus de signes dissociatifs. Dans notre échantillon, la dissociation et le traumatisme de l’enfance ont été associés à une évolution moins favorable de la maladie, avec un nombre plus important d’hospitalisations. Les patients ayant un faible niveau socio-économique avaient plus d’antécédents de traumatisme de l’enfance. Le trauma de l’enfance et l’abus sexuel ont été associé aux antécédents de tentative de suicide. On a également trouvé une corrélation positive entre la dissociation et les signes positifs de la schizophrénie, principalement l’activité hallucinatoire et délirante.
-Conclusion :
L'interaction complexe entre le trauma de l’enfance, la dissociation et la psychose est d’intérêt clinique majeur. Nos résultats permettent de souligner plusieurs aspects de l’association entre ces entités cliniques, et nous semblent justifier une étude plus approfondie.
|
| p082 algorithme de depistage des maladies rares a expression psychotique auteurs thomas c 1 benvegnu g 2 chaumette b 3 etablissement 1 universite de toulouse toulouse france 2 chu purpan toulouse france 3 ghu paris psychiatrie neurosciences paris france presentateur thomas corentin |
P082 - Algorithme de dépistage des maladies rares à expression psychotique
Thème: 06 - Schizophrénie et autres psychoses
Auteurs : THOMAS C. (1), BENVEGNU G. (2), CHAUMETTE B. (3)
Présentateur : THOMAS Corentin
Etablissement : (1) Université de Toulouse, Toulouse, FRANCE; (2) CHU Purpan, Toulouse, FRANCE; (3) GHU Paris Psychiatrie Neurosciences, Paris, FRANCE
hg
|
| p083 addiction alimentaire feminine en tunisie prevalence et facteurs associes auteurs mahfoudh k 1 hamzaoui s 1 jaoua a 1 amri g 1 hakiri a 1 ghachem r 1 etablissement 1 hopital razi service pinel tunis tunisie presentateur mahfoudh khadija |
P083 - Addiction alimentaire féminine en Tunisie : Prévalence et facteurs associés
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : MAHFOUDH K. (1), HAMZAOUI S. (1), JAOUA A. (1), AMRI G. (1), HAKIRI A. (1), GHACHEM R. (1)
Présentateur : MAHFOUDH Khadija
Etablissement : (1) Hopitâl Razi, Service Pinel, Tunis, TUNISIE
Introduction:
L’addiction alimentaire se caractérise par une consommation compulsive d’aliments riches en sucres, en graisses ou en sel, impliquant des mécanismes neurocomportementaux similaires à ceux observés dans les addictions aux substances. Bien que non reconnue comme diagnostic officiel dans le DSM-5, elle peut être évaluée à l’aide de la Yale Food Addiction Scale. En Tunisie, les changements rapides du mode de vie et les pressions socioculturelles pourraient favoriser son émergence. Pourtant, cette problématique reste peu étudiée dans le contexte tunisien, malgré une prévalence mondiale estimée à environ 20 %. Cette étude a pour objectifs de déterminer la prévalence de l’addiction alimentaire, d’évaluer l’image corporelle et les habitudes alimentaires, et d’identifier les facteurs de risque et de protection chez les femmes tunisiennes.
Méthode:
Nous avons réalisé une étude transversale descriptive et analytique menée en ligne du 1er octobre au 30 novembre 2024 auprès de 365 femmes âgées de ≥18 ans. L’addiction alimentaire a été évaluée via la version modifiée de la Yale Food Addiction Scale (mYFAS) , l’image corporelle à l'aide du Body Appreciation Scale-2 et l’estime de soi à l’aide de l’échelle de l’estime de Soi de Rosenberg validées en arabe. Les variables recueillies comprenaient les données sociodémographiques, l’IMC, le stress perçu et les habitudes alimentaires (nombre de repas, collations, consultations nutritionnelles, suivi de régime).
Résultats:
L’âge moyen des participantes était de 33,8 ± 8,9 ans. La majorité résidait dans le Grand-Tunis (44 %), était mariée (55 %) et possédait un niveau universitaire (90 %). Plus de 63 % présentaient un excès de poids et 19,2 % remplissaient les critères d’addiction alimentaire.
En termes d’habitudes alimentaires, 57 % consommaient trois repas principaux par jour, tandis que 59 % prenaient des collations entre les repas. Près d’un tiers des participantes (32,6 %) suivaient un régime pour ajuster leur poids, dont 68,5 % sans prescription d’un nutritionniste. Par ailleurs, 75 % rapportaient un stress modéré à élevé. Concernant l’estime de soi, 44 % des femmes présentaient un faible score et seulement 12 % un score élevé.
L’analyse multivariée a révélé que l’IMC élevé (B = 0,055; p = 0,040) constituait un facteur de risque d’addiction alimentaire, tandis qu’un faible niveau de stress (B = -0,872; p = 0,010), une image corporelle positive (B = -0,368; p = 0,050) et une estime de soi élevée (B = -0,09; p = 0,027) agissaient comme facteurs protecteurs.
Conclusion:
Près d’une femme sur cinq en Tunisie présente des signes d’addiction alimentaire, reflet des transformations rapides des modes de vie et des pressions socioculturelles sur l’image corporelle. Ces résultats soulignent l’urgence de stratégies intégrées alliant éducation nutritionnelle, soutien psychologique et promotion du bien-être psychocorporel pour prévenir et réduire durablement l’addiction alimentaire chez les femmes tunisiennes.
|
| p085 resultats nationaux de lindicateur de reperage des addictions en psychiatrie auteurs olivier c 1 droy a 1 coquelin a 1 morin s 1 etablissement 1 haute autorite de sante saint denis la plaine france presentateur olivier cyril |
P085 - Résultats nationaux de l’indicateur de repérage des addictions en psychiatrie
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : OLIVIER C. (1), DROY A. (1), COQUELIN A. (1), MORIN S. (1)
Présentateur : OLIVIER Cyril
Etablissement : (1) Haute Autorité de Santé, Saint Denis La Plaine, FRANCE
Introduction
Pour les patients adultes suivis en psychiatrie, les conduites addictives influencent fortement leur mode de vie et compliquent leur prise en charge. A l’inverse, ces troubles psychiatriques peuvent rendre plus complexe l’arrêt de l’addiction. Aussi, le repérage précoce et la mise en place d’une stratégie de prise en charge adaptée constituent des étapes essentielles de la trajectoire de soins.
Dans cette perspective, un indicateur national de qualité intitulé « Repérage et proposition d’aide à l’arrêt des addictions chez les patients adultes » est mesuré depuis 2022 auprès des patients hospitalisés en psychiatrie.
Méthode
Cet indicateur cible les patients adultes dont les séjours sont exclusivement composés de séquences d’hospitalisation à temps plein d’au moins 8 jours. Les données sont collectées par les équipes hospitalières à partir des dossiers des patients, et sont saisies sur la plateforme sécurisée QualHAS. Les établissements disposant d’au moins 30 séjours éligibles avaient une obligation de recueil et devaient auditer jusqu’à 70 dossiers.
Le score repose sur trois critères correspondant aux addictions au tabac, à l’alcool et au cannabis. Un critère est conforme si l’addiction est recherchée et, en cas de consommation, si une aide à l’arrêt est proposée. D’autres informations, notamment sur le repérage d’autres addictions et sur le traitement par benzodiazépines ou apparentés, sont recueillies à titre informatif.
L’indicateur a été recueilli en 2022 et 2024, portant respectivement sur les séjours effectués en 2021 et 2023.
Résultats
Un peu plus de 425 établissements ont participé à chacun des recueils, représentant un total de 58 973 dossiers.
Le score national a augmenté de 11 points entre 2022 et 2024 passant de 54/100 à 65/100.
En 2024, le repérage de l’addiction au cannabis est légèrement moins fréquent que celui de l’alcool et du tabac (71 % contre 78 % et 81 %). L’aide à l’arrêt du tabagisme reste moins proposée (47 %) que celle concernant le cannabis (55 %) et l’alcool (76 %).
La recherche d’autres addictions est réalisée dans plus d’un dossier sur deux.
Conclusion
L’indicateur de repérage et de proposition d’aide à l’arrêt des addictions montre une amélioration notable au niveau national. Toutefois, une marge de progression demeure importante pour la majorité des établissements. Afin de consolider ces résultats et encourager les pratiques de repérage systématique, l’indicateur sera à nouveau recueilli en 2026.
|
| p086 stabilite temporelle scores echelles depistage tdah chez usagers de crack auteurs herzog g 1 flouriot j 2 lassara l 2 henry m 2 blaise m 1 vorspan f 2 etablissement 1 ghu paris neurosciences hopital marmottan paris france 2 departement de psychiatrie et de medecine addictologique dmu neurosciences aphp nord assistance publique hopitaux de paris ap hp paris france presentateur herzog guillaume |
P086 - Stabilité temporelle scores échelles dépistage TDAH chez usagers de crack
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : HERZOG G. (1), FLOURIOT J. (2), LASSARA L. (2), HENRY M. (2), BLAISE M. (1), VORSPAN F. (2)
Présentateur : HERZOG Guillaume
Etablissement : (1) GHU Paris Neurosciences, hôpital Marmottan, Paris, FRANCE; (2) Département de Psychiatrie et de Médecine Addictologique, DMU Neurosciences, APHP Nord, Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Paris, FRANCE
Introduction
Le Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche 15 à 23% des patients avec troubles de l'usage de substances alors qu’il ne touche que 3% de la population générale. Les échelles WURS (dépistage TDAH dans l'enfance) et ASRS (symptômes actuels à l'âge adulte) sont recommandées pour le dépistage du TDAH chez l’adulte, mais leur stabilité temporelle chez les usagers de crack reste inexplorée. Le chevauchement symptomatique entre effets du crack et symptômes du TDAH soulève des questions sur la stabilité temporelle des scores à ces échelles et, donc, la validité de ces outils de dépistage standardisés pour les usagers de cette substance.
Méthode
Cette étude est ancillaire à l'étude CRACK-TARGET (CT). CT est une étude observationnelle, non comparative et monocentrique (Hôpital Fernand Widal APHP) explorant la sensibilisation comportementale chez les usagers de crack par une mesure d’actimétrie continue, des questionnaires standardisés et des analyses biologiques sur 3 semaines.
La population comprenait des patients avec un trouble sévère de l'usage de crack selon critères du DSM-5. Les patients présentant des troubles ou des symptômes psychiatriques non stabilisés n'ont pas été inclus.
L’objectif principal était d’évaluer la stabilité temporelle des scores WURS et ASRS sur 4 temps de mesure pendant 3 semaines chez les usagers de crack. L’objectif secondaire consistait à évaluer des corrélations entre les variations des scores aux échelles et les niveaux de consommation de crack (auto-déclarés et toxicologie urinaire) hebdomadaires de chaque patient.
Les analyses statistiques prévues incluaient une vérification de la stabilité temporelle des moyennes des scores aux échelles par ANOVA à mesures répétées ou un test de Friedman en cas de distribution non normale ainsi qu’une corrélation de Spearman pour l’atteinte de l’objectif secondaire.
Résultats
Le recrutement est actuellement en cours (n=8/20 prévus). Le taux d'attrition s’est relevé élevé avec 80% de données partiellement complètes. Les résultats préliminaires (n=5 sujets) suggèrent une variabilité des scores WURS malgré la petite taille d'échantillon. Une corrélation négative contre-intuitive semble observée entre les scores ASRS screener (r = -0,552, p = 0,063) et ASRS total (r = -0,557, p = 0,060) et la fréquence de consommation de crack, approchant le seuil de significativité statistique. Les analyses statistiques complètes restent à réaliser.
Conclusion
Bien que préliminaires, ces résultats questionnent la stabilité temporelle des échelles de dépistage TDAH chez les usagers actifs de crack, particulièrement pour la WURS censée évaluer des comportements fixes de l'enfance. Cette instabilité potentielle, si confirmée, remettrait en cause la validité de ces outils pour cette population spécifique.
|
| p088 realite virtuelle en detention effets cliniques et impacts addictologiques auteurs galindo c 1 tostain y 2 etablissement 1 centre hospitalier antibes france 2 pratique liberale aix en provence france presentateur galindo carole |
P088 - Réalité Virtuelle En Détention : Effets Cliniques Et Impacts Addictologiques
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : GALINDO C. (1), TOSTAIN Y. (2)
Présentateur : GALINDO Carole
Etablissement : (1) Centre Hospitalier, Antibes, FRANCE; (2) Pratique libérale, Aix-En-Provence, FRANCE
Introduction
De 2021 à 2025, 4 programmes de réalité virtuelle (RV) ont été menés au sein d'établissements pénitentiaires (Quartier Mineurs (QM) du Centre Pénitentiaire d'Aix-Luynes de 2021 à 2024, Structure d'accompagnement vers la sortie CP Aix-Luynes (SAS) de 2022 à 2024, USMP/CATTP Maison d’Arrêt de Grasse (Grasse) en 2025)
Ils visaient à évaluer les effets anxiolytiques et addictologiques de la RV dans un contexte d’incarcération, marqué par une forte prévalence des troubles anxieux, des conduites addictives et des comportements auto-agressifs. Un objectif secondaire était d'évaluer si la RV pouvait favoriser l'évocation de souvenirs autobiographiques.
Méthode
Un protocole standardisé a été conduit, avec une exposition moyenne de 20 mn par participants sur un nombre total (QM, SAS, Grasse) de 114 ateliers (394 séances individuelles).
L’évaluation repose sur le BAI abrégé, complété par une grille spécifique (G1), des échelles visuelles analogiques (humeur, anxiété, intensité émotionnelle, optimisme), ainsi qu’un questionnaire de satisfaction. L’application utilisée a été développée spécifiquement pour ces programmes et propose des environnements immersifs variés (contemplatifs, interactifs, hypnotiques, narratifs). Des modules spécifiques dédiés aux conduites addictives (alcool, cannabis, cocaïne) ont été introduits en 2022.
Résultats
La tolérance s'est révélée excellente sans cinétose ni trouble de l’équilibre ni manifestation agressive.
Le taux d’acceptation est élevé (plus 95%).
L’effet anxiolytique immédiat a été observé chez environ 95 % des participants (sans différence significative entre les lieux). 87 % des participants présentent un score BAI post-séance minimal (0–7) malgré 13 % d’anxiété initiale modérée à sévère ; le delta demeure faible chez les sujets peu anxieux.
Les résultats confirment également une amélioration de l’humeur et un accroissement de l’optimisme. Les scores de satisfaction sont élevés (satisfaction 8,8–8,9 ; utilité 8,4–9,0 ; recommandation 8,5–9,2 ; ennui <1).
La baisse des comportements auto-agressifs (scarifications, autolyse etc.) n'était significative que dans le cas de la SAS.
71–81 % des participants associent l’expérience immersive à des souvenirs autobiographiques, parfois chargés affectivement, facilitant l’expression de vécus traumatiques. À plusieurs reprises, s'est révélé un tableau complet de SSPT jusque-là inaperçu.
74 % des participants expriment une intention de suivi addictologique après leur sortie (CSAPA, ville, SSR).
Conclusion
La RV apparaît comme un dispositif sûr, innovant et acceptable en milieu carcéral, réduisant l’anxiété et facilitant la verbalisation des vécus traumatiques et addictifs. Son intégration en milieu pénitentiaire pourrait constituer un outil pérenne pour l'anxiolyse rapide, l'amélioration de l’humeur, l'accès facilité aux associations, le repérage de symptômes post-traumatiques, et la mise en perspective des déclencheurs.
|
| p089 attitudes et perceptions des etudiants tunisiens envers la consommation du cannabis et la loi 92 52 auteurs ben massoued r 1 etablissement 1 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur ben massoued rihab |
P089 - Attitudes et perceptions des étudiants tunisiens envers la consommation du cannabis et la loi 92-52
Thème: 07 - Addictions
Auteurs : BEN-MASSOUED R. (1)
Présentateur : BEN-MASSOUED Rihab
Etablissement : (1) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE
Introduction Dans le monde comme en Tunisie, l’usage du cannabis est de plus en plus répondu, touchant surtout l’adulte jeune. La polémique autour de la législation Tunisienne interdisant la consommation de cette substance ne cesse de resurgir au moindre incident. Cependant les facteurs influençant l’attitude des jeunes tunisiens envers la politique d’interdiction restent encore mal définis. L’objectif de cette étude était d’évaluer les attitudes et les perceptions des étudiants envers la consommation du cannabis et la législation en vigueur ainsi que les facteurs associés à un avis défavorable à la loi 92-52. Méthodologie Il s’agit d’une étude descriptive transversale, menée du 15 février au 15 mars 2021, auprès des étudiants tunisiens âgés entre 18 et 25 ans. Un questionnaire partagé en ligne a permis l’évaluation des attitudes et des perceptions vis-à-vis la consommation du cannabis et le recueil des opinions sur la loi 92-52. Résultats Un total de 208 réponses ont été retenues. La moyenne d’âge des participants était de 21,5 ans et 57,7% des répondeurs étaient de sexe féminin. Les étudiants qui ont essayé le cannabis au moins une fois dans leurs vies représentaient 40,9%. Cette consommation était trois fois plus importante chez les le sexe masculin. Environ 30% des étudiants qui ont essayé le cannabis, ont exprimé leur intention à consommer encore plus. Les étudiants ayant une faible perception de la nocivité du cannabis représentaient 40,4% et environ 37,5% avaient une forte perception positive. Un pourcentage de 86,5% des étudiants, a déclaré avoir un avis défavorable à la loi 92-52 et 64,9% ont réclamé la légalisation du cannabis en Tunisie. Cette attitude favorable des étudiants à la décriminalisation ou à la légalisation du cannabis en Tunisie a été significativement associée à la consommation du cannabis (p=0,019), la forte perception positive au cannabis (p<0,001) et la forte approbation sociale de la consommation (p=0,002). Conclusions L’identification de ces facteurs a permis de déduire l’importance de l’éducation des jeunes aux risques de la consommation du cannabis, pouvant ainsi influencer leurs avis concernant sa législation en Tunisie. Mots clés : Cannabis, Attitudes, Perceptions, Législation
|
| p090 troubles addictifs et correlats dans le contexte de la pratique du chemsex une enquete en ligne francaise auteurs pavirani l 1 3 jakubiec l 2 daveluy a 3 cazanave c 3 desnavailles p 1 fatseas m 1 3 etablissement 1 centre hospitalier charles perrens bordeaux france 2 centre hospitalier des pyrenees pau france 3 chu de bordeaux bordeaux france presentateur pavirani luca |
P090 - Troubles addictifs et corrélats dans le contexte de la pratique du chemsex : une enquête en ligne française
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : PAVIRANI L. (1,3), JAKUBIEC L. (2), DAVELUY A. (3), CAZANAVE C. (3), DESNAVAILLES P. (1), FATSEAS M. (1,3)
Présentateur : PAVIRANI Luca
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Charles Perrens, Bordeaux, FRANCE; (2) Centre Hospitalier des Pyrénées, Pau, FRANCE; (3) CHU de Bordeaux, Bordeaux, FRANCE
Contexte
Les données existantes montrent que la pratique du chemsex peut avoir des effets néfastes sur la santé. Cependant, la question du Trouble de l’Usage (TU) selon les critères du DSM-5 reste peu étudiée dans cette population. Notre étude avait pour objectif d’évaluer la prévalence et les facteurs associés au TU des substances et à l'addiction au chemsex (consommation de substances à but sexuel) chez les personnes pratiquant le chemsex, à l'aide d'un auto-questionnaire en ligne.
Méthode
132 adultes français ayant pratiqué du chemsex au cours des 12 derniers mois ont été évalués sur leurs caractéristiques sociodémographiques, les modalités de consommation des substances, les critères DSM-5 relatifs au TU et adaptés au chemsex, les conséquences associées et les pratiques sexuelles. Des analyses univariées et un modèle de régression logistique ont été réalisés afin d'explorer les variables associées à la dépendance aux substances et au chemsex.
Résultats
Les substances les plus consommées étaient les cathinones de synthèse, suivies par le GHB/GBL et les stimulants. Les TU étaient très fréquents, en particulier aux cathinones et à la pratique du chemsex. Ils étaient associés à des conséquences négatives importantes, notamment en matière de santé mentale et d'idées suicidaires. La présence d'un TU aux cathinones était associée à une dépendance au GHB/GBL, à une perte de contrôle du comportement sexuel, à un craving au sexe et à une dépendance au chemsex. Le TU aux cathinones et le craving au sexe étaient tous deux des facteurs prédictifs significatifs de la dépendance au chemsex.
Discussion
Notre étude souligne l'importance d'évaluer les troubles addictifs dans le contexte de la pratique du chemsex en intégrant à la fois le TU aux substances et les addictions comportementales en raison de la forte interconnexion entre la consommation de substances et la sexualité. Des approches thérapeutiques multidimensionnelles sont nécessaires pour prévenir et gérer de manière adéquate les schémas addictifs spécifiques et les comportements à risque associés chez les personnes pratiquant le chemsex
 Prevalence of Substance Use Disorders and main patterns of polyaddictions
|
| p095 mesusage du reseau social numerique tiktok et facteurs associes auteurs traore b 1 2 gonce d 1 2 ipou y 1 ahounou e 1 2 mangbli m 1 2 yeo tenena y 1 etablissement 1 universite felix houphouet boigny abidjan cote d ivoire 2 institut national de sante publique abidjan cote d ivoire presentateur traore brahim samuel |
P095 - Mésusage du réseau social numérique « tiktok » et facteurs associes
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : TRAORE B. (1,2), GONCE D. (1,2), IPOU Y. (1), AHOUNOU E. (1,2), MANGBLI M. (1,2), YEO-TENENA Y. (1)
Présentateur : TRAORE Brahim Samuel
Etablissement : (1) Université Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Abidjan, COTE D'IVOIRE; (2) Institut National de Santé Publique , Abidjan, COTE D'IVOIRE
Introduction : L’essor rapide des réseaux sociaux numérique au sein de la population estudiantine suscite un intérêt croissant quant à leurs effets sur la santé mentale.
Méthode : Il s’est agi d’une étude transversale et analytique menée auprès de 407 étudiants. La technique d’échantillonnage était de type probabiliste stratifiée. L’objectif était de rechercher les facteurs associés au mésusage de « TikTok » chez les étudiants de l’Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY d’Abidjan (Côte d’Ivoire). L’enquête relative à cette étude a duré 06 mois (d’Octobre 2024 à Mars 2025). L’outil de recueil des données était un questionnaire comprenant une version adaptée de l’échelle Bergen Facebook Addiction Scale et des indicateurs psychosociaux. La taille de l’échantillon a été obtenue à partir de la formule de Schwartz : n = ( t² *p*q. ) / m². Le test statistique de Khi deux de student a été appliqué pour la partie analytique.
Résultats : 44,47% des enquêtés avaient un âge compris entre 22 ans et 27 ans. Ils étaient au niveau licence dans 60,69 % des cas. 15,48?% présentait une addiction et 53,56% un usage problématique selon l’échelle. A partir d’une heure de scroll par jour, une corrélation apparaît avec l’usage problématique (p-value = 0,0072). Une corrélation a été trouvée entre l’usage problématique et certains symptômes comme la nervosité (p?=?0,001), la difficulté de concentration (p?0,001)et les idées suicidaires (p?=?0,0331).
Conclusion : L’usage excessif de TikTok est fréquent chez les étudiants et est associé la durée de connexion journalière et des symptômes psychologiques. Une prévention ciblée est nécessaire.
Mots-clés : TikTok, addiction comportementale, santé mentale, étudiants, Côte d’Ivoire.
|
| p096 theorie de lesprit et addictions etude cas temoins sur 19 patients au centre daddictologie a lhopital psychiatrique chu hassan ii fes auteurs amaloud i 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 chu hassan ii fes maroc presentateur amaloud ismail |
P096 - Théorie de l’esprit et addictions : Etude CAS / Témoins sur 19 patients au centre d’addictologie à l’hôpital psychiatrique - CHU HASSAN II FES.
Thème: 07 - Addictions
Voir le poster
Auteurs : AMALOUD I. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : AMALOUD Ismail
Etablissement : (1) CHU Hassan II, Fes, MAROC
Introduction :
La Theorie d’esprit (ToM) est une capacité cognitive qui permet de se représenter les
états mentaux d'autres individus et d'utiliser ces représentations afin d'expliquer ou
de prédire leur comportement.
L’objectif de notre travail est d’Evaluer la ToM chez les patients avec usage de
substances, et de déterminer les facteurs associés à une moins bonne performance
de la ToM
Matériels et méthodes :
On a mené une Étude cas/ témoins, monocentrique, à visée descriptive et
analytique, qui s’est déroulée pendant une semaine, au sein du service de
psychiatrie du CHU Hassan II de Fès.
On a inclus des patients âgés de plus de 14 ans, consommateurs de substances, et
qui ont été recruté dans le centre d’addictologie de Fès a partir du service
d’hospitalisation et des consultations ambulatoires.
Le recueil des données était fait sur un questionnaire comportant :
Caractéristiques socio démographiques
Antécédents psychiatriques personnels et familiaux
Données sur la consommation : le type de Substance, quantité, existence de
trouble d’usage de substance (TUS) et sa sévérité
Le test Thomas : c’est une échelle d’évaluation de la ToM, à 39 Items.
Les données ont été codées et saisies sur Excel.
Analyse statistique faite sur SPSS.
Résultats :
Notre étude a colligé 19 participants, 11 cas (7 cas hospitalisés en service
d’addictologie et 4 recrutés en marge de la consultation ambulatoire d’addictologie)
et 8 témoins appariés selon l’âge et le sexe.
L’âge moyen était de 34,26 +/- 14,951, 14 participants (soit 73,7%) étaient de sexe
masculin, 12 (63,2%) étaient célibataires, et 8 (42, 1%) sans profession. 4 (21,1%)
avaient dans antécédents psychiatriques personnels (un cas de schizophrénie, un
cas de trouble bipolaire et 2 cas de trouble dépressif), les antécédents familiaux
étaient retrouvés chez 5 cas (26,3%)
11 cas étaient des consommateurs de substances, le trouble d’usage de substance
selon les critères DSM 5 a été objectivé chez tous les 11cas, avec une sévérité
légère dans 3 cas (27,3%), moyenne dans 2 cas (18,2%) et Sévère dans 6 cas
(54,5%).
Pour le type de substance : le Tabac comme étant la substance la plus consommée
(39%), suivie de l’alcool (23%), cannabis (19%), cocaïne (15%), colle snifée (4%).
Le score moyen du test Th.o.m.a.s chez les cas était de 98, 18 +/- 10,348, inférieur
à celui des Témoins qui était de 125,75 +/- 26,690.
Pour l’analyse uni variée : Dans l’ensemble, le groupe des cas a obtenu de moins
bons résultats que le groupe témoins à chacune des échelles et sous échelles
individuelles du Th.o.m.a.s. avec des différences significatives.
Conclusion :
Les résultats de notre étude étaient en faveur d’une moins bonne performance de la
ToM chez les patients avec TUS, et sont conformes aux peu de données retrouvées
dans la littérature.
|
| p097 perceptions emotionnelles et corporelles chez des adolescents souffrant d un tca auteurs mayer benarous h 1 letranchant a 1 corcos m 1 robin m 1 etablissement 1 institut mutualiste montsouris paris france presentateur mayer benarous hanna |
P097 - Perceptions émotionnelles et corporelles chez des adolescents souffrant d'un TCA
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Auteurs : MAYER-BENAROUS H. (1), LETRANCHANT A. (1), CORCOS M. (1), ROBIN M. (1)
Présentateur : MAYER-BENAROUS Hanna
Etablissement : (1) Institut Mutualiste Montsouris, Paris, FRANCE
- Des spécificités dans la perception et la représentation des états internes (intéroception) et des signaux sociaux, notamment de reconnaissance des émotions, ont été mis en évidence dans les troubles du comportement alimentaire (TCA) et proposés comme des facteurs de vulnérabilité.
- Pour discuter de ces hypothèses, nous présenterons ici trois études ayant porté sur la perception de soi (intéroception, alexithymie) et d’autrui (reconnaissance des émotions faciales, REF) chez des adolescents présentant ou non des TCA.
- L’étude EURNET-BPD (Réseau Européen d’Etude du trouble de personnalité borderline à l’adolescence) a révélé une majoration des capacités de REF et une diminution des capacités à percevoir ses propres émotions chez des adolescents présentant un trouble borderline en comorbidité avec un TCA (n=47), comparé à des adolescents qui ne présentaient pas cette comorbidité (n=42). L’étude PERCEPT précisait ces résultats en population clinique, chez des adolescents hospitalisés, en retrouvant des capacités de REF augmentées dans le groupe TCA (n=20) par rapport au groupe non TCA (n=40). Il existait des profils différents selon les sous-types de TCA. L’étude RELADO 2 a recherché des différences de profils intéroceptifs chez des adolescents avec troubles psychiatriques, qui présentaient (n=21) ou non (n=26) un TCA, ainsi que chez des adolescents qui ne présentaient pas de troubles psychiatriques (n=42). Les adolescents présentant un TCA avaient une meilleure perception de leurs battements cardiaques que les témoins sains, alors même qu’ils se décrivent plus en difficulté pour percevoir leurs signaux corporels par rapport aux deux autres groupes.
- Ces résultats offrent des perspectives pour la compréhension des particularités d’intégration des sensations corporelles chez les adolescents présentant un TCA, avec des perceptions corporelles envahissantes et ne pouvant s’ancrer dans un ressenti émotionnel, ainsi que des ressources plutôt tournées vers l’extérieur, avec une hypervigilance aux émotions d’autrui. Ces résultats pourraient éclairer des pistes thérapeutiques.
|
| p098 l innovation au profit du parcours de soin en psychiatrie de l enfant et de l adolescent auteurs mulin e 1 trouillet i 1 etablissement 1 psy4kids hyeres france presentateur trouillet isabelle |
P098 - l'innovation au profit du parcours de soin en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : MULIN E. (1), Trouillet I. (1)
Présentateur : Trouillet Isabelle
Etablissement : (1) Psy4KIDS, Hyeres, FRANCE
En France, 1.6 millions d’enfants et adolescents sont concernés par des troubles psychiques dont la moitié reste à ce jour sans orientation claire, ni suivi/prise en soin adaptés. les services de psychiatrie pour enfant et adolescent (PEA) sont saturés avec une demande croissante et une diminution de l'offre de soin ainsi que des inégalités territoriales.
notre étude pilote a pour obectif de repnser le parcours de soin en PEA en s'appuyant sur l'innovation en santé pour réduire les délais de prise en soin et fluidifier la coordination entre les différents intervenants et contribuer à désengorger les services de PEA:
Le parcours proposé permet le dépistage des troubles psychique par le médecin traitant, pour inclure les enfants et adolescents dans le dispositif. Il s’appuie sur une gradation des troubles par le médecin traitant en 3 niveaux :
-1 : situations ne nécessitant pas l'intervention d'un médecin spécialisé en PEA d'emblée
-2 : situations nécessitant un avis ou un intervention spécialisée
-3 : situation d’urgence nécessitant un avis spécialisé en PEA en urgence
Après évaluation clinique des situations d’urgence en PEA, complétée par des outils de psychométrie (SDQ, BITS Test, ASQ questionnaire, CSSR…), le médecin traitant oriente directement les enfants ou adolescent dont les troubles correspondent au niveau 3 vers les services d’urgence de PEA.
Dans les autres situations, le médecin traitant propose un accès à la plateforme Psy4Kids à l’enfant/adolescent et à sa famille pour remplir des questionnaires intelligents et reprogramme un rdv pour compléter l’évaluation et la gradation des troubles psychiques.
Les questionnaires intelligents sont complétés depuis le domicile par les parents et l’adolescents. Deux synthèses s’appuyant sur l’analyse des réponses aux questionnaires intelligents sont réalisées :
1: des fiches conseils individualisées en fonction des réponses (psycho nutrition, activité physique, sommeil, écrans, régulation des émotions, efficacité relationnelle/interpersonnelle)
2: adressée au médecin traitant permettant, (+/- sécurisé par la téléexpertise) :
-l'accès rapide aux informations administratives, d’anamnèse et cliniques
-d’assister l’évaluation diagnostique (catégorielle et dimensionnelle),
-de sécuriser la gradation des troubles pour définir le « niveau » et adapter le parcours patient
-de copiloter la coordination des soins de manière individualisée et l’orientation adaptée.
Le médecin traitant assisté et sécurisé par la synthèse de la plateforme psy4kids et éventuellement par un accès à la télé-expertise définit une gradation des troubles en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et oriente :
dans les situations de niveau 1 vers des professionnels de santé non médicaux (psychologues, IPA, psychomotricien… )
dans les situations de niveau 2 vers un psychiatre pour enfant ou adolescent. La plateforme Psy4Kids est copilote la coordination du parcours patient en fluidifiant les échanges entre professionnels médicaux ou non médicaux.
 coordination du parcours de soin via la plateforme Psy4KIDS
 proposition de parcours de soin en fonction de la gradation
|
| p099 antecedents d exposition traumatique chez les adolescents auteurs pele c 1 kerbage h 1 etablissement 1 mpea chu de montpellier montpellier france presentateur pele constance |
P099 - Antécédents d'exposition traumatique chez les adolescents
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : PELÉ C. (1), KERBAGE H. (1)
Présentateur : PELÉ Constance
Etablissement : (1) MPEA CHU DE MONTPELLIER, Montpellier, FRANCE
Introduction : Les adolescents sont fréquemment exposés à des événements potentiellement traumatiques (abus, maltraitance). Ces expériences adverses de l’enfance influencent le développement des troubles du comportement alimentaire (TCA). Les patients TCA exposés à la maltraitance présentent plus souvent des comorbidités psychiatriques, un âge d’apparition plus précoce, une sévérité accrue et un risque suicidaire plus élevé.
Méthode : Il s’agit d’une étude observationnelle, descriptive, rétrospective et monocentrique menée au CHU de Montpellier.
Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux et du PMSI, en se focalisant sur les antécédents traumatiques, la présence de TSPT et les diagnostics principaux et associés.
L’objectif principal est d’évaluer la fréquence de recherche à l’entretien pédopsychiatrique par le clinicien des antécédents d’exposition à des évènements traumatiques chez les adolescents âgés de 11 à 16 ans suivis dans les services de la MPEA du CHU de Montpellier, que ce soit en hospitalisation ou en ambulatoire, durant les deux dernières années, en utilisant les observations médicales dans les dossiers médicaux des patients.
Les objectifs secondaires sont :
Évaluer la fréquence des antécédents d’exposition à des évènements traumatiques
Évaluer la fréquence d’un diagnostic de TSPT
Hypothèses :
Les antécédents d’exposition traumatiques ne sont pas suffisamment recherchés en pratique courante par les professionnels de santé
En comparaison avec le groupe autre trouble psychiatriques, ou les antécédents d’exposition traumatique sont connus comme étant plus élevés qu’en population générale, les patients TCA présentent la même probabilité d’avoir un antécédent d’exposition traumatique voire un risque plus élevé.
En comparaison avec le groupe autre trouble psychiatriques sans TCA, on retrouve Dans l’évaluation clinique des patients plus de diagnostics de TSPT par le clinicien
Résultats : Moins des 3/4 des adolescents de 11 à 16 ans, ont bénéficiés d’une évaluation des antécédents traumatiques par leur pédopsychiatre et moins de 5% d’entre eux ont bénéficié d’outils standardisés pour l’évaluation. Parmi eux, plus de la moitié ont été exposés à au moins un traumatisme, et plus de 10 % ont développé un TSPT.
Dans le sous-groupe TCA, moins de la moitié ont été exposés à au moins un évènement traumatique parmi ceux interrogés et moins d’un quart si l’on considère tous les patients TCA ; une prévalence inférieure à celle de l’échantillon général.
Conclusion : Il est essentiel de renforcer la recherche des antécédents d’exposition traumatique chez les adolescents en utilisant systématiquement des échelles standardisées, afin d’améliorer le dépistage, en particulier chez les patients présentant un trouble du comportement alimentaire, chez qui l’alexithymie peut masquer la reconnaissance ou l’expression des traumatismes vécus.
 Exposition traumatique chez les adolescents
 Exposition traumatique et TSPT selon le diagnostic
|
| p100 des amis imaginaires aux compagnons artificiels grandir avec lintelligence artificielle auteurs mouhoud t 1 baubet t 1 etablissement 1 hopital avicenne aphp bobigny france presentateur mouhoud theo |
P100 - Des amis imaginaires aux compagnons artificiels : Grandir avec l’intelligence artificielle
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Auteurs : MOUHOUD T. (1), BAUBET T. (1)
Présentateur : MOUHOUD Théo
Etablissement : (1) Hôpital Avicenne APHP, Bobigny, FRANCE
Introduction
De nombreux adolescents utilisent aujourd’hui des intelligences artificielles (IA) conversationnelles, parfois investies comme de véritables compagnons. Cette évolution soulève une question clinique et psychopathologique centrale : quelles transformations psychiques et relationnelles peut entraîner la croissance auprès d’IA interactives intégrées dans l’espace affectif des jeunes ?
Méthode
Ce travail propose une analyse clinique et psychopathologique à partir des données récentes de la littérature internationale (2020-2025) et de l’expérience clinique en pédopsychiatrie. Les sources incluent des enquêtes populationnelles, des études expérimentales, des méta-analyses en santé mentale, ainsi que des travaux conceptuels.
Résultats
Les données récentes montrent que 72 % des adolescents américains ont déjà interagi avec une IA, un tiers y trouvant une satisfaction affective comparable à une amitié humaine. Les enfants tendent à attribuer à l’IA une subjectivité et une empathie simulée, ce qui brouille les frontières entre relation humaine et interaction artificielle. Contrairement à l’ami imaginaire, fruit de l’activité psychique créative, l’IA constitue un objet relationnel externe, prêt-à-l’emploi, toujours disponible, mais potentiellement aliénant. Cette anthropomorphisation favorise la perception de l’IA comme figure d’attachement substitutive, générant une illusion de réciprocité affective. Ces observations trouvent un écho en pédopsychiatrie, où l’anthropomorphisation des objets techniques et leur investissement affectif sont de plus en plus présents dans les consultations, les prises en charge cliniques et les inquiétudes parentales. Certains bénéfices sont identifiés comme la réduction transitoire de l’anxiété, la présence d’un espace de projection, la médiation dans l’apprentissage ou l’identité. Toutefois, les risques sont significatifs : dépendance relationnelle, confusion symbolique, captation des vulnérabilités pour des usages commerciaux, menace sur l’autonomie, la construction de l’altérité et mises en danger.
Conclusion
L’IA est désormais un objet psychique et social qui transforme les repères relationnels et générationnels. Grandir avec une IA comme compagnon pose la question du devenir de l’espace symbolique, de la fonction de l’imaginaire et des processus d’attachement. Il est urgent de développer des cadres de régulation, de concevoir des IA adaptées aux enfants et de mener des recherches longitudinales sur leurs effets psychiques. L’enjeu est collectif : garantir que la présence de l’IA soutienne, plutôt qu’elle n’entrave, le développement des jeunes générations.
|
| p102 instruments de mesure de limpact sur la vie en pedopsychiatrie revue de revues auteurs krause k 1 etablissement 1 universite paris cite paris france presentateur krause karolin |
P102 - Instruments de mesure de l’impact sur la vie en pédopsychiatrie : revue de revues
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : KRAUSE K. (1)
Présentateur : KRAUSE Karolin
Etablissement : (1) Université Paris Cité , Paris, FRANCE
Contexte : Les troubles mentaux affectent fortement le fonctionnement, la qualité de vie et le bien-être des enfants et des adolescents. Cet « impact sur la vie » est un critère central, mais il existe un déficit de clarté conceptuelle et un manque d’instruments de mesure validés et largement adoptés, limitant la comparabilité des études. Nous avons mené une revue systématique de revues pour cartographier les instruments évaluant l’impact sur la vie à travers le fonctionnement, la qualité de vie ou le bien-être. Nos objectifs étaient d’identifier les instruments décrits, de comparer leurs caractéristiques de conception, d’examiner la qualité de leur développement et d’évaluer la cohérence des construits cibles retenus.
Méthodes : Six bases de données ont été interrogées afin d’identifier des revues systématiques, de portée, rapides ou narratives portant sur les instruments de mesure du fonctionnement, de la qualité de vie ou du bien-être chez les jeunes de 6 à 24 ans présentant des troubles psychiques. Pour chaque instrument, nous avons extrait les publications originales de développement ou de validation, documenté le construit mesuré et les caractéristiques méthodologiques. Un sous-ensemble d’instruments a fait l’objet d’une évaluation descriptive de la qualité de leur développement.
Résultats : Quatre-vingts instruments ont été recensés : 35 pour le fonctionnement, 33 pour la qualité de vie et 12 pour le bien-être. Les deux tiers avaient été conçus pour des enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, mais aucun ne ciblait spécifiquement les jeunes adultes (19–24 ans). Les instruments de fonctionnement étaient souvent développés pour une évaluation multi-informateurs, tandis que ceux de qualité de vie et de bien-être reposaient surtout sur l’auto-questionnaire. Les premiers avaient fréquemment été validés dans des populations présentant des troubles psychiatriques, contrairement aux instruments de qualité de vie et de bien-être. Dans plus d’un quart des cas, le construit mesuré était mal classé dans au moins une revue, notamment en raison de confusions entre qualité de vie et bien-être.
Conclusions : Les troubles psychiques impactent de manière transversale le fonctionnement, la qualité de vie et le bien-être. L’impact sur la vie devrait être considéré comme un critère d’évaluation essentiel en recherche clinique et en pratique. Cette revue fournit des repères pour orienter le choix des instruments de mesure adaptés à la santé mentale des jeunes, sur la base de leurs caractéristiques conceptuelles et méthodologiques.
|
| p103 prise en charge des comportements tyranniques en cmp enfants auteurs scappaticci r 1 petit m 1 etablissement 1 esmpi vienne vienne france presentateur petit manon |
P103 - Prise en charge des comportements tyranniques en CMP enfants
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : SCAPPATICCI R. (1), PETIT M. (1)
Présentateur : PETIT Manon
Etablissement : (1) ESMPI Vienne, Vienne, FRANCE
Le prise en charge des familles dont l'enfant présente des comportements tyranniques est complexe en France. La revue de la littérature nous indique que ces enfants présentent plusieurs troubles (TND, humeur, anxiété...) associés à une inversion de la hiérarchie familiale et des comportements de violence essentiellement intrafamiliaux. Ces comportements peuvent regrouper de la violence : physique, verbale, psychologique, matérielle...
Cette dimension de fonctionnement est associée à une dégradation majeure de la qualité de vie des familles et de la santé mentale des parents. En effet, les parents ont plus tendance à s'isoler, ne pas en parler, présenter une anxiété et une dépression.
Dans la prise en cahrge de ces familles, à ce jour, un seul programme existe, celui de Résistance Non Violente, validé en France au CHU de Montpellier par l'équipe du Pr Purper Ouakil et initialement par le Dr Omer à Tel Aviv. Néanmoins, hors contexte de CHU, ce programme n'a pas pu être répliqué. En effet, les familles accueillies en Centre Médico Psychologique diffèrent de celles accueillies en CHU tant sur leur adhésion aux soins, que leur présence et leur participation à des programmes de soins parenatux.
Nous proposons donc une application de ce programme au sein de notre CMP avec les parents des familles que nous accueillons et donc une adaptation du programme initial à la population accueillie dans les CMP. Certaines parties du programmmes ont du être aménagées afin de permettre une meilleure acceptabilité pour les familles.
Notre propos illustrera ces adaptations et l'acceptatbilité ainsi que la faisabilité du programme dans notre CMP. Egalement, nous ferons un reotur qualitatif des effets du programme pour ces familles, ne disposant pas de retour statistique actuellement.
Nous souhaiterions ainsi que ces programmes puissent être également mis en place dans d'autres CMP afin de pouvoir, à terme disposer de données plus robustes et proposer des résultats statistiques sur l'efficacité du programme.
|
| p104 cemafee coordonner et accompagner la sante mentale perinatale auteurs castano e 1 chardon f 1 labed k 1 ogeix b 1 legrand g 1 franchitti a 1 etablissement 1 centre hospitalier sainte marie clermont ferrand clermont ferrand france presentateur castano emmanuelle |
P104 - CéMAFEE : coordonner et accompagner la santé mentale périnatale
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : CASTANO E. (1), CHARDON F. (1), LABED K. (1), OGEIX B. (1), LEGRAND G. (1), FRANCHITTI A. (1)
Présentateur : CASTANO Emmanuelle
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Sainte-Marie Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, FRANCE
Introduction
Les femmes souffrant de troubles psychiatriques sévères accèdent souvent à la maternité. Leurs grossesses sont marquées par des complications obstétricales, sociales, et parfois psychiatriques. Les ruptures de soins et d’accompagnement en constituent les facteurs principaux. Il existe également des conséquences sur l’enfant à naître avec notamment des ruptures de liens précoces « mère-bébé » pouvant aller jusqu’au placement de l’enfant. La littérature souligne l’efficacité de stratégies spécifiques : continuité des traitements, suivi rapproché, auto-surveillance des symptômes et plans de crise. Le rapport des « 1000 premiers jours » souligne la nécessité de dispositifs dédiés, dès la période préconceptionelle par la création de parcours de soins gradués et coordonnés, avec la participation des psychiatres de l’enfant dès ces stades précoces.
Méthode
Le parcours CéMaFEE (Case Management Femmes Enceintes Enfants) du Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand a été créé en 2024 à partir d’une plateforme de consultations pouvant intervenir dès l’antéconception. Ce parcours s’étend du désir de grossesse jusqu'aux deux ans de l'enfant. La visée est d'accompagner les interactions précoces, maintenir la santé mentale des parents, prévenir les ruptures de soins et travailler le lien précoce dans un contexte de vulnérabilité psychique. Les modalités d’orientation, motifs de demande et interventions proposées dans le cadre du case management ont été extraits des dossiers et analysés de manière descriptive. L’analyse a distingué les situations avec évaluation complète selon la temporalité et décrit les parcours coordonnés initiés, incluant femmes, enfants et conjoints concernés.
Résultats
Du 01/08/2024 au 01/10/2025, 51 sollicitations ont été enregistrées dont 34 ont donné lieu à une évaluation complète (2 en préconceptionnelle, 19 pendant la grossesse et 13 en post-partum). 70.6% (n=24) ont été intégrées dans un parcours coordonné CéMAFEE, impliquant 24 femmes, 22 enfants et 9 conjoints (n=55). Ces résultats préliminaires soulignent l’adhésion des couples sans aucune rupture de parcours et un taux de placement à 5.88%.
Conclusion
Le dispositif CéMAFEE illustre la pertinence d’une approche des soins gradués, spécifique et coordonnée en psychiatrie périnatale à destination des femmes/couples avec troubles psychiatriques sévères. Ces résultats préliminaires appellent à consolider et déployer le dispositif afin de répondre à un enjeu majeur de santé publique : concilier parentalité et santé mentale dans une perspective de prévention précoce et de soutien du lien.
|
| p106 usage des psychotropes en pedopsychiatrie interets therapeutiques et limites potentielles auteurs baali o 1 benkirane s 1 etablissement 1 faculte medecine casablanca hopital mere enfant abderrahim harouchi casablanca maroc presentateur baali oumayma |
P106 - Usage des psychotropes en pédopsychiatrie : intérêts thérapeutiques et limites potentielles
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : BAALI O. (1), BENKIRANE S. (1)
Présentateur : BAALI Oumayma
Etablissement : (1) Faculté médecine Casablanca - Hôpital mère enfant Abderrahim Harouchi, Casablanca, MAROC
Introduction
La prescription de psychotropes est l’un des piliers de prise en charge thérapeutique en pédopsychiatrie.En raison des particularités développementales de cette catégorie d’âge, cette pratique clinique nécessite une approche rigoureuse et une vigilance particulière quant aux effets secondaires. L’objectif de notre travail est de décrire l’état des lieux de cette prescription médicamenteuse en pédopsychiatrie et d’évaluer les éventuels défis.
Méthode
Une étude prospective menée auprès des patients consultants au niveau du service de pédopsychiatrie à l’hôpital mère-enfant Abderrahim Harouchi du Chu Ibn Rochd de Casablanca entre octobre et décembre 2024. Tous les patients âgés de plus de 5 ans mis sous prescription médicamenteuse ont été inclus.Le recueil des données a été réalisé à l’aide d’une fiche d’exploitation préétablie.
Résultats
Au total 114 patients ont été inclus dans cette étude,âgés entre 5 et 17 ans avec un sex-ratio de 0,67.La durée du suivi variait entre 1 mois et 7 ans.Les entités diagnostiques ont été retenu dont principalement trouble dépressif caractérisé 19,2%,trouble psychotique 19,2%,handicap intellectuel 19,2%, un trouble du spectre de l’autisme 12,2%, un trouble de personnalité en constitution 10,5% et un trouble bipolaire 3,5%.
La prescription de psychotropes était le même jour de consultation 8,7%, après une semaine 22,8%, après un mois 36,8%, après 3 mois 24,5%,au-delà de 6 mois 6,9%. Par ailleurs,72% des parents acceptaient cette prescription et 38,6% des patients la refusaient.
Les antipsychotiques étaient les plus fréquents dont les classiques (lévomépromazine 35%) et puis ceux de 2ème génération dont principalement la rispéridone 57,9% puis quétiapine 52%,aripiprazole 15,7%,olanzapine 1,7%.
Parmi ces patients,45,7% n’adhèrent pas au traitement principalement par peur d’effets indésirables et peur de la stigmatisation par l’entourage.L’observance au traitement était qualifiée comme mauvaise pour 36,8% des patients en rapport d’une part avec une dose et un horaire jugés comme inadéquats et d’autre part liée à l’apparition d’effets indésirables. Ces effets ont été de l’ordre métabolique prise de poids 10,5%, neurologique (céphalées et syndrome malin des neuroleptiques 7%),cutané (réaction allergique 5,2%),cardiovasculaire (hypotension et douleur thoracique 3,5%) et gastro-entérique.
La rémission de la symptomatologie a été obtenu dans 79% des cas à des intervalles variables;avant 15 jours 14%,entre 15 jours et 1 mois 38,6%et au-delà d’un mois 26,3%. Des rechutes 52,6% ont été observées liées principalement à une mauvaise observance au traitement ou à l’apparition de facteur de stress.
Conclusion
La prescription de psychotropes en pédopsychiatrie repose sur un équilibre entre bénéfices thérapeutiques et risques potentiels. Elle doit s’inscrire dans une démarche individualisée centrée sur les besoins spécifiques de l’enfant et l’adolescent avec un suivi régulier et une prise en charge pluridisciplinaire.
|
| p107 troubles du sommeil chez les enfants avec tsa en algerie auteurs loucifi h 1 boulecane a 1 bensaida m 1 etablissement 1 etablissement hospitalier specialise aboubaker er razi annaba algerie presentateur loucifi hana |
P107 - Troubles du sommeil chez les enfants avec TSA en Algérie
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : LOUCIFI H. (1), BOULECANE A. (1), BENSAIDA M. (1)
Présentateur : LOUCIFI Hana
Etablissement : (1) Établissement hospitalier spécialisé Aboubaker Er-razi, Annaba, ALGERIE
Introduction : Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) concernent environ 1 % des enfants et se caractérisent par une grande hétérogénéité clinique. Plus de 70 % présentent au moins une comorbidité psychiatrique ou somatique. Parmi elles, les troubles du sommeil occupent une place importante, avec une prévalence estimée entre 45 et 86 % (Goldman et al., 2012), soit près de quatre fois plus que chez les enfants à développement typique (Couturier et al., 2005). Ces troubles, souvent négligés, ont des répercussions notables sur le comportement, les apprentissages et la qualité de vie familiale. Notre étude vise à évaluer la fréquence et l’impact des troubles du sommeil chez des enfants présentant un TSA suivis en Algérie.
Méthode : Une étude quantitative, descriptive et transversale a été menée auprès de parents d’enfants atteints de TSA suivis au service de pédopsychiatrie de l’EHS Er Razi à Annaba durantl'année2025. Les données ont été recueillies à partir d’un questionnaire déclaratif portant sur les habitudes de sommeil, les conditions du coucher et les conséquences comportementales perçues. L’échantillon comprenait 30 enfants âgés de 3 à 13 ans. Les caractéristiques sociodémographiques, la scolarisation et la symptomatologie associée ont été analysées de manière descriptive.
Résultats : L’âge moyen des enfants était de 9,2 ans, avec une prédominance masculine (80 % de garçons). Plus de la moitié (58 %) étaient scolarisés dans des établissements spécialisés. Les parents rapportaient fréquemment des troubles du sommeil : difficultés d’endormissement, réveils nocturnes et durée de sommeil inférieure aux recommandations de la National Sleep Foundation (2017). Les répercussions observées incluaient une augmentation de l’agressivité (63,3 %), une aggravation des stéréotypies (40 %), des difficultés cognitives (36,6 %), une exclusion sociale (40 %) et un stress parental (33,3 %). Une fatigue ou somnolence diurne était présente chez 12 % des enfants. Conclusion : Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les enfants présentant un TSA en Algérie et constituent une comorbidité majeure influençant la sévérité clinique du trouble. Leur dépistage systématique et leur prise en charge devraient être intégrés au suivi pédopsychiatrique. L’évaluation des habitudes de sommeil, la guidance parentale et les interventions comportementales spécifiques représentent des axes prioritaires pour améliorer la qualité de vie de l’enfant et de sa famille. Cette étude souligne la nécessité d’une sensibilisation accrue des professionnels de santé à cette problématique encore sous-explorée dans le contexte algérien.
|
| p108 enfants de population militaire et exposition a un evenement traumatique auteurs jebali i 1 falfoul m 1 maarouf e 1 mouldi m 1 oumaya a 1 ben ltaifa a 1 etablissement 1 hopital militaire principal d instruction de tunis tunis tunisie presentateur jebali ichrak |
P108 - Enfants de population militaire et exposition à un évènement traumatique
Thème: 08 - Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Voir le poster
Auteurs : JEBALI I. (1), FALFOUL M. (1), MAAROUF E. (1), MOULDI M. (1), OUMAYA A. (1), BEN LTAIFA A. (1)
Présentateur : JEBALI Ichrak
Etablissement : (1) Hôpital Militaire Principal d'Instruction de Tunis, Tunis, TUNISIE
Objectifs
Étudier les caractéristiques cliniques associées à l’exposition à un événement traumatique.
Méthodes
Une étude transversale descriptive a été menée auprès de 50 patients évalués au service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’Hôpital Militaire entre juillet 2024 et mai 2025, après exposition à un événement traumatique. Les données ont été recueillies rétrospectivement à partir des dossiers médicaux.
Résultats
Un trouble de stress aigu (TSA) et un trouble de stress post-traumatique (TSPT) ont été diagnostiqués respectivement chez 18 % et 32 % des patients. Cinquante pour cent des patients présentaient divers symptômes anxieux sans remplir les critères diagnostiques complets de ces troubles. Aucune différence statistiquement significative n’a été observée concernant la fréquence du TSPT ou du TSA selon le sexe (p = 0,907 ; p = 0,702, respectivement). En revanche, les antécédents familiaux de troubles psychiatriques étaient significativement associés à la fréquence du TSA (p = 0,045) et du TSPT (p = 0,03).
La sévérité de la présentation clinique ne différait pas de manière significative selon le sexe (p = 0,65) ni selon la présence de dynamiques familiales perturbées (p = 0,25).
Une tendance à une symptomatologie plus sévère était observée avec l’âge, bien que cette variation ne soit pas statistiquement significative (p = 0,069).
Les conduites d’évitement étaient plus fréquentes après une exposition directe (87 %) que lors du témoignage de la scène (70 %) ou de l’apprentissage de l’événement par une tierce personne (0 %), sans différence statistiquement significative (p = 0,086).
Les symptômes dissociatifs étaient plus fréquents chez les enfants victimes de violences sexuelles (66 %) comparativement à ceux exposés à d’autres types de traumatismes (34 %), sans atteindre toutefois le seuil de significativité statistique (p = 0,094).
Conclusion
Un dépistage précoce et une prise en charge individualisée tenant compte de ces facteurs de vulnérabilité sont essentiels afin d’optimiser le pronostic psychiatrique et de prévenir la chronicisation du TSPT.
 Figure 1: Distribution des diagnostics psychiatriques après exposition traumatique
 Tableau 1: Distribution des états de stress selon le genre et les antécédents familiaux psychiatriquesselon
 Figure 2: Symptômes d'évitement selon le type d'exposition traumatique
 Figure 3: Symptômes dissociatifs selon le type de traumatisme
|
| p112 trouble borderline et tdah similitudes et contrastes une revue systematique auteurs reynaud c 1 coudert c 1 etablissement 1 chlc la chartreuse dijon france presentateur coudert camille |
P112 - Trouble borderline et TDAH, similitudes et contrastes : une revue systématique
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : REYNAUD C. (1), COUDERT C. (1)
Présentateur : COUDERT Camille
Etablissement : (1) CHLC la Chartreuse, Dijon, FRANCE
Introduction : Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) et le Trouble de la Personnalité Borderline (TPB) partagent des similitudes cliniques avec au premier plan les dimensions de dysrégulation émotionnelle et d’impulsivité. Depuis quelques années, la littérature semble mettre en lumière des processus neurodéveloppementaux multifactoriels, parfois communs, qui pourraient expliquer ces chevauchements sémiologiques et dont les manifestations débuteraient de fait pendant l’enfance. Or jusqu'ici peu de travaux se sont intéressés aux questions thérapeutiques, neuroscientifiques, et leurs conséquences cliniques, en particulier dans les populations pédiatriques.
Méthode : Nous avons donc réalisé une revue systématique de la littérature, selon la méthodologie PRISMA, incluant 20 articles issus de diverses bases de données (cf Tableau 1 Résumé des études incluses) afin d’explorer les spécificités pédiatriques, l’apport des neurosciences dans la compréhension des deux troubles, et d’évaluer les perspectives thérapeutiques.
Résultats : Chez l’enfant, la littérature consultée évoque la possibilité d’une organisation borderline précoce pendant le développement. Les études concernées insistent donc sur l’importance d’une détection du TPB et d’une intervention précoce à l’adolescence, d’autant plus que le profil symptomatique est souvent plus sévère en cas de comorbidité et associé à un pronostic fonctionnel péjoré. Par ailleurs, certaines études thérapeutiques suggèrent une amélioration des symptômes communs par l’utilisation de psychostimulants, mais nécessitent d’être répliquées avant toute généralisation dans les pratiques cliniques. Enfin les apports neuroscientifiques apportent un éclairage sur des mécanismes subtils tantôt distincts tantôts communs sous tendant la symptomatologie clinique chevauchant les deux diagnostics.
Conclusion : A la lumière de cette revue de la littérature sont soulevés plusieurs axes de réflexion : tout d'abord la question de la prévention et du dépistage de cette co- occurrence, afin de proposer des stratégies d'intervention précoce et d'améliorer les trajectoires pronostiques. Concernant les interventions thérapeutiques, il serait intéressant d'évaluer la pertinence de certaines approches transdiagnostiques, notamment non médicamenteuses, ciblant les symptômes communs aux deux troubles. De nouvelles études restent néanmoins nécessaires afin de mieux comprendre la pathogenèse, évaluer l'éventuel continuum clinique entre ces catégories nosographiques, d'identifier les profils de patients les plus à risque afin de limiter les conséquences bio-psycho-sociales néfastes.
 Tableau 1 : Résumé des Etudes incluses partie 1
 Tableau 1 : Résumé des Etudes incluses partie 2
 Tableau 1 : Résumé des Etudes incluses partie 3
 Tableau 1 : Résumé des Etudes incluses partie 4
 Tableau 1 : Résumé des Etudes incluses partie 5 |
| p113 diagnostic precoce en imagerie dun trouble du spectre autistique chez un enfant auteurs suarez b 1 2 jeune m 3 etablissement 1 centre d imagerie medicale orsay france 2 faculte de medecine paris saclay le kremlin bicetre france 3 pdap 92 sud boulogne billancourt france presentateur suarez bruno |
P113 - Diagnostic précoce en imagerie d’un trouble du spectre autistique chez un enfant
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : SUAREZ B. (1,2), JEUNE M. (3)
Présentateur : SUAREZ Bruno
Etablissement : (1) Centre d'Imagerie Médicale, Orsay, FRANCE; (2) Faculté de Médecine Paris Saclay, Le Kremlin Bicêtre, FRANCE; (3) PDAP 92 Sud, Boulogne Billancourt, FRANCE
Introduction :
Dans le monde, 1 à 2% de la population est directement concernée par les troubles du spectre autistique (TSA), des troubles qui s’intègrent plus largement dans les troubles du neurodéveloppement, Les signes cliniques de l'autisme débutent typiquement chez l'enfant à partir de la seconde année de vie. La majorité des enfants sont diagnostiqués autour de l'âge de quatre ans. Une identification précoce d'un TSA en imagerie permettrait à ces enfants de bénéficier d'interventions éducatives précoces telle que le cocooning développemental, à un moment (entre la naissance et 4 ans) où il existe une plus grande plasticité cérébrale.
Méthode :
Nous avons sélectionné les articles émanant de la littérature médicale internationale concernant le diagnostic précoce d’un TSA chez l’enfant par des méthodes d’imagerie médicale. Les articles retenus s’étendent de la période fœtale jusqu’à l’âge de 24 mois, une période où les enfants ne présentent que peu ou pas de signes cliniques d’autisme.
Résultats :
L'échographie prénatale peut montrer des signes précoces en rapport avec un trouble du spectre autistique ultérieur. Un certain nombre d'anomalies échographiques anténatales sont associées avec un risque plus élevé d'autisme.
Après la naissance, l'électro-encéphalographie haute résolution (EEG-hr) semble être une technique intéressante pour le diagnostic précoce de l'autisme à partir de l'âge de trois mois, chez les bébés à haut risque de cette maladie. Une étude montre qu'il serait possible grâce à un algorithme d'intelligence artificielle d'identifier des différences précoces dans la complexité du signal EEG.
Deux autres études utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) chez des bébés à haut risque d'autisme, réalisées à l'âge de 6 mois, ont montré qu’il serait possible de prédire le diagnostic d'autisme à l'âge de 24 mois. En effet, l'IRM fonctionnelle couplée à un algorithme d'intelligence artificielle permettrait de détecter quelles connexions différeraient entre les enfants sans et avec autisme, à l'âge de 6 mois, un âge où il n'existe aucun signe comportemental suggestif d'autisme.
Conclusion :
Les méthodes d’imagerie (EEG-hr et IRMf) qui analysent le mode par défaut du cerveau des bébés, soit les connexions cérébrales spontanées lorsque l'enfant ne fait rien de particulier, semblent prometteuses. En effet, de tels biomarqueurs pourraient indiquer aux équipes soignantes quels enfants doivent être ciblés pour des interventions thérapeutiques précoces telles que le cocooning développemental et proposer à ces enfants des stratégies de traitement personnalisé. Ces technologies pourraient nous révéler les erreurs dans le développement cérébral du fœtus et du bébé qui mènent à l'autisme. Les bébés et leurs familles pourraient en retirer de grands bénéfices.
|
| p114 comment depister le tdah en medecine generale chez lenfant auteurs kessler e 1 guyot s 2 etablissement 1 ch annecy genevois annecy france 2 chuga grenoble france presentateur kessler eva berenice |
P114 - Comment dépister le TDAH en médecine générale chez l’enfant?
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : KESSLER E. (1), GUYOT S. (2)
Présentateur : KESSLER Eva-Bérénice
Etablissement : (1) CH Annecy Genevois, Annecy, FRANCE; (2) CHUGA, Grenoble, FRANCE
Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est le trouble du neurodéveloppement (TND) le plus fréquent dans le monde, avec une prévalence en France estimée à 6 % des enfants. Ses conséquences sont multiples : difficultés relationnelles, décrochage scolaire, perte d’estime de soi, comportements à risque, addictions, surmortalité, tensions familiales... Dans plus de deux tiers des cas, il est associé à d’autres troubles, psychopathologique ou neurodéveloppemental, renforçant les difficultés de l’enfant et de sa famille.
Un diagnostic précoce est crucial : il permet une prise en charge globale (adaptations de l’environnement, psychoéducation, traitement médicamenteux si besoin etc), limitant ses répercussions. Pourtant, en France, le retard diagnostique est de trois ans, et jusqu’aux deux tiers des enfants concernés ne seraient pas identifiés. Les profils moins bruyants, notamment chez les filles, sont particulièrement sous-diagnostiqués.
Le médecin généraliste, qui suit la majorité des enfants, occupe une place centrale dans le processus de dépistage. Parmi les outils à sa disposition, le questionnaire de Conners abrégé (version parent et enseignant) est recommandé par la Haute Autorité de Santé. Il permet d’évaluer l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité, triade symptomatique, à travers 10 items notés par les parents et/ou l’enseignant. Il pourra ensuite orienter vers une évaluation plus approfondie si le score est significatif.
Cette étude est la première étude quantitative de la faisabilité du questionnaire de Conners abrégé version parent en consultation de médecine générale en France. Réalisée en Rhône-Alpes en 2023 auprès de 29 médecins généralistes ayant administré au total 231 questionnaires, elle visait à évaluer son intégration dans leur pratique courante.
Les résultats sont notables : Ce questionnaire est rapide, 75 % des passations ont duré moins de 5 minutes. L’acceptabilité parentale a été excellente. 72 % des médecins estiment que son usage systématique est possible et 79 % pensent qu’il améliore la qualité du dépistage, en sensibilisant parents et praticien, et en ouvrant le dialogue sur un sujet jugé parfois tabou. 12,5 % des questionnaires sont revenus positifs, un chiffre supérieur à la prévalence nationale. Cela peut suggérer un sous-dépistage persistant, mais aussi la nécessité de compléter ce questionnaire de dépistage par d’autres évaluations.
Cette étude montre que le Conners abrégé est un outil simple, peu chronophage et bien accepté, qui pourrait aider à améliorer le dépistage du TDAH en soins primaires. Son intégration au carnet de santé et aux logiciels médicaux, sa traduction en plusieurs langues et son utilisation par la médecine scolaire pourraient encore renforcer son impact.
 Diagramme de participation à l'étude
 Proposition d'orientation au décours d'un questionnaire positif
 Questionnaire de Conners abrégé version parents
|
| p115 evaluation dune demarche educative pour les patients tdah adultes auteurs bayle v 1 smycz j 1 truffy l 1 advenier iakovlev e 1 rahioui h 1 rainone r 1 etablissement 1 ghu paris psychiatrie et neurosciences site sainte anne paris france presentateur advenier iakovlev emmanuelle |
P115 - Evaluation d’une démarche éducative pour les patients TDAH adultes
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : BAYLE V. (1), SMYCZ J. (1), TRUFFY L. (1), ADVENIER-IAKOVLEV E. (1), RAHIOUI H. (1), RAINONE R. (1)
Présentateur : ADVENIER-IAKOVLEV Emmanuelle
Etablissement : (1) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences (site Sainte-Anne), Paris, FRANCE
Introduction : Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez l’adulte demeure sous-diagnostiqué et insuffisamment accompagné, malgré une prévalence entre 2 et 4 %. Un pôle de notre établissement a développé un programme pluridisciplinaire d’accompagnement de ces patients en hôpital de jour (HDJ). Ce travail évalue l’impact de la séance éducative animée par un pharmacien hospitalier sur les traitements pharmacologiques du TDAH au sein de ce programme de psychoéducation.
Méthode : Une étude observationnelle a été menée incluant tous les patients adultes ayant participé à une séance d’1h30 sur le traitement pharmacologique du TDAH entre février 2023 et août 2025. Les données sociodémographiques et cliniques ont été extraites du dossier patient informatisé. En 2025, trois questionnaires ont été utilisés : deux en fin de séance évaluant la satisfaction immédiate et le support écrit et un de suivi à distance (≥ 1 mois). Les analyses sont descriptives, combinant pourcentages et commentaires qualitatifs.
Résultats : La cohorte de 154 participants, majoritairement féminine (66 %), avait un âge moyen de 40,5 ± 11,7 ans et un diagnostic établi depuis 3,9 ans en moyenne. La satisfaction globale est élevée : 100 % des répondants ont jugé la séance utile, pertinente et claire, répondant à leurs attentes. Le support écrit est perçu comme pertinent et compréhensible pour respectivement 100 % et 97 % des répondants. À distance, 69 % des répondants jugent la séance bénéfique. Les connaissances les mieux retenues concernent le fonctionnement cérébral et le mécanisme d’action du méthylphénidate (80 %), alors que les aspects pratiques (modalités de prise, effets secondaires) sont moins mémorisés (60 %). Parmi les 47 % de patients sous traitement au moment de la séance, 54 % rapportent une amélioration de la vie quotidienne et 42 % de la vie professionnelle. Les suggestions d’amélioration des patients portent sur l’enrichissement des contenus pratiques (approfondir les effets indésirables) et l’usage de supports plus ludiques.
Conclusion : Cette évaluation souligne la forte satisfaction et l’utilité perçue d’une séance éducative animée par un pharmacien, confirmant sa pertinence dans l’accompagnement pluridisciplinaire du TDAH adulte. Si les informations théoriques sont bien assimilées, les aspects pratiques gagneraient à être renforcés en réalisant par exemple deux séances sur les médicaments et en développant des supports plus interactifs. Malgré certaines limites (biais de sélection ou de mémoire), cette démarche pharmaceutique éducative démontre un impact positif sur la compréhension et l’adhésion thérapeutique des patients. Elle trouve pleinement sa place dans le programme de l’HDJ, programme très demandé par les patients TDAH adultes. Cette forte adhésion et solide structuration permettraient une formalisation dans un programme d’éducation thérapeutique.
|
| p116 synthese des liens entre fonctions executives et langage oral auteurs lorent j 1 etablissement 1 centre plati monaco monaco presentateur lorent julie |
P116 - Synthèse des liens entre Fonctions Exécutives et Langage Oral
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : LORENT J. (1)
Présentateur : LORENT Julie
Etablissement : (1) Centre Plati, Monaco, MONACO
Nous proposons une revue de la littérature récente sur les liens complexes entre fonctions exécutives (FE) et langage oral (LO).
Les fonctions exécutives occupent une place centrale dans le développement, l’organisation et l’utilisation du langage oral. Réciproquement, le langage (et plus spécifiquement, le langage intérieur - inner speech) constitue un support essentiel au contrôle cognitif, en particulier dans les processus d’autorégulation, de mémoire de travail verbale et d’inhibition.
Certaines dimensions des FE, et leurs niveaux de performance, apparaissent comme des prédicteurs potentiels de compétences langagières spécifiques. Ainsi, la complexité et l’élaboration du langage — entendues comme le nombre et la nature des opérations mentales mobilisées pour comprendre ou produire un énoncé — sont régulièrement corrélées à l’efficacité des FE. Cette interdépendance se manifeste notamment dans certaines pathologies du neurodéveloppement. Par exemple, les patients présentant un TDAH peuvent éprouver des difficultés à inhiber une réponse automatique ou à maintenir une information verbale en mémoire de travail, ce qui peut altérer leur performance lors de tâches évaluant la morphosyntaxe.
Par ailleurs, le langage intérieur jouerait un rôle actif dans la planification, l’organisation séquentielle des actions et le contrôle comportemental — comme c’est le cas lors de la réalisation d’une recette, où il intervient pour guider la mise en œuvre d’un plan d’action.
Il existerait donc une relation bidirectionnelle entre fonctions exécutives et langage oral. Chez l’enfant, un développement précoce des compétences langagières semble favoriser l’émergence des FE, tout comme l’inverse est observé. Chez l’adulte, des atteintes du langage, qu’elles soient liées à des pathologies neurodéveloppementales ou acquises (aphasies), s’accompagnent fréquemment de perturbations des fonctions exécutives.
Malgré la complexité de cet axe de recherche et la diversité des données actuellement disponibles, nous avons souhaité proposer, sous forme de synthèse schéma, une synthèse actualisée et accessible de l’état des connaissances.
Pour illustrer ces liens complexes, nous présentons trois études de cas pour lesquels nous avons comparé l’évolution des performances en langage oral (vocabulaires actif et passif ; morphosyntaxe en expression et en compréhension) et l'évolution des performances au niveau des Fonctions Exécutives de base (inhibition, flexibilité et MT), avant et après remédiation neuropsychologique.
Ce travail nous a permis de mettre en lumière l’imbrication complexe entre LO et FE. Il montre que de nombreuses zones d’ombre subsistent et méritent une exploration approfondie.
Il a également pour but de sensibiliser les cliniciens et les chercheurs aux interactions entre ces deux domaines, dans une perspective de réflexion, et d’ajustement des pratiques d’évaluation et de prise en charge.
 Etudes de cas
 Schéma : Liens entre FE et LO
|
| p117 vecu perinatal des femmes autistes resultats preliminaires auteurs bory p 1 2 fiorentino m 1 3 berenguier l 1 2 denis a 1 2 etablissement 1 universite savoie mont blanc chambery france 2 laboratoire de psychologie et neurocognition grenoble france 3 laboratoire inter universitaire de psychologie personnalite cognition changement social grenoble france presentateur bory priscille |
P117 - Vécu périnatal des femmes autistes, résultats préliminaires.
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : BORY P. (1,2), FIORENTINO M. (1,3), BÉRENGUIER L. (1,2), DENIS A. (1,2)
Présentateur : BORY Priscille
Etablissement : (1) Université Savoie Mont Blanc, Chambéry, FRANCE; (2) Laboratoire de psychologie et neurocognition , Grenoble, FRANCE; (3) Laboratoire inter-universitaire de psychologie personnalité, cognition, changement social , Grenoble , FRANCE
Certaines recherches anglophones ont montré plus de risque de dépression du post partum chez les femmes autistes que les femmes non autistes (Hampton et al., 2022; Hosozawa et al., 2021; Pohl et al., 2020). Par ailleurs, les mères autistes verraient leur symptomatologie dépressive se compliquer de burn-out autistique (Ferguson et al., 2024).
Dans cette étude, 19 femmes autistes ( âge moyen = 34.57, SD = 5.7), ayant toutes accouché d’un enfant au cours des 36 derniers mois, ont répondu à un protocole en ligne composé d’une fiche anamnestique ainsi que de trois échelles dont l’Edinburgh postnatal depression scale (Guedeney et Fermanian, 1998) évaluant les symptômes de dépression du post partum, un questionnaire d’évaluation de l’accouchement (Chabbert et al., 2021) et l’AASPIRE autistic burnout measure (Mantzalas et al., 2024). Leurs résultats ont été comparés à un échantillon de 101 femmes non autistes (âge moyen = 34.2, SD = 5).
Le recueil est toujours en cours mais, au regard des premiers résultats, sur les 19 femmes autistes interrogées, 17 cotent au-delà du score seuil indicatif d’une dépression du post partum, ce qui représente une prévalence potentielle de 89,5%. Le nombre de personnes cotant à la dépression du post partum est ainsi significativement plus élevé (χ²= 4.365 ; p = 0.037 ; phi = 0.191) que dans la population non autiste (n = 66). Les personnes autistes rapportent un vécu significativement moins bon de l’accouchement que les femmes non autistes concernant les émotions pendant l’accouchement (U=536 ; p=0.002 ; d=-0.441) et les interactions avec le personnel de santé (U=572 ; p=0.005 ; d=-0.404). Treize des 17 femmes autistes ayant complété l’AASPIRE autistic burnout measure cotent au-dessus du seuil significatif de burn-out autistique, ce qui représente une prévalence potentielle de 76.5%.
Cette étude retrouve, en population francophone, les difficultés du post partum vécues par les femmes autistes. Ce travail permet de rendre compte de la présence d’une spécificité autistique, par le burnout autistique, dans le vécu du post partum et doit attirer la vigilance des professionnels dans la prise en charge de cette population.
|
| p119 sessions d information autisme vers l autonomie des familles auteurs allanore m 1 barron e 1 garnier e 1 hubert a 1 etablissement 1 hopital robert debre centre medico psychologique paris france presentateur allanore maelle |
P119 - Sessions d'information Autisme : vers l'autonomie des familles
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : ALLANORE M. (1), BARRON E. (1), GARNIER E. (1), HUBERT A. (1)
Présentateur : ALLANORE Maelle
Etablissement : (1) Hôpital Robert Debré - Centre Médico-Psychologique, Paris, FRANCE
Introduction
Le Centre Médico-Psychologique (CMP) des Tourelles (Paris 20e) accompagne des enfants de 0 à 17 ans, dont 35 % présentent un Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA). Le diagnostic représente une étape cruciale, mais il laisse souvent les familles démunies face aux démarches à entreprendre. Nombre de parents privilégient les soins directs pour leur enfant, négligeant l’importance de la guidance parentale. En parallèle, l’organisation du soin et les rôles des professionnels sont souvent perçus comme opaques. Dans ce contexte, le CMP a souhaité renforcer l’implication des familles, améliorer la lisibilité de son offre de soins et favoriser la compréhension des recommandations de bonnes pratiques.
Méthode
Une demi-journée d’information a été organisée à destination des familles dont l’enfant a récemment reçu un diagnostic de TSA. Cette rencontre, d’une durée de trois heures, a combiné apports théoriques, témoignages de « parents experts » et interventions associatives. Elle visait à :
-transmettre des connaissances de base sur le TSA,
-présenter les approches recommandées par la HAS,
-valoriser le rôle des parents dans la prise en charge,
-encourager les échanges entre familles et professionnels.
Programme de la journée :
13h30 : Introduction au TSA (définition, signes cliniques, mythes)
14h00 : Présentation des prises en charge recommandées (guidance parentale, groupes d’habiletés sociales, approches comportementales)
14h30 : Focus sur la Communication Alternative et Améliorée (CAA)
15h00 : Intervention d’une association de parents
15h15 : Table ronde avec des parents experts
16h00 : Échanges informels et discussion libre
Résultats
Les questionnaires de satisfaction mettent en évidence l’impact positif de cette initiative :
-71,4 % des participants déclarent avoir « beaucoup » appris sur ce qu’est l’autisme ;
-100 % ont acquis des connaissances sur les prises en charge proposées au CMP (57,1 % « un peu », 42,9 % « beaucoup ») ;
-71,4 % déclarent avoir « beaucoup » pris conscience de l’importance de leur propre formation en tant que parent.
Ces résultats quantitatifs corroborent des observations qualitatives :
-Hausse des demandes de guidance parentale,
-Meilleure compréhension des dispositifs de soins et des recommandations HAS,
-Diminution de l’absentéisme,
-Renforcement de la collaboration entre familles et professionnels,
-Intérêt croissant des équipes pour la co-construction d’actions éducatives avec les parents.
Conclusion
Cette demi-journée a renforcé l’adhésion des familles, favorisé leur montée en compétences et amélioré la continuité des soins entre le CMP et le domicile. Sa reconduction est envisagée, ainsi que le développement de formats complémentaires (ateliers, webinaires, groupes de discussion) et de supports pédagogiques adaptés. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique durable visant à positionner les parents comme partenaires à part entière de la prise en charge des enfants avec TSA.
|
| p120 burnout enseignant face aux troubles neurodeveloppementaux et comportementaux revue systematique auteurs nieuwenhuys ruiz v 1 2 desquenne godfrey g 2 boujut e 1 cappe e 2 3 etablissement 1 cy cergy paris universite cergy pontoise france 2 universite paris cite boulogne billancourt france 3 institut universitaire de france iuf france france presentateur nieuwenhuys ruiz victoria |
P120 - Burnout enseignant face aux troubles neurodéveloppementaux et comportementaux : revue systématique
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : NIEUWENHUYS-RUIZ V. (1,2), DESQUENNE-GODFREY G. (2), BOUJUT É. (1), CAPPE É. (2,3)
Présentateur : NIEUWENHUYS-RUIZ Victoria
Etablissement : (1) CY Cergy Paris Université, Cergy-Pontoise, FRANCE; (2) Université Paris Cité, Boulogne-Billancourt, FRANCE; (3) Institut universitaire de France (IUF), France, FRANCE
Introduction
Le burnout survient chez les enseignants lorsque ceux-ci, ont été soumis à un stress professionnel prolongé et n’ont pas trouvé les ressources pour le gérer. Le burnout est un concept tridimensionnel dont les dimensions sont l'épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et la réduction du sentiment d’accomplissement personnel (Maslach, 2003). L’analyse de Agyapong et al. (2023) menée à partir de 67 études suggère que 60,9 % des enseignants seraient concernés. L'enseignement est une profession exigeante sur le plan psychologique et émotionnel, exposée à des facteurs de stress institutionnels et interpersonnels (Yao & Addullah, 2024). Selon Brunsting et al. (2014), le type de handicap des élèves est un des facteurs particulièrement importants dans le burnout des enseignants spécialisés. Or, les troubles neurodéveloppementaux tels que le trouble du spectre de l’autisme, le trouble déficit de l’attention et/ou hyperactivité, les troubles spécifiques d’apprentissages ainsi que le trouble des conduites sont fréquents à l’âge scolaire (APA, 2022).
Objectifs
Cette revue systématique vise à examiner les différences de niveaux de burnout chez les enseignants en fonction de la présence d’élèves présentant des troubles du neurodéveloppement ou des conduites, par rapport à ceux ayant des élèves sans diagnostic. Elle cherche également à identifier les variations des dimensions de burnout selon les différents types de troubles et à identifier certaines variables associées au burnout chez ces enseignants.
Méthode
Cette revue systématique a été menée selon les recommandations PRISMA et le protocole d’étude a été enregistré sur PROSPERO (CRD420251024812). Les bases de données Pubmed, Web of science, ERIC et PsycINFO ont été consultées. Les études empiriques sur le burnout des enseignants ayant dans leur classe un élève avec un trouble du neurodéveloppement ou un trouble des conduites, ont été sélectionnées. Deux évaluateurs ont procédé à la sélection des articles en deux étapes, à l’extraction des données et à l’évaluation de la qualité.
Résultats
La recherche électronique a permis d’identifier 2345 articles. Après évaluations, 22 articles ont été finalement inclus. Pour 14 articles, le trouble des élèves des enseignants participants est l’autisme. Onze articles incluent un groupe contrôle. Seulement cinq articles présentent une comparaison inter-troubles, et les autres présentent des analyses montrant des relations entre certaines variables psychologiques, contextuel, et le burnout.
Conclusions
Compte tenu de l'impact direct du burnout sur le bien-être des enseignants, et indirect sur celui de leurs élèves, il est essentiel que les chercheurs continuent d’étudier les processus qui conduisent les enseignants à souffrir de burnout. De nouvelles recherches précisant le type de troubles des élèves seraient également nécessaires pour mieux comprendre les variables liées à l’élève et au trouble impliquées dans le développement du burnout des enseignants.
|
| p121 dysmorphologie un regard clinique utile en psychiatrie auteurs gregoire a 1 dalmont m 2 timmi a 2 goldenberg a 1 etablissement 1 chu de rouen normandie rouen france 2 centre hospitalier du rouvray sotteville les rouen france presentateur gregoire aude |
P121 - Dysmorphologie : un regard clinique utile en psychiatrie
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : GRÉGOIRE A. (1), DALMONT M. (2), TIMMI A. (2), GOLDENBERG A. (1)
Présentateur : GRÉGOIRE Aude
Etablissement : (1) CHU de Rouen Normandie, Rouen, FRANCE; (2) Centre Hospitalier du Rouvray, Sotteville-Lès-Rouen, FRANCE
Introduction
L’observation morphologique constitue un outil clinique essentiel, souvent négligé en psychiatrie. La dysmorphologie, méthodologie et raisonnement clinique inhérente à la génétique médicale, permet d’identifier des anomalies anatomiques reflétant des perturbations du développement embryonnaire ou fœtal. Ces anomalies peuvent s’inscrire dans des syndromes complexes polymalformatifs et neurodéveloppementaux avec une expression psychiatrique fréquente : troubles cognitifs, comportementaux, ou psychotiques.
L’enjeu est d’avoir un regard clinique objectif, distinct de critères esthétiques et d’atypies simples, de prendre en compte le contexte global (parents, ethnie…) et d’éliminer une étiologie non génétique (toxique, infectieuse par ex), tout en conservant une cohérence clinique et en évitant la surinterprétation (15% des NN présentent une anomalie morphologique mineure). Cette présentation propose une démarche clinique et étiologique de la dysmorphologie appliquée à la psychiatrie
Méthode
Une revue narrative de la littérature scientifique a été réalisée, incluant des publications présentes sur MEDLINE, PubMed, Orphanet, OMIM
Une démarche clinique raisonnée est proposée, adaptée à la pratique psychiatrique :
Observation systématique : proportions, symétrie, posture, aspect global du faciès et analyse régionale (crâne, yeux, nez, bouche, menton), extrémités, phanères
Interprétation prudente : distinction entre anomalie isolée et association cohérente d’anomalies (syndrome dysmorphique)
Contexte : antécédents familiaux, développement psychomoteur, profil cognitif et comportemental
Démarche étiologique : orientation en génétique médicale si cohérence clinique, en évitant la surinterprétation
Résultats
Plusieurs syndromes à expression psychiatrique illustrent l’intérêt d’un regard morphologique :
Sd 22q11(DiGeorge) : dysmorphie caractéristique, DI mode?re?e (50%), schizophrénie (25-35%).
Le diagnostic précoce permet un suivi adapté : cardiologique (2/3 malformation cardiaque), digestif (fente palatine -> dysphagie), immunologique (hypoplasie thymique)
Smith-Magenis : dysmorphie caractéristique, DI, TDAH, auto/hétéro-agressivité, troubles du sommeil (inversion rythme nycthéméral) -> Mélatonine au coucher / Acébutolol le matin
Williams-Beuren : dysmorphie caractéristique, DI (75%), profil cognitif caractéristique : hypersociabilité, hypersensibilité au bruit (90%). Le diagnostic permet un suivi cardiologique (80% maladie CV), endocrinologique (15-45% hypercalcémie, DT2...)
Autres : KBG, Cornelia de Lange, Noonan...
Conclusion
La dysmorphologie, loin d’être une approche subjective, constitue un outil sémiologique majeur et pluridisciplinaire.
La connaissance et l’évaluation morphologique de nos patients permet :
Une orientation des explorations complémentaires et surveillances spécifiques
Une prise en charge intégrative et adaptée à ces syndromes complexes
Une meilleure compréhension des symptômes par le patient, la famille, et le professionnel
 Etiologies multiples de la dysmorphie : savoir les rechercher
 Prudence dans l'interprétation
 Exemple d'analyse globale du visage
|
| p122 la ketamine et lesketamine dans les troubles du neurodeveloppement auteurs palimaru i 1 moualla m 1 amado i 1 petit a 1 berkovitch l 1 etablissement 1 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur palimaru iolanda |
P122 - La kétamine et l’eskétamine dans les troubles du neurodéveloppement
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : PALIMARU I. (1), MOUALLA M. (1), AMADO I. (1), PETIT A. (1), BERKOVITCH L. (1)
Présentateur : PALIMARU Iolanda
Etablissement : (1) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE
Introduction :
Les troubles du neurodéveloppement (TND) représentent un ensemble de conditions d’origine neurobiologique, dont les plus étudiées chez l’adulte sont le trouble du spectre de l’autisme (TSA) avec ou sans trouble du développement intellectuel (TDI), le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) les formes mixtes associant le TSA et le TDA/H. Ces pathologies se manifestent précocement dans l’enfance et affectent durablement la maturation de diverses capacités des personnes touchées, telles que les interactions sociales, le traitement sensoriel, la régulation des émotions ou les fonctions cognitives (Glob et collab., 2015 ; Thye et collab., 2018).
Bien qu’ils soient caractérisés par une grande hétérogénéité clinique, ces troubles partagent un noyau de comorbidités communes, dont les troubles anxieux ou les troubles dépressifs, qui peuvent représenter la porte d’entrée au diagnostic, notamment chez les patients sans trouble du développement intellectuel.. Dans ces populations, les traitements antidépresseurs conventionnels, agissant sur la modulation des monoamines, peuvent présenter un profil de réponse et de tolérance différent (Davico et collab., 2023). De ce fait, cette signature neurodéveloppementale et les vulnérabilités associées se traduisent souvent par une mauvaise tolérance aux traitements ou bien une efficacité partielle voire une absence de réponse au traitement, notamment chez les sujets qui présentent des anomalies génétiques (Aishworiya et collab., 2024). Par ailleurs, ces troubles sont parfois sous-diagnostiqués, et, dans certains cas, c’est la pharmacorésistance qui conduit le clinicien à les rechercher.
La kétamine et l’eskétamine sont des traitements modulateurs des circuits glutamatergiques reconnus pour leur efficacité dans la dépression pharmacorésistante, y compris chez les sujets atteints d’un TND. Ces éléments justifient l’exploration des données existantes afin de mettre en lumière l’efficacité des thérapeutiques glutamatergiques et d’identifier les spécificités de réponse et de tolérance dans cette population.
Matériel et méthodes :
Revue narrative de la littérature publiée entre 2015 et 2025, incluant études ouvertes, cas cliniques rapportés, séries cliniques et données expérimentales portant sur l’utilisation de la kétamine et de l’eskétamine dans quatre sous-groupes : TSA avec TDI, TSA sans TDI, TDA/H et des formes mixtes TSA avec TDA/H. L’évaluation a porté sur la réponse clinique et la tolérance clinique. Résultats : À ce jour, aucune étude n’a spécifiquement évalué l’efficacité et la tolérance de ces traitements chez les sujets atteints d’un TSA avec TDI. Cependant, dans une étude qui porte sur les sujets qui présentent un syndrome Activity-Dependent Neuroprotective Protein (ADNP), les données suggèrent une amélioration des symptômes comme l’irritabilité, le retrait social et l’attention après administration de faibles posologies de kétamine (Kolevzon et collab., 2022), mais avec une tolérance réduite, en raison d’une gêne sensorielle, d’une agitation lors des séances et d’une sensibilité accrue aux phénomènes dissociatifs. Chez les sujets avec un TSA sans TDI, les études montrent une amélioration de la symptomatologie dépressive pharmacorésistance et des idées suicidaires, avec une tolérance qui est généralement comparable à celle observée en population générale (Harris et collab., 2024; Özgen et collab., 2022; Olivola et collab., 2022 ; Wink et collab., 2020). Concernant le TDAH, aucune donnée clinique robuste n’est disponible. Dans les formes mixtes associant TSA et TDA/H, aucune étude clinique n’a été publiée. Une étude réalisée sur un modèle met en évidence qu’une exposition précoce à l’eskétamine pourrait entraîner des comportements ultérieurs de type hyperactivité, impulsivité et hyperréactivité émotionnelle (Zhang et collab., 2022), ainsi qu’une augmentation de la sensibilité aux récompenses (Cui et collab., 2022). Conclusion : Les données préliminaires suggèrent que la réponse à la kétamine ou à l’eskétamine varie selon le profil neurodéveloppemental. Les personnes avec un TSA sans TDI semblent être les meilleures répondeuses, avec une tolérance satisfaisante. Les données concernant les sujets qui présentent un TND bénéficiant d’un traitement par kétamine ou eskétamine restent sont limitées voire inexistantes, ce qui souligne la nécessité de réaliser d’études cliniques stratifiées selon les profils neurodéveloppementaux, afin de mieux définir les indications, la réponse et la tolérance à ces traitements. Mots clés : Trouble du spectre de l’autisme, déficience intellectuelle, trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, kétamine et eskétamine, troubles du neurodéveloppement Bibliographie : Aishworiya, R., Valica, T., Hagerman, R., & Restrepo, B. (2024). An Update on Psychopharmacological Treatment of Autism Spectrum Disorder. Focus (American Psychiatric Publishing), 22(2), 198–211. https://doi.org/10.1176/appi.focus.24022006 Cui, J., Ju, X., Lee, Y., Hong, B., Kang, H., Han, K., Shin, W. H., Park, J., Lee, M. J., Kim, Y. H., Ko, Y., Heo, J. Y., & Chung, W. (2022). Repeated ketamine anesthesia during neurodevelopment upregulates hippocampal activity and enhances drug reward in male mice. Communications biology, 5(1), 709. https://doi.org/10.1038/s42003-022-03667-4 Davico, C., Secci, I., Vendrametto, V., & Vitiello, B. (2023). Pharmacological treatments in autism spectrum disorder: A narrative review. Journal of Psychopathology, 29(1), 38-52. DOI: 10.36148/2284-0249-N251 Kolevzon, A., Levy, T., Barkley, S., Bedrosian-Sermone, S., Davis, M., Foss-Feig, J., Halpern, D., Keller, K., Kostic, A., Layton, C., Lee, R., Lerman, B., Might, M., Sandin, S., Siper, P. M., Sloofman, L. G., Walker, H., Zweifach, J., & Buxbaum, J. D. (2022). An open-label study evaluating the safety, behavioral, and electrophysiological outcomes of low-dose ketamine in children with ADNP syndrome. HGG advances, 3(4), 100138. https://doi.org/10.1016/j.xhgg.2022.100138 Glod, M., Riby, D.M., Honey, E. et al. Psychological Correlates of Sensory Processing Patterns in Individuals with Autism Spectrum Disorder: A Systematic Review. Rev J Autism Dev Disord 2, 199–221 (2015). https://doi.org/10.1007/s40489-015-0047-8 Harris, C. P., Jones, B., Walker, K., & Berry, M. S. (2024). Case report: Adult with bipolar disorder and autism treated with ketamine assisted psychotherapy. Frontiers in psychiatry, 15, 1322679. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2024.1322679 Olivola, M., Arienti, V., Bassetti, N., Civardi, S., & Brondino, N. (2022). Use of intranasal esketamine in a girl with treatment-resistant depression and autism spectrum disorders: a case report. EXCLI journal, 21, 540–543. https://doi.org/10.17179/excli2022-4694 Heval Özgen, M., & van den Brink, W. (2022). Ketamine Self-Medication in a Patient with Autism Spectrum Disorder and Comorbid Therapy-Resistant Depression. Psychiatry and clinical, 32(3), 268–272. https://doi.org/10.5152/pcp.2022.22037 Thye, M. D., Bednarz, H. M., Herringshaw, A. J., Sartin, E. B., & Kana, R. K. (2018). The impact of atypical sensory processing on social impairments in autism spectrum disorder. Developmental cognitive neuroscience, 29, 151–167. https://doi.org/10.1016/j.dcn.2017.04.010 Wink, L. K., Reisinger, D. L., Horn, P., Shaffer, R. C., O'Brien, K., Schmitt, L., Dominick, K. R., Pedapati, E. V., & Erickson, C. A. (2021). Brief Report: Intranasal Ketamine in Adolescents and Young Adults with Autism Spectrum Disorder-Initial Results of a Randomized, Controlled, Crossover, Pilot Study. Journal of autism and developmental disorders, 51(4), 1392–1399. https://doi.org/10.1007/s10803-020-04542-z Zhang, L. M., Liu, N. N., Cao, L., Xin, Y., Zhang, D. X., Bai, Y., Zheng, W. C., Bi, X. Y., Xing, B. H., & Zhang, W. (2022). S-ketamine administration in pregnant mice induces ADHD- and depression-like behaviors in offspring mice. Behavioural brain research, 433, 113996. https://doi.org/10.1016/j.bbr.2022.113996
|
| p123 approches nutritionnelles et modulation emotionnelle dans le tdah auteurs ben amor l 1 dimitriou l 1 etablissement 1 psyfam cabinet medical morges suisse presentateur ben amor leila |
P123 - Approches nutritionnelles et modulation émotionnelle dans le TDAH.
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : BEN AMOR L. (1), DIMITRIOU L. (1)
Présentateur : BEN AMOR Leila
Etablissement : (1) PsyFam Cabinet médical, Morges, SUISSE
Introduction : Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est le trouble neurodéveloppemental le plus fréquemment diagnostiqué chez l’enfant et l’adolescent, avec une prévalence estimée entre 5 et 7 %. Environ 60 % des cas persistent à l’âge adulte. Son étiologie est multifactorielle, impliquant une forte composante génétique, des facteurs épigénétiques et environnementaux.
Méthode : Une revue de littérature est menée afin d’examiner les limites des traitements pharmacologiques conventionnels du TDAH. L’objectif est d’explorer les mécanismes biologiques impliqués, notamment les dimensions polygéniques, inflammatoires et immunitaires, et d’évaluer l’intérêt croissant pour les approches complémentaires, telles que les interventions nutritionnelles et les stratégies anti-inflammatoires.
Résultats : Les études génomiques confirment que le TDAH est un trouble hautement polygénique, partageant certains variants avec d’autres pathologies neuropsychiatriques et somatiques. Des données récentes soulignent le rôle central de la neuro-inflammation et du stress oxydatif dans sa physiopathologie, avec des altérations neuronales liées à l’activation anormale de la microglie et à la libération de cytokines pro-inflammatoires. Ces mécanismes sont associés à des polymorphismes de gènes inflammatoires, à des réponses immunitaires altérées et à des expositions prénatales à des états inflammatoires. Le TDAH présente également une forte comorbidité avec des troubles allergiques et auto-immuns. Face aux limites des traitements classiques, plusieurs études ont évalué l’effet de la supplémentation en oméga-3 (DHA, EPA), fer et zinc. Les oméga-3 améliorent la fluidité membranaire, réduisent l’inflammation et modulent les voies dopaminergiques et sérotoninergiques. Le fer, cofacteur de la tyrosine hydroxylase, participe à la synthèse de la dopamine, influençant attention et régulation émotionnelle. Le zinc agit sur la dopamine, la mélatonine et les prostaglandines, avec un effet bénéfique sur l’humeur et la transmission synaptique.
Conclusion : Les oméga-3, le fer et le zinc ciblent des mécanismes complémentaires liés à la neuro-inflammation, au stress oxydatif et à la neurotransmission, contribuant à une meilleure régulation émotionnelle chez les patients atteints de TDAH. Toutefois, leur efficacité dépend du statut nutritionnel initial et des caractéristiques individuelles, soulignant la nécessité d’une approche personnalisée et de recherches supplémentaires.
|
| p124 orientation de la fratrie d enfants autistes a partir d une consultation de prevention auteurs sambou b 1 cosquer m 1 petrovic b 1 lefebvre a 1 etablissement 1 fondation vallee gentilly france presentateur cosquer mireille |
P124 - Orientation de la fratrie d'enfants autistes à partir d'une consultation de prévention
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : SAMBOU B. (1), COSQUER M. (1), PETROVIC B. (1), LEFEBVRE A. (1)
Présentateur : COSQUER Mireille
Etablissement : (1) Fondation Vallée, Gentilly, FRANCE
Introduction : Un repérage de plus en plus précoce des troubles du spectre de l’autisme est aujourd’hui reconnu comme essentiel pour permettre une intervention rapide et améliorer le pronostic développemental de l’enfant (recommandation HAS), durant la période de plasticité cérébrale maximale, dite les 1000 premiers jours. Compte tenu du risque de récurrence significatif du TSA dans les fratries (20 %), l’orientation des puinés vers des professionnels formés est indispensable afin qu’en cas de trouble, de corriger au plus tôt la trajectoire développementale. L’objectif de cette expérimentation de consultation « prévention » vise à explorer le vécu subjectif parental du risque de troubles du neurodéveloppement chez les jeunes frères et sœurs d’enfants avec TSA pour adapter les prises en charge et soutenir le lien précoce.
Méthode : Une étude exploratoire qualitative a été réalisée à partir de différents entretiens proposés à des parents (père et/ou mère) d’enfants TSA ayant des puinés de moins de 3 ans. Le recrutement des parents avec au moins un enfant diagnostiqué TSA à la Fondation Vallée, a eu lieu via la PCO (Plateforme de Coordination et Orientation) et le service périnatalité. Ces consultations ont été menées par un médecin et une psychologue, sur une durée d’une heure à une heure 30. Une analyse de contenu est réalisée via le logiciel N’Vivo 12.
Résultats : Au total, sept entretiens ont eu lieu concernant 5 familles d’enfants TSA, âgés de 3 ans et demi à 14 ans. L’analyse qualitative met en évidence un principal thème autour de la détresse parentale concernant le vécu douloureux du quotidien et du parcours de soins de l’ainé, d’autant plus intense lors de l’absence de prise en charge satisfaisante, ainsi qu’une angoisse omniprésente de la récurrence des troubles chez le puiné et une confrontation éprouvante à l’incertitude. Les facteurs facilitants l’orientation et les freins identifiés sont évoqués. Le vécu des parents de ce type de consultation « prévention » est positif. Les résultats de l’analyse qualitative seront présentés à partir de citations du verbatim.
Conclusion : Selon la satisfaction de la prise en charge de l’ainé et la présence d’un soutien au quotidien, la détresse parentale diffère. Ce type de consultation proposée dans un cadre différent de la prise en charge de l’ainé diagnostiqué TSA parait un cadre favorable à l’orientation des puinés vers un repérage précoce.
|
| p125 le trouble neuro developpemental et le trouble du spectre ou les pleonasmes du soleil lumineux de la lumiere auteurs guiho f 1 etablissement 1 independant scholar elven france presentateur guiho frederic |
P125 - Le trouble neuro développemental et le trouble du spectre ; où les pléonasmes du soleil lumineux de la lumière
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : GUIHO F. (1)
Présentateur : GUIHO Frederic
Etablissement : (1) Independant scholar, Elven, FRANCE
La littérature actuelle en santé mentale fait souvent référence aux termes apparentés de « trouble neurodéveloppemental » (TND) et de « trouble du spectre » (TS). Ces termes n'existaient pas il y a quelques années. Ils visent à mieux véhiculer l'interprétation, la compréhension et l'illustration des phénomènes nosologiques qui en résultent. Les nosographies doivent en effet évoluer en fonction de notre compréhension, mais avec une phénoménologie ou une ontologie appropriée. L'association des termes TND et trouble du spectre interroge et semble réactiver une négativité dans notre ontologie du trouble.
|
| p126 troubles du neurodeveloppement 1000 jours pour depister et agir precocement auteurs jeune m 1 2 etablissement 1 pdap 92 sud boulogne france 2 centre municipal de sante malakoff france presentateur jeune marie agnes |
P126 - Troubles du Neurodéveloppement : 1000 jours pour dépister et agir précocement
Thème: 09 - Troubles neurodéveloppementaux
Voir le poster
Auteurs : JEUNE M. (1,2)
Présentateur : JEUNE Marie-Agnès
Etablissement : (1) PDAP 92 sud, Boulogne, FRANCE; (2) Centre municipal de santé, Malakoff, FRANCE
Introduction : Le neurodéveloppement recouvre l’ensemble des mécanismes qui guident, structurent et orchestrent la mise en place des réseaux et le développement des fonctions cérébrales. C’est un processus fluide et dynamique, influencé par des facteurs génétiques et environnementaux. Les 1000 premiers jours, il existe une « fenêtre temporelle sensible » avec une « période critique » pour la mise en place de chaque fonction cérébrale. Lorsque le bébé est éveillé, la façon dont on va le toucher, l’installer et le bouger est fondamentale pour lui permettre d’être disponible et de profiter au mieux de ce qu’il observe et ressent quand on parle, chante et joue avec lui. C’est la base du « cocooning développemental » : le soutien actif du développement.
Méthode : présentation de vidéos illustrant le repérage précoce et la mise en place du cocooning. Quel que soit l’âge, toute inquiétude des parents doit être considérée comme un « signe d’appel ». Une déviation de la trajectoire développementale même minime, des atypies du comportement, du sommeil ou du comportement alimentaire sont des « signes d’alerte » et nécessitent une orientation rapide à une Plateforme de Coordination et Orientation PCO et si besoin à une Plateforme Diagnostic Autisme PDAP. Le repérage des TND est comme la construction d’un puzzle ou chaque signe fait rechercher une autre atypie pour aboutir au diagnostic. On sera particulièrement vigilant devant des ATCD personnels ou familiaux ou si l’examen clinique montre certaines atypies morphologiques, somatiques ou neurologiques. L’important est de ne pas perdre du temps et d’agir pour soutenir et suivre pas à pas son développement. L’avenir dira si le développement a repris un cours habituel ou si l’atypie se précise et que le besoin de soin perdure.
Résultats : La prévalence des TND est en progression constante. En France 35 000 enfants seraient concernés. Devant l’efficacité de la prise en charge précoce, fin 2023, la Stratégie Nationale pour les TND s’est engagée particulièrement sur deux objectifs : « garantir une solution d’accompagnement à chaque personne » et « avancer l’âge du repérage et des diagnostics et intensifier les interventions précoces ». Les professionnels vont guider les parents, les aider à mettre en place de soins de soutien actif précoce du développement avec particulièrement le « cocooning développemental » et la mise en place précoce de rééducations grâce à la PCO. Cet accompagnement a aussi comme objectifs l’épanouissement de l’enfant, et celui de sa famille.
Conclusion : Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles insistent sur l’efficacité de la mise en œuvre des interventions précoces, dès la suspicion d’un écart de développement inhabituel afin de permettre une prise en charge rapide et l’organisation le financement d’un parcours de soins précoce. Le cocooning développemental est une réponse à proposer aux jeunes parents pour soutenir le développement de leur bébé.
 cocooning développemental
|
| p128 probiotiques et pea diminution des symptomes anxio depressifs chez la souris agee auteurs abot a 1 pereira o 1 crechet l 1 holowacz s 1 jacouton e 1 etablissement 1 pileje paris france presentateur jacouton elsa |
P128 - Probiotiques et PEA : diminution des symptômes anxio-dépressifs chez la souris âgée
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Voir le poster
Auteurs : ABOT A. (1), PEREIRA O. (1), CRÉCHET L. (1), HOLOWACZ S. (1), JACOUTON E. (1)
Présentateur : JACOUTON Elsa
Etablissement : (1) PILEJE, Paris, FRANCE
Introduction
Le vieillissement s’accompagne de modifications biologiques et physiologiques qui rendent les personnes plus vulnérables aux troubles liés au stress. La dépression du sujet âgé présente une physiopathologie atypique, souvent associée à un déclin cognitif. Les données récentes suggèrent un rôle central de l’axe intestin-cerveau dans la dépression, avec une altération du microbiote intestinal conduisant à un état inflammatoire chronique (Liu et al. 2024).
Méthode
Des souris C57BL6 âgées de 12 mois ont été soumises à un stress chronique imprédictible modéré pendant 8 semaines. La moitié des souris a été supplémentée avec un mix de souches probiotiques et de PEA (palmitoyléthanolamide). Plusieurs tests comportementaux ont été réalisés en semaine 9. Les tissus, fèces et contenus coliques ont été collectés. L’expression des gènes cibles dans l’hippocampe et le côlon a été évaluée par RTqPCR standardisée (SYBR Green) normalisée sur le gène B2m et les échantillons ont été analysés selon la méthode de 2ΔΔCT. Les données ont été analysées par un test non paramétrique Mann Whitney (GraphPad Prism version 10.4).
Résultats
Les données sont en faveur d’une diminution des symptômes anxio-dépressifs :
Lors du test en champ ouvert (OF), les souris supplémentées avec le mix ont parcouru plus de distance et réalisés plus de transition vers la zone centrale (zone anxiogène pour l’animal) comparativement aux souris contrôles.
Lors du test de suspension par la queue (TST), le temps de latence à la première immobilisation a été réduit chez les souris supplémentées par rapport aux souris contrôles.L’analyse en RTqPCR, a montré chez les souris supplémentées :
Une augmentation de l’expression des gènes anti-inflammatoires Il-10, de jonctions serrées Occludine et une diminution de l’expression du gène inflammatoire ? Il-6 dans l’intestin
Une diminution de l’expression de l’Il-6 et une augmentation de l’expression des gènes de la neurogénèse et de la plasticité (Bdnf, Syn1, Syp), de l’activation gliale (Gfap, Iba1) et du système sérotoninergique (Sert, Htr1a et Tph2) et dopaminergique (Dat) dans l’hippocampe.Conclusion
L’association de souches probiotiques et de PEA a diminué les symptômes anxio-dépressifs chez la souris âgée soumise à un stress chronique modéré. Les mécanismes impliqués incluent la régulation du système sérotoninergique, la stimulation de la plasticité et de la neurogénèse cérébrale, ainsi que la diminution de l’inflammation et de la perméabilité intestinale. Cette association pourrait donc constituer une stratégie nutritionnelle prometteuse pour la prise en charge des troubles de l’humeur chez les personnes âgées.
|
| p129 patients sdf seniors et hospitalisation en psychiatrie etude retrospective auteurs david m 1 barruel d 1 dauriac le masson v 1 todorov l 1 launay c 1 pham scottez a 1 etablissement 1 ghu paris psychiatrie et neurosciences paris france presentateur david manon |
P129 - Patients SDF séniors et hospitalisation en psychiatrie, étude rétrospective
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Voir le poster
Auteurs : DAVID M. (1), BARRUEL D. (1), DAURIAC - LE MASSON V. (1), TODOROV L. (1), LAUNAY C. (1), PHAM-SCOTTEZ A. (1)
Présentateur : DAVID Manon
Etablissement : (1) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Paris, FRANCE
Introduction
A ce jour, il n’existe que peu d’études scientifiques s’intéressant aux caractéristiques des patients sans domicile fixe (SDF) hospitalisés en service de psychiatrie, comparativement aux patients avec domicile (AD). La littérature scientifique est d’autant moins fournie lorsqu’il s’agit des patients SDF âgés, alors même que depuis plusieurs années, la France est confrontée à la fois au vieillissement général de sa population, et à l’augmentation de la prévalence des personnes SDF.
Méthode
Cette étude rétrospective monocentrique vise à comparer les données sociodémographiques, les diagnostics psychiatriques et somatiques, et les caractéristiques d’hospitalisation des patients de plus de 55 ans hospitalisés au sein du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences entre le 1er janvier et le 31 décembre 2022, selon qu’ils bénéficient ou non d’un domicile fixe.
Résultats
Sur les 2417 séjours inclus, 4,1% concernent des patients SDF. Ces patients sont majoritairement masculins, et plus jeunes que les patients AD (p<0.001). Les séjours hospitaliers sont significativement plus longs chez les patients SDF (p<0.001), avec une durée moyenne de séjour près de 3 fois supérieure à celle des patients AD. Ces patients sont également davantage susceptibles de faire l’objet de mesures de privation de liberté, qu’il s’agisse des modalités d’hospitalisation (15.3% d’ASPDRE vs 4.5%, et 35.7% d’ASPPI vs 18.9%, p<0.001) ou du recours à des mesures d’isolement thérapeutique durant l’hospitalisation, plus fréquentes (17.3% vs 9.2%, p=0.01) et sur des périodes plus longues (p=0.006). Par ailleurs, les prévalences des troubles psychotiques (59.2% vs 10.2%, p<0.001) et des troubles liés à l’usage d’alcool et de substances toxiques (26.5% vs 10.2%, p<0.001) sont significativement plus élevées chez les patients SDF. Les troubles de l’humeur (33.7% vs 47.1%, p<0.001) et de la personnalité (2% vs 7.7%, p=0.009) sont en revanche moins représentés. Sur le plan somatique, les prévalences des comorbidités infectieuses, respiratoires, cutanées, digestives et hématologiques sont plus importantes chez les patients SDF que chez les patients AD (tableau 1).
Conclusion
Ces résultats illustrent la complexité de prise en charge hospitalière des patients SDF vieillissants (mesures de privation de liberté laissant imaginer la sévérité des tableaux cliniques, traitement des comorbidités addictives et somatiques, sorties d’hospitalisation retardées par les difficultés inhérentes à l’hébergement, …). Ils soulignent la nécessité de renforcer les moyens dédiés à la prévention et au dépistage des troubles psychiatriques et somatiques chez les patients précaires, mais également le besoin de développer les dispositifs de relogement et d’hébergement adaptés à cette population spécifique et vulnérable.
 Tableau 1 - Diagnostics CIM-10 de troubles somatiques de l’échantillon total des patients de plus de 55 ans et des patients SDF et AD
|
| p130 profil des consultants en psychogeriatrie a lehs drid hocine algerie auteurs iddir n 1 sehim s 1 nedjari m 2 etablissement 1 centre hospitalo universitaire mustapha pacha alger algerie alger algerie 2 etablissement hospitalier specialise en psychiatrie drid hocine kouba alger algerie alger algerie presentateur iddir nawal |
P130 - Profil des consultants en psychogériatrie à l’EHS Drid Hocine. Algérie
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Voir le poster
Auteurs : IDDIR N. (1), SEHIM S. (1), NEDJARI M. (2)
Présentateur : IDDIR Nawal
Etablissement : (1) Centre Hospitalo Universitaire - Mustapha Pacha - Alger / Algerie , Alger, ALGERIE; (2) Etablissement Hospitalier Spécialisé en Psychiatrie, Drid Hocine - Kouba. Alger / Algérie, Alger, ALGERIE
Résumé :
Introduction : les troubles psychogériatriques constituent de nos jours un motif fréquent de consultation et sont responsables de la perte d’autonomie des personnes âgées. Afin d’améliorer le dépistage, le suivi et la prise en charge de cette population, nous avons procédé à une étude incluant 202 patients de 65 ans et plus. L’objectif de notre travail était de déterminer les caractéristiques sociodémographiques, cliniques et thérapeutiques de ces patients.
Matériel et méthodes : il s’agit d’une étude observationnelle et descriptive portant sur 202 patients de 65 ans et plus, suivis en consultation externe de psychogériatrie à l’EHS Drid Hocine (Alger) Kouba-Alger / Algérie. Les diagnostics étaient retenus selon les critères du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, dans sa 5 -ème édition (DSM-5). Le recrutement s’est fait durant une période de 24 mois, allant du mois de juin 2021 jusqu’au mois de juin 2023. Les variables mesurées étaient d’ordre sociodémographique, clinique et thérapeutique recommandée. L’évaluation cognitive a été faite par le Mini-Mental State Examination (MMSE) et l’évaluation gériatrique générale par l’index de cotation des comorbidités de Charlson ainsi que la mesure du niveau d’autonomie pour les activités de la vie quotidienne ADL (Activities of Daily Living).
Résultats : la moyenne d’âge était de 74, 7± 11,5 ans avec un sex-ratio équilibré. Plus de la moitié des patients était marié et presque la totalité (91,1 %) vivait en famille. La majorité avait été orientée à notre consultation par un psychiatre ou un neurologue. Plus d’un tiers avait un score de Charlson supérieur ou égale à 6. Les troubles psycho-comportementaux et délirants constituaient les principaux motifs de consultation. Les diagnostics retenus étaient dominés par les troubles démentiels (55,3 %), dont la maladie d’Alzheimer (29,5 %) et les démences mixtes (23,8 %), suivis du trouble cognitif léger -MIC- (14,5 %). Les délires, hallucinations visuelles et troubles de l’identification étaient significativement associés aux démences. Sur le plan thérapeutique, une association médicamenteuse concernait 33,6 % des patients, tandis que les monothérapies étaient représentées par les antidépresseurs (22,3 %), les antipsychotiques (14,4 %) et les anticholinestérasiques (10,9 %).
Conclusions : les patients fréquentant notre consultation de psychogériatrie sont des sujets septuagénaires, souffrants de symptômes rentrants dans le cadre de troubles démentiels, troubles de l’humeur ou encore, troubles schizophréniques tardives. A la lumière de ces résultats, il s’avère nécessaire de spécifier l’offre de soins et d’adapter des unités spécialisées en gérontopsychiatrie.
Mots-clés : sujet âgés – consultation - psychogériatrie - troubles psycho-comportementaux
|
| p131 tdah apres 65 ans enjeux therapeutiques et cliniques auteurs latroche o 1 apetrei d 1 guardijan n 1 unschuld p 1 etablissement 1 hopitaux universitaires de geneve geneve suisse presentateur latroche oussama |
P131 - TDAH après 65 ans enjeux thérapeutiques et cliniques
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Voir le poster
Auteurs : LATROCHE O. (1), APETREI D. (1), GUARDIJAN N. (1), UNSCHULD P. (1)
Présentateur : LATROCHE Oussama
Etablissement : (1) Hôpitaux Universitaires de Genève, Genève, SUISSE
Introduction
Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité persiste chez environ 2,5 % des adultes, mais les données au-delà de 60 ans restent rares. En Suisse comme en France, la prise en charge pharmacologique s’interrompt à 65 ans, alors que certains patients conservent une gêne fonctionnelle majeure. Cette limite administrative contraste avec la réalité clinique et interroge la poursuite d’un psychostimulant après 65 ans, malgré des données limitées sur la tolérance cardiovasculaire et l’efficacité à cet âge.
Nous présentons deux observations cliniques illustrant ces enjeux chez des patientes de plus de 65 ans.
Méthode
Présentation de deux patientes âgées de 66 et 81 ans, adressées pour plainte attentionnelle. L’évaluation comprenait un avis pharmacologique, un ECG et une surveillance tensionnelle.
Résultats
La première patiente, âgée de 66 ans, présentait un TDAH sévère diagnostiqué en 2000 par son psychiatre, avec comorbidités borderline et dépression récurrente. Après échec du bupropion et de l’escitalopram, elle est sous duloxétine. Deux ans après l’arrêt du méthylphénidate, une aggravation de l’attention et de l’humeur a motivé une réintroduction prudente du méthylphénidate LP 10 mg, avec contrôle ECG avant et après neuf jours. On constate une amélioration de l’attention, de l’impulsivité et de la dépression, sans anomalie cardiovasculaire. Un MoCA à 23/30, influencé par les troubles attentionnels et dépressifs, a conduit à proposer un bilan cognitif complémentaire afin d’exclure un trouble neurodégénératif débutant.
La seconde patiente, âgée de 81 ans, adressée pour suspicion de TDAH, présentait une maladie d’Alzheimer débutante. Compte tenu de la fragilité somatique et cardiovasculaire, l’instauration d’un psychostimulant a été jugée inappropriée.
Discussion
Ces deux situations illustrent la nécessité d’une approche individualisée après 65 ans. Chez les patients âgés de 65 à 74 ans, sans comorbidité cardiaque et avec antécédent de réponse favorable, la poursuite du méthylphénidate peut rester bénéfique, sous stricte surveillance. Au-delà de 75 ans, la balance bénéfice/risque devient plus défavorable. Les données observationnelles (Tadrous et al., 2021) suggèrent un sur-risque cardiovasculaire dès 65 ans, tandis que des travaux récents (Berberat et al., 2025 ; Levine et al., 2023) mettent en évidence un lien entre TDAH, vulnérabilité neuroaxonale et risque de démence. Ces éléments plaident pour une prise en charge adaptée, plutôt qu’un arrêt systématique.
Conclusion
La poursuite prudente d’un psychostimulant peut se justifier entre 65 et 74 ans, lorsque le diagnostic est établi et que le bénéfice est documenté. L’initiation après 65 ans doit rester exceptionnelle et, après 80 ans, la fragilité somatique rend le traitement le plus souvent inadapté. Des études sont nécessaires pour mieux définir la sécurité, l’efficacité et l’impact cognitif à ces âges, ainsi que l’intérêt d’alternatives non stimulantes, comme l’atomoxétine.
|
| p132 impact dun suivi post crise en psychiatrie du sujet age auteurs guehl n 1 baudoncourt c 1 etablissement 1 association hospitaliere de bourgogne franche comte saint remy en comte france presentateur guehl nicolas |
P132 - Impact d’un suivi post-crise en psychiatrie du sujet âgé
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Voir le poster
Auteurs : GUEHL N. (1), BAUDONCOURT C. (1)
Présentateur : GUEHL Nicolas
Etablissement : (1) Association Hospitalière de Bourgogne Franche-Comté, Saint Rémy En Comté, FRANCE
Face au vieillissement de la population et des pathologies psychiatriques chez les personnes âgées, l’offre de soins spécialisée se heurte à des difficultés majeures : diminution des lits d’hospitalisation, allongement des délais de consultation et ruptures de parcours. Dans ce contexte, un dispositif post-crise de psychiatrie du sujet âgé a été créé pour proposer une alternative ambulatoire rapide et coordonnée aux patients de plus de 65 ans sans trouble cognitif majeur, à la suite d’un épisode de crise subaiguë ayant conduit le patient aux urgences psychiatriques. Son objectif est de prévenir la récidive, de limiter les hospitalisations évitables et de sécuriser la prise en charge à domicile. Le dispositif repose sur une équipe pluridisciplinaire : le psychiatre assure la supervision médicale et le lien avec les partenaires extérieurs ; l’infirmier en pratique avancée (IPA) évalue cliniquement le patient, coordonne les suivis, et organise les staffs cliniques ; le psychologue propose des interventions ciblées, notamment en cas de crise suicidaire ; l’assistante sociale intervient sur les problématiques sociales urgentes et oriente vers les dispositifs adaptés ; enfin, la secrétaire gère les demandes, la planification et le suivi administratif. Cette organisation permet une réactivité optimale, avec des consultations réalisées dans un délai inférieur à 72 heures. Fort de près de 3 années de fonctionnement il nous a semblé opportun d’évaluer notre dispositif.
Cette évaluation rétrospective a porté sur 148 prises en charge entre 2023 et 2025. Les critères d’analyse incluaient, les motifs d’orientation, le taux de récidive (réadmission aux urgences, consultation en CMP ou hospitalisation) dans les six mois, le nombre de recours à un psychiatre durant notre prise en soins.
Sur les 148 patients inclus, 74 ont été suivis pour un épisode dépressif caractérisé et 49 pour des idées suicidaires ou un passage à l’acte. Une consultation médicale psychiatrique a été nécessaire dans 19,59 % des cas. Le suivi comportait en moyenne 2,36 consultations par patient. Le taux de récidive à six mois s’élevait à 17,1 % :
- dont 47,8 % des patients pour lesquels les recommandations ou préconisations faites en fin de suivi n'ont pas été mises en place
- dont 17,4% avaient refusé le suivi après la première consultation
Ces résultats confirment l’intérêt d’une prise en soins rapprochée et pluriprofessionnelle, fondée sur la complémentarité des rôles et la pratique avancée. Ce modèle de coordination, efficace pour réduire les réhospitalisations et améliorer la continuité des soins, ouvre des perspectives d’élargissement, notamment vers la médecine de ville.
|
| p133 les urgences psychiatriques chez le sujet age auteurs gadi i 1 ouraghen a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 hospital ibn al hassan fez maroc presentateur gadi imane |
P133 - Les urgences psychiatriques chez le sujet âgé
Thème: 10 - Psychiatrie du sujet âgé
Voir le poster
Auteurs : GADI I. (1), OURAGHEN A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : GADI Imane
Etablissement : (1) Hospital Ibn Al Hassan, Fez, MAROC
Introduction :
Les urgences psychiatriques chez le sujet âgé sont un motif de consultation fréquent dans les services d’accueil des urgences des hôpitaux psychiatriques. Ces urgences posent des difficultés aux équipes soignantes, qui ne sont pas toujours capables de les diagnostiquer et les gérer adéquatement. Nous allons dans ce travail, essayer de faire un état des lieux, de la nature des urgences ainsi que leur prise en charge diagnostiques et thérapeutiques et leurs modalités évolutives.
Méthodologie :
Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective, concernant les sujets âgés ayant consultés pour une urgence psychiatrique à l’hôpital psychiatrique universitaire IBN AL Hassan de Fès, durant une période de 5 ans, les données ont été recueillies des dossiers des malades dont les noms figurent dans le registre des urgences, ils ont été analysés à l’aide du logiciel SPSS-26.
Résultats :
Nous avons recensé 122 sujets dépassants 60 ans, avec une tranche d’âge prédominante de 60 à 69 ans, et une prédominance masculine de 58.2%, presque la moitié des sujets étaient mariés et avaient des enfants, la majorité des sujets vivaient en famille avec un pourcentage de 75.4% et plus que la moitié des sujets avaient une couverture médicale, 40.7% avaient des antécédents psychiatriques non documentés, et les troubles de comportement était le motif de consultation le plus fréquent chez 40.2% de l’échantillon, suivi de l'insomnie (35%), les signes dépressifs (26%), les signes psychotiques (12%) ainsi que les troubles mnésiques (10%), les conduites suicidaires (6%), et les signes anxieux (5%). La dépression est le diagnostic le plus fréquent (29.5%) suivie par la schizophrénie (20.5%), les troubles bipolaires (17.1%), la démence (12.3%), et le trouble anxieux (5,7%) ; plus que la moitié des patients ont bénéficié d’une hospitalisation (54.1%), les traitements les plus prescrits sont l’Escitalopram (22.1%) dans le volet des antidépresseurs, les NLS (45.1%) et la rispéridone (26.2) dans le volet des antipsychotiques, le traitement anxiolytique a été prescrits chez 41% des patients.
Conclusion :
La population âgée occupe une place importante dans les services d’urgences des hôpitaux psychiatriques, cela est d’autant plus problématique que ces situations d’urgences chez cette tranche d’âge peuvent cacher des urgences organiques vitales, qu’il faut déceler très vite, d'où l’intérêt de mettre à disposition des médecins psychiatres, des conduites à tenir et des recommandations pour les situations problématiques chez le sujet âgé en particulier.
|
| p135 vecu et psychopathologie apres mastectomie auteurs herch n 1 ben abdallah m 1 saguem b 1 bannour i 2 nakhli j 1 etablissement 1 chu farhat hached service de psychiatrie sousse sousse tunisie 2 chu farhat hached service de gynecologie obstetrique sousse sousse tunisie presentateur herch nourhene |
P135 - Vécu et psychopathologie après mastectomie
Thème: 11 - Urgences et psychiatrie de liaison
Voir le poster
Auteurs : HERCH N. (1), BEN ABDALLAH M. (1), SAGUEM B. (1), BANNOUR I. (2), NAKHLI J. (1)
Présentateur : HERCH Nourhène
Etablissement : (1) CHU Farhat Hached- Service de psychiatrie Sousse, Sousse, TUNISIE; (2) CHU Farhat Hached- Service de gynécologie obstétrique Sousse, Sousse, TUNISIE
Introduction :
Le cancer du sein représente un défi psychologique et interpersonnel surajouté à la charge physique imposée aux patientes qui en sont atteintes.
Objectif :
Nous visons à travers cette étude à évaluer détresse psychologique chez les survivantes tunisiennes au cancer du sein ayant été traités par un traitement chirurgical radical. Nous visons également à étudier la relation entre la stigmatisation du cancer du sein et les facteurs sociodémographiques, cliniques et psychopathologiques chez ces patientes.
Méthodes :
Une étude transversale à visée analytique a été menée chez les patientes atteintes d’un cancer du sein, suivies au service de gynécologie et obstétrique du CHU Farhat Hached de Sousse ayant été traitées par un traitement chirurgical radical associé ou non à d’autres types de traitements. Le recueil des données a inclut les données sociodémographiques, cliniques, ainsi que les échelles psychométriques suivantes : l’échelle de dépression de Hamilton (HDRS), l’index de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), l’échelle multidimensionnelle de la perception du soutien social (MSPSS),l’échelle d'estime de soi de Rosenberg (SESS), l’échelle d’efficacité personnelle généralisée (GSES). L’évaluation de la stigmatisation du cancer du sein a été effectuée à l’aide de l’échelle de stigmatisation du cancer du sein (BCSS).
Résultats :
Au total, 50 patientes ont été recrutées. Aucune patiente n’a rapporté la notion d’existence de pathologies psychiatriques, de suicide ou de tentatives de suicide dans la famille.
Le score total du BCSS était fortement et positivement corrélé aux scores des échelles de SESS (r=0,484) et de GSES (r=0,382) et il était fortement et négativement corrélé avec le score total de PSQI. Les scores des sous catégories de BCSS « responsabilité personnelle », « retentissement sur le fonctionnement » et « intégrité » étaient fortement et négativement corrélés au score total de PSQI. Les sous-catégories de BCSS « la responsabilité personnelle » et « la honte » ont présenté des corrélations positives avec le score total de la MSPS. Une corrélation négative a été retrouvée entre les sous scores « l’évitement », « la dissimulation », « l’intégrité » et « la honte », et le score de SESS. Également, plus les scores des sous-catégories de BCSS, à l’exception de la « responsabilité personnelle », étaient élevés, plus le degré d’auto-efficacité perçue était élevé. Les résultats de l’analyse de la régression hiérarchique du score BCSS comme variable dépendante a identifié le score SESS et le sous score de la durée du sommeil de l’échelle PSQI comme des variables prédictives indépendantes avec un taux de variance expliquée égale à 26.5%.
Conclusion :
Cette étude met l’accent sur l’impact de la stigmatisation des patientes suivies pour cancer du sein sur leurs qualités de vie en l’occurrence sur la qualité du sommeil, l’estime de soi et sur le sentiment d’auto éfficacité .
|
| p137 electrocardiogrammes en psychiatrie etat des lieux des pratiques auteurs marque o 1 marconot d 1 dupiot biasolo c 1 parneix sediey l 1 egron a 1 etablissement 1 centre hospitalier cadillac cadillac sur garonne france presentateur marque ophelie |
P137 - Électrocardiogrammes en psychiatrie : état des lieux des pratiques
Thème: 11 - Urgences et psychiatrie de liaison
Voir le poster
Auteurs : MARQUE O. (1), MARCONOT D. (1), DUPIOT-BIASOLO C. (1), PARNEIX-SEDIEY L. (1), EGRON A. (1)
Présentateur : MARQUE Ophélie
Etablissement : (1) Centre Hospitalier Cadillac, Cadillac Sur Garonne, FRANCE
Les psychotropes exposent à un risque de cardiotoxicité, notamment par l’allongement de l’espace QT. La réalisation, le suivi et la traçabilité des ElectroCardioGrammes (ECG) constituent donc des étapes clés de prévention et sécurité. Toutefois, l’absence de référentiels clairs et les disparités organisationnelles peuvent compromettre leur mise en œuvre. Cette étude vise à explorer les pratiques professionnelles et à identifier les leviers d’amélioration.
Une enquête en ligne, anonyme, a été diffusée auprès de l’ensemble des équipes soignantes d’un établissement de santé mentale. Le questionnaire portait sur la fréquence des ECG, les modalités de réalisation et de traçabilité, les indications, le suivi ainsi que les freins perçus à leur exécution.
Parmi les 73 répondants, la majorité était des Infirmiers Diplômés d’État (IDE) (n=53), suivis des psychiatres (n=7), infirmiers en pratique avancée (n=5), médecins généralistes (n=4) et cadres de santé (n=4). Environ 18% (n=13) déclaraient ne pas réaliser d’ECG. Chez les 60 concernés, 76,7% en prévoyaient systématiquement un à l’admission et 48,3% recherchaient la trace d’un ECG récent. Dans la plupart des cas (60,8%), il n’y avait pas de prescription écrite (demande orale) et seuls 41,6% des ECG étaient réalisés dans les 24h. Les principales indications étaient : après modification thérapeutique ou association à risque dans 50% des cas, avant instauration de tout psychotrope (46,7%) et uniquement en cas de symptômes ou antécédents cardiaques (16.7%). Les ECG n’étaient réalisés à intervalles réguliers que dans 23,3% des cas, majoritairement de façon annuelle (64,3%) et principalement par des IDE (89.9%). Le suivi était attribué pour 45% des participants aux généralistes et 34,7% aux psychiatres. La traçabilité était déclarée non systématique (11,7%) et, lorsqu’informatisée (43,3%), réduite le plus souvent à une simple observation médicale ou infirmière (48.9%), avec retranscription des résultats (46,7%) ou insertion du tracé (21,7%). Les freins majeurs à la réalisation étaient le manque de personnel formé à l’interprétation (40%), le manque de sensibilisation au risque torsadogène (33.3%) ou de recommandations officielles (25%), et l’absence d’équipement adapté (28,8%). Les défauts de traçabilité étaient liés au logiciel (65%), un archivage incomplet (48,3%), et l’absence de procédures (41,7%). Enfin, 55% des répondants se prononçaient fortement favorables à une amélioration et une réorganisation des pratiques.
Cette enquête révèle des pratiques hétérogènes autour de l’ECG en psychiatrie, exposant à un risque de sous-surveillance des effets cardiaques des psychotropes et de perte d’information. La création d’un groupe de travail pluridisciplinaire va permettre l’élaboration d’une procédure institutionnelle, l’optimisation des outils numériques et la mise en place d’une formation des soignants afin d’harmoniser les pratiques, et renforcer la qualité et la sécurité des soins psychiatriques.
|
| p138 depression anxiete et spiritualite chez les hemodialyses chroniques auteurs abdelhamid a 1 saidi i 2 bellafqih s 1 dahania m 1 elmaataoui z 1 kisra h 1 etablissement 1 hopital psychiatrique universitaire ar razi de sale sale maroc 2 service de nephrologie du chu ibn sina rabat maroc presentateur abdelhamid amina |
P138 - Dépression, anxiété et spiritualité chez les hémodialysés chroniques
Thème: 11 - Urgences et psychiatrie de liaison
Auteurs : ABDELHAMID A. (1), SAIDI I. (2), BELLAFQIH S. (1), DAHANIA M. (1), ELMAATAOUI Z. (1), KISRA H. (1)
Présentateur : ABDELHAMID Amina
Etablissement : (1) Hôpital psychiatrique universitaire Ar-Razi de Salé , Salé, MAROC; (2) Service de néphrologie du CHU Ibn Sina, Rabat, MAROC
Introduction
L'hémodialyse chronique s'accompagne de contraintes majeures générant un bouleversement psychosocial. La prévalence de la dépression et de l'anxiété supérieure à la population générale chez ces patients. Le bien-être spirituel pourrait constituer un facteur protecteur face à cette détresse psychologique, mais reste insuffisamment exploré.
Objectif
Évaluer la prévalence de la dépression et de l'anxiété chez les hémodialysés chroniques et analyser leur association avec le bien-être spirituel.
Étudier les facteurs influençant cette dimension.
Méthodes
Il s'agit d'une étude descriptive et analytique menée auprès de 17 patients suivis dans le centre d’hémodialyse du CHU de Rabat. Les données ont été recueillies à l'aide des échelles HAD (Hospital Anxiety and Depression) et Spiritual Well-Being Scale (SWBS), qui évalue deux dimensions : le bien-être religieux (Religious Well-Being, RWB) et le bien-être existentiel (Existential Well-Being, EWB). Les données sociodémographiques et cliniques des patients ont également été collectées. Une analyse statistique descriptive et analytique a permis de décrire les scores et leurs variations selon les caractéristiques des participants.
Résultats
Nous avons retrouvé une symptomatologie certaine pour l’anxiété chez 41% des patients, douteuse chez 12% et pas de symptomatologie chez 47%. Quant à la dépression, 41% ont une symptomatologie certaine, 6% douteuse et pas de symptomatologie chez 53% des malades. Les patients ont obtenu des scores modérés à élevés sur l’échelle SWBS, avec une moyenne globale de 94,4 ± 10,7. La composante RWB a présenté des scores significativement plus élevés que la composante EWB. Une corrélation a été retrouvée entre la présence d’une anxiété et le score RWB. Des différences notables ont été observées selon l’âge, le sexe et l’ancienneté de l’hémodialyse, indiquant des besoins spirituels variables. La majorité des patients a rapporté que leur foi les aidait à mieux gérer les défis de la maladie.
Conclusion
Cette étude met en évidence l’importance du bien-être spirituel chez les patients hémodialysés chroniques. Le rôle central de la spiritualité suggère la nécessité d’intégrer des interventions ciblées dans la prise en charge multidisciplinaire. Promouvoir le bien-être spirituel pourrait non seulement améliorer la qualité de vie des patients, mais aussi renforcer leur résilience face à la maladie.
|
| p139 impact du crup sur la duree disolement etude retrospective auteurs ben abdallah m 1 cheffi n 1 esteve a 1 labiadh a 1 mouaffak f 1 etablissement 1 eps ville evrard 93g04 crup saint denis france presentateur ben abdallah maya |
P139 - Impact du CRUP sur la durée d’isolement : étude rétrospective
Thème: 11 - Urgences et psychiatrie de liaison
Voir le poster
Auteurs : BEN ABDALLAH M. (1), CHEFFI N. (1), ESTEVE A. (1), LABIADH A. (1), MOUAFFAK F. (1)
Présentateur : BEN ABDALLAH Maya
Etablissement : (1) EPS Ville Evrard 93G04 - CRUP, Saint Denis, FRANCE
Le Centre Renforcé des Urgences Psychiatriques (CRUP) a été inauguré en septembre 2023 au sein du Centre Hospitalier Delafontaine à Saint-Denis. Rattaché au pôle de psychiatrie 93G04 de l’Hôpital de Ville-Évrard, le CRUP a pour mission de désengorger les urgences générales en assurant une prise en charge psychiatrique de crise, avec des hospitalisations de courte durée, inférieures à 72 heures. Il vise notamment à éviter le maintien prolongé de patients en situation de crise sur des brancards aux urgences. Le CRUP se distingue par une activité soutenue, avec en moyenne une dizaine de mouvements d’entrées et de sorties par jour. Cette unité permet l’hospitalisation de patients sous contrainte, rendant ainsi possible le recours à des chambres d’isolement, spécifiquement conçues pour la gestion de certaines situations de crise aiguë.
L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact d’un passage par le CRUP sur la durée de séjour en chambre d’isolement.
Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive, observationnelle (MR004) réalisée à partir des données recueillies dans les dossiers médicaux informatisés des patients hospitalisés au CRUP entre septembre 2023 et octobre 2025. Seuls ont été inclus les patients ayant séjourné en chambre d’isolement durant leur passage au CRUP. L’objectif de cette étude est de comparer la durée de séjour en chambre d’isolement des patients après passage au CRUP à la durée de séjour la plus courte en chambre d’isolement lors d’un séjour antérieur.
Après un an d’activité, 2654 hospitalisations ont été enregistrées au CRUP, avec une durée moyenne de séjour inférieure à 48 heures et une moyenne de 66 mouvements d’entrée et de sortie par semaine. Parmi ces hospitalisations, 44 patients ayant séjourné en chambre d’isolement ont été inclus dans cette analyse préliminaire. Les résultats montrent une durée moyenne de séjour en isolement de 6,32 jours lors de l’hospitalisation avec passage au CRUP, contre 9,86 jours lors des hospitalisations antérieures. Cette réduction est statistiquement significative (p < 0,05), suggérant ainsi l’impact positif du CRUP sur la réduction des durées d’isolement.
Le CRUP est une unité dédiée à la prise en charge des crises psychiatriques aiguës, conçue pour répondre aux limites de la gestion des patients souffrant de troubles mentaux sévères dans les services d’urgences classiques. En apportant une réponse rapide et adaptée, il contribue à désengorger les urgences, à améliorer l’orientation et la prise en charge globale des patients en partie en les déconflictualisant. Les résultats préliminaires de notre étude suggèrent un impact significativement positif au CRUP sur le recours aux mesures coercitives.
|
| p140 impact de l hospitalisation en psychiatrie chez les proches protocole auteurs toth c 1 dorard g 1 etablissement 1 universite paris cite boulogne billancourt france presentateur toth clara |
P140 - Impact de l'hospitalisation en psychiatrie chez les proches (protocole)
Thème: 11 - Urgences et psychiatrie de liaison
Voir le poster
Auteurs : TOTH C. (1), DORARD G. (1)
Présentateur : TOTH Clara
Etablissement : (1) Université Paris Cité, Boulogne Billancourt, FRANCE
Introduction
Les proches de personnes présentant des troubles psychiatriques représentent l’une de leurs principales sources de soutien, adoptant un rôle d’aidant s’accompagnant de nombreuses responsabilités. Bien que cette aide ait des conséquences positives pour les patients, celle-ci peut avoir des conséquences négatives pour leurs proches, les rendant plus vulnérables à l’émergence de troubles psychopathologiques.
Les processus psychologiques impliqués dans les difficultés d’adaptation des proches sont multiples et interconnectés : stratégies de coping, représentations de la maladie ou encore stigmatisation. Cependant, leur lien avec les modalités de prise en charge des patients reste encore peu exploré et ce, alors que l’une d’entre-elles, l’hospitalisation, représente un moment de crise dans la vie des patients et de leurs proches, parfois source de traumatisme.
Pourtant, peu d’études se sont intéressées aux conséquences psychosociales de l’hospitalisation chez les proches. De plus, l’importante hétérogénéité dans les concepts abordés et les méthodes utilisées par celles-ci rendent difficile la quantification du surcoût lié à l’hospitalisation dans l’adaptation psychologique des proches.
Cette étude comparative vise ainsi à explorer les facteurs impliqués dans l’adaptation psychologique des proches à 3 niveaux : adaptation à la maladie ; charge liée à l’hospitalisation (comparaison de proches de patients hospitalisés et pris en charge en ambulatoire) ; rôle des modalités d’hospitalisation (e.g. motif, durée, mode, etc.).
Méthode
Les participants répondant aux critères d’inclusion seront répartis en deux groupes en fonction de la prise en charge dont a fait l’objet leur proche au cours des trois dernières années (ambulatoire ou hospitalisation). Recrutés au sein de différents espaces (associations ; services hospitaliers ; réseaux sociaux ; universités), ils seront invités à répondre à un questionnaire en ligne composé d’un questionnaire ad-hoc (cinq sections : données socio-démographiques des participants et de leur proche patient ; informations sur l’hospitalisation ou sur le suivi en ambulatoire ; implication dans la prise en charge) et de plusieurs échelles : WCC, B-IPQ, IEQ, BSFC-s, WHODAS 2.0, SSRMI et KSS-AP.
Les données récoltées feront l’objet d’analyses de régression, de variance et de médiation.
Résultats attendus
Les résultats permettront une avancée des connaissances sur les proches de personnes atteintes de troubles psychiatriques ainsi qu’une avancée des connaissances sur la place de l’hospitalisation dans l’expérience des proches, en déterminant les différences de vécu liées à une prise en charge hospitalière ainsi qu’aux modalités d’hospitalisation.
De plus, la création d’un modèle rendant compte des processus psychologiques impliqués dans l’adaptation des proches permettra d’adresser des recommandations plus précises aux professionnels prenant en charge ces populations.
|
| p141 vers une psychiatrie durable leco prescription en action auteurs brunn m 1 2 berna f 3 bounoure f 4 taillemite s 5 fond g 6 etablissement 1 sciences po paris france 2 centre de sante de belleville paris france 3 universite de strasbourg hopitaux universitaires de strasbourg strasbourg france 4 laboratoire de pharmacie galenique ufr de sante normandie univ unirouen nordic inserm 1239 rouen france 5 ecovamed paris france 6 universite daix marseille assistance publique des hopitaux de marseille ceres s marseilles france presentateur berna fabrice |
P141 - Vers une psychiatrie durable : l’éco-prescription en action
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : BRUNN M. (1,2), BERNA F. (3), BOUNOURE F. (4), TAILLEMITE S. (5), FOND G. (6)
Présentateur : BERNA Fabrice
Etablissement : (1) Sciences Po, Paris, FRANCE; (2) Centre de santé de Belleville, Paris, FRANCE; (3) Université de Strasbourg, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, FRANCE; (4) Laboratoire de Pharmacie Galénique, UFR de santé, Normandie Univ, UNIROUEN, NORDIC, INSERM 1239, Rouen, FRANCE; (5) Ecovamed, Paris, FRANCE; (6) Université d’Aix-Marseille, Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, CEReS-S, Marseilles, FRANCE
Introduction
La prescription d’antidépresseurs augmente en France, avec des enjeux cliniques (iatrogénie, dépendances) et environnementaux : les médicaments représentent près d’un tiers des émissions de GES du secteur santé. À efficacité comparable, toutes les options n’ont pas la même empreinte carbone. L’éco-prescription – choisir, lorsque c’est possible, le traitement au plus faible impact – constitue un complément pragmatique du raisonnement clinique en psychiatrie.
Méthode
Analyse de l’empreinte carbone (kgCO₂eq) d’antidépresseurs courants à partir d’Ecovamed® (ACV « du berceau à la porte », modélisation hybride input-output, inclusion PA, formulation, emballage, transport, facteurs organisationnels). L’unité fonctionnelle est la dose journalière normalisée sur 28 jours. Les molécules et dosages ont été comparés à dose équivalente selon Hayasaka et al. (escitalopram 18 mg, fluoxétine 40 mg, miansérine 101,1 mg, mirtazapine 50,9 mg, paroxétine 34 mg, sertraline 98,5 mg, venlafaxine 149,4 mg), avec ajustements pragmatiques aux spécialités disponibles (ex. paroxétine 30 mg). Nous mettrons ces données en perspective avec des éléments d’écotoxicité (p. ex. indices PBT, contamination des milieux) lorsque disponibles.
Résultats
Une corrélation positive – non toujours linéaire – est observée entre dose définie journalière (DDJ) et empreinte carbone. À dose équivalente, l’empreinte varie de plus du simple au double entre escitalopram (plus faible) et miansérine (plus élevée). L’écart entre la moyenne des molécules (1,91 kgCO₂eq/28 j) et la plus sobre (escitalopram) atteint 619 gCO₂eq/28 j. Rapportée à la consommation nationale d’antidépresseurs (58 DDJ/1000 habitants), une substitution systématique vers les options à plus faible DDJ permettrait d’économiser ~25 000 tCO₂/an (≈16 000 AR Paris–New York). Scénarios : (A) primo-prescription d’un épisode dépressif caractérisé—remplacer sertraline par escitalopram : –35 % ; (B) besoin sédatif—mirtazapine plutôt que miansérine : –36 %. (Voir Figure 1).
Conclusion
L’éco-prescription en psychiatrie est immédiatement mobilisable, à coût neutre, et compatible avec la personnalisation des soins : à efficacité comparable, privilégier la molécule la plus active (DDJ la plus faible) réduit l’empreinte et peut générer des gains populationnels substantiels. Des limites existent (non-interchangeabilité stricte de certaines molécules, exclusions de duloxétine/vortioxétine des équivalences, biais d’ajustement de doses), sans invalider l’orientation générale. L’intégration de l’éco-prescription dans les recommandations, la formation et l’aide à la décision constitue un levier concret d’une psychiatrie durable.
 Figure 1. Empreinte carbone (kgCO₂eq/28 j) à dose équivalente d’antidépresseurs ISRS et associés ; relation DDJ–impact carbone.
|
| p142 revue systematique de la litterature interventions cliniques burnout professionnel insomnie auteurs chamontin m 1 nieuwenhuys v 2 vansoeterstede2 a 3 geoffroy p 4 boujut e 1 etablissement 1 cy cergy paris universite laboratoire cognition humaine et artificielle chart ur4004 unite de psychiatrie et d addictologie ambulatoire ap hp hopital la collegiale f 75005 paris france paris france 2 cy cergy paris universite laboratoire cognition humaine et artificielle chart ur4004 universite paris cite laboratoire de psychopathologie et processus de sante lpps ur 4057 paris france 3 universite paris nanterre laboratoire parisien de psychologie sociale lapps te2o ea 4386 200 avenue de la republique 92001 nanterre cedex france nanterre france 4 departement de psychiatrie et d addictologie ap hp ghu paris nord dmu neurosciences hopital bichat claude bernard f 75018 paris france centre chronos ghu paris psychiatrie neurosciences departement de psychiatrie universite paris cite ne paris france presentateur chamontin marie |
P142 - Revue systématique de la littérature - interventions cliniques : burnout professionnel, insomnie
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : CHAMONTIN M. (1), NIEUWENHUYS V. (2), VANSOETERSTEDE2 A. (3), GEOFFROY P. (4), BOUJUT E. (1)
Présentateur : CHAMONTIN Marie
Etablissement : (1) CY Cergy Paris Université, Laboratoire Cognition Humaine et Artificielle – CHArt UR4004, Unité de Psychiatrie et d'Addictologie ambulatoire, AP-HP, Hôpital La Collégiale, F-75005 Paris, France, Paris, FRANCE; (2) CY Cergy Paris Université, Laboratoire Cognition Humaine et Artificielle – CHArt UR4004, Université Paris Cité, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé - LPPS UR 4057, Paris, FRANCE; (3) Université Paris Nanterre, Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale (LAPPS-TE2O, EA 4386), 200, avenue de la République, 92001 Nanterre cedex, France, Nanterre, FRANCE; (4) Département de psychiatrie et d'addictologie, AP-HP, GHU Paris Nord, DMU Neurosciences, Hôpital Bichat - Claude Bernard, F-75018 Paris, France ; Centre ChronoS, GHU Paris - Psychiatrie & Neurosciences,; Département de psychiatrie Université Paris Cité, Ne, Paris, FRANCE
Introduction : Le syndrome de burnout professionnel est défini dans la CIM-11, prenant appui sur un modèle de stress transactionnel (Lazarus & Folkman, 1984) et selon la triade de Maslach (1962). Il est fréquemment associé à des symptômes dépressifs et anxieux (Koutsimani 2019), des troubles cognitifs (Renaud & Lacroix, 2024) et des troubles du sommeil (Schiller and al., 2018). Une étude de Söderström et al. (2004) a montré que les personnes avec une mauvaise qualité de sommeil ont deux fois plus de risque de développer un burnout. Les données sont divergentes concernant le lien causal entre insomnie et burnout (Yang et al., 2018 ; Jansson-Frömark et al., 2010). Alors qu’il n’existe pas de consensus dans la prise en charge du burnout, la thérapie comportementale et cognitive appliquée à l’insomnie (TCCi) est quant à elle le traitement de première intention non médicamenteuse du trouble insomnie (HAS, 2006 ; Riemann et al., 2023). La TCCi diminue également les troubles dépressifs (Meurice, 2017) et anxieux (Lee, 2023).
Objectifs : Recenser les articles évaluant l'effet des interventions non médicamenteuses chez les adultes souffrants de burnout professionnel avec des troubles du sommeil associés.
Méthode : Une revue systématique de la littérature suivant les recommandations PRISMA et dont la méthodologie a été déposée sous Prospero, a été réalisée sur les articles publiés jusqu’en février 2025.
Résultats : Un total de 465 études a été recensé dans la littérature. Après une sélection en double enquêteurs, 11 études ont été sélectionnées. Les 2/3 des études sont contrôlées et randomisées et les ¾ sont des interventions de groupe ou mixte (groupe avec séances individuelles). Les temps de mesures en follow-up vont de sept jours à douze mois, avec près de 50 % des études proposant un suivi sur six mois. La thérapie comportementale cognitive et émotionnelle est la principale orientation clinique mobilisée. Bien que la présence de nombreux biais dans la majorité des études recensées limite la généralisation des résultats, certaines montrent que la diminution des symptômes d’insomnie s’accompagne d’une réduction de l’expression des symptômes de burnout, ce qui n’est pas observé dans le sens inverse. Par ailleurs, les résultats relatifs aux tailles d’effet et à l’efficacité à long terme ne sont pas convergentes.
Conclusions : Les symptômes d’insomnie sembleraient liés à l’expression du burnout dans sa forme clinique, et aucune prise en charge validée n’est disponible actuellement. Face à ce constat, nous avons initié une étude clinique contrôlée évaluant un programme thérapeutique de groupe proposé chez l’adulte présentant un burnout en y intégrant une prise en charge des symptômes d’insomnie.
|
| p143 le lean ux dans les e services pour les jeunes en sante mentale auteurs gozlan g 1 bottius s 1 boos l 1 boodhun m 1 fourchard g 1 diop r 1 etablissement 1 prepsy paris france presentateur gozlan guy |
P143 - Le "lean Ux" dans les e-services pour les jeunes en santé mentale
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : GOZLAN G. (1), BOTTIUS S. (1), BOOS L. (1), BOODHUN M. (1), FOURCHARD G. (1), DIOP R. (1)
Présentateur : GOZLAN Guy
Etablissement : (1) Prepsy, Paris, FRANCE
Prépsy Clic met en œuvre une démarche centrée sur l’utilisateur afin de concevoir des outils numériques destinés aux jeunes de 16 à 25 ans ayant des troubles psychiques émergents. L’objectif est de favoriser un accès précoce à l’information et aux soins en proposant des contenus numériques fiables, clairs et adaptés à leurs besoins. Cette méthodologie, qui s’appuie sur l’approche « Lean UX », vise à améliorer l’engagement, l’acceptabilité et l’efficacité des services numériques en santé mentale. Elle permet d’impliquer activement les jeunes usagers dans la co-construction, la conception, l’évaluation et l’amélioration continue des outils numériques proposés.
Cette démarche repose sur des cycles courts de conception/test/ajustement. Les jeunes utilisateurs participent à des bêta-tests, des audits et des enquêtes de satisfaction pour orienter les évolutions des outils en cours de développement. Les retours recueillis servent à adapter les contenus et à choisir les canaux de diffusion les plus adaptés. L’optimisation sur mobile et l’utilisation des réseaux sociaux sont intégrées dès la conception en réponse aux usages numériques dominants de cette tranche d’âge. Un suivi des indicateurs (visites du site web, interactions sur les réseaux sociaux) permet d’évaluer l’efficacité des ajustements successifs.
Les premiers tests, réalisés en 2024, montrent une augmentation significative du taux de participation des utilisateurs, passant de 42 % à 75 %. Les retours soulignent la nécessité de contenus plus accessibles et attractifs, ainsi que l’importance d’une présentation simple et engageante.
Sur les six derniers mois (mai à septembre 2025) nous avons obtenu les résultats suivants :
-Sur Prepsy.fr : 8 326 visites et baisse du taux de rebond (pourcentage de visiteurs du site ressortis sans ouvrir une autre page) à 52 % avec une augmentation de 54% du taux d’ouverture des newsletters.
-Sur les réseaux sociaux : Nos publications ont été vues 14 600 fois. Elles ont touché 11 700 personnes différentes, et la communauté compte 4 778 abonnés. Nous avons publié 162 contenus au total, avec un taux d’engagement de 20 %, ce qui signifie qu’une personne sur cinq interagit avec nos publications.
L’usage régulier des tests et retours permet d’ajuster de manière dynamique les contenus et les fonctionnalités.
L’approche Lean UX mise en place par Prépsy Clic montre un fort potentiel pour améliorer l’accessibilité et la pertinence des services numériques en santé mentale destinés aux jeunes. L’implication directe des usagers favorise l’engagement et l’adaptation continue des outils proposés. La prochaine intégration d’un chatbot (SAM’IA), basé sur le traitement automatique du langage, renforcera l’out reaching en facilitant l’orientation vers les soins. Cette démarche « d’information précoce pour l’intervention précoce » pourrait contribuer à réduire les délais d’accès aux soins des jeunes confrontés à des troubles psychiques émergents.
 Nombres de visiteurs uniques- Comparaison 2024 vs 2025
|
| p144 validation d un protocole de prise en charge de l arachnophobie par exposition a la realite virtuelle auteurs walha s 1 turki m 1 chaari i 1 halouani n 1 ellouze s 1 aloulou j 1 etablissement 1 service de psychiatrie b hopital hedi chaker sfax tunisie sfax tunisie presentateur walha sirine |
P144 - Validation d'un protocole de prise en charge de l'arachnophobie par exposition à la realité virtuelle
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : WALHA S. (1), TURKI M. (1), CHAARI I. (1), HALOUANI N. (1), ELLOUZE S. (1), ALOULOU J. (1)
Présentateur : WALHA Sirine
Etablissement : (1) Service de psychiatrie « B », Hôpital Hedi Chaker, Sfax, Tunisie, Sfax, TUNISIE
Introduction :
L'arachnophobie (AP), également connue sous le nom de phobie des araignées, est définie comme une peur et un évitement excessifs en réponse à des pensées ou à des stimuli rappelant les araignées. En raison des comportements d’évitement, l’AP peut être considérée comme un trouble invalidant. Récemment, l’émergence de la réalité virtuelle (RV) était d’un apport considérable, et avait représenté un outil thérapeutique prometteur et efficace dans le traitement de cette phobie. Dans ce cadre, nous nous sommes proposé de valider un protocole de prise en charge de l’AP par exposition à la RV.
Méthodes :
Des participants souffrant d’AP se sont portés volontaires pour l’expérience. L’équipement utilisé pour les séances d’exposition à la RV était constitué d’un visiocasque, une manette de jeu, un environnement virtuel (laboratoire où se trouvent des araignées) et un oxymètre de pouls.
Nous avons utilisé l’échelle d’anxiété état-trait (STAI-Y) qui comporte deux échelles : une échelle d’anxiété-état pour mesurer l’anxiété après l’exposition, et une échelle d’anxiété-trait pour mesurer l’anxiété de base. Nous avons utilisé également l’échelle d’utilisabilité des systèmes (SUS) pour mesurer l’efficacité de dispositif de RV. L’évaluation de la validité et de la fidélité étaient réalisés selon une échelle de type Likert à 10 points.
Chaque sujet était convoqué à une première entrevue pour une évaluation de base et une psychoéducation. Les prochaines séances étaient dédiées à l’exposition.
Résultats :
L’échantillon était composé de 10 participants (6 femmes, 4 hommes). Selon l’échelle de STAI TRAIT, les scores des participants étaient compris entre 27 et 41,1 avec une moyenne de 54. Avant l’exposition, l’anxiété était jugée faible à très faible chez 50% des patients. La valeur moyenne de fréquence cardiaque (FC), était de 75,4. Après l’exposition, la moyenne des scores de l’échelle STAI ETAT était de 46,8 (maximum 65 ; minimum 33). La différence des moyennes des scores STAI ETAT ET STAI TRAIT (delta STAI) était de 5,4.La différence entre la FC moyenne maximale atteinte durant l’exposition et la FC initiale était de 27,6 battements/min (maximum 50 ; minimum 18). Le score moyen SUS était de 59,68. Sur une échelle Likert de 10, la moyenne des réponses se rapportant avec la validité de surface était de 6,9. Parmi les participants, 70 % avaient une réponse sur la fidélité physique supérieure à 5. La moyenne des réponses de la fidélité affective était de 6,8 ; 80 % des sujets ayant une réponse supérieure à 5.
Conclusion :
Les variations dans les scores de l’anxiété et dans la fréquence cardiaque avant et après l’exposition ont suggéré que l’expérience avait un potentiel de déclencher une réponse anxieuse. Toutefois, le manque de réalisme limitait son potentiel immersif. Ces résultats, ainsi que les suggestions des participants seraient la base pour les travaux d’amélioration et de perfectionnement de l’environnement virtuel.
|
| p145 facteurs associes aux resultats cliniques de lelectroconvulsivotherapie et au passage dun montage unilateral a un montage bitemporal auteurs sordo e 1 fuet l 1 amagat m 1 de maricourt p 2 domenech p 1 3 4 chalah m 1 5 etablissement 1 institut de neuromodulation pole hospitalo universitaire psychiatrie paris 15 ghu paris psychiatrie et neurosciences hopital sainte anne 75014 paris france 2 secteur 15 16 pole hospitalo universitaire psychiatrie paris 15 ghu paris psychiatrie et neurosciences hopital sainte anne 75014 paris france 3 universite paris cite paris france 4 computational brain team unicog neurospin inserm cea paris france 5 gilbert and rose marie chagoury school of medicine lebanese american university byblos liban presentateur amagat mickael |
P145 - Facteurs associés aux résultats cliniques de l’électroconvulsivothérapie et au passage d’un montage unilatéral à un montage bitemporal
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : SORDO E. (1), FUET L. (1), AMAGAT M. (1), DE MARICOURT P. (2), DOMENECH P. (1,3,4), CHALAH M. (1,5)
Présentateur : AMAGAT Mickaël
Etablissement : (1) Institut de Neuromodulation, Pôle Hospitalo-Universitaire Psychiatrie Paris 15, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Hôpital Sainte-Anne, 75014 , Paris, FRANCE; (2) Secteur 15-16, Pôle Hospitalo-Universitaire Psychiatrie Paris 15, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Hôpital Sainte-Anne, 75014 , Paris, FRANCE; (3) Université Paris Cité, Paris, FRANCE; (4) Computational Brain team, UNICOG, Neurospin, INSERM-CEA, Paris, FRANCE; (5) Gilbert and Rose-Marie Chagoury School of Medicine, Lebanese American University, Byblos, LIBAN
Introduction : L’électroconvulsivothérapie (ECT) reste le traitement le plus efficace des troubles psychiatriques sévères ou résistants. L’ECT unilatérale droite (RUL), avec titration et impulsions ultrabrèves, préserve les fonctions cognitives tout en conservant une efficacité comparable à celle de l’ECT bitemporale (BT). Cependant, certains patients présentent une réponse insuffisante à la RUL et nécessitent un passage au montage BT. L’objectif de cette étude était d’identifier les variables associées à l’inefficacité de la RUL et au besoin de passer (switch) en montage BT.
Méthode : Une étude rétrospective a été menée chez des patients adultes hospitalisés à l’hôpital Sainte-Anne et traités par ECT RUL. Les patients sans amélioration après 4 à 6 séances ont été passés en ECT BT. Les données démographiques, cliniques, ainsi que les paramètres de stimulation et de crise électrique ont été recueillies. La réponse clinique au traitement a été classée en totale, partielle ou absente, et la tolérance évaluée sur les effets indésirables courants.
Résultats : Cinquante-huit patients ont bénéficié d’une cure d’ECT RUL. Les indications cliniques étaient les suivantes : épisode dépressif caractérisé (44,8 % unipolaire, 13,8 % bipolaire), épisode psychotique (32,7 %, principalement schizophrénie), épisode maniaque (6,9 %) et catatonie (1,7 %). 31 % ont nécessité un switch BT. Une réponse totale a été obtenue chez 40 % des patients sous RUL, atteignant un taux cumulatif de 55 % après le passage en BT. La tolérance était similaire entre les patients poursuivant les ECT en RUL (n = 40) et ceux ayant eu le switch BT (n = 18). Comparés aux patients poursuivant la RUL, ceux ayant eu le switch présentaient davantage d’antécédents d’épisodes maniaques (p < 0,05), une prescription plus fréquente d’antipsychotiques (p < 0,05) et une tendance vers une indication d’ECT pour sévérité plus que résistance (p < 0,10). Chez les patients ayant eu le switch, l’utilisation de la clozapine et l’augmentation de la charge électrique étaient plus importantes lors de la période BT par rapport à la période RUL (p < 0,01). L’efficacité était associée à un nombre réduit d’antécédents de récurrences maniaques (période RUL, p < 0,05) et à une moindre prescription de clozapine (période BT, p < 0,10), tandis que la bonne tolérance était liée à un âge plus élevé (période RUL, p < 0,05), une durée de maladie plus longue (période RUL, p < 0,05), un antécédent de récurrence d’épisodes psychiatriques plutôt dépressifs (période RUL, p < 0,05) et moins de comorbidités psychiatriques (période BT, p < 0,05).
Conclusion : Les résultats de ce travail suggèrent qu’une stratégie débutant par RUL et passant au BT si nécessaire semble combiner efficacité et bonne tolérance. Certaines variables pourraient être associées aux résultats cliniques de l’ECT, offrant un éventuel cadre pragmatique pour individualiser ce traitement chez les patients présentant des pathologies sévères ou résistantes.
|
| p146 ecafip sem dispositif d accompagnement coordonne des jeunes neet vers l insertion socio professionnelle et le retablissement en sante mentale auteurs legrand g 1 cartier j 1 krzesinski p 1 chambas g 1 labed k 1 fernandes j 1 etablissement 1 association hospitaliere sainte marie centre hospitalier sainte marie de clermont ferrand clermont ferrand france presentateur legrand guillaume |
P146 - ECAFIP SèM : dispositif d'accompagnement coordonné des jeunes NEET vers l'insertion socio-professionnelle et le rétablissement en santé mentale
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : LEGRAND G. (1), CARTIER J. (1), KRZESINSKI P. (1), CHAMBAS G. (1), LABED K. (1), FERNANDES J. (1)
Présentateur : LEGRAND Guillaume
Etablissement : (1) Association Hospitalière Sainte-Marie, Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand , Clermont Ferrand, FRANCE
Introduction : entre 12 et 25 ans, les jeunes vivent une transition individuelle entre l'enfance et l'âge adulte. Cette période est importante en terme de santé mentale puisque 75% des troubles psychiques apparaissent avant l'âge de 25 ans. Plusieurs facteurs ont un impact sur la santé mentale des adolescents et des jeunes. La qualité de vie familiale et les relations avec les pairs représentent des déterminants majeurs. L’insertion socio-professionnelles est également importante puisque les jeunes dits « Not in Education, Employment or Training » (NEET) présentent un risque de troubles psychiques augmenté par rapport aux jeunes insérés d’un point de vue socio-professionnel (60% vs 35%). Il convient de proposer des stratégies permettant d’accompagner le repérage, détecter et accompagner spécifiquement ces jeunes vers leur insertion socio-professionnelle et leur rétablissement en santé mentale.
Matériels et méthodes : un dispositif d’aide au repérage et de détection précoce des vulnérabilités et troubles psychiques chez les jeunes NEET âgés de 15 à 29 ans a été développé au CHSM de Clermont-Ferrand au moyen du Fond d’Innovation Organisationnel en Psychiatrie. Il propose notamment une coordination de parcours sur deux ans au moyen d’un case management pluri professionnel et interdisciplinaire au moyen d’une Equipe de Coordination et d’Accompagnement à la Formation et à l’Insertion Professionnelle en Santé Mentale (ECAFIP SèM). L’objectif principal est d’éviter toute rupture dans les parcours de soin et de vie du jeune. Le staging transdiagnostic permettant une approche longitudinale et dynamique dans cette population a été mis en place. De même, le paradigme du rétablissement en santé mentale permet de renforcer l’autodétermination des jeunes et leur adhésion au parcours.
Résultats : Depuis janvier 2023, 217 demandes ont été adressées à l’ECAFIP SèM, dont 53.5% (n=116) orientations non sanitaires. 38 jeunes n’ont pas donné suite après le premier contact. Parmi les 179 jeunes vus, 36 ne correspondaient pas aux critères d’inclusion mais tous ont été réorientés. 79.9% (n=143) ont été inclus dans le dispositif avec un taux de perdus de vus de 9.1% (n=13). A ce jour, 109 jeunes sont en parcours et 21 ont terminé l’accompagnement. 93 jeunes ont pu bénéficier du staging transdiagnostic avec la répartition suivante : 2.1% (n=2) au stade 0, 14% (n=13) au stade 1a, 26.9% (n=25) au stade 1b, 45.2% (n=42) au stade 2 et 11.8% (n=11) au stade 3. Pour l’année 2024, le taux de réinsertion socio-professionnelle global se situe à 73.1% (n=49 sur 67 jeunes pour 2024).
Conclusion : l’ECAFIP SèM montre une efficacité en terme de détection des jeunes NEET présentant des vulnérabilités et des troubles psychiques. L’adhésion au dispositif est jugée bonne au vue de la population accompagnée et le taux de réinsertion est jugé très satisfaisant dans cette population. La réplication du dispositif apparait nécessaire afin de confirmer les résultats.
|
| p147 le regime cetogene pour la maladie mentale refractaire une analyse retrospective de 31 patients hospitalises auteurs danan a 1 ede g 2 westman e 4 saslow l 3 etablissement 1 cabinet dr danan albert toulouse france 2 chercheur independant northampton massachusetts etats unis 3 departement des sciences biologiques et comportementales de la sante ecole des sciences infirmieres universite du michigan ann arbor michigan etats unis 4 departement de medecine duke university medical center durham caroline du nord etats unis presentateur danan albert |
P147 - Le régime cétogène pour la maladie mentale réfractaire : une analyse rétrospective de 31 patients hospitalisés
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : DANAN A. (1), EDE G. (2), WESTMAN E. (4), SASLOW L. (3)
Présentateur : DANAN Albert
Etablissement : (1) CABINET DR DANAN ALBERT , Toulouse, FRANCE; (2) Chercheur indépendant, , Northampton. Massachusetts. , ETATS-UNIS; (3) ’’Département des sciences biologiques et comportementales de la santé, École des sciences infirmières, Université du Michigan, , Ann Arbor, Michigan, , ETATS-UNIS; (4) Département de médecine, Duke University Medical Center, Durham. , Caroline Du Nord. , ETATS-UNIS
Introduction :
La base de données probantes robuste soutenant le bénéfice thérapeutique des régimes cétogènes dans l'épilepsie et d'autres affections neurologiques suggère que cette même approche métabolique peut également bénéficier aux troubles psychiatriques.
Méthode :
Dans cette analyse rétrospective des soins cliniques, 31 adultes souffrant d’une maladie mentale sévère et persistante — notamment un trouble dépressif majeur, un trouble bipolaire ou schizophrénie ont été inclus. Tous présentaient des symptômes mal contrôlés malgré une prise en charge psychiatrique intensive incluant psychothérapie, pharmacothérapie et suivi régulier. Afin d’explorer une approche thérapeutique complémentaire, ces patients ont été admis dans un établissement de soins psychiatrique et ont bénéficié d’un régime cétogène, en plus des soins conventionnels, sous un régime cétogène strict limitant l’apport en glucides à un maximum de 20 grammes par jour. Cette intervention nutritionnelle visait à induire un état de cétose nutritionnelle, potentiellement bénéfique pour la régulation de l’humeur et la stabilisation des symptômes psychiatriques. La durée de l’intervention variait sensiblement d’un patient à l’autre, allant de 6 à 248 jours, en fonction de la tolérance, de l’adhésion au protocole et des besoins cliniques individuels.
Résultats de l'étude :
Trois patients n’ont pas pu adhérer au régime et ont été exclus de l’étude.
Les patients inclus ont vu les scores moyens et les écart type ont été amélioré pour l’échelle d'évaluation de la dépression de Hamilton passant de 25,0 (6,4) à 7,6 (4,2), P <,001, et les scores moyens de l'échelle d'évaluation de la dépression de Montgomery-Asberg se sont améliorés de 29,0 (7,9) à 10,2 (6,3), P <,001.
Parmi les 10 patients atteints d'une schizophrénie, les scores PANSS moyens se sont améliorés, passant de 91,4 (15,3) à 49,3 (6,8), P = 0.002.
On a pu observer également des améliorations significatives sur les paramètres de santé métabolique incluant le poids, la tension artérielle, la glycémie et les triglycérides.
Conclusion :
L'administration d'un régime cétogène dans ce cadre semi-contrôlé à des patients atteints d'une maladie mentale réfractaire au traitement était faisable, bien tolérée et associée à des améliorations significatives des symptômes de dépression et de psychose et à de multiples marqueurs de la santé métabolique.
 Une analyse rétrospective de 31 patients hospitalisés
 Changement de l'échelle de sévérité des impressions cliniques globales CGI-S
|
| p149 opioid prescription practices and risk management among physicians in morocco auteurs kailil s 2 el hammoumi b 2 hayad a 1 2 bahetta s 1 2 sabir m 1 2 ouanass a 1 2 etablissement 1 hopital ar_razi sale maroc 2 hopital ar razi sale maroc presentateur kailil sara |
P149 - Opioid prescription practices and risk management among physicians in morocco
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : KAILIL S. (2), EL HAMMOUMI B. (2), HAYAD A. (1,2), BAHETTA S. (1,2), SABIR M. (1,2), OUANASS A. (1,2)
Présentateur : KAILIL Sara
Etablissement : (1) HOPITAL aR_RAZI, Salé, MAROC; (2) Hopital Ar-razi, Salé, MAROC
Introduction :
La crise mondiale des opioïdes, marquée par une forte morbidité et mortalité, souligne la nécessité de comprendre les pratiques de prescription pour prévenir le mésusage. Au Maroc, les données restent limitées concernant l’usage médical des opioïdes et les perceptions des prescripteurs. Cette étude vise à explorer les caractéristiques sociodémographiques, les pratiques professionnelles et les attitudes des médecins marocains face à la prescription d’opioïdes, afin d’identifier les facteurs de risque et les stratégies de prévention existantes.
Méthodes :
Une étude transversale a été réalisée auprès de 123 médecins exerçant dans différentes régions du Maroc, recrutés dans le secteur public et privé. Un questionnaire structuré a été diffusé sous format électronique et papier afin de collecter des informations sur les profils sociodémographiques, l’expérience professionnelle, les pratiques de prescription, les craintes associées et les mesures de prévention du mésusage. Les données ont été analysées de manière descriptive pour identifier les tendances majeures.
Résultats :
L’échantillon comprenait 53,7 % de femmes et 46,3 % d’hommes, principalement âgés de 41 à 50 ans (26 %), avec une expérience professionnelle moyenne de 11 à 20 ans. La majorité étaient médecins spécialistes (53,7 %) et 61,2 % exerçaient dans le secteur public. Parmi les participants, 94,3 % déclaraient prescrire des opioïdes, principalement la codéine (87,8 %), suivie du tramadol (65,9 %) et de la morphine (15,4 %). Les principales indications thérapeutiques étaient la douleur cancéreuse (26,1 %), rhumatismale (22,6 %) et post-opératoire (20,9 %). La voie orale était la plus utilisée (92,7 %). Les effets indésirables les plus redoutés étaient la dépendance (64,2 %) et la dépression respiratoire (57,7 %). Les symptômes de sevrage les plus cités comprenaient l’anxiété (69,1 %), le craving (65,9 %) et l’insomnie (61 %). Concernant la prévention, 82,1 % des médecins évaluaient le profil psychologique de leurs patients avant prescription et 83,7 % limitaient la durée des traitements.
Discussion :
Les résultats montrent une prescription d’opioïdes largement répandue mais globalement prudente. La codéine et le tramadol demeurent les principaux antalgiques prescrits, reflétant une tendance similaire à celle observée dans d’autres pays à revenu intermédiaire. Les médecins marocains manifestent une conscience marquée des risques de dépendance et adoptent plusieurs stratégies préventives, bien que des écarts persistent dans l’évaluation psychologique et le suivi des patients. Ces observations suggèrent la nécessité de renforcer la formation continue, de clarifier les recommandations nationales et de promouvoir des protocoles standardisés afin d’assurer un équilibre entre gestion de la douleur et prévention du mésusage des opioïdes.
 Professional’s Age Distribution
 Years of Experience of Participants
 Specialities of Participants
 The Most Frequently Prescribed Opioid Analgesics by Participants
 Side Effects of Opioid Use Identified by Participants (n = 123 |
| p151 efficacite dun centre de jour psychosomatique de rehabilitation auteurs lepiece b 1 jacques d 1 zdanowicz n 1 etablissement 1 uclouvain chu namur mont godinne yvoir belgique presentateur zdanowicz nicolas |
P151 - Efficacité d’un centre de jour psychosomatique de réhabilitation
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : LEPIECE B. (1), JACQUES D. (1), ZDANOWICZ N. (1)
Présentateur : ZDANOWICZ Nicolas
Etablissement : (1) UCLouvain CHU Namur Mont-Godinne, Yvoir, BELGIQUE
Introduction : Notre centre reçoit 8 patients pendant 10 jours pour une prise en charge intensive en vue d’une réhabilitation notamment professionnelle. Ceci comprend des séances de thérapie de groupe, de thérapie individuelle, de kinésithérapie, de pleine conscience, des ateliers créatifs et une prise en charge de médecine interne. Quelle est l’efficacité de notre centre en terme de retour au travail (RT) et existe-t-il des facteurs prédictifs ? Méthode : 134 participants ont été inclus. Tous ont été diagnostiqués avec un trouble mental : dépression majeure, trouble anxieux ou trouble de la consommation d’alcool. Des données telles que les variables sociodémographiques et socioéconomiques, les hospitalisations antérieures, le diagnostic et la durée de l’absence du travail (moyenne 0,26 an, ET 0,2) ont été recueillies. Les symptômes dépressifs évalués par l’inventaire de la dépression de Beck ont été collectés au début et à la fin du séjour. Les participants ont été contactés par téléphone 6 mois après leur hospitalisation afin d’évaluer l’efficacité du retour au travail. Une analyse de régression logistique a été effectuée. Résultats : Si 71,6 % de nos patients ont fait un retour au travail après 6 mois, nous avons constaté que les variables sociodémographiques et socio-économiques d’un patient, ainsi que les symptômes dépressifs au début de l’hospitalisation n’étaient pas prédictifs. La durée de l’absence du travail (OR 0,008***) est associée négativement au retour au travail. En ce qui concerne un diagnostic psychiatrique, nous avons constaté que par rapport aux patients dépressifs, les patients présentant un trouble anxieux (OR = 7,88*) ou un trouble de l’usage d’alcool (OR = 3,14*) sont plus susceptibles de subir un retour au travail. Les symptômes dépressifs initiaux d’un patient n’étaient pas prédictifs du retour au travail, tandis que les patients qui ont montré une amélioration de leurs symptômes dépressifs pendant l’hospitalisation étaient plus susceptibles de retourner au travail dans les 6 mois (B = 0,078**). Conclusion : Si l’on peut se satisfaire du nombre de patients RT, notre étude a identifié le diagnostic de dépression majeure et la durée de l’absence au travail avant l’hospitalisation comme deux facteurs de risque importants empêchant un retour rapide.
|
| p153 voyages interieurs pas le mouvement creatif une innovation therapeutique pour les soignants auteurs minondo b 1 etablissement 1 qare hasparren france presentateur minondo barbara |
P153 - Voyages intérieurs pas le mouvement créatif : une innovation thérapeutique pour les soignants
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : MINONDO B. (1)
Présentateur : MINONDO Barbara
Etablissement : (1) Qare, Hasparren, FRANCE
Introduction:
Le thème « Voyages intérieurs » invite à explorer les dynamiques profondes de la psyché. Cet exposé propose une perspective originale : utiliser le corps en mouvement et la créativité artistique comme catalyseurs de ce voyage, au bénéfice des soignants confrontés quotidiennement à la souffrance psychique.
Les professionnels de la psychiatrie – psychiatres, psychologues, orthophonistes, art-thérapeutes – sont soumis à des niveaux de stress et de charge émotionnelle qui exposent au burn-out. Les approches corporelles et artistiques constituent un levier thérapeutique innovant pour prévenir cette usure et soutenir une transformation intérieure durable.
Méthode:
Notre propos s’appuie sur trois ancrages complémentaires :
1. Psychothérapie corporelle : le mouvement expressif favorise la décharge des tensions, restaure la cohérence entre vécu corporel et mental, et relance la plasticité émotionnelle.
2. Art-thérapie : le geste créatif, en mobilisant l’imaginaire, permet la symbolisation des affects et l’élaboration des conflits internes.
3. Neurosciences des émotions et du stress : les données actuelles confirment l’impact du mouvement et de l’acte créatif sur la régulation du système nerveux autonome, la sécrétion de neuromédiateurs et la résilience psychique.
Le travail proposé consiste à transformer le vécu émotionnel en geste artistique: mouvement, mot, musique. Le professionnel peut-être l'acteur de sa propre proposition ou en être le spectateur, en la soumettant à une équipe artistique qui agit tel un miroir de son monde intérieur.
Résultats:
Des vignettes cliniques et des expériences menées en contexte hospitalier illustreront comment ces pratiques nourrissent la relation thérapeutique, renforcent l’alliance soignant-patient et ouvrent de véritables voyages intérieurs partagés. L’accompagnement ne vise pas seulement la prévention de l’épuisement, mais un renouvellement du sens du soin, permettant au soignant de redevenir sujet de sa propre histoire corporelle et psychique.
Conclusion:
En intégrant le corps, le mouvement et l’art dans la pratique psychiatrique, cette démarche promeut une psychiatrie plus incarnée et créative. Elle s’inscrit pleinement dans l’axe Innovation thérapeutique du congrès de l’Encéphale 2026 : faire du voyage intérieur non seulement un objet d’étude, mais une expérience vécue, capable de transformer durablement le soignant et, par ricochet, le patient.
|
| p154 connaissances croyances obstacles a la prescription dactivite physique en psychiatrie auteurs gindre c 1 moine e 2 alexandre f 2 jurado n 2 bourla a 2 heraud n 2 etablissement 1 centre ambulatoire aubergenville inicea aubergenville france 2 direction medicale ethique recherche et innovation en sante clariane paris france presentateur bourla alexis |
P154 - Connaissances, croyances, obstacles à la prescription d’activité physique en psychiatrie
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : GINDRE C. (1), MOINE E. (2), ALEXANDRE F. (2), JURADO N. (2), BOURLA A. (2), HERAUD N. (2)
Présentateur : BOURLA Alexis
Etablissement : (1) Centre Ambulatoire Aubergenville INICEA, Aubergenville, FRANCE; (2) Direction Médicale Ethique, Recherche et Innovation en Santé CLARIANE, Paris, FRANCE
INTRODUCTION : L’activité physique (AP) est reconnue comme un traitement efficace dans de nombreuses affections en santé mentale. Ses bénéfices dépassent les mécanismes biologiques des traitements médicamenteux, en intégrant des dimensions psychosociales (estime de soi, auto-efficacité, etc.). En dépit des recommandations internationales, la prescription d’AP demeure insuffisante. Cette étude a donc pour objectif d'évaluer les connaissances, les croyances, les ressources et les pratiques en termes d’AP des médecins et psychiatres en France.
METHODE : Une enquête a été menée auprès de 152 praticiens exerçant dans 34 cliniques psychiatriques Inicea (Clariane). Ils ont été contactés par e-mail pour leur proposer de répondre en ligne au questionnaire EMIQ-HP, traduit en français et enrichi. Il comprend 68 questions réparties en 6 parties : connaissances, croyances, comportements, obstacles, participation personnelle à l’AP et données démographiques.
RESULTATS : 47 praticiens (31%) ont répondu à l’enquête. Parmi eux, seuls 27 (57%) ont répondu à l’ensemble du questionnaire. 52% des répondants connaissent les recommandations internationales, mais seuls 15% ont reçu une formation sur la prescription de l’AP. 89% sont convaincus de l’effet préventif de l’AP sur la dépression. Plus de 50% des répondants pensent que les médicaments, l’électroconvulsivothérapie et la thérapie cognitivo-comportementale sont de meilleure valeur que l’AP. Parmi les thérapies proposées en santé mentale, l’AP est classée au 2e rang. Les résultats montrent que toutes les structures des répondants proposent de l’AP (n=15/15), encadrée à 90% par des professionnels dédiés. 96% des répondants ont un espace pour la pratique d’AP et 73% bénéficient d’équipements spécifiques. Cependant, les évaluations cliniques en lien avec l’AP sont peu fréquentes (42% avant programme). 78% des répondants prescrivent l’AP au moins « la plupart du temps », mais seuls 26% le font systématiquement. Les activités les plus prescrites sont des activités aérobies (71%) et de la relaxation (70%).
CONCLUSION : Les répondants montrent un grand intérêt pour l’AP en tant qu’outil thérapeutique. Les ressources humaines et matérielles sont disponibles au sein des établissements. Cependant, notre étude révèle un manque de formation ainsi qu’une prescription et une évaluation non systématiques de l’AP. La formation des médecins pourrait faciliter son intégration dans la pratique psychiatrique, en améliorant la sécurité, l'efficacité et l'adhésion des patients au traitement.
|
| p155 tca intervenir autrement trajectoires dimensionnelles orientees one health auteurs monthuy blanc j 1 2 scanferla e 1 3 4 verschelde r 1 2 etablissement 1 unite de recherche loricorps centre de recherche de l institut universitaire en sante mentale de monteal cr iusmm montreal canada 2 departement des sciences de l education universite du quebec a trois rivieres uqtr trois rivieres canada 3 universite paris cite laboratoire crpms ihss paris france 4 ghu paris psychiatrie et neurosciences cmme hopital sainte anne paris france presentateur scanferla elisabetta |
P155 - TCA : intervenir autrement, trajectoires dimensionnelles orientées One Health
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : MONTHUY-BLANC J. (1,2), SCANFERLA E. (1,3,4), VERSCHELDE R. (1,2)
Présentateur : SCANFERLA Elisabetta
Etablissement : (1) Unité de Recherche Loricorps, Centre de recherche de l'institut universitaire en santé mentale de Montéal (CR-IUSMM), Montréal, CANADA; (2) Département des sciences de l'éducation, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Trois-Rivières, CANADA; (3) Université Paris Cité, Laboratoire CRPMS / IHSS, Paris, FRANCE; (4) GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, CMME, Hôpital Sainte-Anne, Paris, FRANCE
Introduction
Dans le sillage du thème « voyage intérieur », nous appréhendons les troubles du comportement alimentaire (TCA) comme des trajectoires thérapeutiques où l’expérience vécue s’inscrit sur des gradients de sévérité plutôt qu’en « îlots diagnostiques ». Les révisions DSM-5/DSM-5-TR entérinent ce déplacement en introduisant des métriques dimensionnelles (niveaux de sévérité, rémission partielle/complète) alignant plus finement critères opératoires et temporalité clinique. Cette perspective processuelle pense le traitement des TCA comme des phénomènes multi-échelles, intriquant marqueurs somatiques, patrons comportementaux, affects, cognitions et milieux de vie. Cartographier ce voyage consiste à relier la diachronie des formes cliniques à des repères nosographiques robustes et contextuels pour guider l’évaluation et l’intervention.
Méthode
À partir de l’ouvrage Fondements approfondis des TCA (Loricorps, déc. 2025), nous menons une synthèse intégrative orientée One Health (histoire, nosographie DSM-5-TR, épidémiologie, comorbidités, interventions). Le cadre opérationnel combine repères métriques (anorexie, boulimie, accès hyperphagiques), indicateurs populationnels récents (prévalences, sous-diagnostic), design d’intervention transdisciplinaire (e-Pros-A), innovations thérapeutiques (réalité virtuelle, neuromodulation) et logique graduée de soins, de la prévention à l’hospitalisation spécialisée.
Résultats
Repères nosographiques : pour l’anorexie, seuils de sévérité adossés à l’IMC (léger ≥17 ; modéré 16–16,99 ; grave 15–15,99 ; extrême <15) et définitions de rémission ; pour la boulimie, sévérité indexée à la fréquence hebdomadaire des comportements compensatoires (8–13 = grave ; ≥14 = extrême) ; pour le trouble d’accès hyperphagiques, temporalité minimale ≥1 épisode/semaine pendant 3 mois. Population : sous-repérage du trouble d’accès hyperphagiques (n=344 ; diagnostic formel 3,2%) ; chez les 10–14 ans, prévalence 1,0% pour le trouble et 6,3% pour les comportements sub-syndromiques ; comorbidités anxieuses jusqu’à 62% chez la personne concernée et 71,4% à 9–10 ans ; mortalité hospitalière liée aux TCA 0,4%. Intervention : formalisation d’une facilitation transdisciplinaire (e-Pros-A) et d’un continuum gradué de soins, intégrant réalité virtuelle (évaluation/exposition) et neuromodulation pour sous-groupes réfractaires.
Conclusion
Re-cartographier les TCA comme trajectoires processuelles, du corps au contexte, inscrit le soin dans un paradigme One Health servant de boussole clinique : il relie mesures dimensionnelles, littératie diagnostique et politiques de soins gradués pour transformer l’errance en itinéraire. Cette navigation, éclairée par des jalons métriques, des repères épidémiologiques et des dispositifs transdisciplinaires, conjugue pharmacologique et non pharmacologique, technologie et humanités, sans perdre de vue l’écologie du vivre.
|
| p156 lintelligence artificielle au service de la tcc conception du prototype cbtrain auteurs bouchendira m 1 2 mtiraoui a 1 2 nakhli j 1 2 etablissement 1 service de psychiatrie chu farhat hached sousse tunisie 2 laboratoire de recherche lr12es04 faculte de medecine de sousse universite de sousse sousse tunisie presentateur bouchendira mariem |
P156 - L’intelligence artificielle au service de la TCC : Conception du prototype CBTrain
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : BOUCHENDIRA M. (1,2), MTIRAOUI A. (1,2), NAKHLI J. (1,2)
Présentateur : BOUCHENDIRA Mariem
Etablissement : (1) Service de psychiatrie , CHU Farhat Hached , Sousse, TUNISIE; (2) Laboratoire de Recherche LR12ES04, Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Sousse, TUNISIE
Introduction:
La formation initiale à la thérapie cognitive et comportementale (TCC) repose surtout sur des enseignements théoriques complétés par des méthodes actives. Si ces approches favorisent l’acquisition des connaissances, elles offrent encore peu d’occasions d’immersion ou d’entraînement avant la rencontre réelle avec le patient. L’apprentissage expérientiel, fondé sur la simulation et le feedback, renforce l’intégration des compétences dans un environnement sécurisé. Par ailleurs, les outils numériques existants restent limités et rarement adaptés aux spécificités culturelles et communicationnelles des contextes locaux. Ce travail décrit la conception et le développement de CBTrain, un prototype numérique fondé sur l'intelligence artificielle (IA) pour l’entraînement interactif à la pratique de la TCC de la dépression.
Méthodes:
Phase1 - Conception pédagogique et fonctionnelle: une revue narrative de la littérature a été menée à partir de PubMed, PsycINFO, Google Scholar et ScienceDirect, avec les mots-clés “CBT training”,“TCC”,“digital learning” et “artificial intelligence”. Cette revue a permis d’identifier les limites pédagogiques actuelles et de définir les objectifs du prototype. Une architecture modulaire centrée sur la simulation d’entretiens thérapeutiques et la progression graduée des compétences a ensuite été élaborée.
Phase2 - Développement technique: la mise en œuvre a utilisé la stack MERN (MongoDB, Express, React, Node.js). L’API GPT d’OpenAI a été intégrée pour générer des dialogues simulant des patients virtuels.
Phase3 - Validation experte: le prototype a été soumis à un panel d’experts en TCC pour évaluer la pertinence clinique, la cohérence pédagogique et l’adéquation culturelle des contenus avant diffusion expérimentale.
Résultats:
CBTrain comprend des modules progressifs couvrant les principales étapes de la TCC de la dépression: évaluation,analyse fonctionelle, conceptualisation, restructuration cognitive, activation comportementale, psychoéducation, affirmation de soi et prévention de la rechute. Chaque module repose sur une vignette clinique interactive où l’apprenant conduit un entretien virtuel avec un patient simulé. Les échanges, générés en temps réel par l’IA, s’adaptent au contenu et au style de l’utilisateur, offrant une expérience immersive et individualisée. Un système de feedback automatisé analyse la cohérence clinique et la pertinence des interventions, favorisant un apprentissage réflexif. Une base de données interne enregistre les performances et la progression pour personnaliser le parcours.
Conclusion:
Le développement de CBTrain illustre la faisabilité d’un outil numérique d’entraînement à la TCC fondé sur l’IA. Alliant rigueur pédagogique et technologies innovantes, ce prototype ouvre la voie à une formation personnalisée et contextualisée en psychothérapie. Les prochaines étapes concerneront l’évaluation de son utilisabilité et de son impact sur l’acquisition des compétences cliniques.
|
| p157 trainbot psy etude pilote dun agent ia pour lapprentissage relationnel en psychiatrie auteurs tayeb bey y 1 terrisse r 1 le glaz a 1 lemey c 1 etablissement 1 chru de brest brest france presentateur tayeb bey yasmina |
P157 - TRAINBot-Psy : étude pilote d’un agent IA pour l’apprentissage relationnel en psychiatrie
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : TAYEB-BEY Y. (1), TERRISSE R. (1), LE GLAZ A. (1), LEMEY C. (1)
Présentateur : TAYEB-BEY Yasmina
Etablissement : (1) CHRU de Brest, Brest, FRANCE
Introduction
La formation à l’entretien psychiatrique constitue un enjeu majeur du cursus médical. Les compétences relationnelles et empathiques, essentielles à la pratique clinique, sont habituellement enseignées par des simulations avec patients standardisés, coûteuses en ressources et parfois génératrices de stress pour les étudiants. L’essor des agents conversationnels fondés sur des modèles de langage (LLM) ouvre de nouvelles perspectives pédagogiques : l’agent peut incarner le rôle d’un patient psychiatrique, permettant un entraînement flexible, standardisé et répétable.
Le projet TRAINBot-Psy évalue cette approche innovante à travers une étude quantitative pilote randomisée, mesurant l’impact de l’agent conversationnel sur la performance relationnelle des étudiants.Une étude qualitative complémentaire approfondira l’analyse exploratoire.
Méthode
Population
L’étude inclura environ trente étudiants de 4ᵉ année de médecine (DFASM1) à l’Université de Brest (2025–2026).
Critères d'inclusion
Module de psychiatrie validé.
Stage clinique en cours.
Consentement écrit.
Répartition aléatoire en deux groupes
Contrôle: simulation classique.
Expérimental: simulation classique + séance avec agent conversationnel.
Chronologie
T0: Inclusion et simulation classique;
T0 bis: Séance complémentaire avec l’agent conversationnel pour le groupe expérimental;
T1: Evaluation finale avec passation des questionnaires.
Matériel
L’agent conversationnel repose sur GPT-4, version professionnelle, paramétré de manière itérative par prompt engineering afin d’incarner le rôle de patients psychiatriques dans des scénarios pédagogiques validés, en intégrant les suggestions successives des étudiants et des encadrants pour améliorer le réalisme et la pertinence clinique.
- Episode dépressif majeur avec idées suicidaires;
- Bouffée délirante aiguë/premier épisode psychotique.
- Un troisième cas, dérivé d’un entretien réel, servira à évaluer la proximité linguistique entre patient réel et agent conversationnel.
Outils de mesure
Le critère principal
La performance relationnelle: échelle Calgary–Cambridge.
Les critères secondaires
L’empathie:score CARE;
L’acceptabilité technologique: System Usability Scale – SUS.
La satisfaction et l’intention d’usage futur, explorées par un questionnaire conçu pour l’étude
Les analyses seront réalisées sous R (p < 0,05). Les données, anonymisées et sécurisées, feront l’objet d’un contrôle qualité et d’une i mputation simple si <10 % de valeurs manquantes.
Résultats attendus
Une amélioration des compétences relationnelles.
Un renforcement de la confiance des étudiants.
Une bonne acceptabilité de l’agent conversationnel.
Une satisfaction élevée et une faisabilité logistique confirmée sont également attendues.
conclusion
Cet outil innovant pourrait permettre aux étudiants d’aborder plus précocement les patients psychiatriques, contribuant ainsi à réduire la stigmatisation associée à la discipline et à renforcer l’attractivité d’une spécialité aujourd’hui en tension démographique.
|
| p159 stimulation magnetique transcranienne indications modalites dutilisation efficacite effets secondaires auteurs elalaoui ezzaki h 1 hdioud a 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 etablissement 1 chu hassan ii fes fes maroc presentateur elalaoui ezzaki hasnae |
P159 - Stimulation magnétique transcrânienne : indications, modalités d’utilisation, efficacité, effets secondaires
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : ELALAOUI EZZAKI H. (1), HDIOUD A. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1)
Présentateur : ELALAOUI EZZAKI Hasnae
Etablissement : (1) CHU Hassan II Fès , Fès , MAROC
Introduction
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS), développée depuis les années
1980, est une technique de neurostimulation non invasive permettant de moduler l’activité
corticale. Elle est actuellement utilisée en psychiatrie comme alternative thérapeutique
prometteuse dans les troubles pharmaco-résistants. Ce travail explore les profils des patients
traités, les indications, les paramètres de stimulation, les effets secondaires et l’efficacité
clinique de la rTMS.
Méthodologie
L’étude, rétrospective, descriptive et analytique, a été menée sur trois ans (2022-2024) auprès
de 56 patients suivis au service de psychiatrie de Fès, présentant divers troubles psychiatriques
selon les critères DSM-5.
Chaque patient a bénéficié d’une évaluation clinique standardisée à l’aide de fiches pré-cure et
post-cure et de sept échelles psychométriques : CGI, Beck (dépression et intentionnalité
suicidaire), Hamilton (anxiété), AHRS (hallucinations auditives), SANS (symptômes négatifs) et
YBOCS (TOC).
Les données ont été analysées par le logiciel SPSS version 25 afin d’obtenir des résultats
descriptifs et analytiques.
Résultats
L’échantillon comportait une majorité d’hommes (54 %), avec un âge moyen de 37,7 ans. La
plupart étaient célibataires (82 %) et issus d’un milieu urbain (84 %).
Les diagnostics les plus fréquents étaient :
Trouble dépressif caractérisé (55 %),
Schizophrénie (25 %),
Autres troubles (bipolaires, TOC, addiction, somatoforme, Gilles de la Tourette).
La principale indication de la rTMS était la dépression résistante (64 %), suivie des
hallucinations auditives (32 %).
Les séances utilisaient des fréquences hautes (54 %) ou basses (46 %), sur une durée
moyenne de 30 séances, ciblant principalement la région préfrontale gauche (70 %).
Aucun incident majeur n’a été observé ; 66 % des patients n’ont rapporté aucun effet
secondaire.
Les analyses statistiques ont mis en évidence une amélioration significative :
Dépression : score de Beck passant de 22,9 à 13,0 (p = 0,0001) ;
Anxiété : score Hamilton de 24,1 à 16,2 (p < 0,0001) ;
TOC : amélioration (p ≈ 0,0018) ;
Hallucinations auditives et symptômes négatifs : amélioration notable (p ≈ 0,0017).
La diminution de l’intention suicidaire n’était pas significative (p = 0,678).
Une amélioration du craving a également été notée chez deux patients présentant un trouble
addictif.
Conclusion
La rTMS se confirme comme un outil thérapeutique efficace et bien toléré dans plusieurs
troubles psychiatriques sévères, notamment la dépression résistante, la schizophrénie et le
TOC.
Bien que les résultats soient encourageants, la durée limitée de l’effet et la variabilité
interindividuelle nécessitent des études complémentaires à plus grande échelle. L’optimisation
des paramètres de stimulation pourrait permettre d’améliorer encore les bénéfices cliniques et
de mieux personnaliser cette approche thérapeutique innovante.
|
| p160 programme de remediation cognitive integrant la course a pied rehabilityrun auteurs paccoud s 1 billoire n 1 robert c 1 andre a 1 2 vignal f 1 etablissement 1 c2rb ch la chartreuse dijon france 2 laboratoire psydrepi universite de bourgogne europe dijon france presentateur vignal fanny |
P160 - Programme de remédiation cognitive intégrant la course à pied : Réhability’Run
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : PACCOUD S. (1), BILLOIRE N. (1), ROBERT C. (1), ANDRÉ A. (1,2), VIGNAL F. (1)
Présentateur : VIGNAL Fanny
Etablissement : (1) C2RB, CH La Chartreuse, Dijon, FRANCE; (2) Laboratoire PsyDREPI, Université de Bourgogne Europe, Dijon, FRANCE
Le programme Réhability’Run s’adresse à des patients souffrant de troubles du spectre de la schizophrénie et suivis au C2RB. Il s’inscrit dans les soins de réhabilitation psychosociale, qui visent le rétablissement de la personne en proposant des soins complémentaires à la mise en place d’un traitement médicamenteux et psychothérapeutique. L’intérêt de la remédiation cognitive (RC) dans la prise en soins de ces troubles est largement démontré, ainsi que l’impact de la santé physique sur la santé mentale, en population générale et dans les troubles psychiques. Ce programme propose donc une approche thérapeutique innovante en associant la RC à la course à pied comme levier motivationnel pour travailler les symptômes cognitifs et négatifs résiduels. Il s’agit d’utiliser les ressources du patient afin d’atteindre un fonctionnement optimal dans ses activités quotidiennes et d’agir sur la variable de l’autodétermination.
Ce programme se déroule sur 14 semaines et est proposé après une première évaluation individuelle. Cet entretien permet de recueillir les plaintes fonctionnelles, et est complété par la passation d’échelles psychométriques. Cela permet de définir des objectifs individuels. En amont du programme, plusieurs tests neurocognitifs, physiques et physiologiques sont réalisés. Chaque semaine, une séance groupale est effectuée et deux tâches à domicile sont prescrites, à réaliser en autonomie : une tâche sportive (course à pied) et une tâche quotidienne (pour favoriser le transfert des stratégies déployées). La conclusion du programme est constituée d’une participation à une course officielle de 5 ou 10km pour ceux qui le souhaitent. A l’issue du programme, une évaluation individuelle est de nouveau réalisée pour objectiver les bénéfices qualitatifs et quantitatifs.
Depuis la mise en place de ce programme en 2020, plusieurs bénéfices ont été recueillis sur le plan neurocognitif (fonctionnement attentionnel et exécutif, élaboration de stratégies cognitives), fonctionnel (motivation, initiation de tâches, autosatisfaction, sentiment d’efficacité personnelle, …) et physique (par exemples : sevrage tabagique, améliorations de la fonction cardiaque et hépatique, ou du syndrome métabolique si préexistant). Par ailleurs, les objectifs individuels atteints semblent se maintenir à distance du programme et certains sont parvenus à investir une activité physique extérieure.
Il existe actuellement un projet de recherche clinique multicentrique et participatif. Cela permettra d’évaluer l’impact spécifique de ce programme sur l’amélioration fonctionnelle des participants. L’objectif principal de cette étude sera d’objectiver l’amélioration de la satisfaction de vie générale via ce soin. Les objectifs secondaires seront entre autres de viser l’amélioration des compétences organisationnelles, du sentiment d’efficacité personnelle et donc de la motivation intrinsèque, ainsi que d’évaluer les bénéfices sur la santé physique (physiologique et métabolique).
|
| p161 programme de jour et organisation du soin dans le retablissement psychiatrique a geneve auteurs zhao n 1 aline p 1 baudet m 1 lopes p 1 chappatte c 1 bartolomei j 1 etablissement 1 hopitaux universitaires de geneve hug geneve suisse presentateur zhao nan |
P161 - Programme de jour et organisation du soin dans le rétablissement psychiatrique à Genève
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : ZHAO N. (1), ALINE P. (1), BAUDET M. (1), LOPES P. (1), CHAPPATTE C. (1), BARTOLOMEI J. (1)
Présentateur : ZHAO Nan
Etablissement : (1) Hôpitaux universitaires de Genève HUG, Genève, SUISSE
Les Programmes de Jour (PDJ) en psychiatrie adulte à Genève proposent une prise en charge ambulatoire intensive destinée à des patients souffrant de troubles psychiatriques sévères et d’un isolement social important.
Contrairement à l’Hôpital de Jour, centré sur l’alternative à l’hospitalisation, le PDJ s’inscrit dans une logique de réhabilitation psychosociale, combinant entretiens individuels, groupes thérapeutiques, activités de remobilisation et accompagnement social. Le patient y est considéré comme acteur de son propre parcours, dans un cadre collectif structuré et soutenant.
Réintroduits en 2013 au sein des Centres Ambulatoires de Psychiatrie et de Psychothérapie Intégrées (CAPPI), les PDJ se sont développés parallèlement au Pôle communautaire, partageant les mêmes objectifs de rétablissement et de prévention des rechutes, mais selon des organisations distinctes.
Le Pôle communautaire suit environ 500 patients dans une approche individuelle, centrée sur le binôme médecin–infirmier référent et quelques groupes ponctuels. Le PDJ, lui, repose sur une dynamique collective et intensive, organisée autour du travail de groupe et de la collaboration interdisciplinaire.
Cette différence de cadre influence la nature du soin. Les patients du PDJ participent plus activement aux activités thérapeutiques, profitant d’un espace inclusif et mobilisateur. Le groupe agit comme un levier thérapeutique : en partageant leurs expériences, les patients développent un sentiment d’appartenance et une motivation accrue à s’engager dans leur rétablissement. Au fil du suivi, nous constatons que la participation s’intensifie et prend sens dans le programme proposé. Cette dynamique collective, absente du cadre strictement individuel, exerce un pouvoir mobilisateur supérieur, renforçant la cohérence du travail thérapeutique.
Comme le souligne la littérature, une meilleure adhésion aux soins est associée à un rétablissement plus stable, une diminution des rechutes et une amélioration du fonctionnement global. L’observation clinique au PDJ suggère qu’à effectifs similaires, une organisation collective et pluridisciplinaire peut accroître la participation des patients et la qualité du rétablissement, tout en prévenant les hospitalisations.
Des protocoles de recherche sont actuellement en cours pour évaluer objectivement ces effets à l’aide d’outils standardisés, notamment sur la qualité de vie et la réhabilitation psychosociale.
Une telle organisation, à moyens constants, ouvre de nouvelles perspectives : aller davantage sur le terrain, dépasser le cadre consultatif et développer des formes de soins collectifs mobiles.
Un travail en réseau renforcé — notamment avec les éducateurs des foyers — inspiré du modèle du PDJ, pourrait rendre les suivis plus vivants, renforcer le lien soignant–patient et prévenir les crises.
Autrement dit, il s’agirait de transformer le travail communautaire en une pratique plus proche du patient, participative et orientée vers le rétablissement durable.
|
| p163 toxine botulique et aripiprazole dans la dyskinesie tardive a propos dun cas clinique auteurs souidi a 1 hayad a 1 belbachir s 1 belbachir s 1 etablissement 1 hopital ar razi rabat maroc presentateur souidi amal |
P163 - Toxine botulique et aripiprazole dans la dyskinésie tardive : à propos d’un cas clinique
Thème: 12 - Innovation thérapeutique
Voir le poster
Auteurs : SOUIDI A. (1), HAYAD A. (1), BELBACHIR S. (1), BELBACHIR S. (1)
Présentateur : SOUIDI Amal
Etablissement : (1) hôpital Ar-razi , Rabat, MAROC
Introduction :
La dyskinésie tardive (DT) est un trouble iatrogène caractérisé par une série d'anomalies motrices, décrites comme irrégulières, stéréotypées et choréiformes, causées par l'exposition à des antipsychotiques. Cette affection peut entraîner des symptômes importants ou invalidants qui affectent la qualité de vie. Cependant, le mécanisme exact à l'origine de la DT reste incertain. Le traitement pharmacologique de la DT comprend les médicaments cholinergiques, les benzodiazépines, les antioxydants, l'amantadine, le propanolol et la toxine botulique, tandis que l'approche non pharmacologique comprend la thérapie électroconvulsive modifiée et la stimulation cérébrale profonde.
Nous avons traité avec succès un patient atteint de schizophrénie chronique et de TD comorbide à l'aide d'aripiprazole et de toxine botulique après avoir essayé des inhibiteurs calciques en association avec de l'aripiprazole et de la vitamine E.
Méthodes :
À travers un rapport de cas et une revue de la littérature, notre travail vise à étudier la dyskinésie tardive induite par les antipsychotiques et sa pharmacothérapie, en particulier l'utilisation d'inhibiteurs calciques et de toxine botulique en association avec l'aripiprazole.
Description du cas :
Un homme de 22 ans, diagnostiqué schizophrène depuis l'âge de 16 ans, ayant été hospitalisé une fois. L'évolution de sa maladie a été marquée par le développement d'une dyskinésie tardive, de troubles moteurs cervicaux et brachiaux, avec une aggravation rapide en quelques mois. Au cours de son suivi, nous avons essayé de remplacer les antipsychotiques incriminés, en ajoutant des benzodiazépines et de la vitamine E, avant d'essayer les inhibiteurs calciques pendant deux mois, pour finir par la toxine botulique.
Conclusion :
Les antipsychotiques sont connus pour provoquer divers effets indésirables, notamment une dyskinésie tardive. D'où l'importance de connaître les traitements pharmacologiques et non pharmacologiques permettant de gérer cet effet, comme le montre ce rapport de cas où la dyskinésie tardive a été traitée avec une amélioration spectaculaire.
|
| p164 etude et cartographie des hotspots suicidaires dans la region auvergne rhone alpes auteurs fort a 1 nguon a 1 barre l 2 veloso m 1 pauwels n 2 scolan v 1 etablissement 1 chu grenoble alpes la tronche france 2 federation regionale de recherche en psychiatrie et sante mentale des hauts de france saint andre lez lille france presentateur nguon anne sophie |
P164 - Étude et cartographie des hotspots suicidaires dans la région Auvergne-Rhône-Alpes
Thème: 13 - Psychiatrie légale
Voir le poster
Auteurs : FORT A. (1), NGUON A. (1), BARRE L. (2), VELOSO M. (1), PAUWELS N. (2), SCOLAN V. (1)
Présentateur : NGUON Anne-Sophie
Etablissement : (1) CHU Grenoble Alpes, La Tronche, FRANCE; (2) Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie et Santé Mentale des Hauts-de-France, Saint-André-Lez-Lille, FRANCE
Introduction. Le suicide dans les espaces publics constitue un enjeu majeur de santé publique, exacerbant le risque de contagion suicidaire tout en étant accessible à des stratégies de prévention ciblées. L’identification des lieux publics les plus concernés, appelés « hotspots suicidaires », est essentielle pour la mise en place d’interventions efficaces. Pourtant, malgré leur importance dans les dispositifs nationaux de prévention du suicide, aucun outil systématique ne permet actuellement d’identifier et de surveiller ces sites. Cette étude a pour objectif d’identifier rétrospectivement les hotspots suicidaires dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), à partir des données des rapports médico-légaux des personnes décédées par suicide et découvertes dans cette région. Elle vise également à fournir des données épidémiologiques sur ces événements afin de mieux les caractériser et orienter ainsi les actions de prévention.
Méthodes. Une analyse rétrospective des rapports médico-légaux (2016-2022) des Instituts-Médico-Légaux de Grenoble, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne et Lyon a été conduite en collaboration avec le programme Papageno. L’étude inclut tous les suicides d’adultes survenus en région ARA. Un hotspot suicidaire a été défini comme un lieu public spécifique où au moins deux suicides ont été recensés durant la période d’étude.
Résultats. L’analyse a permis d’identifier 54 hotspots suicidaires, représentant 159 suicides sur une période de 7 ans. Les 5 principaux hotspots regroupent à eux seuls environ un quart des suicides survenus dans ces lieux. Les types de hotspots les plus fréquemment identifiés incluent des barrages, des rivières, des ponts et des viaducs, parfois situés à plusieurs dizaines de kilomètres du domicile des victimes. Les suicides dans les lieux publics concernent majoritairement des hommes d’âge moyen, et plus de la moitié des individus présentaient des facteurs de risque de passage à l’acte. Les modes opératoires les plus courants étaient la submersion volontaire et la pendaison.
Conclusion. L’identification des hotspots suicidaires à partir des données médico-légales s’avère une approche à la fois fiable et précise. Cependant, l’amélioration des rapports médico-légaux, notamment par une documentation plus systématique des lieux de passage à l’acte, permettrait d’en renforcer l’exhaustivité. Le nombre élevé de hotspots recensés soulève des questions importantes sur la définition et la priorisation de ces sites à risque. Cette étude souligne également le rôle essentiel des médecins légistes en santé publique, qui contribuent à la collecte de données d’intérêt collectif. Nos résultats appuient la nécessité de poursuivre la formation des acteurs de prévention et d’étendre le déploiement des sentinelles. Enfin, l’extension prospective de cette méthodologie à d’autres régions pourrait favoriser la mise en place d’une veille sanitaire nationale continue, afin de mieux comprendre et prévenir les suicides dans les lieux publics.
|
| p165 lenseignement par simulation pour ameliorer levaluation psychiatrique des victimes de violences auteurs laurin a 1 2 becque l 1 varaine a 2 bazin o 1 sauvaget a 1 etablissement 1 chu de nantes nantes france 2 citad elles centre d accueil des femmes victimes de violences nantes france presentateur laurin andrew |
P165 - L’enseignement par simulation pour améliorer l’évaluation psychiatrique des victimes de violences
Thème: 13 - Psychiatrie légale
Voir le poster
Auteurs : LAURIN A. (1,2), BECQUE L. (1), VARAINE A. (2), BAZIN O. (1), SAUVAGET A. (1)
Présentateur : LAURIN Andrew
Etablissement : (1) CHU de Nantes, Nantes, FRANCE; (2) Citad'elles - Centre d'accueil des femmes victimes de violences, Nantes, FRANCE
Introduction : Dans le domaine de la Psychiatrie Légale, les internes doivent acquérir précocement une expertise concernant les spécificités de l’évaluation et de l’accompagnement des victimes de violences. Cependant, et notamment en psychiatrie, les professionnels de santé sont insuffisamment formés à ces situations, ce qui peut aboutir à des attitudes négatives et des prises en charge inadaptées. Dans ce contexte, l’enseignement par patientes simulées permet d’acquérir des savoir-faire et savoir-être sans nuire aux patientes victimes de violences. Ainsi, notre objectif principal était d’étudier les effets de l’enseignement par simulation sur le sentiment d’auto-efficacité généralisé des internes de psychiatrie, et secondairement d’étudier leur perception d’utilité et leur ressenti global concernant l’enseignement par simulation.
Méthode : Nous avons mené une étude observationnelle en 2025. Onze internes en troisième semestre de psychiatrie ont réalisé une demi-journée de simulation par patientes simulées selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé et de la SoFraSims. Le programme de simulation incluait un scénario d’évaluation psychiatrique d’une victime de viol puis un scénario d’évaluation psychiatrique d’une victime de violences conjugales. L’enseignement a été dispensé dans un cube de simulation immersif au laboratoire du SiMU de Nantes Université. Les internes ont rempli avant et après chacun des scenarii la version française validée de la General Self-Efficacy Scale (GSE), avant d’évaluer sur une échelle numérique allant de « 0 » à « 10 » l’utilité perçue de chacun des scenarii. Pour finir, les internes avaient un espace libre d’expression pour partager leur ressenti global concernant l’enseignement par simulation.
Résultats : Nos résultats ont montré une amélioration significative des scores de la GSE après chacun des scénarii (victime de viol, p = .003 ; victime de violences conjugales, p = .005). L’utilité perçues était de 9.36 ± 0.81 pour le scénario de la victime de viol, 9.46 ± 0.69 pour le scénario de la victime de violences conjugales. L’analyse qualitative du ressenti globale était positive mettant principalement en avant un enseignement par simulation « intéressant », « utile » et « pratique ».
Conclusion : L’enseignement par simulation d’évaluation psychiatrique des victimes de violences sexuelles ou conjugales est faisable, augmente le sentiment d’auto-efficacité généralisé et est bien perçu par les internes de psychiatrie. En conséquence, nous allons proposer en 2026 une journée entière de simulation qui inclura des scenarii avec d’autres types de victimes (ex : situation de signalement) et des auteurs (ex : réquisition judiciaire) de violences.
|
| p166 schizophrenie resistante chez les patients en psychiatrie legale strategies therapeutiques auteurs souli i 1 zbidi m 1 rajhi n 1 bram n 1 etablissement 1 service de psychiatrie legale hopital razi manouba tunisie presentateur souli idar |
P166 - Schizophrénie résistante chez les patients en psychiatrie légale: stratégies thérapeutiques
Thème: 13 - Psychiatrie légale
Voir le poster
Auteurs : SOULI I. (1), ZBIDI M. (1), RAJHI N. (1), BRAM N. (1)
Présentateur : SOULI Idar
Etablissement : (1) Service de psychiatrie légale - Hôpital RAZI , Manouba, TUNISIE
● Introduction
La clozapine est le traitement de référence de la schizophrénie résistante, forme la plus invalidante, mais certains patients y répondent insuffisamment.
L’association avec l’amisulpride constitue une option prometteuse notamment en psychiatrie légale.
Cette étude vise à évaluer l’efficacité, la tolérance et les risques de cette association.
● Méthode
Une étude observationnelle a été menée entre juillet et octobre 2025 auprès de 21 patients de sexe masculin présentant une schizophrénie résistante ou une forme ultra-résistante, hospitalisés au service de psychiatrie légale de l’hôpital Razi.
La symptomatologie, la sévérité clinique, le risque de violence et la tolérance médicamenteuse ont été évalués par les échelles PANSS, BPRS, HCR-20 et UKU avant et après l’introduction de la clozapine puis de l’amisulpride.
● Résultats
Notre échantillon est composé de 21 patients atteints de schizophrénie d’une moyenne d’âge de 37,57 ans dont 85,7% sont célibataires et 71,4% d’origine urbaine.
57,1% des patients avaient des ATCDs judiciaires avant d’avoir commis l’AML.
66,6% ont des ATCDs familiaux psychiatriques.
L’âge moyen de début de la symptomatologie est de 20,5 ans avec une DUP supérieure à 2 ans pour 2/3 des patients.
71,4% des patients ont réalisé leur AML après plus de 5 ans d’évolution de la pathologie.
La durée moyenne d’hospitalisation est de 45,1 mois.
57% des patients sont sous clozapine (Groupe 1: n=12) et 43% sous clozapine + amisulpride (Groupe 2: n=9):
- Groupe 1: à l’admission, 50% des patients ont un risque élevé à l’HCR-20 avec une moyenne de 97 au PANSS et 68,4 au BPRS. Après 15,75 mois de traitement (durée moyenne), 50% des patients ont eu une chute du PANSS et du BPRS de plus de 20% mais sans variation de l’HCR-20.
- Groupe 2: à l’admission, 1/3 des patients ont un risque élevé à l’HCR-20 avec une moyenne de 93,4 au PANSS et 72,33 au BPRS. Après une durée moyenne du traitement sous clozapine seule de 36,5 mois, 22,2% des patients ont présenté une diminution de plus de 20% au PANSS et 55,5% une diminution de plus de 20% au BPRS. On remarque aussi une disparition du risque élevé à l’HCR-20 avec 2/3 des patients présentant un risque modéré. Après l’ajout de l’amisulpride (sur une durée moyenne de 11,3 mois), 22,2% des patients ont présenté une diminution de plus de 20% du PANSS et 44,4% une diminution de plus de 20% du BPRS, avec 2/3 des patients présentant un risque faible à l’HCR-20.
À l’UKU, 100% des patients ont présenté des effets indésirables légers à modérés imputables au traitement.
● Conclusion
Nos résultats suggèrent que l’association clozapine–amisulpride entraîne une amélioration modérée des symptômes psychotiques et de l’agressivité sans effets indésirables graves.
La taille réduite de l’échantillon et le caractère observationnel de l’étude imposent une étude prospective à plus large effectif et avec un suivi prolongé, afin de confirmer l’intérêt de cette combinaison dans la schizophrénie résistante en psychiatrie légale.
|
| p167 prevalence de l amnesie lors des constats d agression sexuelle a geneve auteurs jantzi c 1 etablissement 1 hopitaux universitaires de geneve geneve suisse presentateur jantzi camille |
P167 - Prévalence de l'amnésie lors des constats d'agression sexuelle à Genève
Thème: 13 - Psychiatrie légale
Voir le poster
Auteurs : JANTZI C. (1)
Présentateur : JANTZI Camille
Etablissement : (1) hôpitaux universitaires de Genève, Geneve, SUISSE
Introduction
Les agressions sexuelles sont fréquentes et sont à l'origine de troubles psychotraumatiques sévères. L’amnésie, partielle ou totale, est parfois rapportée par les victimes, en lien avec une intoxication (alcool/drogues) ou un mécanisme dissociatif. Cependant, la prévalence exacte de l’amnésie, sa description clinique et son impact sur le risque de symptômes de stress post-traumatique (TSPT) restent peu étudiés.
Méthode
Nous avons analysé rétrospectivement les dossiers de 209 femmes majeures consultant aux urgences gynécologiques des Hôpitaux Universitaires de Genève après une agression sexuelle présumée (2015-2017). Les données comprenaient âge, antécédents psychiatriques, lien victime-agresseur, intoxication, lésions gynécologiques, présence d’amnésie et symptômes de TSPT observés lors de la consultation initiale. L’analyse statistique associait bivariées et régressions logistiques.
Résultats
L’amnésie (partielle ou totale) a été rapportée par 45,9% des patientes. Elle était plus fréquente chez les femmes plus jeunes (27,6 ans versus 32,3), victimes d’un inconnu (75% versus 36,3%) et en cas d’intoxication (93,8% versus 61,1%). Parmi les patientes, 159 (76,1%) étaient sous l'influence de drogues ou d'alcool au moment de l'agression. Plus de la moitié de la population étudiée avait des antécédents psychiatriques (55%) : addiction (24,9%), dépression (20,6%), trouble anxieux (9,1%), psychose (7,7%), trouble bipolaire (3,3%) ou trouble de la personnalité (3,3%) Les symptômes aigus de TSPT étaient présents chez 37,3% de l’échantillon, sans différence significative selon l’amnésie (32,3% avec versus 41,6% sans). Le seul facteur prédictif significatif de symptômes de TSPT était le type d’agression (viol).
Discussion
Près de la moitié des femmes victimes d’agression sexuelle rapportent une amnésie des faits, partielle ou totale, associée au jeune âge, à l’intoxication et à l’agression par un inconnu. L’amnésie n’apparaît pas comme un facteur de risque de présenter des symptômes précoces de TSPT mais sa nature (dissociative ou toxique) n’a pu être distinguée. Il semble qu’une meilleure formation des premiers intervenants et une meilleure détection des personnes à risque permettraient des interventions plus ciblées. En effet, les coordonnées d’un centre de consultation psychothérapeutique spécialisé dans la prise en charge des victimes ont été proposées, et moins de la moitié des personnes consultées les ont acceptées. Une sensibilisation accrue des médecins légistes et des gynécologues aux symptômes psychiatriques post-traumatiques pourrait faciliter le repérage, l’identification et l’orientation des femmes ayant besoin d’une prise en charge psychiatrique spécialisée, à court et à long terme.
|
| p170 analyse des homicides perpetres par des individus atteints de troubles mentaux auteurs el mghari m 1 ouraghene a 1 qassimi f 1 bout a 1 aarab c 1 aalouane r 1 etablissement 1 hopital ibn al hassan de fes fes maroc presentateur el mghari meryem |
P170 - Analyse des homicides perpétrés par des individus atteints de troubles mentaux
Thème: 13 - Psychiatrie légale
Voir le poster
Auteurs : EL MGHARI M. (1), OURAGHENE A. (1), QASSIMI F. (1), BOUT A. (1), AARAB C. (1), AALOUANE R. (1)
Présentateur : EL MGHARI Meryem
Etablissement : (1) Hopital IBN AL HASSAN de FES, Fes, MAROC
Introduction :
Cette étude explore la relation complexe entre les troubles mentaux et les homicides, en intégrant des dimensions sociales, psychologiques et juridiques. Malgré les stéréotypes sociétaux qui associent les crimes graves aux maladies mentales, la majorité des personnes atteintes de troubles psychiatriques ne commettent pas d'actes violents, sauf en présence de facteurs de risque spécifiques. L'identification précoce et la gestion de ces facteurs peuvent prévenir de nombreux homicides.
Méthode :
Menée au sein du service de psychiatrie universitaire du CHU Hassan II de Fès, cette étude rétrospective et descriptive a analysé 18 cas évalués par des experts psychiatres entre janvier 2019 et avril 2024. Les données ont été collectées à partir des dossiers médicaux, des rapports d'expertise psychiatrique, des documents de police et des dossiers judiciaires, en se concentrant sur les aspects sociodémographiques, cliniques et juridiques.
Résultats :
Les résultats clés révèlent que les auteurs d'homicides étaient majoritairement de jeunes hommes (94 %) issus de milieux ruraux (61 %) et défavorisés sur le plan socio-économique. Beaucoup avaient un faible niveau d'éducation, avec 28 % d'analphabètes et seulement 17 % ayant un diplôme universitaire, des revenus instables (72 % avaient un revenu inférieur au SMIG) et des antécédents d'hospitalisations psychiatriques (78 %), principalement pour schizophrénie. La mauvaise observance du traitement, observée chez 50 % des patients, est apparue comme un facteur de risque critique. Les homicides étaient commis à domicile (55,5 %) et motivés par des symptômes psychotiques tels que des délires ou des hallucinations. Les évaluations psychiatriques concluaient fréquemment à l'irresponsabilité pénale (72,2 %), une conclusion souvent reflétée dans les décisions judiciaires.
Conclusion :
Pour atténuer les risques, l'étude recommande une approche de prévention à trois niveaux : primaire (détection précoce et sensibilisation), secondaire (évaluation des risques et interventions ciblées) et tertiaire (suivi et soutien des individus ayant des antécédents de violence). Le renforcement des services de santé mentale, la lutte contre la stigmatisation et l'amélioration du soutien social sont essentiels pour réduire la dangerosité associée à certains troubles psychiatriques.
|